Nota : Esta versão em francês foi feita pela minha amiga Manuela Silva, de Paris, a quem sou muito grato,  e ainda não foi publicada em livro impresso. Consta apenas desta versão digitalizada.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’harmonie universelle

et

l’évolution spirituelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caruso Samel

 

 

 

L’harmonie universelle

et

l’évolution spirituelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Livro Pronto

 

PAGE RESERVEE A L’EDITRICE

 

 

Editrice Livro Pronto

 

 

L’harmonie universelle et l’évolution spirituelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ISBN 85-98627-33-X

Octobre 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SINCERES HOMMAGES

 

 

 

 

« L'univers est une harmonie de contraire ».

Pythagore

 

"Vous ne pouvez rien enseigner à un être; vous pouvez juste l’aider à trouver la réponse en lui."

Galileu Galilei

 

"Le plus incompréhensible au monde est qu'il est compréhensible."

Albert Einstein

 

"L'esprit progresse et évolue tout au long des incarnations qu’il effectue, mais si ces incarnations passées n’ont pas été profitables  alors que celle actuelle présente une quantité abondante de matérialité, il faudrait que l’esprit recherche la cause de cet état de fait, de manière à promouvoir son évolution. Cette préparation lorsqu’elle est omise, conduit les individus à l’obsession”.

Luiz de Mattos, dans les Classiques  du Racionalisme Chrétien. v. 1,s.d, p. 30.

 

"L'homme qui sait se servir de sa plume, qui peut publier ce dont il écrit et qui  ne dit pas la Vérité, cesse d'accomplir un devoir, il commet le crime de lâcheté et c’est un mauvais citoyen."

Júlio Ribeiro, Philologue, cité par Luiz de Mattos dans  Pela Verdade, 9ª édition, 1983, p. 32.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce livre, écrit sous la primauté de la Raison, est dédié à tous les libres-penseurs, à toutes les personnes de bonne volonté et à ceux  qui pensent un jour se libérer des mauvaises habitudes, des dépendances, des imperfections, du mysticisme, des croyances et des superstitions, qui aliènent tant les êtres humains.

 

 

 

 

 

 

 

 

SOMMAIRE

 

 

 

Hommages                                                                                          4/7

 

Dédicace                                                                                             5/9

 

Sommaire                                                                                           6/11

 

Prologue                                                                                             7/13

 

 

PREMIERE PARTIE : NOTRE RÉALITÉ OBJECTIVE

 

Chapitre 1 – L’univers                                                                       10/19

 

Chapitre 2 - Force et Matière                                                             24/35

 

Chapitre 3 - Les chemins de l’évolution                                           37/51

 

Chapitre 4 – Méthodologie scientifique                                            59/75

 

Chapitre 5 – Vérité, réalité et paradigme                                          59/91

 

 

DEUXIEME PARTIE : UNE RÉALITÉ PLUS TOLERANTE    

 

Chapitre 6 - L’apparition du spiritisme                                             91/115

 

Chapitre 7 - L'avènement du Rationalisme Chrétien                        103/129

 

Chapitre 8 - La Force Intelligente                                                      110/137

 

Chapitre 9 - La priorité de l’esprit                                                     134/165

 

Chapitre 10 - L'importance de la pensée                                           158/193

 

Chapitre 11 - L’aura, Le miroir de l’âme                                          167/203

 

Chapitre 12 – La médiumnité                                                            177/215

 

Chapitre 13 - L’intuition : notre boussole                                         195/235

 

Chapitre 14 – Le libre arbitre construit le destin                              213/255

 

 

 

TROISIEME PARTIE : INDICES ET ÉVIDENCES

 

 

Chapitre 15 – Cas suggestifs de réincarnation                                  223/269

 

Chapitre 16 – Expériences de mort imminente                                 239/289

 

Chapitre 17 – Régression aux vies passées                                       262/313

 

 

QUATRIEME PARTIE : EPILOGUE

 

 

Chapitre 18 - L’éveil à la spiritualité                                                274/329

 

Chapitre 19 – Ultimatum vers la rationalité                                      284/341

 

 

PROLOGUE

 

Cette œuvre n'a pas été écrite pour informer et expliquer l’inexplicable : Dieu. Plusieurs philosophes, scientifiques, religieux, mystiques et même mathématiciens ont essayé d'expliquer l'existence de Dieu. Mais leurs "explications", à peu d’exceptions près, n’ont été que des incohérences sans queue ni tête, manquant de rationalité et de spiritualité. Plusieurs d’entre eux ont fini par fonder des sectes et des religions basées sur leur credo ou créées par leurs maîtres prescripteurs, matérialisant à leur image, la représentation de Dieu, afin de mieux servir leurs intérêts. D'autres, agissant comme annonciateurs, ont imposé l'idée de Jésus-Dieu ou Jésus Fils de Dieu, vénéré et proclamé Sauveur de l’Humanité par des ignorants, comme le voulait la pratique aux ères primaires du paganisme avec l’utilisation des idoles. Très peu d’entre eux, à travers les intuitions - dont nous préférons donner une connotation plus ample et plus profonde, celle de la méditation - ont assimilé la signification immatérielle de Dieu, en ressentant cette grandeur universelle plutôt dans un contexte d’immensité de lois universelles et immuables qui régente tout.

Cette œuvre est dédiée indistinctement à tous les libres penseurs, même si l’auteur est conscient que les principes qui y sont exposés ne seront pas tous acceptés, encore moins qu’ils seront assimilés et même refoulés par un grand nombre. Mais notre plus grand objectif est d’attirer l'attention des chercheurs en tout genre, principalement des physiciens, médecins, biologistes, psychologues, physiologistes, neurologistes, parapsychologues, philosophes et, même des sceptiques, que nous incitons à étudier les phénomènes produits par la pénétration de la Force Intelligente (appartenant au monde invisible) dans la Matière.

Notre principal souhait est de pouvoir stimuler les grandes intelligences qui sont à l’origine des merveilleuses découvertes et révélations que la science nous a procurées, principalement au cours du XXe  et en ce début du XXIe siècle. Nous aspirons à susciter leur attention, leurs engagements et leurs ressources pour l’étude de l'immatériel et pour démontrer définitivement la vraie nature de la Force Intelligente. Démontrer que celle-ci est la Force qui configure et crée la matière dans tous les règnes de la Nature, implantant chez l'homme tous ses attributs de manière extraordinaire, comme la conscience, la pensée, le raisonnement, le libre arbitre  (volonté propre), la créativité et les nombreux sentiments et émotions sous-jacents à la Matière. Tout d’abord, il est important de suivre le vieux et célèbre précepte « connais-toi toi-même  » « Nosce te ipsum » recommandation qui fut jadis inscrite dans le temple de Delphes en Grèce et qui s’est estompée avec le temps. En effet, il est fondamental de savoir qui nous sommes - Force Intelligente et Matière. En second lieu, nous devons savoir d’où nous venons – ce qu’est la Force Intelligente qui nous compose, d’où elle provient et enfin, pour clore le cycle de la connaissance de l’évolution de cette Force Intelligente, nous devons absolument savoir où elle va et ce qu’elle devient lorsque le corps physique se décompose, générant d’autres matières.

Sans aucune forme de mysticisme, nous allons comprendre à travers ce livre ce qu’est réellement cette Force Intelligente et connaître ses attributs, qui ne sont, produits ni par le cerveau ni par la matière.

Pour cela, nous disons en toute simplicité dans cette œuvre, qu’il n’est nul besoin d’être mystique ou de renier les méthodes scientifiques. Le plus important étant d’élaborer un procédé scientifique propre permettant d’étudier, d’expliquer et d’établir des hypothèses, des théories et des règles applicables aux phénomènes qui constituent la Vie en Hors de la Matière, domaine dans lequel le chercheur et « l'objet » étudié s’intervertissent maintes fois jusqu'à inverser leur relation, puisque l'"objet" analysé est Force Intelligente disposant de tous ses attributs.

Lorsque la science aura acquis les compétences et ressources lui permettant de suivre cette voie, alors avec certitude elle obtiendra des résultats admirables et éclatants dans les domaines dits paranormaux ou transcendantaux, pour lesquels la Parapsychologie, jusqu'alors, n'a apporté aucune réponse convaincante. À travers cette œuvre, nous décrivons et analysons sans aucun ressentiment ces phénomènes inexplicables par la science durant des millénaires et considérés jusqu'à présent par les êtres humains comme surnaturels et miraculeux, suscitant frayeur et soumission à l'exaction des religions.  

Ceci est le défi des scientifiques du XXIe siècle. L'auteur serait heureux si les explications contenues dans les chapitres de cette œuvre pouvaient encourager toutes les sublimes intelligences avisées. Si la Science utilise les ressources d'intelligences humaines ainsi que les ressources matérielles dont elle dispose et qu’elle admet la supposition de l'existence de la Force Intelligente et de l'Esprit comme étant tous deux modeleurs de la Vie, il ne lui resterait plus qu’à affirmer la performance de ces deux forces d’après une méthode scientifique appropriée, qu’elle saurait découvrir. En commençant par établir une hypothèse logique et certaine, nous arriverions à expliquer scientifiquement tant de mystères considérés depuis des millénaires comme surnaturels et qui, aujourd’hui encore, tourmentent l'humanité, en donnant l’illusion de faits naturels. Ces phénomènes semblent mystérieux et inexplicables parce que l'ignorance sur ces sujets persiste encore.

 Nous allons observer plusieurs réactions aux idées décrites dans cette œuvre, dont nous relevons de nombreux paradoxes et confusions encore non résolus, non pas par manque de talents et de ressources, mais suscités par l'approche purement matérialiste que la Science a adoptée jusqu'à présent, soit par négligence, soit par complaisance ou pour d’autres intérêts encore.

            Suite aux grandes avancées scientifiques et technologiques réalisées au cours du XXe siècle, nous organisons la première partie de cette œuvre dans l’objectif de réunir un ensemble d'informations modernes sur les sujets exposés. Ceux qui, pour la première fois, prennent connaissance des sujets traités dans cette partie, n'auront aucune difficulté à suivre la ligne d'engagement présentée en seconde et en troisième parties (suggestions).

Après une introduction fondée sur la perspective d’une orientation scientifique, nous passons à la seconde partie pour traiter efficacement, à travers les différents chapitres du livre, le sujet énoncé en titre. Nous y exposons une étude minutieuse de ce qu’est la Force Intelligente, de son évolution jusqu'à la conception de l'Esprit, de l’évolution de celui-ci à travers les successives et nombreuses incarnations, ainsi que de son épanouissement à la fin de ces multiples successions d’incarnations. Nous explorons ici aussi les voies de continuité évolutive de l’esprit à travers les mondes astraux supérieurs, lorsque celui-ci, ayant atteint un haut niveau de raffinement, n’a plus besoin de se réincarner. Il sera indéniable, alors, de constater que l'Évolution, tant dans les mondes physiques que dans les mondes spirituels, constitue la loi suprême qui donne l’assise fondamentale au véritable sens de la vie. C’est également cette même loi qui est applicable au développement moral et spirituel de l'homme et en tant que loi suprême, elle s’insère dans le contexte universel. Grâce à ce discernement, nous prétendons amener nos lecteurs à une plus ample et meilleure sensibilisation à l'universalité du processus évolutif et dévoiler le vrai sens de la vie sur Terre, écartant la peur de la mort et bien d’autres maux provoqués par celle-ci. Dans le cas contraire, la société subira de grandes transformations causées par la perception qu’elle a actuellement de la vie et de la mort, avec des répercussions sur ses habitudes. Mais cela est un travail sur plusieurs générations.

            En troisième partie, nous présentons des indications et des évidences de la vie en dehors de la matière. Pour cela, nous consacrons un chapitre à l'examen des expériences du « quasiment mort », un autre chapitre à la réincarnation et la médiumnité, et un troisième au retour aux vies passées, une forme de médication pour certains traumatismes et certaines phobies. Les phénomènes de régression se produisent, c’est un fait, mais les psychologues et les psychiatres n’admettent pas tous l'explication de la réincarnation. Les études sur la médiumnité vont attirer les chercheurs intéressés qui veulent comprendre les "mystères" de la vie au-delà de la mort. Toutes ces recherches existent déjà dans les laboratoires de quelques universités américaines et les résultats surprennent, jour après jour les chercheurs.

En quatrième partie, nous clôturons notre œuvre en faisant une grande et sincère injonction aux scientifiques et chercheurs, un véritable appel pour que soit élaboré un procédé scientifique approprié à l'étude et à l’observation de ces types de phénomènes, pour qu’enfin ils accordent plus de temps à la recherche sur les phénomènes dont les explications exactes et définitives ne seront possibles que lorsqu’ils prendront en considération les causes opérantes : La Force Intelligente, à travers ses nombreux niveaux d'évolutions. Ils verront alors que la Force Intelligente et la Matière seront toujours présentes autant dans le macrocosme que dans le microcosme ainsi qu’au sein de tous les êtres vivants de tous les règnes de la nature, la Matière étant toujours sous la suprématie de l’Intelligence. Sans la Force Intelligente, la Matière se désagrège et se transforme en éléments et autres substances, tandis que la Force Intelligente évolue toujours, organisant et animant d’autres corps.

En résumé, nous ambitionnons, à travers cette œuvre, d’atteindre les deux objectifs suivants : tout d’abord, éveiller l'intérêt des scientifiques pour un sujet aussi important, en l’homologuant en qualité de sujet scientifique, car il l’est réellement, en second, amener les esprits et les spiritualistes à une connaissance rationnelle plus profonde du transcendantal, abandonnant les croyances, les mysticismes, et les superstitions, inculqués dans leur esprit par les religions en général, tout au long de leur vie. Il n’est nul besoin de rechercher la spiritualité et les techniques de méditation dans les pays de l’Est et de l'Asie, comme l'Inde, le Tibet, le Japon, la Chine, etc. La spiritualité authentique peut être trouvée et peut être pratiquée ici même en France : il suffit simplement de la rechercher. Notre plus grand souhait est que cette œuvre soit une semence, parmi tant d’autres œuvres et articles sérieux déjà écrits sur ce sujet.

 

 

 

 

 

 

PREMIÈRE PARTIE :

 

 

NOTRE RÉALITÉ OBJECTIVE

 

 

CHAPITRE I

 

L'UNIVERS

 

Il existe d’innombrables soleils et d’innombrables Terres, tous, virevoltant autour de leurs astres aussi habilement que les sept planètes de notre système solaire. Nous voyons uniquement les soleils, ceux-ci sont les plus grands corps et les plus lumineux, mais leurs planètes restent invisibles étant petites et obscures. Les innombrables mondes dans l'univers ne sont ni plus ni moins habités que notre Terre.

Giordano Bruno

De l'Infini, univers et mondes.

L'univers est plein de choses mystérieuses attendant patiemment que notre esprit soit plus précoce.

Paroles optimistes d'un philosophe anonyme.

 

 

  1. Astronomie, Cosmologie et Astrophysique

 

En toute certitude, l'Astronomie est la plus ancienne de toutes les sciences. Depuis 3.000 ans A.C. les Chinois, Assyriens, Babyloniens et Égyptiens observaient déjà le firmament pour des raisons de commodité comme, par exemple, mesurer le temps, déterminer les périodes les plus appropriées pour les plantations et récoltes ou dans le but de prédire et déterminer l'influence des astres sur les êtres humains (Astrologie). L’une des plus anciennes découvertes a été la détermination, relativement précise, de la durée de l’année (même dans la culture aztèque), des phases de la lune et des saisons annuelles. Notre but n’est pas de faire une analyse de l'évolution de l'Astronomie tout au long de la compréhension humaine, mais il est important de rappeler que l’apogée de cette science dans l’Antiquité a été atteint en Grèce antique (600- 400 A.C.) mais elle a été dépassée à partir du XVIe siècle. Actuellement, l'Astronomie est une science techniquement très sophistiquée qui a pour objet l'étude de la constitution, la position relative, la cartographie et le mouvement des astres ou des corps célestes existant dans tout l'univers. Cette spécification comprend deux grandes branches : la Cosmologie et l'Astrophysique, les deux en avant-garde de la connaissance de l'univers, interagissent de manière pas toujours évidente. (1, 2).

 La Cosmologie a pour objet l'étude de la structure et l'origine de l'univers, outre la découverte des lois qui le régissent, dans un sens plus ample. Les cosmologistes ont développé et développent encore les plus diverses théories et lois dans le but de discerner l’énigme de l'univers, comptant pour cela sur les ressources de l'Astrophysique et de la Physique moderne. (3)

L'Astrophysique, à son tour, est la branche de l'Astronomie qui étudie la constitution physique et chimique des astres disséminés dans l'espace et qui, dans leur ensemble, constituent l'univers. Elle se consacre à l'utilisation des radioscopies, du télescope Hubble (dans l'espace), du télescope Chandra (spécialisé dans l’observation des sources de rayons X), « la spectrophotométrie », les détours spectraux, etc. (4)  

La physique moderne apporte déjà des réponses aux grandes questions de la structure de la matière et des particules (de matière et d'énergie) existant et opérant  à l'intérieur du noyau atomique (force nucléaire puissante et affaiblissement radioactif). Elle se consacre aussi à l'étude des diverses formes d'énergies qui agissent en dehors du noyau (force nucléaire faible et magnétique) ainsi qu’à la force de gravité et aux lois qui le régissent dans son ensemble. Depuis les années 50, les physiciens théorisent sur l'unification de ces forces dans le but d’obtenir une éventuelle "Conception du Tout", pacifiant ainsi la Théorie Quantique dédiée au microcosme et la Théorie de la Relativité Générale, dédiée au macrocosme.

 

  1. Théories sur la formation de l'univers

 

Tout au long des temps, depuis les ères les plus éloignées, l'homme a souvent contemplé le firmament et s’est certainement souvent interrogé sur la formation et l'extension de l'espace ainsi que sur les astres qui en font partie, c'est-à-dire le Cosmos.

Ce furent les Grecs, dont nous avons énormément hérité, en culture, en littérature, en art, en philosophie et même en sciences naturelles, qui nous ont transmis les premières notions de l'univers. Vers 600 A.C, Anaximandre pensait que le cosmos avait surgi de l'eau. Idée insolite mais qui n’a pas été contestée durant 200 ans !   

Ce fut encore en Grèce, en 400 av. J.C., qu’Eudoxe de Cnide, profitant d’une idée de Pythagore, a créé le modèle géocentrique, plaçant la Terre au centre de l'univers. En 200 av J.C.., Ptolémée et Aristote ont adopté et propagé ce modèle, qui a prévalu pendant près de 2000 ans.

Ce n’est qu’au XVIe siècle, que sont apparus les premiers mouvements dans le but de modifier ce modèle. Nicolas Copernic (1473 -1543) a été le premier à affirmer que le Soleil était le centre de l'univers et non la Terre, théorie qui a été nommée « modèle héliocentrique » Giordano Bruno (1548 -1600) a ajouté que l'univers n'avait pas de limites, qu’il était infini et, pour avoir entravé les enseignements de l'Eglise catholique, il fut jugé et brûlé par l'Inquisition.  Galilée Galilei (1564-1642) a soutenu cette théorie puis il a été obligé de se rétracter sous la confession, pour ne pas subir le même sort que Giordano Bruno.  

Au XXe siècle est apparue la théorie du « modèle fini » de l'univers en constante expansion, proposée par George Lemaître et Alexander Friedman. En 1950, Fred Hoyle voulant ridiculiser Lemaître et Friedman, nomma cette théorie « Big Bang », nom qui a été attribué à cette théorie, qui fait aussi l’apologie de l'existence de quatre dimensions dans l'univers. Le « Big Bang » est la théorie la plus acceptée actuellement.

En 1960 est apparue la théorie « du multivers », qui défend l'existence de plusieurs univers dans l'espace infini, puisque la théorie du « Big Bang » ne répondait pas à deux questions, c'est-à-dire : premièrement, qu’existait-il auparavant ? Et deuxièmement, qu’y a-t-il au-delà de l'univers ?  

En ce début du XXIe siècle, est apparue en 2001 la théorie Ekpyrotique, défendant l'idée que l'univers serait apparu après un choc entre deux « membranes cosmiques », les « brans », à partir d'une quatrième dimension de l'espace et que ce choc aurait été perçu comme le Big Bang. « Si la théorie de la relativité et la théorie quantique étaient fondées, dit un courant de physiciens, celle-ci est une théorie plausible ».

 

  1. Un peu plus de connaissances sur la théorie du Big Bang

 

Comme nous l’avons dit ci-dessus, actuellement cette théorie sur l'origine de l'univers est la plus acceptée. Elle a été établie par le scientifique russe de nationalité nord-américaine, George Gamow, en 1948.  Celui-ci avait affirmé que l'univers aurait entre 13 et 20 milliards d'années et qu’il se serait formé à partir d'une concentration de matière et d'énergie extrêmement dense et chaude, confinée en un point (point zéro, qui ne veut pas dire dimension zéro). Au tout premier instant, la dimension de l'univers serait pratiquement de zéro. Il y aurait contenue dans son centre, toute la matière, sa température serait presque infinie. Selon cette théorie, ce point aurait été le commencement des temps et, à partir de là, il y aurait eu la formation et l'expansion des galaxies. Les physiciens font une description spéculative et détaillée des événements depuis l'instant zéro, c'est-à-dire depuis le moment exact de l'explosion ou Big Bang, mais nous n’allons pas nous attarder sur ce thème. L’une des certitudes de cette théorie révélée par les astrophysiciens est que les galaxies se sont éloignées les unes des autres, comme les dégâts provoqués par une explosion. Il n’y a pas encore eu de réponse de la communauté scientifique à propos des deux questions suivantes : Pour quelle raison notre univers a-t-il été structuré de cette manière ? Et pourquoi a-t-il été créé ?

Selon cette théorie, depuis sa formation, l'univers s’est développé et s’est refroidi. Les physiciens et les cosmologistes admettent que dans le premier millième de seconde de la création, il y aurait eu uniquement un mélange de particules subatomiques composées de quarks et d’électrons, qui sont les formes de matières (particules) fondamentales connues de la science.

Durant cette première étape de formation, suite au refroidissement occasionné par l'expansion, les quarks qui se déplaçaient initialement à des vitesses proches de celle de la lumière, parvinrent à décélérer en raison de la diminution de la température et cessèrent donc d’exister en tant que particules libres. Ils se sont assemblés ensuite les uns aux autres pour former protons et neutrons, ceci au cours des dix premières minutes de l’existence de l'univers, donnant naissance aux noyaux les plus simples, sous forme d'hydrogène, constitué uniquement d’un proton. Parallèlement s’est formé aussi le noyau d'hélium, le second atome de l'échelle atomique, composé d'un proton et d'un neutron.

À ce moment-là, toute la matière de l'univers était sous forme de plasma et était constituée de ces deux noyaux, sans électron, à 75 % d'hydrogène et 25 % d'hélium. Aujourd'hui encore, ce sont les deux principaux éléments chimiques les plus abondants dans l'univers, représentant plus de 90 % de toute la matière connue.

La troisième étape de cette histoire fantastique, commence environ 300 mille ans après le début de la grande explosion, avec la jonction des électrons aux noyaux atomiques pour former les premiers atomes complets. La haute gravité régnant jusqu'à ce moment-là ne permettait pas à la lumière de s'échapper de la masse en évolution, jusqu’à ce qu’un point critique fût atteint et que la lumière fît son apparition ! Jusqu'alors, elle faisait aussi partie de l’expansion au même rythme que la matière, dans l’obscurité.

Par la suite, l'univers est devenu transparent et les particules de lumière, « les photons » ont été libérés et ont commencé à interagir à moindre degré avec les atomes. Des traces « fossilisées » de ces photons ont été captées par nos meilleurs télescopes et même par Hubble, dont nous parlerons plus en avant. Un milliard d'années après le Big bang, les atomes se sont amassés et ont formé les premières galaxies.

 

  1. L'Espace et son contenu

 

Pour avoir une idée de l’immensité de l'univers, nous présentons ci-dessous une petite description des principaux objets célestes, sans la prétention de tarir le sujet, ceci n’étant pas l'objectif de ce livre.

 

            Les galaxies

 

Une galaxie est formée par une immense quantité d'étoiles, de nébuleuses et de matière interstellaire. Les galaxies sont de trois espèces ou formes : elliptiques, spirales et irrégulières. À leur tour, les galaxies s'organisent en groupes ou amas. Notre galaxie, la voie Lactée, est de type spiral et appartient au dénommé Groupe Local, l’un des plus petits groupes, contenant environ 40 galaxies. Outre l’appartenance à l’un des plus petits groupes, elle a la forme d'un disque d’un diamètre de 130.000 années-lumière et d'épaisseur maximale en son centre de 12.000 années-lumière. L'un des plus grands groupes est le groupe des Vierges qui possède 2500 galaxies ! Les groupes de dimensions moyennes contiennent environ 100 à 500 galaxies. Dans notre groupe de galaxies, la voie lactée est la plus grande, suivie d'Andromède, qui est du type elliptique (6).

Notre Soleil, avec le système solaire, est placé dans l’un des bras de la spirale aux deux tiers du centre. Pour faire une rotation autour du noyau de la galaxie, le Soleil met 225 millions d'années ! (6)

Pour calculer le nombre de galaxies, les scientifiques ont pointé le télescope Hubble en direction d’un point céleste de la dimension d'un grain de sable observé à un mètre de distance. La lumière émanant des étoiles à partir de ce point était si faible qu’il a fallu dix jours consécutifs d'exposition pour obtenir une bonne image. Ensuite seulement, l'observation de l'image a révélé l'existence de 620 galaxies de différentes dimensions, distances et formes. Sur ce fondement et d’après d’autres observations ainsi que d’autres études, les chercheurs ont extrapolé les résultats et sont arrivés à l'incroyable affirmation que dans tout l'univers il pourrait exister environ 125 milliards de galaxies ! C’est-à-dire 50 % de plus que l’affirmation précédente. Chacune de ces galaxies a entre 100 millions et 1 milliard d'étoiles comme notre Soleil. Certaines de ces étoiles sont à 12 milliards d’années-lumière depuis environ 1 milliard d'années après la formation de l'univers. (5)

 

Les étoiles

 

Une étoile peut être définie comme un objet céleste, en général de forme sphérique, avec une température et une pression très élevées, principalement au centre. Dans les étoiles se produisent des réactions thermonucléaires avec une libération considérable d'énergie, qui se propage du centre vers la périphérie. Elle est ensuite transmise à l'espace interstellaire sous forme de radiations électromagnétiques comme la chaleur et la lumière.

Les étoiles se rassemblent en groupes ou amas de type ouvert et globulaire. Uniquement dans notre galaxie, il y a environ 100.000 groupes ouverts, dont seul environ 1.100 sont connus. Il y aurait entre 10.000 et 1.000.000 de formations globulaires (6, 7). La voie lactée compte environ 400 milliards d'étoiles  (7) ! 

Comment naît une étoile  (8) ? Par la performance de la force de gravité se produit l'agglomération de matière contenue dans les nébuleuses, représentée principalement par des nuages d'hydrogène, d’hélium et de poussière. Ce processus, qui conduit à la concentration des gaz, augmente aussi la température du matériel aggloméré, jusqu’à la production de la fusion thermonucléaire et, tant qu’il y a suffisamment de gaz, une étoile peut se former. Dans le cas contraire (moins de 50 fois la taille de la planète Jupiter), il se forme alors une naine marron (8).

Et comment meurt une étoile ? La conséquence de la "mort" d'une étoile dépend de sa masse (8). Si sa masse est huit fois moins importante que celle de notre Soleil, son combustible nucléaire (hydrogène) s'épuise, il se forme alors une naine blanche autour de laquelle il peut ou non y avoir une nébuleuse planétaire. Au préalable elle passe par la phase connue sous le nom de « géante rouge » durant laquelle l’expansion des gaz augmente considérablement le diamètre de l'étoile.  C'est ce qui pourra advenir de notre Soleil qui a déjà 4.5 milliards d'années d'existence. Dans plus de 4 milliards d'années, son diamètre se rapprochera de l'orbite de la planète Mars ! Si la masse de l'étoile atteint au moins huit fois celle de notre Soleil, le processus d’épuisement du combustible nucléaire peut s’avérer catastrophique. La mort d’une étoile se produit du fait qu’à un certain moment de son existence, sous l’action du refroidissement, se forment des matières solides comme le fer et d’autres éléments lourds causant de ce fait, son effondrement. Les projectiles rebondissent dans le noyau et sont projetés dans l'espace, ainsi que les gaz, pour former une nouvelle nébuleuse. L’une des deux situations suivantes peut se produire avec le noyau restant : si sa masse devient plus de 2 ou 3 fois plus grande que celle du Soleil, il se formera un trou noir ; si elle est moindre, il se formera alors une étoile de neutrons (8). Une explosion incontrôlée d'une étoile massive (masse huit fois plus importante que la masse solaire) peut faire place à une supernova, qui émet une luminosité intense pouvant durer des mois. La dernière supernova détectée a été la SN1987, de la galaxie le Grand Nuage de Magellan, par l'Observatoire Las Campanas - au Chili, le 24 février 1987. Son chargement en neutrons a atteint la Terre deux heures après l’observation (11).

 

 

 

 

Naines blanches

 

Lorsque la masse d'une étoile moribonde atteint moins de 2 ou 3 masses solaires, elle se transforme alors en une naine blanche (7). Pour avoir une idée, le diamètre du soleil est de 1.400.000 km et pourra céder la place, d'ici 3 ou 4 milliards d'années, à une naine blanche, avec un diamètre approximatif de 10.000 km. Ceci est approximativement la dimension de la Terre, mais avec une densité infiniment plus grande.

 

 

 

Trous noirs

 

Un trou noir est un corps céleste massif (avec une grande densité) ayant un très grand champ de gravité, avec une capacité d’aspiration de toutes sortes de matières qui s'approchent de son horizon (proche de son bord) et qui est un phénomène très singulier, même la lumière n’y échappe pas. Le trou noir se forme à la mort d'une étoile de masse huit fois supérieure à celle du Soleil. Après avoir consumé tout son combustible nucléaire, il ne reste plus que son noyau massif contenant du fer et des métaux plus lourds. Des trous noirs ont été détectés par le télescope Hubble et par le télescope Chandra, les deux en satellite dans l'espace, captant les émissions de rayons X. Les trous noirs ont un très fort champ de gravité, ils tournent à très grande vitesse et accompagnent le processus d'expansion de l'univers. Un exemple de trou noir est l'objet stellaire Cygnus XR - 1 (7).

 

Étoile à neutrons

 

Une étoile à neutrons est un corps céleste avec une masse très importante. Nous savons que les étoiles évoluent pendant des millions et des millions d'années. Il se produit un événement singulier en ce qui concerne les étoiles possédant une masse initiale dix fois plus importante que celle du Soleil. Après une explosion semblable à une supernova, le noyau reste extrêmement condensé, créant les conditions adéquates de compression des électrons et des protons pour former des neutrons. Le résultat est une étoile à neutrons dans laquelle pourrait se comprimer la masse d'un Soleil et demi avec une circonférence de 20 km de diamètre (9).

 

Naines marron

 

Ce sont des étoiles qui ont raté leur formation. Même les naines marron ne conçoivent pas l'hypothèse d’un univers parfait. En général, elles sont considérées comme des étoiles qui n'ont pu atteindre leur formation correcte, faute de masse suffisante pour initier le processus de fusion nucléaire. Elles ne peuvent donc émettre ni chaleur ni lumière : elles sont froides et sombres. Quelques-unes demeurent isolées, d’autres font partie d'un système binaire dans lequel une étoile marron tourne autour d'une étoile plus grande. Elles sont étranges et rares et requièrent une meilleure étude et plus d’explications (10).

 

 Quasars

 

Les quasars sont des sources de forte émission électromagnétique (ondes radio) avec une apparence semblable à celle des étoiles, de couleur bleuâtre. Leur nom provient des initiales «Quasi Stellar Radio Sources ». Le premier quasar a été découvert en 1961. Tout comme les trous noirs ils ont été rencontrés dans certaines galaxies. Ils sont non seulement compacts, mais aussi de très haute densité et très brillants. Quelques-uns ont une luminosité jusqu'à un trillion de fois plus intense que celle du Soleil. La masse des quasars est de 1 milliard à 1 trillion de fois supérieure à celle du Soleil. Ils accompagnent le processus d'expansion de l'univers à la vitesse du dixième de la vitesse de la lumière (7).

 

Pulsars

 

Les pulsars sont des étoiles de neutrons avec source radio pulsante (9). On estime à environ un milliard le nombre de pulsars contenus uniquement dans la voie lactée, dont environ 1000 sont déjà connus. Le premier pulsar a été découvert par Anthony Hewish en 1967 (prix Nobel de 1974). Quand la masse d'une étoile moribonde atteint moins de 3,2 fois la masse solaire, elle se transforme en une étoile de neutrons (7). Un pulsar a une période de pulsation de 1,337 secondes, avec une période de rotation de 4,4 secondes au maximum et de 0,0016 seconde au minimum. Il tourne à la vitesse de 625 tours par seconde  (7, 10) !

 

Notre système solaire

 

Le Soleil est notre étoile, il est responsable de la température, de l'évaporation et du réchauffement, outre les divers processus biologiques qui se produisent avec les plantes et les animaux de toutes les espèces. Le système solaire est formé de neuf planètes - Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton - en plus des soixante et un satellites qui gravitent autour des planètes et d’un grand nombre de petits corps connus sous les noms d’astéroïdes et de comètes. La découverte d’une dixième planète, nommée Sedna, localisée au-delà de Pluton, a été annoncée en 2005, elle est en cours de vérification et de validation. Les planètes Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune sont gazeuses. Les orbites de tous ces corps célestes sont elliptiques du fait que les comètes possèdent des orbites extrêmement excentriques.

 Des études scientifiques indiquent que la formation du Soleil date approximativement de 4.5 milliards d’années. Sa masse est d’environ 300 mille fois plus grande que celle de la planète Terre, son diamètre est proche de 1.400.000 km. La distance entre la Terre et le Soleil est approximativement de 150 millions de km. La température moyenne à l’intérieur de son noyau atteint 15 millions de degrés Celsius. Des réactions nucléaires se produisent dans la partie centrale de l'étoile, comme par exemple, la fusion entre les atomes d'hydrogène. Dans la photosphère ou la surface, le Soleil émet de la lumière, de la chaleur ainsi que d’autres formes d'énergie, comme les rayons cosmiques. Le Soleil est composé aussi d’une couche de gaz qui l’englobe. 

À chaque période de onze années, le soleil traverse une phase d'extrême agitation, envoyant sur Terre des tempêtes solaires, appelées "vent solaire", chargées d'électricité (ionisée). Lorsque cette électricité parvient sur Terre, elle provoque des interférences dans les systèmes électroniques, réseaux d'énergie, ordinateurs, appareils électroniques, systèmes de communication entre les avions, navires et satellites. Ces mêmes ondes d'énergie et d’électricité viennent à créer les fameuses aubes boréales et australes, phénomènes à travers lesquels l'air brille dans les régions proches des pôles magnétiques de la Terre, produisant un spectacle de lumière et de couleurs dans les cieux.

Du point de vue chimique, le Soleil est formé par les éléments suivants : 73 % d'hydrogène, 25 % d'hélium et 2 % d'autres éléments.

 

Planètes hors du système solaire (exoplanètes)  

 

Rechercher des planètes en orbite autour des étoiles de notre galaxie (Voie Lactée) ainsi que des étoiles gravitant autour des étoiles d’autres galaxies, est une tâche excitante pour les astronomes et astrophysiciens de notre temps. Nous pouvons citer ici ce qu’a dit Giordano Bruno à la fin du XVIe siècle dans sa déclaration  « De l'Infinito, universo e Mondi » :

 

Il existe d’innombrables soleils et d’innombrables Terres, toutes, tournant autour de leurs soleils tout comme les sept planètes de notre système solaire. Nous voyons à peine les soleils, ceux-ci sont alors les plus grands corps et les plus lumineux, mais leurs planètes demeurent invisibles pour les gens car elles sont plus petites et obscures. Les innombrables mondes dans l'univers ne sont ni plus ni moins habités que notre Terre.

 

Une grande similitude est à constater entre la célèbre phrase attribuée à Jésus : "Il existe plusieurs habitations dans la maison du Père" et l’affirmation intuitive de la déclaration de Giordano Bruno dans : « De l´Infinito, universo e mondi », citation en préambule de ce chapitre. Il est impressionnant et réellement extraordinaire, de constater combien ces deux citations se révèlent vraies depuis la récente course à la découverte de nouvelles planètes hors de notre système solaire, les exoplanètes !

En juillet 2004, le nombre d’exoplanètes dépassait les 230, découvertes en seulement dix ans (15) ! Avec le perfectionnement des techniques utilisées dans le cadre de ces recherches, dans quelques décennies certainement des milliers d’exoplanètes seront répertoriés. La NASA et l'Agence Spatiale Européenne ont des projets de lancement de quatre futures superbes missions orbitales dotées d’équipements très sophistiqués. Ces travaux seront faits aussi en coordination avec SETI – « Search for extraterrestrial intelligence ». Nous pourrons avoir l’occasion de découvrir pour la première fois une exoplanète.

En 1991, a été découverte, par le Radiotélescope d'Arecibo, une étoile différente de notre soleil, autour du Pulsar PSR-1257+12. En 1995, une autre étoile, semblable cette fois-ci au soleil, a été découverte par Michael Mayor et Didier Queloz, près de l'étoile 51 Pegasi. En mai 1998, le Télescope Hubble a détecté une image près de l'étoile TMRC-1C. Finalement, en 1999, pour la première fois par observation directe, a été découverte par télescope près de l'étoile HD269458, une nouvelle planète et son diamètre a été mesuré. En 2001, 21 exoplanètes environ avaient été référencées. De 2001 jusqu’en août 2005, ce nombre a dépassé les 230.

De nos jours, les astronomes disposent de cinq méthodes pour exécuter ce travail, chacune permettant de confirmer les travaux des autres. Ce travail est possible, grâce au progrès des méthodes visibles.  Il n’y a pas très longtemps, les astronomes mettaient plusieurs années pour mesurer avec précision la vitesse d’une étoile. Nous n’allons pas décrire ici les méthodes utilisées car notre objectif dans ce livre n'est pas d'approfondir ce sujet, mais nous pouvons affirmer qu’aujourd’hui, d’autres mesures peuvent être calculées : la rapidité de la rotation, la masse de la planète, son volume, sa densité, la distance de l'étoile et les caractéristiques de l'orbite.

Notre connaissance de nouveaux systèmes solaires se développe d'une manière inopinée. Nous pouvons prendre principalement pour exemple, la description du système solaire, avec la planète la plus proche du Soleil et la plus petite, rocheuse (solide) et sans atmosphère (Mercure). Les planètes intermédiaires de dimensions moyennes, rocheuses, possèdent une forme d’atmosphère (Vénus, Terre et Mars) et sur l'une d’entre elles, la vie se développe dans toute sa plénitude. Quant à celles qui sont les plus éloignées, elles sont essentiellement gazeuses et gigantesques (Jupiter, Saturne et Neptune). Pluton est l'avant-dernière planète, elle aussi est solide. Concernant la dernière planète du système solaire, découverte en 2005, du nom de Sedna, les informations ne sont pas encore disponibles.

Curieusement, ce n'est pas sous ce schéma descriptif qu’ont été présentés les systèmes sur lesquels les exoplanètes évoluent. Ainsi, "Il existe des planètes qui font 14 fois la masse de Jupiter et qui sont plus proches de l'étoile autour de laquelle elles gravitent que Mercure l’est du Soleil. D'autres ont des orbites hautement elliptiques, leur distance de l'étoile varie pratiquement autant que la dimension du système solaire. La majorité tourne autour de leur étoile à une vitesse vertigineuse : l’une d'entre elles accomplit son "année solaire" en moins de trois jours. Ainsi, soit elle est très près de l'étoile, soit elle tourne très rapidement (ou les deux à la fois !) La plus petite planète trouvée jusqu'à ce jour est de la dimension approximative de Jupiter et tourne autour d'une étoile semblable au Soleil. Il a été aussi découvert une planète qui gravite à une distance presque égale à celle de la Terre au Soleil, ce qui soulève la possibilité d'abriter des formes de vie " (15).

L'Astronomie est entrée dans le XXIe siècle avec d’énormes et d’excitantes perspectives. Tout nous porte à croire que, « un jour nous serons capables de visualiser ces planètes ou même de déterminer la possibilité qu’elles puissent abriter une vie semblable à la nôtre ». Ce jour là, la conception que nous avons de nous-mêmes et de la destination de l'humanité souffrira un changement irréversible " (15).

 

  1. Le merveilleux télescope spatial Hubble

 

Le télescope spatial Hubble a été baptisé sous le nom de l'astronome Edwin Powell Hubble (1889-1953) qui, en 1924, a découvert l'existence d'autres galaxies, au-delà de la Voie Lactée. Ce fantastique instrument, qui envoie environ 5 Giga bytes d'informations par jour à propos de l'univers, vient d’avoir quinze ans d'existence et a coûté environ deux milliards de dollars. Pour donner un aperçu, durant l'année de son lancement (1990), il a envoyé plus d’informations sur l'univers que tout ce qu’on pouvait connaître de l’univers jusqu'alors. Outre les informations techniques et les paramètres astronomiques de diverses natures, jusqu'en avril 2005, il avait envoyé à la NASA environ 700.000 photos de quasiment tout l'univers, enrichissant incommensurablement la connaissance de l’homme sur lui-même. Ce merveilleux équipement fut imaginé et structuré dans les années 40 à 50, construit dans les années 70 à 80 et mis en orbite le 24 avril 1990. "Il a une résolution optique meilleure que 0,1 seconde d’arc ", il peut « discerner » un ballon de football à 500 km de distance ou distinguer les phares d'une voiture située sur la lune ! C’est une résolution dix fois supérieure à celle du meilleur télescope placé sur Terre " (16).  

Si Hubble était un télescope placé sur le sol, il serait un télescope de "puissance" moyenne. La "puissance" d'un télescope réside dans la quantité de lumière qu’il peut recevoir instantanément d'un objet et cela, en fonction du diamètre de ce dernier. Hubble est un télescope réflecteur (son élément optique principal est un miroir) avec 2,40 mètres de diamètre. Les deux plus grands télescopes du monde sont situés à l'observatoire de Mauna Kea, sur l'île d'Hawaï et ils ont dix mètres de diamètre chacun. Actuellement, il y a vingt-huit télescopes plus grands que Hubble, éparpillés dans le monde, en fonctionnement. Plus qu'un télescope, Hubble est un vrai observatoire spatial, contenant une instrumentation nécessaire pour plusieurs types de commentaires. Il contient trois caméras (de grande dimension, permettant même la vision d’objets obscurs), un détecteur astrométrique, un spectrographe de haute résolution et un spectrographe de grande vitesse, ainsi qu’un ordinateur de bord. La nouvelle caméra installée pèse 315 kilos, elle est aussi puissante et permet d'enregistrer des images un million de fois supérieures à celles qui sont captées par l’œil humain  (17) ! En plus de photographier les objets et mesurer avec grande précision leurs positions, il est capable de "disséquer" en détail la lumière qui en provient. Hubble est en basse orbite, à 600 km de la surface de la Terre et réalise le tour complet de notre planète en seulement 95 minutes. L'énergie nécessaire pour son fonctionnement est stockée sur deux panneaux solaires de 2,4 x 12,1 mètres chacun. Sa masse est de 11.600 kg (16).

Hubble fut réparé plus d'une fois dans l’espace pour corriger un grave défaut dans son optique. Il n’avait pas atteint la précision du cadrage (une espèce de "myopie") de certains objets frêles, avec l’exactitude prévue et souhaitée. Ce défaut « a été diagnostiqué » en tant qu’aberration sphérique, une distorsion optique causée par une déformation de son miroir principal. Près des bords, la courbure de ce miroir était moins importante qu’elle ne devait l’être, soit approximativement 1/50 de l'épaisseur d'un cheveu humain. Changer le miroir aurait été une chose onéreuse et difficile. La solution adoptée a été de projeter une optique corrective. Cette optique a été installée avec grand succès, en décembre 1993 (16).

Hubble a outrepassé toutes les attentes de ses créateurs, à tel point que la NASA a récemment annoncé qu’elle allait le désamorcer faute de moyens et de récents problèmes avec la navette spatiale. Cette nouvelle a produit de vives protestations dans la communauté astronomique du monde entier. Tous ses objectifs ont été atteints et peuvent se définir ainsi : "rechercher des corps célestes par l'étude de leurs compositions, caractéristiques physiques et dynamiques, observer la structure d'étoiles et de galaxies, étudier leur formation et leur évolution, étudier l'histoire et l'évolution de l'univers. Pour atteindre ces objectifs, la recherche d'Hubble est divisée en "Galaxies et Amas, Milieu Interstellaire, Quasars et Noyaux Actifs de Galaxies, Astrophysique stellaire, Populations stellaires et Système Solaire " (16).

Le substitut d'Hubble est en cours. Le grand objectif de son remplaçant, nommé Télescope Spatial de Nouvelle Génération - NGST, aussi appelé WEBB (17), qui sera lancé entre 2010 et 2012, sera d’arriver aux limites de l’espace-temps, c'est-à-dire, arriver aux origines de l'univers. Il restera dans une orbite beaucoup plus haute, entre la Terre et la Lune, hors de portée des navettes spatiales et opèrera à une température bien plus basse qu’actuellement. Sa sensibilité sera des milliers de fois plus importante que celle des actuels télescopes installés sur la surface terrestre (17). Ses objectifs : "déterminer l'âge et la dimension de l'univers, cartographier son évolution et identifier les mystères des galaxies, des étoiles, des planètes et de la vie elle-même" (18).

Pour compléter ces informations, nous ne pouvons omettre de présenter quelques données sur l'Observatoire à Rayons X Chandra, lequel, avec le télescope Hubble, a occasionné la révolution astronomique de ces cinq dernières années. Lancé le 23 juillet 1999 par la NASA, l'Observatoire Chandra (nom donné en hommage au physicien indien Subrahmanyan Chandrasekhar (1910-1995), Prix Nobel de physique en 1983) a pour but rechercher, cartographier et détecter des sources d'émission de Rayons X et de Rayons Gamma comme par exemple, les trous noirs, Quasars, Pulsars, Supernova, etc. Son orbite se situe entre la Terre et la Lune, avec un périgée à 16.000 km et un apogée à 13.3000 km, offrant donc une grande excentricité. Il possède deux miroirs de 1.2 mètre et quatre autres de moindre diamètre. Outre les détecteurs de Rayons X et de Rayons Gamma, il possède des caméras sensibles aux Rayons Gamma et Spectroscopes à Rayons Gamma. 85 % de son orbite est au-dessus de la ceinture de Van Allen (nuage de particules chargées qui enveloppe la Terre) permettant 55 heures d’observation à chaque cycle. Il existe d’autres observatoires de Rayons X, situés en orbite et aussi sur Terre, mais ils ne sont pas aussi importants que l'Observatoire Chandra (19).

 

  1. La théorie inflationniste

 

      La théorie de l'expansion de l'univers, que les physiciens considèrent avec toute la certitude scientifique, est une conséquence directe de la théorie du Big Bang. Nous devons rappeler que le physicien Albert Einstein avait prévu, dans les équations qui étaient à la base de sa théorie sur la Relativité Générale (1915), l'évolution de l'univers. Cette hypothèse a été corroborée en 1922, par le physicien et mathématicien russe Alexander Friedmann (enseignant de George Gamow), qui avait découvert une solution pour les équations cosmologiques concernant un univers en expansion. En 1929, les astronomes Edwin Powell Hubble (1889-1953) et Milton Humanson (1891-1972) ont confirmé l'expansion des galaxies, certifiant ainsi l'expansion de l'univers, conformément aux principes d'Hubble. Selon ces principes, toutes les autres galaxies s'éloignent de notre propre galaxie, la Voie Lactée, à une vitesse proportionnelle à sa distance de la Terre.

Tout au long des années, plusieurs certitudes sur la validité de la théorie du Big Bang ont été accumulées par les astrophysiciens, au point que beaucoup affirment aujourd'hui qu'elles sont homologuées à 99,9 %. Cette quasi-certitude, résulte de la découverte, en 1965, par Arno Penzias (1933 environ) et Robert Wilson (1936 environ) dénommée "radiation de fond", mettant en évidence la formation de l'univers par le constat de la séparation l’une de l’autre de la lumière (Force) et de la matière, il y a environ 13 milliards d'années. Cette constatation a été possible grâce à la radiation persistant encore dans l'espace. Elle fut captée non en tant que lumière, mais en tant que bruit de fond sous forme de micro-ondes, atteignant la haute intensité de fréquence de 1,1 mm. Son nom est "radiation de fond cosmique" et elle est uniforme dans toutes les directions vers lesquelles sont pointés les équipements de réception. Grâce à cette découverte, Penzias et Wilson ont obtenu le Prix Nobel de physique en 1978. Plus récemment, en 1990, le satellite COBE - Cosmic Background Explorer  lancé par la NASA (Administration Nationale d'Aéronautique et Espace) a fait une cartographie des régions où la production de ces micro-ondes est la plus intense. Il s’agissait donc d’une superbe radiographie de l'univers, 300.000 ans après sa formation, lorsque les étoiles n'avaient pas encore débuté leur formation. Depuis fin 1998, de nombreux commentaires astronomiques ont amené les astrophysiciens à conclure que le rythme de l'expansion de l'univers s’accélère de 5 à 6 %, chaque milliard d'années. Le mérite de la détermination de ce taux d'expansion revient aux équipes dirigées par les Nord-Américains Saul Perlmutter et Brian Schmidt.

            Alan Guth, physicien respecté de MIT (Massassussets Institute of Technology) commença son travail intitulé "Une éternité de bulles", avec la phrase suivante :

 

Si la théorie inflationniste de la cosmologie s’avère correcte, cela signifierait que l'univers est donc bien plus loin et probablement bien plus vieux que nous le pensions. Il ne renfermerait pas seulement un, mais une infinité de Big Bang. Malgré son nom, la forme classique de la théorie du Big Bang n'est pas réellement la théorie d'une explosion totale. Elle décrit uniquement le résultat de l'explosion. Elle retrace comment l'univers primitif, chaud et dense, s'est développé et s'est refroidi, comment les éléments chimiques légers ont été synthétisés pendant cette expansion, et comment la matière s’est condensée pour former des galaxies et des étoiles. Mais elle ne dit rien à propos de ce qui a pu provoquer cette explosion et ne révèle rien sur l’uniformité de l’univers après cette explosion (20).

 

Son article s’est ensuite dirigé vers d’autres considérations à la recherche d'une explication que les physiciens nomment le "vide" et le "faux-vide", considérations qui n’ont donc rien à voir avec ce chapitre.  Ce qui nous intéresse réellement ici, c’est de montrer que, malgré la conformité de la théorie inflationniste, il persiste encore beaucoup de questions en suspens.

Alors, nous devons soulever deux terribles doutes au sujet de cette théorie. Premièrement, pour quelle raison notre univers aurait-il été créé et, deuxièmement, par qui aurait-il été créé de la sorte ? En considérant qu’à l'instant initial, l’espace n’existait pas encore, comment serait-il possible qu’un quelconque développement puisse provenir de rien ou de presque rien pour créer l’espace tel qu’il existe actuellement ou tel qu’il le sera dans le futur avec une expansion constante ? Cela me semble être une grande charade, difficile à expliquer et que l’esprit humain n'est pas à même de comprendre.

Lorsque le physicien Einstein a lancé sa théorie sur la Relativité Générale (1915), il a considéré que l'expansion de l'univers était homogène et que l'espace était fini et courbe. Par la suite, l'astronome Edwin Powell Hubble, a établi une constante de proportionnalité pour expliquer l'éloignement des galaxies (1929), ce qui a nécessité l’explication de quelques considérations liées à la théorie d'Einstein, puisque l’hypothèse d'Hubble établit que les galaxies les plus éloignées et avec elles l'univers tout entier, augmentent à une grande vitesse. Tout récemment (en 2000), les astrophysiciens ont admis que "l'univers est plat comme une planche" (11). Ainsi, de nos jours, la tendance est de considérer une expansion non homogène et un espace non courbe, totalement à l'opposé des théories admises par Einstein. Où est donc la vérité ?

 D'autre part, en 1975, le physicien Murray Gell-Mann, face à l'accélérateur de particules de la Stanford University, a établi le nouveau principe révolutionnaire suivant : les particules atomiques, toutes seules, n’auraient jamais pu se former sans qu’il n’y ait dans l'énergie cosmique universelle, l’intervention d’agents inconnus à prééminence matérielle, possédant les pouvoirs de les structurer (12). Quel est alors cet agent organisateur ? Werner Karl Heisenberg lui-même, en formulant en 1927, le Principe de l'Incertitude, a observé que des « particules lancées sur une même cible dans les mêmes conditions ne pouvaient pas toujours suivre la même trajectoire, passant par un détour anormal sans qu’on puisse déterminer la raison pour laquelle elles agiraient ainsi ». Il a affirmé que ces particules seraient comme des moutons égarés de leur plein gré (12).  Réflexion faite, ne fallait-il pas enquêter sur ce qu’il voulait dire par  «de leur plein gré » ? Qui sait si ce n'est faute d'une recherche plus approfondie sur cet agent invisible qui meut tout et qui ressemble plus à une force intelligente, que la Théorie Quantique, en accord total avec tous les physiciens modernes n’en a pas encore découvert le principe ? Ce sont là des questions à méditer ! Reste à étudier cet autre domaine non matériel ou immatériel.

 

7.     Aspects philosophiques et métaphysiques

 

D’éminents physiciens travaillent et essaient de structurer plus d'une dizaine de nouvelles théories sur tout ce qui a été exposé ici, ils cherchent à adapter ces théories à d’autres normes, sans négliger la rigueur mathématique, tout en étant en accord avec la compréhension du commun des hommes. Mais peu d’entre eux ont le courage d'explorer des alternatives plus proches de la philosophie et de la métaphysique. Avec les lacunes indiquées ci-dessus, une approche différente se révèle indispensable à travers une autre voie que la voie matérielle, qui puisse permettre d’enquêter sur cet agent intelligent et qui puisse expliquer les faits et les phénomènes échappant au matérialisme obstiné. Ce que je veux dire par-là, c’est que nous avons besoin de préserver les idées émanant de la dualité force-matière, presque écartées depuis Descartes et Leibniz, pour avoir été considérées comme idées farfelues. Les superstitions, croyances sans fondement, ainsi que les religions, de manière générale, sont les raisons de cette presque totale indifférence des scientifiques pour le concept de la dualité. Nous reviendrons sur ce sujet quand nous traiterons de la Force Intelligente.

Certaines théories sont des variantes de la théorie du Big Bang. C’est le cas de la théorie de l’Italien Paolo de Bernardis (2002), qui est arrivé à la conclusion qu’il y a eu un Big Bang, mais qu’il n’y aura pas de Big Crunch (grande compression, c'est-à-dire, recommencement de l'expansion) par manque de matière. S'il y avait constatation de l'existence de la "matière obscure" qui représenterait 90 % de toute la matière de l'univers, alors cette théorie serait abrogée(14). L'existence de la "matière obscure", inquiète actuellement les physiciens et les cosmologistes. D’après cette théorie, l'univers serait plat et infini avec une expansion éternelle. Une autre théorie infirmée par les physiciens Paul Steinhardt (USA) et Neil Turok (Royaume-Uni), publiée en avril 2002 dans la revue Science, spécule que l'univers serait cyclique avec des enchaînements interminables de Big Bang et de Big Crunchs. Mais, pour cela il aurait fallu prouver l'existence de "l'énergie sombre" et nous en sommes très loin.

Les spéculations théoriques des scientifiques ont le mérite d’ouvrir le débat sur des idées très logiques et bien fondées, sans reléguer au second plan le contenu d'intuitions ou d'inspirations, toutes deux exprimant la même chose, bien que cette dernière, soit plus acceptée par les sceptiques et les matérialistes. Les spéculations scientifiques ont pour habitude d’apparaître comme étant des sciences à l’état brut, nécessitant des controverses. Certaines parviennent à s'affermir en mythes, comme celui de la création de l'univers à partir du rien, pour ensuite chercher une explication à ce "rien" ou ce "faux rien".

Etant donné la validation par le Vatican, déjà en 1951, de la théorie du Big Bang, il ne doit pas nous paraître étrange que mutatis mutandis  ressemble au mythe de la création biblique. D'autre part, la théorie cyclique de création de l'univers, garde une certaine similitude avec la théorie de l'éternel retour, avec évolution (phase d'expansion) et involution (phase de contraction), et abandonne le concept essentiellement évolutionniste d’une progression toujours dans une seule direction, comme le concept humain de la flèche du temps qui va toujours en direction de l'avenir. Cette situation où coexistent la science et la religion ne résistera pas au jugement final, lorsque la vérité éclatera. Autant dans la science, plusieurs théories différentes peuvent coexister de manière pacifique, autant dans la religion, cela est bien plus difficile. Les dissensions religieuses par exemple entre le christianisme, le judaïsme et l’islamisme, toutes monothéistes, adulant un même Dieu sous des noms différents, ne permettent pas une réconciliation en raison du fanatisme et du dogmatisme dont elles font toutes, preuve.

Pourtant l’avenir est à la science, car les scientifiques sont toujours disposés à admettre leurs propres erreurs lorsqu’une théorie se révèle inexacte et qu’une autre s’avère meilleure, ainsi va la science, elle ne se place jamais en position intransigeante. C’est dans son essence même que d’admettre une construction progressive, son histoire a déjà montré que lesdites "vérités scientifiques" sont souvent provisoires, sujettes toujours à des révisions évolutives de leurs théories et lois, en fonction de nouvelles évidences et réalités. Elle est peut-être composée d’obstinés et de vaniteux, mais ils finissent toujours par se plier à la vérité.

Notre conclusion à propos de ces concepts est que toute vérité humaine est provisoire et qu’elle évolue en fonction de la connaissance ou du savoir qui, à son tour, accompagne l'évolution humaine. Dans un monde globalisé, qui fait déjà ses premiers pas, cette constatation se révèle de plus en plus vraie. En trouvant le vrai chemin, en respectant les cultures propres à chaque peuple, le monde trouvera la paix et beaucoup de prospérité et ainsi la vie sera tout autre sur Terre.

 

 

Références de ce chapitre

 

 

1) FILHO, Kepler de Souza Oliveira. Astronomia Antiga. accessible le 18 juil 2005. Disponible sur http://astro.if.ufrgs.br/antiga/antiga.htm

 2) COSTA, J.R.V. Para que serve a astronomia. Disponible sur : http://www.zenite.nu/menu01/0201.htm. accessible le 18 juil 2005.

 3) IAG/USP-DEPARTAMENTO DE ASTRONOMIA. Informações Gerais (curso). accessible le 18 juil 2005. Disponible sur : http://www.astro.iag.usp.br/~ronaldo/intrcosm/InfGer/index.html

 4) WIKIPÉDIA, Enciclopédia. Astrofísica. Disponible sur : http://pt.wikipedia.org/wiki/Astrofisica. accessible le 18 juil 2005.

 5) ANÔNIMO. O espaço – conta de louco. Revista Veja, São Paulo, 2 jan 1999

 6) TREVISAN, Marina. Aglomerado de estrelas. Disponible sur : http://www.cdcc.sc.usp.br/cda/sessao-astronomia.  accessible le 20 jul 2005.

 7) MATIOLI, Eder. Buracos Negros. Disponível em: http://www.cdcc.sc.usp.br/cda/sessao-astronomia  accessible le 20 juil 2005.

 8) SCHEMBERG, Mário. Nasce uma estrela. Disponible sur : http://www.cbpf.br/~martin/CAMS/Estrelas/vidaestrelas.html.  accessible le  21 jul 2005.

 9) TREVISAN, Marina. Estrela de nêutrons. Disponible sur : http://www.cdcc.sc.usp.br/cda/sessao-astronomia.  accessible le 20 juil 2005.

10) FERRAZ DE OLIVEIRA, Priscila Di Cianni. O Pulsar da nebulosa do Caranguejo.         Disponible sur : http://www.uranometrianova.pro.br/astronomia/AA004/nebcaranguejo.htm. accessible le 21 juil 2005.

11) GRECCO, Dante. 10 fatos intrigantes do Cosmo. Revista Galileu São Paulo, Mar 2001 Disponible sur : http://www.ajornada.hpg.ig.com.br/ciencia/ciencia00012.htm. accessible le 21 juil 2005.

12) IMBASSAHY, José Carlos de Brito. Energia cósmica fundamental. Revista Espiritismo e Ciência, São Paulo, n. 7, p. 06-09. Disponible sur : http://www.ajornada.hpg.ig.com.br/colunistas/imbassahy/imb-0002.htm. accessible le 24 août 2005.

13) DIEGUEZ, Flávio. O universo é chato como uma tábua. Superinteressante, São Paulo, n. 154, p. 52-67, jul 2000.

14) SCHWARTSMAN, Helio. O eterno retorno. Jornal Folha de São Paulo, São Paulo, 2 fev 2002. Disponible sur : http:// www1.folha.uol.com.br/folha/pensata/ult510u57.shtml. accessible le  24 août 2005.

15) WHITEHOUSE, David. Hubble pode ter descoberto cem novos planetas na Via Láctea. Disponible sur : http://www.bbc.co.uk/portuguese/ciencia/story/2004/07/040702_hubble.shtml. accessible le 24 août 2005.

16) SIQUEIRA, Ethevaldo. Hubble, uma janela para o Universo. O Estado de São Paulo, São Paulo, 30 sept 2001.

17) WHITEHOUSE, David. Hubble pode ter um substituto, mais potente. O Estado de São Paulo, São Paulo, 31 mai 2005.

18) SIQUEIRA, Ethevaldo. Hubble vê os confins do universo. O Estado de São Paulo, São Paulo, 7 avril 2002.

19) ASTRO NOTÍCIAS. Descoberto buraco negro no centro da Via Láctea (Chandra). Disponible sur :  http://www.astro.up.pt/nd/astro_news/2000/0320pt.html. accessible le 24 août 2005.

20) NASA. A monster in the Middle of the Milky Way. Disponible sur : http://science.nasa.gov/headlines/y2000/ast29feb_1m.htm. accessible le : 24 août 2005.

21) GUTH, Allan. Uma eternidade de bolhas. Disponible sur : http://paginas.terra.com.br/educacao/labertolo/Cosmologia/Cosmology/bibang_Guth.htm. accessible le 24 Août 2005.

22) HAWKING, Stephen. O Universo numa casca de noz. São Paulo: Mandarin, 2001.

23) FALK, Dan. O universo numa camiseta – À procura da teoria do tudo. Porto Alegre: Globo, 2005.

24) GREEN, Brian. O universo elegante. São Paulo: Companhia das Letras, 2001.

 

 

CHAPITRE II

 

 

FORCE et MATIÈRE

 

 

"Dans la Nature rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Loi de conservation des masses. Antoine Laurent Lavoisier (1714-1789), Chimie.

 

"Nous ne savons pas encore ce qu’est l’énergie. Nous ne le savons pas encore car l'énergie est une chose étrange " Richard Feynman (1918-88), physicien quantique.

 

 

FORCE

 

Dans ce chapitre, nous nous concentrerons sur le concept de la Force, autant selon la physique que selon la philosophie, à travers les temps jusqu'à nos jours. Dans la première partie, nous présenterons une vision scientifique de la Force et, dans la deuxième, une vision philosophique.

 

1.          Vision scientifique de la Force

 

Actuellement, nous savons que tous les corps et toutes les substances sont en effet des combinaisons d’atomes, comme l’a supposé Démocrite (460 - 370 av. J.C.) lesquels atomes sont à leur tour, composés de nombreuses particules subatomiques maintenues soudées seulement par quatre domaines fondamentaux de la nature, dont les intensités s’amplifient dans l'ordre suivant :

 

La Gravité

 

La Gravité est la force qui maintient nos pieds fixés sur Terre et qui lie le système solaire et les galaxies. Si la force de gravité d’un moment à l’autre, s’interrompait d’une quelconque manière, nous serions alors catapultés immédiatement dans l'espace à la vitesse de 1.700 km par heure. De surcroît, sans la gravité, le Soleil qu’elle maintient aggloméré, exploserait en une catastrophique éruption d'énergie. Sans la force de la gravité, la Terre et les planètes tourneraient hors du système solaire dans les profondeurs de l'espace surgelé et les galaxies se désintègreraient en centaines de milliards d'étoiles. La conception la plus moderne de quelques physiciens audacieux est que la gravité résulte d'une déformation de l'espace-temps. Actuellement il existe une grande contestation scientifique à ce sujet (5).

 

 

 

 

 

 

L’électromagnétisme

 

L'électromagnétisme est la force qui maintient les électrons des atomes liés au noyau atomique avec une énergie approximative de dix électron-volts. Cette force est responsable de l'illumination de nos villes et de l’énergie de nos appareils électroménagers. La révolution industrielle et l'électronique nous ont fourni les lampes incandescentes et fluorescentes, la télévision, le téléphone, l'ordinateur, la radio, le radar, les micro-ondes, le téléphone portable, etc. Tous sont les sous-produits de la force électromagnétique. Sans cette force, notre civilisation aurait stagné, reléguée à un monde primitif s’éclairant à la bougie et au feu. Il est facile de comprendre que le domaine de la force électromagnétique découverte par James Clerk Maxwell (1831-1879), à partir de 1860, a révolutionné radicalement notre mode de vie. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer lors d’une panne d'électricité de quelques heures, le comportement des gens qui se retrouvent à reproduire les habitudes de leurs ancêtres des siècles derniers. Annuellement, les statistiques annoncent que, plus de la moitié de la richesse industrielle de la planète provient, d'une manière ou d'une autre, de l'utilisation de la force électromagnétique. La civilisation moderne, sans l'utilisation de la force électromagnétique, serait inconcevable (5).

 

La Force Nucléaire Faible

 

         La Force Nucléaire Faible est la force qui contrôle la baisse radioactive (radioactivité) des atomes. C'est la force faible des radio-isotopes utilisés dans les équipements hospitaliers modernes sous la forme de traceurs radioactifs, qui a permis d’engendrer la médecine nucléaire. En ce sens, la technologie du diagnostic et du traitement permettent de produire des images du cerveau de l’être vivant, visibles sur un écran d'ordinateur, rendant possible l’observation  de ce qui semble être le processus de la pensée (non pas sa genèse) et des émotions (là encore, non pas leur production) par la diminution de carbone radioactif du sucre parvenu au cerveau grâce à la  circulation sanguine (5, 6)

 

La Force Nucléaire Forte.

 

         La Force Nucléaire Forte (5, 7), est la force qui maintient protons et neutrons joints dans le noyau atomique, avec une énergie de l'ordre de dix millions d'électron-volts. Elle est un million de fois plus forte que la force électromagnétique. C'est elle qui donne son immense capacité au Soleil, ainsi qu’à toutes les étoiles, sources incontestables et inépuisables d'énergie. Sans la force nucléaire forte, les étoiles scintillantes s'effaceraient et l'espace serait totalement obscur. Sans le Soleil, toute forme de vie sur Terre périrait et les océans gèleraient. C'est la force nucléaire du Soleil qui rend possible la vie sur Terre. Cette force a été dominée par la technologie moderne et elle est responsable de la génération d'énergie électrique dans les usines nucléaires mais c'est elle aussi qui au moment de l’explosion d’une bombe atomique d'hydrogène, libère une quantité importante et dévastatrice d'énergie pouvant être comparée à un morceau de Soleil tombant sur Terre.  À partir de la découverte de la bombe atomique (1945), l'histoire humaine a pour la première fois été confrontée à un nouvel enjeu de choix politiques complexes qui pouvaient en plus, entraîner la destruction de toute forme de vie sur Terre. Avec la connaissance de la force nucléaire forte, nous avons pu finalement entendre et comprendre la colossale machine énergétique qui existe à l'intérieur du Soleil et des étoiles, mais nous avons aussi pu mesurer, pour la première fois, le risque que nous prenons à exterminer l'humanité.

 

2.          La Théorie de la Relativité et la Physique Quantique  

 

   Nous pouvons affirmer, sans aucune exagération, que le domaine de chacune de ces quatre forces fondamentales de la nature a changé toute la face de la civilisation humaine au cours de ces trois derniers siècles, principalement au cours du XXe siècle. Par exemple, lorsque Newton a tenté de résoudre mathématiquement sa théorie sur la  gravitation, n’ayant  pas de principes de calcul adéquats, il fut contraint de développer une nouvelle notion de mathématiques (la géométrie différentielle) formulant les célèbres lois sur la gravitation et sur le mouvement céleste (5) Ces lois de la Mécanique Quantique, à leur tour, ont permis d’établir la Révolution Industrielle qui a propulsé l'humanité de plusieurs millénaires de retard, de travail oppressif et de misère.

Pourtant il est vrai qu’à chaque fois que les scientifiques ont discerné les secrets de chacune de ces quatre forces fondamentales de la nature, ceux-ci ont irrévocablement modifié le cours de l'histoire de la civilisation moderne. L'histoire moderne nous confirme que certaines des plus grandes innovations scientifiques découlent de la compréhension et de l'utilisation graduelle de ces quatre forces fondamentales de la nature.

Aussi soumis que nous puissions être à l’absolutisme de ces quatre forces fondamentales, nous pouvons nous poser les questions suivantes : peuvent-elles être groupées en une seule et remarquable force ? Sont-elles les manifestations d'une réalité plus profonde, totalement méconnue de la science actuelle ?

De nos jours, il existe deux théories physiques qui expliquent, partiellement, les caractéristiques mystérieuses de ces quatre forces fondamentales de la nature. La théorie de la relativité générale et la théorie quantique, qui ensemble parviennent à expliquer, toutes les connaissances physiques à un niveau fondamental, sans aucune exception. Ces deux théories sont les mieux assimilées de tous les temps, ayant subi des tests à travers des milliers d'expériences et défis scientifiques. C’est grâce à ces deux théories que les lois de la chimie et de la physique peuvent être expliquées.

Pour décrire et expliquer les phénomènes du monde subatomique, c'est-à-dire le microcosme, la théorie quantique s'applique merveilleusement. Néanmoins, par contraste, pour décrire et expliquer les phénomènes du macrocosme, c'est-à-dire de l'espace sidéral, du monde des étoiles, des galaxies, des trous noirs et de la Création de l'Univers - les fondements par excellence demeurent au sein de la théorie de la relativité générale (5).

C'est la théorie quantique qui explique trois des quatre forces essentielles de la nature (l'électromagnétique, la force nucléaire faible et la force nucléaire forte), décrites ci-dessus, à travers l'échange de minuscules « paquets » d'énergie, appelés quanta. Quand une lampe est allumée et qu’un faisceau de lumière est émis, par exemple, plusieurs trillions de photons ou quanta d'énergie se déplacent de leur origine, c'est-à-dire de la source émettrice. Tous les phénomènes électromagnétiques impliquant l'émission de lumière d’une quelconque espèce, radiations et ondes comme celles qui sont utilisées dans les transmissions de radio, TV, radar, micro-ondes, rayons X, rayons lasers, etc., sont causés par le mouvement de ces photons, minuscules particules énergétiques. La force nucléaire faible est également régie par l'échange de particules subatomiques appelées W-bosons, évitant ainsi que la grande majorité des atomes se désintègre naturellement sous le phénomène de la radioactivité. La force nucléaire forte, d'autre part, s'explique par la présence de particules élémentaires, les quarks, maintenant ainsi les photons du noyau bien proches les uns des autres par l'échange de gluons, autre type de particule nucléaire, responsable du résultat de type "collage" ou stabilisation de protons. Le seul atome dépourvu de ce mécanisme est l'hydrogène (le premier élément du tableau périodique), possédant uniquement un proton dans son noyau (5, 6).

Néanmoins, la théorie quantique est en étroit contraste avec la théorie de la relativité générale d'Einstein, qui sollicite un milieu physique totalement différent pour expliquer la force de gravité. Cette théorie, qui n’exempte pas la quatrième dimension (l'espace-temps), nous enseigne que tous les mouvements dans l'espace s’effectuent selon une trajectoire circulaire, menant vers une définition totalement nouvelle de la force. Pour elle, le concept de force est remplacé par un autre concept plus élégant, qui prend en compte la giration de l'espace : la force de la gravité n’est rien d’autre que le sous-produit de la déformation de l'espace. Selon cette théorie, la Terre se déplace autour du Soleil en trajectoire rotative, parce que l'espace-temps est lui-même circulaire. D’après cette nouvelle représentation, la gravité n'est pas une "force", mais un sous-produit de la déformation de l'espace-temps. (5) Ainsi, dans un certain sens, la gravité n'existe pas. Ce qui fait mouvoir les planètes et les étoiles n’est que la déformation de l'espace-temps, qui est le continuum de quatre dimensions dont trois dimensions spatiales et une dimension temporelle.

Les scientifiques se sont retrouvés, il y a plus de cinquante ans, confrontés à une difficulté, essayant de résoudre cette impasse scientifique représentée par l'incompatibilité entre ces deux théories. Albert Einstein lui-même, auteur de la théorie de la relativité spéciale (conversion de matière en énergie selon la formule classique E = mc²) et de la théorie de la relativité générale (qui explique la gravité), a œuvré pour solutionner ce problème durant les trente dernières années de sa vie, sans succès. Ce sont des aspects physiques différents, c’est-à- dire des « paquets » (quanta) d'énergie d'un côté versus le continuum de l'espace-temps de l'autre, exigeant différentes notions mathématiques pour les expliquer. C’est la racine du problème. Toutes les tentatives menées par les plus grandes intelligences du XXe siècle dans le but de fusionner la théorie quantique et la théorie de la gravité, ont avorté. Incontestablement, le plus grand problème de la seconde moitié du XXe siècle par rapport aux physiciens d'aujourd'hui, est l'unification de ces deux structures physiques en une seule théorie, qui a été nommée par les physiciens "Théorie du Tout", mais sans avoir été formulée.

"Certains ont comparé ce triste état de fait à une mère nature possédant deux mains, qui ne peuvent communiquer l’une avec l'autre. Rien ne pourrait être plus embarrassant ou plus pathétique que de voir quelqu'un dont la main gauche agit en totale ignorance de la main droite " (5) a dit le physicien Michio Kaku, qui a été confronté à ce dilemme.

 

3.          Théorie des Supercordes

 

 Les physiciens les plus célèbres du monde entier, de même que plusieurs prix Nobel, travaillent incessamment sur le sujet, cherchant la solution au problème, en confrontant leurs grandes et intenses controverses. Actuellement, la nouvelle théorie des supercordes est en vogue et tracassera les scientifiques du monde entier dans les cinquante prochaines années de ce XXIe siècle, comme l’a fait la théorie quantique durant les cinquante dernières années. C’est une théorie "trop insensée" pour être correcte, qui affirme que toute la matière et l'énergie peuvent être réduites à de minuscules fils chargés d'énergie qui vibrent dans un univers de 10 dimensions (5). C’est une théorie séduisante, qui sonne bien, mais qui semble très extravagante ! Les cordes peuvent vibrer à des fréquences différentes, comme les cordes d'un violon. Chaque fréquence, à son tour, correspond à l’une des plus de trois cents particules subatomiques déjà découvertes par les physiciens. Le grand problème de cette théorie est qu’il faudrait réinventer une conception nouvelle des mathématiques qui permettrait la résolution des équations extrêmement complexes nécessaires à sa démonstration. Edward Witten, de l'Institut d'Études Avancées de Princeton (USA), successeur d'Albert Einstein, est l’un des nombreux physiciens à s’être lancé dans cette provocatrice aventure (5).

Pour résumer : les "notes" de la supercorde sont les particules subatomiques, les "harmonies" des supercordes sont les lois de la physique et "l'univers" peut être comparé à une symphonie de supercordes en vibration.

Néanmoins lorsque la corde vibre, elle établit le continuum espace-temps en se déformant. Singulièrement, les physiciens affirment qu’un calcul détaillé montre que la supercorde oblige le continuum espace-temps à se tordre exactement comme l’avait prévu originellement Einstein. Si cela venait à être démontré, ce ne serait que mathématiquement. Les physiciens seraient alors en possession d'une description harmonieuse qui unifierait la théorie des quanta avec la théorie du continuum espace-temps (5).

 

4.          Vision philosophique de la Force

 

Nous ne devons pas perdre de vue que la séparation entre la philosophie et la science, en qualité de contenant pragmatique, est très récente et qu’elle s'est consolidée au milieu du XIXe siècle. Ainsi, les penseurs antérieurs à 1850, qui se consacraient à la spéculation métaphysique de l'inconnu ou à l'étude de la nature, étaient tous considérés comme des savants et non comme des philosophes ou des scientifiques ou même des intellectuels, conceptions introduites beaucoup plus récemment. Quelques-uns avaient une connaissance encyclopédique, tant leurs savoirs étaient profonds et diversifiés (9). La diversification, aujourd'hui, accepte de nombreuses connaissances dissociées des sciences dites exactes (mathématique, chimique et physique) ou qui se différencient pour des recherches ou à des fins professionnelles (philosophie, psychologie, sociologie, etc.). La diversité s’est imposée plus précisément à partir de la révolution industrielle. La philosophie moderne est née, ainsi, comme conséquence et comme nécessité par rapport à l’époque du rationalisme de René Descartes (1596 -1650), englobant et réajustant les concepts plus avancés et sûrs de la métaphysique, de l'éthique, la morale, la politique, la force et la matière, de l'esprit et du corps, de la conscience, la causalité, la substance, etc. Ces concepts, fondés principalement sur l'exacte compréhension de la dualité esprit-corps, de la conscience et des milliers de phénomènes qui leur sont associés, constituent un grand défi pour la science.

Du point de vue philosophique idéaliste, tout ce qui existe dérive d'une Raison Universelle, de suprématie absolue. Par exemple, pour Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770 - 1831), philosophe allemand de l'école idéaliste post Kant, le monde (Terre) est la manière de réalisation, dont le principe émane de l'idée absolue d'un précepte rationnel et idéal supérieur, divinisé par les religions et qui, dans le processus d'auto-développement, connaît sa propre essence à travers la nature et l'histoire humaine, ce principe est en éternelle évolution. Il y a là une approche indirecte avec le principe de l'Évolution (18). Conceptions analogues au monde qui sont propres aux nombreux philosophes de l'idéalisme objectif. Les idéalistes subjectifs déjà considèrent tous les objets du monde extérieur comme provenant du monde intérieur de l'homme, de ses sensations et perceptions. Nous devons rappeler que les objets possèdent des propriétés qui sont caractéristiques de la Matière, tandis que la Force commande le mouvement et les transformations et, sous ses formes les plus évoluées, elle possède des attributs.

Mais faisons un retour en arrière dans le temps. Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, Leibniz (1646 - 1716) a longuement médité sur le concept de la substance et a conjointement introduit le concept de la monade. Cette dernière s’inspire par analogie de la théorie atomiste de Démocrite et aussi des idées de Giordano Bruno (8, 13). Selon lui, "pour qu'une chose soit réellement un être - une substance - elle doit être vraiment unique, elle doit être une entité dotée d’unité propre. L’unité substantielle exige une entité indivisible et naturellement indestructible ".

Or la matière comme nous la percevons, est étendue (occupe la place dans l'espace) et infiniment divisible (comme l'atome lui-même - unité fondamentale de la matière), de ce fait elle ne peut être la vraie substance, l’origine d’elle-même (8).

L'origine est unique (genre, représentée par la Force fondamentale) et, en même temps, individualisable (espèce - le monde physique, représenté par la matière fondamentale), indivisible, éternelle et inépuisable. L'être véritable doit posséder l’unité (Force) et, comme les corps (Matière) sont extensibles et divisibles, ils ne peuvent représenter cette unité (Force) À partir de ce raisonnement logique, presque concret, Leibniz a créé le concept de la monade. L'unité est dans les monades, qui sont ponctuelles (particules de Force) et indivisibles, et ainsi répondent à la réalité. Force et Matière, lorsqu’ils sont joints, représentent notre réalité physique, la Force agissant toujours dans la Matière qui par rapport au mouvement, est inerte (10). Nous avons introduit ici et dans les considérations qui suivent les termes Force et Matière, afin de moderniser ces concepts.

Pour l'observateur attentif, il existe ici une grande similitude avec l'actuelle théorie des supercordes, que nous avons traitée à la fin de la partie « vision scientifique de la force ». Le mot "monade" signifie "unité" (il vient du Grec : monas) Le terme fut utilisé en premier par les pythagoriciens, comme étant la désignation du nombre initial d'une série de nombres. Giordano Bruno a employé ce terme dans le sens de "substance réelle" (7), terme qu’il aurait emprunté à Plotino et que Leibniz, qui avait certainement lu leurs écrits, aurait repris.

Parlons un peu plus des monades. Mais, de quoi les monades sont-elles composées ? De deux éléments : un élément matériel (Matière) et un élément spirituel et dynamique (Force), qui ensemble forment sa nature spécifique. Ils sont indissociables dans les mondes physiques (comme sur la Terre, par exemple), tant qu'une certaine Force (individualisée) agit sur une certaine matière (individualisée) et varient quantitativement, chaque monade ayant une relation de quantité différente entre ce qu’elle possède de matériel (propriétés) et de spirituel (attributs ou qualités intrinsèques), dépendant du type de corps qu’ils constituent. S’il s’agit du corps brut d'une roche (royaume minéral) ou du corps d'un être vivant (végétal ou animal ou encore de l'homme lui-même) (8,10, 18).

Toutes les monades (Forces) sont éternelles, immortelles. Mais, toute monade (Force), quand elle agit dans la matière minérale ou organique (êtres vivants), conserve toujours un certain degré de passivité – son imperfection, laquelle a donné naissance à la monade (sous la forme commune de Force-Matière) et qui ne se libéra en qualité de force qu’à travers l’évolution. La matière primaire (conçue dans l’abstrait, elle n’existe donc pas sans la matière secondaire, la forme) est la matière en elle-même, toute passive, sans aucun principe de mouvement. La matière secondaire ou " habitat " est celle qui possède en elle un principe de mouvement, qui est le principe vital des êtres les plus évolués, c'est-à-dire, la Force dans son concept le plus puissant. Ainsi, à la matière primaire, toute passive, dotée uniquement d'extension (comme voulait Descartes), Leibniz oppose la matière secondaire ou "habitat", qui contient la Force spirituelle, dotée d'action. L'élément matériel dans la monade, correspond à la passivité de la matière primaire et l'élément immatériel, correspond à l'activité de la forme de la substance, attribuée par la Force ; matière et forme, Force et Matière, comme chez Aristote et chez Platon, donc chaque monade représente une matière primaire ou un principe passif, mis en action grâce à l'élément actif (Force) qui est, sur l'échelle humaine, une âme, un esprit en quête de perfection (8,10, 18).

Il faut souligner que Baruch Spinoza (1632 - 1677), a travaillé et considéré le concept de la monade, avec le raisonnement suivant :

 

[... ] Or, toute substance est monade, tout corps est fait de monades, et ceux-ci sont des unités rigoureusement indivisibles et, donc, inextensibles, parce que l'extension est toujours divisible. Ces monades simples ne peuvent pas se détériorer, ni être dissoutes (elles ont une vie éternelle) et aussi, ne proviennent pas d’une quelconque composition. Elles constituent la vraie substance (essence), néanmoins elles varient en degré de spiritualité, et ainsi peuvent constituer des substances diverses de Dieu propres à chaque chose (21).

Puisque nous parlons ici de spiritualité, nous nous référons à l'homme. Leibniz a avancé que le monde ne comprend qu’un seul et unique type de substance (genre), un seul et vrai être qui est la Nature ou Dieu, toutefois il existe une variété infinie de substance (espèce) appartenant à ce type. La dualité interne des monades, en partie matérielle et en partie spirituelle, fait qu’elles appartiennent à la fois au monde spirituel et au monde physique, ce qui est semblable à l'idée selon laquelle le matériel et le spirituel sont "les deux faces d'une même substance", comme prétendait Spinoza. Nous devons rappeler que Spinoza était athée depuis sa jeunesse.

Nous voyons ainsi que la dualité pour Leibniz et pour Spinoza (8,10) n'avait pas la même signification, la conception cartésienne de la dualité étant beaucoup plus radicale. Leibniz conteste Descartes sur deux aspects, disant que les cartésiens s’étaient trompés en supposant deux substances isolées, la substance étendue (Matière) et la substance spirituelle (Force) et qu’ils s’étaient trompés aussi en limitant la matière uniquement à l’extension. Le premier aspect suppose que les monades sont l’unique substance, et que les deux natures, le matériel et le spirituel, coexistent de sorte que toute chose ou tout être possède sa dose de matérialité et spiritualité, sans que ceci représente une dualité radicale, comme le prétendait Descartes. Quant au second aspect, Descartes (14,15,16) ne se souciait pas de la Force, mais seulement du mouvement, du simple changement de position d'un objet en relation avec ses coordonnées initiales (cinématique, un chapitre de la mécanique). Le mouvement visible n'est pas uniquement un mouvement local observé, il doit être le résultat d'une Force. Il est produit par une "force vive", qui est dans la monade. Le concept de Leibniz est une formulation dans laquelle, contrairement à la conception de la Mécanique cartésienne, le mouvement n'est pas créé par une énergie cinétique, mais existe comme faisant partie de la monade. La dénommée matière, dans son essence, contient aussi, la force. L'idée d'une nature statique et inerte est substituée par une idée dynamique, en contraste avec une physique de l'extension, reprenant la pensée grecque selon laquelle la nature est le principe du mouvement. Contrairement à Descartes, Leibniz (1675) considère les êtres comme des forces vivantes et non comme des machines. La notion de substance a toujours signifié essentiellement une chose inerte, qui n'explique pas la résistance que la matière oppose au mouvement. Nous rappelons que tous les trois ont été des contemporains et que Leibniz a vécu comme Spinoza, aux Pays-Bas.

Ainsi de même qu’est rejetée la position dualiste de Descartes à propos de l'indépendance entre une substance matérielle et une autre spirituelle, Leibniz rejette également la position moniste matérialiste selon laquelle la pensée et la conscience sont du domaine purement matériel et mécanique. Dans son livre Hypothesis Physica Nova (1671), il dit que le mouvement dérive, comme l’avait soutenu l'astronome allemand Johannes Kepler, de l'action de l'esprit (Dieu). Outre la théorie selon laquelle les monades composent toutes les choses du monde extérieur, il y a l'expérience intérieure, l'expérience de la conscience, qui ne peut être expliquée par des nombres ou par le mouvement.

En résumé, la monade n’est pas extensible, n'est pas divisible, n'est pas matérielle. Ce sont des unités sans corps, qui constituent les composants, ce sont les éléments des choses. Monade est force, énergie, vigueur. Les monades sont des unités de force. Pas la force physique, mais la capacité de pénétrer, d'agir (8, 10).

Après avoir défini la substance comme action, Leibniz a expliqué que l'action essentielle de la substance est la représentation. L'activité continue de la monade est l'effort de se réaliser, de se représenter comme étant la conscience, acquérant toujours plus de conscience de ce qui est virtuellement contenu  en soi-même. Bien que sa quantité soit infinie, chaque monade est totalement différente d’une autre. Elle varie aussi son pouvoir de représentation. La forme la plus primitive, la perception, comprend une représentation confuse et obscure d'elle-même. La forme plus évoluée, l’aperception, consiste en la représentation claire d’elle-même ou conscience personnelle (8,10, 22).

 

MATIÈRE

 

Comme nous le savons, dans l'univers il existe une quantité infinie de matière dispersée, agglomérée et regroupée sous les plus diverses formes. De même, dans la réalité de notre monde Terre, tout ce qui occupe une place dans l'espace (extension), de même que la Terre elle-même, est constitué de matière. Elle est directement perçue par nos sens physiques. La matière, bien qu’elle soit inerte, peut se montrer en mouvement, activée par la Force. Dans l’absolu, rien n'est immobile dans l’Univers : tout est en mouvement permanent et continu. À partir de là nous disons qu'il y a une harmonie dynamique dans tout l'Univers. Nous allons discerner la matière sous deux approches ou visions différentes : la vision scientifique et la vision philosophique. En la caractérisant comme l’un des composants de l'Univers, nous commencerons par l’écrire avec une majuscule.

 

5.               Vision scientifique de la Matière

 

Depuis la plus lointaine antiquité jusqu’à aujourd’hui, l'homme a utilisé ses ressources mentales et son génie pour apprivoiser les forces de la nature et les employer dans son intérêt. Pour la découverte de la réalité concrète et essentielle de la Matière cela n'a pas été différent. Il y a environ 2.400 ans, à l’occasion du passage de Pythagore sur Terre, toute la connaissance de la Matière était encore réduite aux quatre éléments fondamentaux : air, eau, terre et feu. Ce fut Démocrite de l’Abdère (Thracienne), disciple de Leucippe et de Pythagore, philosophe pré-socratique (460-370 av. J.C.) de sagesse encyclopédique, qui nous a légué les premières connaissances sur la vraie nature de la Matière à travers sa théorie atomiste. Pour lui, la Matière était constituée de particules minuscules, indivisibles et invisibles à l’œil nu, qu’il a nommées atomes (du grec : atomos qui signifie indivisible). Cette semence, qui est restée à l’état latent pendant plus de 2.300 ans a germé seulement à la fin du XIXe siècle, mais n’a été certifié qu’au cours de la première moitié du XXe siècle, lorsque les secrets du noyau atomique furent découverts par la science.

Nous avons vu que jusqu'alors, les atomes, bases essentielles de la Matière, étaient considérés comme indivisibles, dépourvus de structures et immuables. Mais, bien avant cela, la chimie œuvrait avec les atomes comme s’ils étaient des éléments primaires, invisibles et indestructibles de la Matière, qui pouvaient s’unir, se séparer et s’interchanger dans le cadre spécifique de leur structure, déterminant ainsi toute la diversité qualitative et quantitative des nombreuses substances et produits qu’ils pouvaient créer. Ainsi, l'idée de l'immuabilité des atomes s'identifiait avec celle de la Matière comme étant l’un des composants basiques de l'Univers. En faveur de cette vision universelle de la Matière, le chimiste Antoine Laurent Lavoisier (1743-1794), en 1774, a vérifié expérimentalement que, dans un système chimique fermé, la masse totale est constante. Sur le fondement de ses démonstrations expérimentales il a établi le principe chimique et philosophique général qui a reçu le nom de Loi de la Conservation des Masses : "Dans la nature rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Ce principe universel a corroboré le principe de l'indestructibilité des atomes établi par la théorie atomiste de Démocrite il y a 2.300 ans !

Pour avoir une idée de l’insignifiante dimension des atomes, nous allons prendre un petit fil de cuivre, de ceux qui sont utilisés dans les installations électriques des maisons et le diviser en d’infimes résidus. Sachant que, même si vous utilisez un microscope et continuez à le diviser en fragments microscopiques, vous serez encore très en deçà de voir un atome de cuivre. Alors, combien mesure l'atome de cuivre ? Pour imaginer cela, sachez que si vous pouviez aligner des atomes de cuivre les uns à côté des autres sur un millimètre, il y aurait 10 millions d'atomes ! Autre exemple : Une petite sphère monobloc de cuivre de deux centimètres de diamètre contient environ 25 septillions d'atomes, le nombre vingt-cinq suivi de vingt-quatre zéros ! Ceci veut dire que, si nous maintenions les mêmes proportions et que nous élargissions les diamètres des atomes au même diamètre que la sphère de cuivre (deux centimètres), cette dernière mesurerait alors 200 millions de centimètres de diamètre ou 200 kilomètres ! C'est donc pour cette raison que nous appelons ce petit monde le microcosme, ceci en opposition au macrocosme qui représente toute l'expansion de l'univers (23).  

Aussi petit soit-il, l'atome est, à son tour, constitué de particules très infimes et d’une grande utilité pour nous. Plusieurs modèles atomiques ont précédé l'actuel, comme celui de l'Anglais John Dalton (1803), de l'Anglais Joseph J. Thomson (1903), du Néo-Zélandais Ernest Rutherford (1911) Actuellement et cela  depuis 1913, a été adopté le modèle basique créé par le physicien danois Niels-Bohr, où l’atome est représenté par un petit noyau central entouré d’une ou plusieurs couches de particules disposées en orbites et qui gravitent autour de lui, composant « l’électron planète ». Dans les couches orbitales, de façon semblable aux planètes, circulent des particules dénommées électrons, qui possèdent une charge électrique négative. Au centre, le noyau fixe, semblable à un petit soleil, beaucoup plus stable que les couches orbitales, contient des particules plus lourdes que les électrons, de deux natures : protons, avec charge électrique positive et neutrons avec charge neutre. Dans les atomes, le nombre de protons est égal au nombre d’électrons, sa quantité varie d’un type d’atome à l’autre, déterminant ainsi, le nombre atomique de l'élément. Les atomes, en condition normale, sont stables et leur charge est électriquement équilibrée. Pour faciliter l'étude, les atomes ont été référencés - sur le Tableau Périodique des Éléments - de manière organisée et logique quant à leur numéro atomique. L’atome d'Hydrogène est le plus simple, occupant la première place, et l'atome d’uranium est le plus complexe, posséde le numéro 92 et occupe la dernière place dans l'échelle atomique naturelle des éléments. Avec l'avènement de l'énergie atomique, ce tableau des éléments naturels a été élargi pour inclure, aussi, les éléments transuraniques, qui sont actuellement au nombre de 21. Ainsi, le nouveau Tableau Périodique renferme 113 éléments. Pour avoir une idée de grandeur, un atome spécifique a un diamètre de 10-8 centimètres et son noyau, de 10-13 centimètres. L'atome tout entier est 100.000 fois plus grand que le noyau. Néanmoins, plus de 99 % de la masse de l'atome se trouve concentrée dans son noyau (1, 3).

Tous les atomes possèdent des propriétés, certaines génériques et d’autres spécifiques, qui donnent aux atomes leur propre identité. Ils peuvent s'agglomérer avec un ou plusieurs autres atomes identiques ou différents pour former des molécules qui, à leur tour, sont les plus petites portions d'une substance quelconque. La chimie et les technologies qui émanent d’elle s’intéressent aux réactions et phénomènes, utilisant la Matière et, donc, les atomes et les molécules, sous leurs diverses formes, pour produire des substances et des produits de grande utilité pour notre vie moderne. Pour cela, seule la couche orbitale la plus externe de l’électron, appelée couche de valence, est utilisée.

D'autre part, un autre ensemble de propriétés des atomes, qui découle de l'existence d'électrons libres, est l’objet de la physique classique et de ses activités dérivées. Ces électrons en fonction de certains matériels comme pour le cuivre de notre exemple précédent, produits par excitation de ladite couche sous certaines conditions, servent à produire de l’électricité, des champs électriques et électromagnétiques, ainsi que, de nombreux autres phénomènes qui lient la Force et la Matière.

Concernant l'interférence dans les noyaux atomiques, celle-ci est plus complexe et plus coûteuse, quelle que soit sa finalité - recherche, génération d'électricité, production de bombes atomiques ou production de radio-isotopes pour utilisation médicale. Pour atteindre ces objectifs, il faut recourir aux connaissances de la physique nucléaire, rigoureusement contrôlée par les Nations Unies.

Il est encore nécessaire d'approfondir les particules élémentaires qui, à l'exception de l'électron, agissent à l'intérieur du noyau ou existent de manière indépendante. Actuellement, il a été découvert environ trois cents variétés de particules élémentaires. À la majorité des particules connues, correspondent des antiparticules (opposées à elles par le signe de leur charge électrique et par quelques autres propriétés), comme, à l'électron (chargement négatif) correspond le positron (chargement positif), au proton, correspond l'antiproton (chargement négatif), etc. Il y a des différences subtiles entre les particules et les antiparticules qui affectent seulement quelques propriétés de la Matière, comme le signe de leur charge électrique, le moment magnétique, etc., mais, la majorité de ses propriétés sont les mêmes. Vraisemblablement, les lois de l'action réciproque nucléaire, électromagnétique et gravitationnelle s'appliquent à l'antimatière et, par conséquent, aux lois qui régissent la formation des différentes combinaisons chimiques, des systèmes cosmiques, etc. Au lieu d’utiliser le terme d'"antimatière" pour désigner cette forme hypothétique de la Matière, il serait plus correct peut-être, d’employer le terme "matière d'antiparticules", puisque la masse au repos qui caractérise la substance est propre aussi à toutes les antiparticules, excepté à celles de l'antineutrino (2).

Plus spécifiquement, on ne peut inclure dans la catégorie de Matière les particules élémentaires comme le neutrino et l'antineutrino, dont l'action réciproque avec la Matière est faible, bien que ces particules possèdent une très forte capacité de pénétration. Ces particules absorbent une quantité considérable de l’énergie des étoiles, remplissant tout l'espace qui nous entoure et leur rôle dans la transformation générale de la Matière dans l'Univers doit être très grand, bien que la science soit encore très loin de découvrir leurs secrets. Et que penser des antiparticules des neutrinos, les antineutrinos  (2) ?

 

6.               Vision philosophique de la Matière

 

 Beaucoup de thèses audacieuses et pour quelques-unes même profondes, ont été formulées sur l'Histoire de la Matière. Les conceptions matérialistes ont cherché dans le développement scientifique leur source d'inspiration, s'affermissant dans les propriétés fondamentales de la Matière (domaine d'étude de la Chimie) et dans les lois qui régissent le mouvement physique (domaine d'étude de la Physique). Ce sont des matérialistes français du XVIIIe siècle, qui ont mis à l’honneur la thèse selon laquelle la Matière et le mouvement sont indissociables - essayant d’enterrer le dualisme Force et Matière de René Descartes - selon lequel le mouvement est un attribut très important, une forme d'existence de la Matière. Le fondement du mouvement inhérent à la Matière a produit d’énormes controverses. De là, entre autant de conceptions Philosophiques Matérialistes, basées sur la Matière, nous devons seulement en retenir deux.

 

Le Matérialisme Mécaniciste

 

Les lois de la mécanique d'Isaac Newton (1642-1727) étaient considérées comme étant des lois universelles de la nature et aussi, des principes fondamentaux de l'être qui conditionnent toutes les autres lois de la nature et de la société. Ces lois constituaient la base du matérialisme en vigueur à leur époque - le matérialisme mécaniciste, qui a précédé au matérialisme dialectique de Marx et d'Engels. Les grands progrès scientifiques opérés dans les Sciences Naturelles (Théorie de l'Évolution, de Charles Darwin), durant la seconde moitié du XIXe siècle (1859) et les découvertes de la physique et de la chimie, ont été poursuivis durant tout le XXe siècle. À cette période, avec le développement de la théorie du champ magnétique, la découverte de la radioactivité, de la structure complexe des atomes et tant d’autres, les bases de la vision mécaniciste du monde ont été attaquées. Car, tant qu’une explication générale du phénomène de la radioactivité n’était pas trouvée pour prouver que la matière  «disparaît », la loi sur la conservation des masses, établie par Lavoisier, semblait à Terre (2). Malgré ces nouvelles découvertes, les défenseurs du matérialisme dialectique ont persisté en affirmant que la destructibilité de l'atome, sa perpétuité, la mutabilité de toutes les formes de la Matière et de son mouvement ont toujours été le pilier du matérialisme dialectique.

Plusieurs courants philosophiques matérialistes sont apparus alors, avec les plus diverses conceptions, tous, néanmoins, profitant exclusivement des perceptions de nos sens physiques et des instruments créés par l'homme lui-même. Les matérialistes essayent d'expliquer le monde qui nous entoure grâce à l'activité d'une partie matérielle, le cerveau humain, affirmant que même les idées et les concepts les plus abstraits sont produits par l'activité cérébrale. Ce courant de pensée prétend que le monde qui nous entoure n'est rien de plus qu'une forme concrète de la Matière, un certain état ou sa propriété, un produit de sa mutation constante et régulière. Les partisans de ce courant ont affirmé que la Matière est la seule base universelle de tout ce qui existe, de tous les objets et phénomènes de la réalité et qu’elle exprime l'essence générale du monde (2) En pensant ainsi ils basent leurs justifications sur la réalité observée dans le développement de la Science tout au long de l'Histoire de l'homme, principalement par l'exploitation technologique du siècle dernier.

La Matière et toute la quantité infinie des différents objets qui existent et qui se déplacent dans l'espace et dans le temps, ont une diversité inépuisable de propriétés. Nos organes des sens peuvent percevoir seulement une partie insignifiante de toutes les formes de la Matière réellement existantes ; néanmoins, grâce à la construction d'appareils et d'instruments de mesure de plus en plus parfaits, l'homme repousse sans cesse les limites du monde connu. Ainsi, les particules élémentaires que la science a découvertes au XXe siècle, se différencient qualitativement par les propriétés des corps macroscopiques avec lesquelles l'homme est en liaison  dans sa vie quotidienne et ceci approfondit, de manière essentielle, nos notions de la Matière.

 

Matérialisme Dialectique

 

Pour le matérialisme dialectique, qui a imprégné le socialisme marxiste adopté par l'Union soviétique et par les pays satellites pendant la majeure partie du XXe siècle, le concept de la Matière comme réalité objective possède un sens ample et caractérise toutes ses propriétés, lois générales, lois de mouvement, lois d'existence, etc. qui lui sont associées. Ces "agrégats" sont, vis-à-vis de ce concept, de vrais accessoires inhérents à la Matière comme certaines lois de son existence, un genre de mouvement, etc., indissociables de la Matière, néanmoins différents d’elle et, pourtant, la Matière ne peut être évaluée. Ainsi, le mouvement, l'espace, le temps et les lois de la nature ont une réalité objective. Néanmoins, ils ne peuvent être expliqués avec la Matière, la Matière existe sous forme de variété infinie d'objets et de systèmes concrets, dont chacun possède le mouvement, la structure, concaténations et interactions espace-temps et d’autres plus généraux et particuliers. La Matière n'existe pas en dehors des objets et des systèmes et, en ce sens, il n’y a pas objectivement "matière en tant que telle", matière "pure", comme une substance primaire et amorphe. Le matérialisme dialectique admet la substantialité de la Matière, néanmoins uniquement dans le sens de ce qu’elle est précisément comme la seule base universelle, le substrat pour les diverses propriétés, concaténations, formes de mouvement et lois. N’importe quelle forme de Matière (les micro-objets inclus) possède une structure complexe, une infinité de concaténations internes et externes, ainsi que la faculté de se métamorphoser en d’autres formes.

Le matérialisme dialectique (2) qui réfute l'existence de la "matière primaire" comme essence ultime et immuable, reconnaît la substantialité de la Matière seulement dans le sens où précisément elle (et non la conscience, ni rien de surnaturel) est la faculté base universelle des différentes propriétés des phénomènes et détermine l'unité du monde autour. Les matérialistes dialectiques affirment que le développement successif de la connaissance permettra, sans aucun doute, de pénétrer au niveau structurel plus profond de la Matière, sans invalider sa philosophie. Pour cette raison, le concept de substance a changé qualitativement de sens dans la philosophie marxiste.

Le matérialisme dialectique et les lois qui lui sont associés servent de base méthodologique pour effectuer des recherches scientifiques, élaborer une conception scientifique et matérialiste du monde et interpréter les découvertes de la science conformément à la réalité du monde Terre. Remarquons que cette doctrine se perfectionne sans cesse, s'approfondit avec le progrès de la connaissance scientifique. De nouvelles catégories apparaissent. Elles reflètent, à un niveau chaque fois plus élevé, la réalité, qui sera toujours de plus en plus complexe que toutes nos notions actuelles, y compris les plus parfaites (2).

Néanmoins, le matérialisme dialectique se trompe en affirmant que la Matière est la base substantielle universelle de tous les phénomènes, qu’elle n’a pas été créée inutilement, qu’elle est indestructible, éternelle dans le temps et infinie dans l'espace, qu’elle possède une existence objective et qu’elle est indépendante de la conscience. Dans notre compréhension, il s'agit d'une médiocre philosophie qui ne résiste pas à une analyse plus profonde.

 

 

 

 

Références de ce chapitre :

 

 

ROSSETTI. Modèle atomique de Bohr - l'atome impossible. Disponible sur :

www.rossetti.eti.br/index.htm. Accessible le : 06 juillet. 2005.

2)      KONSTANTINOV, F. Fundamentos de la Filosofía marxista-leninlista - Matérialisme Dialéctico - La materia y sus formas principales d'existencia - Éditorial Progrès - Moscou, 1977. Accessible le 06 juillet. 2005.

3)      NETO, Luiz Ferraz. Constitution du noyau de l'atome. Disponible sur : www.leobarretos@uol.com.br. Accessible le 06 juillet. 2005.

4)      MONTANER Y SIMÓN (Maison d'édition) Matérialisme - Dicionario Enciclopédico Hispano-Americano, Montaner y Simón Éditores, Barcelona, 1893 - Volume 12 p. 579-582. Disponible sur : www.filosofia.org/enc/eha.index.htm. Accessible le 06 juillet. 2005.

5)      KAKU, Michio : Il y a une théorie du tout ? (IS there à theory of everything ?).

Disponible sur :  http://paginas.terra.com.br/educacao/labertolo/Cosmologia/Cosmology/life_Hawking.htm

Accessible le : 06 juillet. 2005.

6)      ANONYME. Force nucléaire faible. Disponible sur : www.pcarv.pro.br/inicio/default.asp. Accessible le 30 juin. 2005.

7)      ANONYME. Force nucléaire forte. In:_HAWKING, Stephen W. Disponible  sur : : www.pcarv.pro.br/inicio/default.asp. Accessible le 30 juin. 2005.

8)          KONSTANTINOV, F. Fundamentos de la Philosophie marxista-leninlista - Matérialisme Dialéctico - El movimiento y sus formas principales - Éditorial Progresso - Moscou 1977. Disponible sur : : .... ? ? Accessible le 06 juillet. 2005.

9)      CHAUÍ, Marilena. Les idées de substance et de causalité. Université de de São Paulo,

         USP.   2005.

10)    COBRA, Rubens Queiroz. Pages de philosophie moderne. Disponible sur : : www.cobra.pages.nom.br/frmp-bruno.html#Caixa. Accessible le 27 juin. 2005.

11)    COBRA, Rubens Queiroz. Pages de philosophie moderne. Disponible sur : : www.cobra.pages.nom.br/frmp-leibniz.html#Caixa. Accessible le 27 juin. 2005.

12)    GUILLERME LEIBNIZ. Disponible sur : : www.mundodosfilosofos.com.br/cartesianismo.htm#E. Accessible le 27 juin. 2005.

13)    les FONDEMENTS De MONADOLOGIA. Disponible sur: : www.mundodosfilosofos.com.br/leibniz.htm#A Accessible  le 27 juin. 2005

14)    CARTESIANISMO (VIE). Disponible sur : : www.mundodosfilosofos.com.br/descartes.htm#A. Accessible le :27 juin. 2005.

15)    CARTESIANISMO. (Discours sur la Méthode). Disponible dans : www.mundodosfilosofos.com.br/descartes2.htm#A. Accessible le : 27 juin. 2005.

16)    CARTESIANISMO (Méditations). Disponible dans : www.mundodosfilosofos.com.br/descartes3.htm#A. Accessible le : 27 jun. 2005.

17)    HISTOIRE de la PHILOSOPHIE MODERNE - CAP 15 Art 1er Philosophie Rationalistes XVIII ème siècle - itens 607-613. Disponible sur : : www.cfh.ufsc.br/~simpozio/novo/2216y605.htm#TopofPage. Accessible le : 02 jul. 2005.

18)    VERGEZ, André et HUISMAN, Denis. Histoire des philosophes. 3.ed. Rio de Janeiro : Freitas Bastos, 1976. p. 187-197.

19)    STEVENSON, Jay. Le guide le plus complet sur la philosophie. São Paulo : Mandarin -2001.

20)    MATTOS, Luiz de. Rationalisme Chrétien. 42.ed. Rio de Janeiro : Centre Rédempteur, 1991.

21)    LEIBNIZ, W. F. Monadalogia. In : _ VERGEZ, André ; HUISMAN, Denis. Histoire des philosophes. 3.ed. Rio de Janeiro : Freitas Bastos, 1976. p. 187-197.

22)    SPINOZA, Baruch. In:_VERGEZ, André ; HUISMAN, Denis. Histoire des philosophes. 3.ed. Rio de Janeiro : Freitas Bastos, 1976. p. 170-184.

23)    COELHO, Aristides Pinto. Ce que tu dois  savoir sur l'énergie nucléaire. CNEN - Commission Nationale d'Énergie Nucléaire. Rio de Janeiro : Graphos, 1977.,32 p.

 

 

CHAPITRE III

 

 

LES CHEMINS DE L'ÉVOLUTION

 

 

"Rien au monde n’est plus logique que la lumière de l'évolution"

Theodosius Dobzhansky. (1973)

 

 

C’est en 1859, voilà bientôt 150 ans, qu’a été publiée l'œuvre intitulée « L'origine des espèces d’après la sélection naturelle » ou simplement « L'origine des espèces » du naturaliste anglais, Charles Spencer Darwin (1809-1882) Darwin a effectué son légendaire voyage qui a duré environ cinq ans (1832-1836) à bord du H.M.S. Beagle. Le parcours du Beagle incluait le Tenerife, les îles du Cap-Vert, le Brésil (Salvador et Rio de Janeiro, à l'aller et au retour), l’Uruguay, l’Argentine (Buenos Aires et Terre de Feu), le Chili, le Pérou, les Îles Galápagos, Tahiti, la Nouvelle Zélande et la Tasmanie. C’est sur les îles Galápagos, qu’il a récolté le plus d’informations (1). Tout au long du voyage, Darwin a fait des observations et a rassemblé des exemplaires d'une flore et d’une faune riches et variées qu’il a étudié durant 24 ans, pour après seulement publier son livre. Son travail a été mené avec sérieux et intégrité.

Nous devons rappeler que ce fut seulement au cours de la décennie 1830, que Karl Ernest Von Baer a organisé les travaux de Cytologie et, conjointement, Theodor Schwann et Mathias Jakob Schleiden, en ont établi les bases, stipulant que les animaux et les plantes ont été conçus par les mêmes éléments - les cellules (2). Quasiment en même temps, en France, Claude Bernard (1813-1878) développait la Physiologie. À leur tour, les lois sur l'hérédité découvertes par Gregor Mendel (1822-1884) ont été divulguées après que Darwin a publié ses travaux. Ce n’est qu’au début du XXe siècle, que les mécanismes de l’hérédité génétique ont été révélés à travers les études sur les chromosomes et les gènes. À partir de là, avec le développement de la Biologie Moléculaire, (James Watson et Francis Crick, découvreurs de la structure de l’ADN, Prix Nobel de Médecine en 1951) et, finalement, du génome (séquençage de l’ADN, à la fin du XXe siècle), est apparue la théorie Synthétique de l’Evolution ou le Néodarwinisme, basée sur la mutation et la recombinaison génique. Ces discernements n’ont été associés à la théorie de Darwin que récemment expliquant les différences entre les individus de même espèce en opposition aux critiques des sceptiques et des défenseurs du créationnisme (1).   

Plusieurs années se sont écoulées, sans qu’aucune autre meilleure théorie n’apparaisse détrônant celle appelée théorie évolutionniste de Darwin qui convient mieux à l’explication de l'évolution par la sélection naturelle entre les espèces d’après les faits observés. Nous rappelons qu'une théorie semblable a été, simultanément et individuellement, présentée par le britannique Alfred Russel Wallace (1823-1913) (1, 2).

Plus encore que son œuvre  « Origine des espèces », Darwin a provoqué, douze ans plus tard, la colère de l'Eglise catholique à la publication, de son œuvre, l’Origine de l'homme (1871), dans laquelle il a renforcé sa théorie selon laquelle l'être humain provient des primats. Avec cette œuvre, Darwin est entré en confrontation avec l'histoire biblique de la création de la manière dont elle est  racontée dans la Genèse. Les conservateurs de toute l'Europe ont protesté aussi contre cette théorie, refusant d'admettre que les ancêtres de l'espèce humaine pouvaient être des animaux. À l'époque, Darwin a été ridiculisé par la presse européenne, qui a publié des "titres violents et sarcastiques à son encontre et à celle de ses théories, considérées extravagantes, antisociales et athées. Une célèbre et notoire caricature de cette période le représentait avec un corps de singe, surplombé d’un crâne longiligne, un visage grave pourvu d’une longue barbe" (3). Darwin savait très bien que la divulgation de ses idées provoquerait des contestations et c’est peut-être pour cette raison qu’il avait ajourné leur publication, durant plus de vingt ans. Il a finalement dévoilé son travail uniquement "lorsqu’il a pris conscience des recherches et conclusions qu’Alfred Russel Wallace menait et qui étaient sur le point d’être publiées" (3).

Il est évident que Darwin a rencontré un soutien dans le milieu scientifique comme à travers Thomas Huxley, Paul Broca et Ernst Hæckel, outre Alfred Russel Wallace lui-même, qui lui a reconnu la primauté de la Théorie de l'Évolution. Face à une théorie aussi révolutionnaire, il y avait d’une part les Darwinistes qui percevaient, dans les idées "du controversé naturaliste, un modèle simple, absolu et brillant, capable d'expliquer la diversité des espèces et les origines des êtres vivants et de l'homme en particulier" (3), d’autre part il y avait les créationnistes, les défenseurs de la foi, de la religion et de l'Écriture Sainte dite sacrée. Ces positions antagonistes sont comme l'eau et huile, qui ne s’assemblent pas et ne se mélangent pas, à tel point que, si cette polémique s'était produite un siècle environ en arrière, hors de l'Angleterre, Darwin aurait été accusé de blasphème et d'hérésie et aurait péri brûlé vif sur le bûcher par l'Inquisition. Il est regrettable de voir que la polémique entre le créationnisme et l’évolutionnisme subsiste encore de nos jours, au XXIe siècle. Plus en avant, dans ce chapitre, nous examinerons cette controverse qui, pour les religieux est une question de foi et, pour les évolutionnistes, une question de raison et logique.

Puisque l'évolution des espèces jusqu’alors n’a tenu compte que du règne végétal et animal, incluant l'homme, nous allons considérer aussi l'"évolution" qui s'est produite au sein du règne minéral, celui-ci aussi constitue un point fondamental de la Nature. Il a appartenu à Charles Lyell (1797-1875), père de la Géologie moderne, contemporain et ami de Darwin, dans son œuvre en trois volumes,  " Les principes de la Géologie", publiée seulement entre 1830-1833, d’introduire le concept de gradualisme (observons la similitude avec le terme évolutionniste, de Darwin) dans la formation géologique de la croûte terrestre. Son œuvre s’est développée et aujourd'hui, l'évolution de la Terre est détaillée par ère et par période géologique, résultant des grands événements et cataclysmes que notre planète a subis. Néanmoins, aucun scientifique, à notre connaissance, n’a étudié l'évolution de la matière en elle-même, son organisation et sa structure comme étant la chaîne initiale de l'évolution des espèces. La matière a été tout de même remarquablement étudiée en ce qui concerne la connaissance intrinsèque de l'atome, des particules et leurs interactions tant dans le noyau atomique (protons et neutrons) qu’entre électrons. Il est indéniable que les résultats de ces études et les découvertes de la Physique et de la Chimie, principalement au XXe siècle, ont amené l'humanité à jouir d'une technologie avancée, négligeant, néanmoins, les valeurs morales de l'être. La science s’éloigne de la philosophie dont elle est la fille légitime. Nous allons, aussi, considérer l'évolution de l'homme, non en tant qu’espèce (matière), mais en tant qu’être (Force Intelligente - l'Esprit).

 

1.      Évolution de la Force à travers la Matière

 

Quand nous faisons une rétrospective depuis les prémices de l'Univers, en tenant compte des connaissances cosmologiques actuelles, quelle qu’en soit la théorie adoptée pour expliquer son origine et la raison de son existence, il ne subsiste aucun doute que l'évolution de la matière a commencé du plus simple au plus complexe. Le chemin que traverse de tels processus, toujours du plus simple au plus complexe, caractérise ce que nous appelons Évolution, non seulement matérielle ou somatique, mais aussi de la Force et avec elle, de l'énergie sous ses plus diverses formes connues et méconnues de la Science officielle. Initialement, les particules se sont formées à partir d'énergie (électrons et quarks) et, presque simultanément, se sont formées les particules de matière (protons et neutrons) grâce à la performance de la Force Universelle. Il est facile de déduire que toutes deux, Force et Matière, se sont formées dans cette séquence, parce que la Force requiert la Matière pour évoluer et pour ensemble, constituer les mondes qu’elles créent. Ce n’est que des millions d'années plus tard après l'origine de l'Univers, que se sont formés les premiers atomes d'hydrogène (matière) - plus simples, avec un proton dans le noyau et un électron autour de la planète électron. Ces éléments se sont agglomérés en vertu d'attractions des masses pour donner naissance aux étoiles, qui sont de véritables usines de force (fusion nucléaire de l'hydrogène, se transformant en hélium) A partir de la fusion de l'hélium à travers la nucléosynthèse, sont apparus les éléments les plus lourds. Il est à remarquer que la formation des éléments chimiques n'est pas indéfinie - elle a produit un certain nombre de structures atomiques naturelles (exactement 92) et s’en est arrêtée là. La combinaison d'atomes d’éléments identiques et d'éléments différents, selon les lois de la chimie, produit les molécules, macromolécules et molécules géantes.

La formation des planètes du système solaire s'est produite, il y a environ quatre milliards d'années et demi. En ce qui concerne la Terre, suite à son refroidissement jusqu'aux températures ambiantes connues et aux effets engendrés par de nombreux facteurs comme les intempéries, les volcans, etc., se sont formés les océans et la croûte terrestre. Ceux-ci contiennent, substantiellement, de nombreuses molécules de type inorganique ou minéral, bien qu’en moindre nombre par rapport à ceux de type organique (qui contiennent toujours l'élément carbone) Pour mieux étudier la croûte terrestre, les géologues ont créé les dénommées ères géologiques (précambrienne, paléozoïque, mésozoïque et cénozoïque), toutes ayant de longues périodes géologiques bien définies. Toujours selon les géologues et les paléontologues, la roche la plus ancienne connue, date de 3,8 milliards d'années. (5). Depuis la période archéenne de l'ère précambrienne (2,5 milliards d'années - 650 millions d'années), les premiers êtres vivants seraient apparus, provenant de substrats colloïdaux connus sous le nom de coacervats. Les colloïdes sont des substances chimiques complexes de poids moléculaire élevé.

Les minéraux se sont dispersés dans la croûte terrestre, ils font l’objet d'une science nommée - la minéralogie. La présence des nombreux éléments sous la forme pure (diamant, soufre, or, pour n’en citer que quelques-uns) et sous la forme combinée (oxydes, carbonates, silicates, sulfures et sulfates), soit en tant que substances amorphes soit sous les formes cristallines les plus variées et les plus belles, sont connus de tous. Les atomes se sont joints entre eux pour former les molécules, constituées soit des mêmes éléments simples, soit d’éléments différents, créant des composés binaires, tertiaires et quaternaires, en structures cristallines, beaucoup d’entre elles se sont façonnées dans la nature sous forme hydratée. Ces structures comprennent sept systèmes cristallographiques (régulier, tétragonal, hexagonal, rhomboédrique, rhombique, monoclinique et triclinique), tous avec leurs constantes cristallographiques et leurs propres caractéristiques de symétrie (essieux) (6).

Conformément à leur composition chimique (6), les cristaux sont classés en groupes de neuf classes avec plusieurs sous-classes, allant des éléments chimiques purs ou natifs (métaux comme l'or, l'argent, le cuivre et les métalloïdes comme le diamant, le graphite, le soufre), aux éléments composés chimiques (les sulfures, les halogénures, les oxydes, les hydroxydes (de deux types), phosphates, arséniates, vanadates, silicates et minéraux radioactifs). Ceux qui observent les cristaux restent en admiration face à leurs formes et leur beauté. Plusieurs de ces cristaux ont une remarquable luminosité, et des couleurs iridescentes. Certaines de ces merveilleuses substances possèdent des formes allotropiques – de même composition chimique et de structures cristallines différentes, comme le soufre et le carbone (charbon, graphite et diamant) qui semblent nous dire qu'ils ont leur propre individualité. Ce sont des formes de vie rudimentaire, intrinsèques aux atomes qui les constituent, nous montrant qu’en eux la Force Intelligente agit et interagit, en organisant son façonnement en symétrie, condition qui leur donne leur forme et d’autres propriétés caractéristiques à chaque espèce minérale. J'ai utilisé ici le terme espèce, intentionnellement, pour signifier qu’en vérité, les minéraux sont le point initial des espèces dans l’évolution, malheureusement non incluse dans l'œuvre l'origine des espèces de Darwin, même ayant été l’ami de Lyell, comme énoncé précédemment.

Peut-être du fait que la Matière appartienne au domaine de la Physique et de la Chimie, et, la Géologie étant une science distincte, connue de Charles Darwin,  ce notable naturaliste n'a pas fait de commentaires sur le règne minéral, perdant ainsi une excellente occasion d'élargir au concept d'évolution la matière sous toutes les formes. Darwin s'est limité ainsi à la matière organique - qui contient toujours l'élément carbone trouvé dans le règne végétal et dans le règne animal ainsi que chez l'homme. Bien qu’il ait inclu la matière organique dans ses conceptions évolutionnistes, il aurait fallu une théorie globale de l'évolution qui inclurait l'action de la Force Intelligente sous toutes les formes, dans la Matière. Ni les physiciens modernes (XXe siècle), ni les philosophes, jusqu'à présent (2006), n’ont dirigé leurs efforts et leur intelligence vers l’étude et l’examen de la vie hors de la matière dans toute sa dimension et toute sa splendeur.

 

La vie hors de la matière, bien que sensée et connue des sages philosophes de la plus lointaine antiquité, a seulement été étudiée, démontrée et vérifiée à partir du milieu du XVIIIe  siècle, avec les travaux de William Crookes et de nombreux autres investigateurs indépendants, conformément aux amples explications du chapitre VI – l’apparition du Spiritisme. Bien que nous nous limitions à la planète Terre, où la vie est connue telle qu'elle est représentée dans les différents règnes de la Nature, nous constatons que ni les physiciens ni les chercheurs en Biologie (biologistes, généticiens, etc.) ni les Médecins (neuroscientifiques), ne se sont pas encore intéressés à la vie hors de la matière, domaine fondamental à la compréhension de la vraie vie sur Terre.

 C’est Luiz de Mattos (7) qui, déjà en 1910, dans un élan de grande intuition, a affirmé que dans la Nature seules existent la Force et la Matière et que la première agit sur la seconde dans tous processus. Il a affirmé que cette réalité s’étendait depuis le microcosme jusqu'au macrocosme. Voici ses paroles, d’après le  livre Rationalisme Chrétien, de la 43ème édition, à la page 49 :

 

Le globe terrestre est une sphère de matière organique imprégnée de force qui agit directement sur les atomes, les constituant, les joignant et les maintenant en équilibre, dans la systématique d'une complexité de mouvements.

L'atome est en constante vibration produite par l'énergie qui est en lui et qui le lie à un autre atome en vertu de la force de cohésion afin de composer la molécule. C’est aussi cette même force de cohésion qui joint les molécules entre elles (7).

 

Il s'agissait d'une intuition téméraire, alors que les connaissances sur le modèle atomique et la physique quantique en étaient encore à leurs balbutiements, et que ces connaissances n'étaient pas à la portée de Luiz de Mattos, qui n’était pas scientifique, mais philosophe spiritualiste autodidacte.

Plus avant, dans la même œuvre mentionnée, à la page 50, Luiz de Mattos présente un schéma, montrant l'interaction de la Force Universelle dans la Matière à travers les trois règnes de la Nature, répartissant ses attributs fondamentaux, avec une prédominance de la Force dans le règne minéral, la Force et la Vie dans le règne végétal, la Force, la Vie et l'Intelligence dans le (règne animal), dans cet ordre. Il a ajouté à la page 51 de l'œuvre  mentionnée :

 

Il ne faut pas inférer, à partir de là, l’inexistence de la vie dans le règne minéral ni de l’intelligence dans le règne végétal. Seule est mentionnée la prédominance des attributs fondamentaux, pour faciliter la compréhension du lecteur, vue la transcendance du sujet.

L'être humain qui voudra s’attarder en étudiant cet important sujet, trouvera un large domaine ouvert lui permettant de creuser son raisonnement, de fortifier ses convictions, pour enfin conclure que ces deux sources substantielles - Force et Matière - sont le début et la fin, des unités qui se touchent à leurs extrémités, qui avancent parallèlement et qui, dans leur dimension incommensurable, incluent l'infini, pénètrent et impliquent l'Univers.

Les expressions ici employées sont relatives, par manque d'autres termes qui pourraient mieux convenir pour exprimer une conception d'ordre absolu (7).

 

Il faut donc comprendre que Luiz de Mattos, depuis le début de son œuvre parue sous le titre "Spiritisme Rationnel et Scientifique Chrétien" et aujourd'hui connue et divulguée sous le titre de "Rationalisme Chrétien", avec près de 100 ans d'existence, a toujours analysé, enseigné et divulgué un concept plus ample de la vie - un concept non matérialiste, exprimé en termes doctrinaux, un concept spiritualiste de la vie, qui en est l’expression suprême et l'homme en fait partie, comme nous le verrons plus en avant. Pour Luiz de Mattos, non seulement la Matière évolue, mais aussi et principalement la Force qui incite toutes formes de matière, depuis l'inorganique ou minéral (de la chimie inorganique), à l'organique (de la chimie organique, qui contient l'élément carbone comme fondement) et la biologique (chimie biologique, qui est une structuration raffinée de la chimie organique, qui donne leur origine aux cellules et aux systèmes biologiques).

Au début du XXe siècle, la science elle-même avait une idée très simpliste de ce qu’était la Matière. Elle était considérée comme une substance quelconque. Prenons, pour exemple encore, avec les connaissances de l’époque, une pierre banale, cassée, triturée et réduite en poussière. Cette poussière, à son tour, serait formée de molécules qui, elles, résulteraient de la liaison des atomes qui se présenteraient sous la forme de minuscules petites balles sphériques, indivisibles. Pour les chimistes et les physiciens de l’époque, où les idées étaient figées, tout était évident et la Matière était tout ce qui pouvait se palper. Seulement la science allait s’orienter vers l’interrogation sur ses propriétés, dans le cadre du réalisme atteint par les conceptions physiques et permises par les instruments de laboratoire. Y aurait-il là une place pour la Force Intelligente et pour l'Esprit (la Force dans sa forme plus évoluée, l'intelligence efficace) ? La Force ne devrait-elle pas être étudiée comme étant un sous-produit de la Matière ou quelque chose d’indépendant hors de la matière et ayant une action sur elle ? C’était le dilemme rencontré par Luiz de Mattos et par les scientifiques en général.

Le chemin suivi par la Science a été celui de faire des recherches sur la Matière, donc, comme nous l’avons vu, à cette époque elle avait déjà été libérée de la Philosophie et avait placé l'expérimentation comme étant son principal outil de recherche, reléguant en second plan l'instrument de la raison, propre à l'être humain, ainsi qu’une bonne part de la logique. Au début de XXe siècle est née la théorie quantique avec une affirmation révolutionnaire de tout ce qui se concevait à propos de la Matière, selon le texte ci-dessous qui reproduit une entrevue du philosophe français Jean Guitton avec les docteurs en sémiologie (science qui étudie la signification des processus culturels) et les physiciens théoriciens Igor et Grichka Bogdanov, dans notre propre traduction.

 

Nous voici au début des années 1900. La théorie quantique nous dit que pour comprendre le réel, il faut renoncer à la notion traditionnelle de matière : matière tangible, concrète, solide. Que l'espace et le temps ne sont qu’illusions ! Qu'une même particule peut être détectée à deux endroits en même temps ! Que la réalité fondamentale n’est pas connaissable !

Nous sommes liés au réel de ces entités quantiques qui transcendent catégories du temps et de l’espace ordinaires. Nous existons à travers "quelque chose" dont nous avons du mal à appréhender la nature et les étonnantes propriétés, mais qui se rapproche plus de l'esprit que de la matière traditionnelle. (8) :

 

Nous avons traité les grands bouleversements qu’il y a eu en Physique durant le XXe siècle dans le chapitre II consacré à la Force et à la Matière, du point de vue exclusivement scientifique. Nous allons traiter maintenant l'autre alternative, la non matérialiste, dans laquelle la réalité ne se limite pas à la Matière visible, où l’espace et le temps ne sont pas de simples abstractions, de pures illusions des perceptions humaines. Comme nous l’avons dit, celle-ci a été la voie choisie par Luiz de Mattos suite à ses recherches philosophiques et spiritualistes. Ses études l'ont conduit à considérer la Force comme particule de l'Intelligence Universelle - Force Créative. Presque comme dans la Physique quantique qui a considéré que la réalité n'est pas causale, ni locale, en elle, espace et temps sont des abstractions, de pures illusions, à la différence que celle-ci conçoit tout comme conséquence de la Matière. Voir la citation ci-après :

 

"Les conséquences de cette affirmation dépassent de beaucoup tout ce qu’aujourd'hui nous sommes en capacité d'ajouter à notre expérience ou même à notre intuition. Peu à peu, nous commençons à comprendre que la réalité se révèle inaccessible et nous la percevons à peine sous forme d’ombre, provisoirement convaincus d'un mirage. Qu’y a-t-il alors sous le voile ? (8)"

 

Devant cette énigme, il reste seulement deux attitudes à adopter. L'une d’elles conduit à l'absurdité : continuer à déifier la Matière. L’autre nous mène à l’inquisition de l’inconnu, dont les lois continuent à défier la Science. Ce dilemme ne pourra durer plus longtemps, l'humanité est en carence d'informations et en sollicitation d’une direction certaine pour son évolution. Après tout, qu’est-ce qui est vrai ? Pourquoi l'être existe-t-il et quel est sa destinée ? Nous avons besoin de soulever le voile de la Matière pour le découvrir. Ces questions seront traitées dans la seconde partie de ce livre.

Il s'agit d'un domaine inconnu et ouvert à une recherche sérieuse et honnête, sans la vieille mystique des religions. La seule nécessité est le courage et la valeur, que tout scientifique honnête possède, mais il ne faut pas hésiter à approfondir cette question sans douter, et à accepter les résultats surprenants, mais non miraculeux qui, à n’en pas douter, seront trouvés en dehors de la Matière. L'heure est venue en ce début du siècle, alors que l'humanité est éreintée par tant de matérialisme !

Faisons encore allusion à Jean Guitton (8), qui a affirmé la nécessité que nous avons de franchir un pas décisif, en démontrant "qu’il y a continuité entre la Matière dite "inanimée" et la Matière vivante. En effet, la vie tire directement ses propriétés de cette mystérieuse aptitude qu’a la Matière à s'organiser spontanément, pour se diriger vers des étapes sans cesse plus ordonnées et plus complexes. Nous l'avons déjà dit : l'Univers est une vaste pensée. En chaque particule, atome, molécule, cellule de matière, vit et agit incognito, une omniprésence. Plus encore : "La présence manifeste de cette intelligence, jusque dans l’enveloppe de la matière, m’éloigne pour toujours de la conception d'un Univers qui serait apparu "par hasard", qui aurait produit la vie et l'intelligence "par hasard". Derrière ces affirmations il y a le fait que l'Univers a un axe, une intention, que nous désignons comme évolutif, de l'atome le plus rudimentaire à la plus haute intelligence possible sur Terre et dans l'espace infini, que nous représentons comme Intelligence Universelle (cause transcendante), source de toutes les particules intelligentes porteuses de vie.

Quand nous mentionnons qu'il y a une cause intelligente nous ne nous référons pas aux Dieux des religions ni aux idées que se font les religieux de toutes religions sur Dieu, ni à la présomption d’un Dieu super mathématicien (ni au cas de la théorie des probabilités, ni à l'Infini du calcul infinitésimal ou à l'Infini Universel). Il ne s'agit d'aucune entité ou super entité. Nous parlons de causes ou agents non connus encore par la science officielle. Nous parlons de causes super galactique ou inter galactiques, non surnaturelles, car le naturel n'est pas seulement ce qui se voit. On voit les objets et les choses qui reflètent seulement la lumière visible, une infime fraction de toute l’amplitude du spectre électromagnétique. Les scientifiques parlent beaucoup de réalité (voir, plus en avant, le chapitre V sur Vérité, Réalité et Paradigme) et déifient ce concept comme s'il s'appliquait uniquement au monde matériel. Comment serait cette réalité, par exemple, si nos yeux apercevaient une partie plus importante du spectre électromagnétique, par exemple, si nous avions des yeux pénétrants comme les Rayons X ? Nous n’allons pas nous étendre sur ce sujet, mais ce que nous voulons dire c’est que toute réalité, qu’elle soit objective ou subjective, est toujours relative. Ce que nous disons c’est que l'évolution ne se limite pas seulement à la forme, mais aussi, à la Force, à l'essence, à l'Esprit, qui n'a pas de forme, mais qui peut endosser une quelconque forme, utilisant le fluide universel, qui est une matière ténue, raréfiée, modelable par la Force.

La Force (type), qui inclut l'Esprit (espèce supérieure de la Force), évolue toujours et cette révolution commence dans les atomes, depuis le plus simple élément chimique naturel comme l’hydrogène jusqu'au plus complexe comme l’uranium autant dans le règne minéral que dans le règne végétal et animal, car finalement, tous les corps sont des atomes qui se structurent en créant des formes de plus en plus complexes, sous l'action de la Force, tout au long de cette évolution, comme nous le verrons plus loin. En définitive, l'Univers et tout ce qui existe ont une histoire et, cette histoire est loin, très loin d'être connue de l'homme. Peut-être sommes nous passés, en qualité d’êtres humains, par une grande évolution, sans que nous puissions en parler, donc l'évolution est un processus excessivement lent et ses effets sont seulement observés après de longues périodes. À partir de là, nous osons penser à l’évolution vers une "super-espèce" humaine, capable d'utiliser, par exemple, la télépathie comme élément biologique de réception et de transmission de pensée.

 

Évolution de la Force dans les êtres vivants

 

Exception faite du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone, des acides carboniques, des carbonates, des bicarbonates et leurs sels, dont les études font partie de la chimie inorganique ou minérale, toutes les substances qui contiennent du carbone dans leurs molécules font l’objet de la chimie organique. Ce concept est né lorsqu’en 1828, Friederich Whöler (1800-1882) a synthétisé pour la première fois l'urée. 140 ans se sont écoulés avant qu’Arthur Kornberg (1918 - prix Nobel de Médecine en 1959) et Mark Goulian ne découvrirent, en 1967, la synthèse de l'acide désoxyribonucléique, l’ADN, molécule de structure hélicoïdale porteuse du code génétique (9)

 

L'origine de la vie

 

Durant la période qui s'est écoulée depuis le lancement de l'œuvre, l'origine des espèces de Charles Darwin (1859), dans laquelle n’a pas été prise en compte l'origine de la vie, jusqu'à ce jour (2006), plusieurs spéculations sur ce sujet ont été avancées sans convaincre tous les chercheurs, bien que beaucoup d’entre elles aient reçu un cautionnement scientifique. Au cours de la dernière moitié du siècle dernier, la Biologie a fait une grande avancée, au point de décrypter le code génétique de la reproduction cellulaire et promouvoir le clonage d'embryons. Des expériences en laboratoire ont permis la formulation de théories cohérentes, plausibles et acceptables sur l'origine de la vie, évidemment sans caractère exact, comme celles qui ont été présentées, presque simultanément, par J. B. S. Haldane (1892-1964) et Alexandr Ivanovitch Oparin (1894-1980).

Nous allons examiner, en résumé, l'hypothèse du chimiste russe Alexandr Ivanovitch Oparin, divulguée aux alentours de 1936, version plus ou moins acceptée par les scientifiques (biologistes) sur la formation des premiers êtres "vivants". Oparin avait des connaissances en Astronomie, en Géologie, en Biologie et en Biochimie et il les a employées comme solution à ce prétendu problème. Il avait observé lors de ses études en astronomie que quelques planètes du système solaire possèdaient l'atmosphère simplifiée avec la présence de gaz comme l'hydrogène, le méthane et l'ammoniaque.

Par analogie, Oparin a admis que lorsque la Terre s'est formée et s’est solidifiée bien qu’encore chaude, de fréquentes tempêtes avec des décharges électriques (foudre) se produisaient et celles-ci auraient provoqué des réactions chimiques entre les éléments précédemment mentionnés et la vapeur d'eau, formant des molécules plus ou moins complexes d'acides aminés. Ainsi, il semble bien probable que dans les prémices de sa formation, l'atmosphère de la planète était constituée d'hydrogène, de vapeur d'eau, de gaz carbonique, de vapeurs sulfureuses, d'ammoniaque et de méthane. Il n’y avait pas d’oxygène dans l'atmosphère, celle-ci étant réductrice (le contraire d'oxydant) par excellence. La vapeur d'eau provenait de l'intense activité volcanique qui, de nos jours encore, est apportée avec le magma lors des éruptions volcaniques, à la proportion de près de 10 %. Les océans, mers et lacs primitifs bien différents des actuels se sont formés avec le refroidissement de la Terre. À un certain moment, durant la période archéenne (3.5 - 2.5 milliards d'années en arrière) de l'ère précambrienne, sont apparues les premières "briques" chimiques en forme d'acides aminés et les protéines. Avec la persistance des pluies, durant des milliers ou des millions d'années, les acides aminés et les protéines ont été entraînés et emmenés dans les lacs, mers et océans. Durant une période incalculable, ces protéines se sont assemblées maintes fois, et se sont multipliées qualitativement et quantitativement dans les eaux chaudes des lacs, mers et océans. Puis, dissoutes dans l’eau, elles ont créé une sorte de "mixture" chimique, qui a pu se concentrer quelque part, qui sait, près des plages et des rochers, pour former des colloïdes. L'interpénétration des colloïdes a entraîné la formation des coacervats, (10) un type spécial de colloïde.

Cette hypothèse est plausible parce que, dans l'Univers, dans plusieurs étoiles, l'analyse spectrale révèle la présence de molécules d'ammoniaque et des molécules organiques de petite taille sous la forme d'hydrocarbures. Des expériences de laboratoire ont simulé les conditions probablement existantes sur Terre au début de l’apparition de la vie, envoyant des décharges électriques (en simulant les décharges électriques des tempêtes) à travers un mélange de gaz contenant hydrogène, vapeur d’eau, ammoniaque et méthane, synthétisant ainsi des molécules organiques, du type acide aminé (molécules qui contiennent du carbone, de l'hydrogène et de l'azote). Cette expérience a été faite par Harold Urey et Stanley Miller, vers 1952. L'étape suivante a été de créer des conditions en laboratoire qui ont permis la formation des macromolécules pouvant se dupliquer afin de produire des copies d’elles-mêmes. Cela a été une réussite, bien que sujet à beaucoup de controverses.

Sur cette base, ils ont déduit qu’une concentration de molécules comme celles indiquées, circonscrites à des zones très restreintes, aurait formé une sorte de "mixture" chimique. Celle-ci, qui sait, sous l'action catalytique d'argiles et d’autres éléments métalliques ou même de certaines enzymes ou ferments synthétisés durant un long processus, auraient formé des macromolécules de nucléoprotéines et lipides, combinées aux structures colloïdales, connues sous le nom  de coacervats. L'interaction entre coacervats, nucléoprotéines et lipides aurait créé les conditions nécessaires pour l’apparition des cellules, sous la forme des premiers êtres unicellulaires - procaryotes (cellules sans noyau). Ils ont suspecté que les premiers fossiles les plus anciens trouvés datées d'environ 3 milliards d'années provenaient de procaryotes. Une description bien détaillée de ce processus peut être observée sous  la référence (9) et, principalement sous la référence (11). Nous avons extrait des travaux du professeur Cynara Chemale Kessler, ce qui suit :

 

 

Sous cet aspect, la structure colloïdale de la matière organique aurait cédé la place aux membranes cellulaires. Le problème de la synthèse des grandes molécules s’est subdivisé en deux interdépendants. Le premier considère seulement l’apparition des molécules telles qu’elles sont connues actuellement. Le second se réfère à la manière dont le passage s’est effectué de l'état d'une simple « mixture » de molécules organiques à celui de l’apparition de formes cellulaires organisées.

Pour le premier problème, la réponse est apparemment paradoxale. Imaginons une petite protéine formée de cinquante acides aminés, de vingt variétés. Défaisons cette protéine et regroupons les acides aminés, de toutes les manières possibles, cela donnerait un nombre très élevé de possibilités : l'unité suivie de 48 zéros. Pourtant, si dans les mers primitives toutes les combinaisons étaient possibles (et ce fut sans aucun doute le cas), pour quelle raison sont-elles parvenues à produire la vie ? Le paradoxe est qu’elles ont vraiment réussi parce qu'elles ont réellement produit la vie(9).

 

 Il est possible, que d’autres types de macromolécules soient apparus, outre l’ARN (acide ribonucléique) et l’ADN (acide désoxyribonucléique), mais ce sont seulement ces dernières qui ont réussi à s'organiser en petites unités autoreproductrices, utilisant les autres comme nourriture, dans une espèce de "cannibalisme". Avec cette hypothèse, il est admissible que les procaryotes (représentés par des bactéries et des algues, dont les cellules ne contiennent pas de noyau) soient les premiers êtres vivants. Ils étaient hétérotrophes, comme les animaux et les fongus actuels, qui mangent d’autres êtres vivants pour survivre. Seulement longtemps après, il y a environ 1,5 milliard d'années, ont surgi les eucaryotes (dont les cellules contiennent des noyaux) - autotrophes, c’est-à-dire que ces êtres vivants qui créent leurs propres aliments, comme les plantes actuelles. Ceci aurait été possible avec l’apparition des chloroplastes (éléments créateurs de chlorophylle) à l’intérieur des cellules. Selon cette version, les animaux (règne des monères- bactéries et certaines algues destituées de chloroplastes, du type cyanophycées ou algues bleues) seraient apparus avant les végétaux.

À la fin du cannibalisme initial, qui a duré des millions d'années, les unicellulaires ont évolué vers une étape de complexité telle qu’elle permettait de bénéficier des réactions photochimiques. Avec ce mécanisme de photosynthèse (transformation du gaz carbonique atmosphérique par la chlorophylle, en produits organiques par les plantes, avec libération d'oxygène), l'extermination de la vie naissante représentée par les procaryotes a été évitée, ce qui aurait pu se produire si le cannibalisme avait continué. Il faut mentionner que, jusqu'à l’apparition des eucaryotes, la vie s’organisait dans les mers, alors que l'atmosphère était essentiellement réductrice, avec uniquement 0,001% d'oxygène. Il y a seulement 1,8 milliard d'années, l'atmosphère aurait atteint une teneur élevée en oxygène (aujourd'hui, environ 21%), suite à  des millions d'années de photosynthèse des êtres unicellulaires primitifs (végétaux), principalement grâce au plancton océanique (10).

Grâce au perfectionnement de la microscopie optique électronique, outre les autres techniques et conformément au type structurel des cellules (procaryotes et eucaryotes), Whitaker a classé les êtres vivants actuels en cinq règnes : monères (procaryotes : bactéries actuelles et certaines algues), fongus, protistes, (protozoaires et algues unicellulaires), animaux (pluricellulaires), plantes (pluricellulaires), ces quatre derniers étant tous des eucaryotes. (12)

Comme nous l’avons dit, les hypothèses ci-dessus sont plausibles, mais même si la matière s’est ordonnée dans une structure complexe et propice à la vie, cela ne signifie pas que la vie était présente et c’est là, la différence entre exister et ne pas exister en tant qu’être. Même s’il s’agit d'une seule cellule, il est nécessaire que soit incorporé en elle le processus métabolique, de lui imprimer la Force Intelligente qui lui garantisse ce que nous appelons "vie", soit sous la forme cellulaire autotrophique ou hétérotrophique. La véritable vie, d’où vient-elle, où se trouve son origine ? Le fait de dupliquer une molécule d'acides aminés, des nucléotides ou même de l’ADN, signifierait-il aussi dupliquer la vie ?

Vu la nature aussi philosophique de cette question, puisque rien ne survient par hasard, à chaque conséquence il y a une ou plusieurs causes, nous allons reproduire ici une partie du dialogue qui s’est déroulé entre les auteurs du merveilleux livre Dieu et la science, d Igor et de Grichka Bogdanov avec le philosophe Jean Guitton, conformément à ce qui a été rapporté sous la référence (11) :

Igor Bogdanov - Prenons un cas concret : dans une cellule vivante subsiste une vingtaine d’acides aminés, formant une chaîne compacte. La fonction de ces acides aminés dépend, à son tour, d'environ 2000 enzymes spécifiques. Continuant le même raisonnement, les biologistes ont calculé que la probabilité pour qu’un millier d'enzymes différentes se rapprochent de manière organisée jusqu'à former une cellule vivante (tout au long d'une évolution de plusieurs milliards d'années) était de l'ordre de 101000  contre un.

 

Jean Guitton : Ce qui veut dire que cette probabilité est nulle.

.

 

Igor Bogdanov – C’est ce qui a amené Francis Crick, découvreur de l’ADN et prix Nobel de Biologie, à conclure, dans le même sens : "Un homme rationnel, possédant tout le savoir possible, aurait l'obligation d'affirmer que l'origine de la vie est du domaine du miracle, tant il y a de conditions à réunir pour qu’elle puisse être possible".

 

Grichka Bogdanov - Retournons un instant aux origines, il y a quatre milliards d'années. En ces temps éloignés, il n'existait pas encore ce que nous appelons la vie. Sur la Terre des premiers âges, balayée par les vents éternels, les molécules naissantes étaient incessamment agitées, coupées, reformées et ensuite encore dispersées par la foudre, la chaleur, les radiations et les cyclones.

Néanmoins, dès cet état primitif, les premiers corps simples se sont assemblés selon des lois qui ne doivent déjà plus rien au hasard. Par exemple, il existe en chimie un principe aujourd'hui connu sous le nom de "stabilisation topologique de charges". Cette "loi" implique que les molécules qui comportent, dans leur structure, des chaînes d'atomes en alternance (surtout le carbone, l'azote et l'oxygène) forment, en s’assemblant des systèmes stables.

 De quels systèmes s'agit-il ? Rien de moins que des pièces fondamentales qui composent la mécanique du vivant : les acides aminés.

Toujours selon la même loi d'affinité atomique, ils se joignent à leur tour pour former les premières chaînes de ces précieux matériaux de la vie que sont les peptides.

Dans ce bouillon primitif, dans les vagues noires des premiers océans du monde, ont commencé ainsi à surgir selon le même processus les premières molécules « bases azotées » (qui sont appelées les "purines" et les "pyrimidines"), desquelles va naître plus tard, le code génétique. La grande aventure commence, attirant lentement la matière vers le haut, dans une irrésistible spirale ascendante : les premières «bases azotées» se sont renforcées, associant le phosphate et les sucres, jusqu'à l’élaboration des prototypes des nucléotides, ces célèbres éléments de base qui ont formé à leur tour d’interminables chaînes, conduisant à l'étape fondamentale du vivant, qu’est l’émergence de l'acide ribonucléique (le célèbre ARN, presque aussi connue que l’ADN).

Ainsi, en quelques centaines de millions d'années à peine, l'évolution a engendré des systèmes biochimiques stables, autonomes, protégés de l'extérieur par des membranes cellulaires ressemblant à certaines bactéries primitives.

 

Jean Guitton – En dehors de l’approvisionnement en énergie abondante à l'époque, le véritable problème auquel ces cellules archaïques se sont trouvées confrontées, était la reproduction. Comment maintenir ces précieux agglomérats ? Comment ces petites merveilles de la nature pouvaient-elles garantir leur pérennité ? Nous venons de voir que les acides aminés, dont elles étaient formées, obéissaient à un ordre. Il était nécessaire, donc, que ces premières cellules apprennent à "reproduire" quelque part cet enchaînement dans l’élaboration de leurs protéines de base, pour qu'elles-mêmes restent en mesure de fabriquer de nouvelles protéines, conformes sous tous les aspects aux précédentes.

La question est donc de savoir comment les choses se sont déroulées à cette étape : comment ces premières cellules ont-elles inventé les innombrables stratagèmes qui ont conduit à ce phénomène : la reproduction ?

 

Igor Bogdanov - Dans ce cas aussi c’est une "loi", inscrite au cœur même de la matière, qui a permis le miracle : les acides aminés les plus polaires (ceux qui comportent une charge électrostatique élevée) sont spontanément attirés par les « bases azotées », tandis que les moins polaires se lient à d’autres familles, comme la cytosine.

Ainsi est né le premier croquis du code génétique : en se rapprochant de certains nucléotides et pas de certains autres, nos fameux acides aminés ont élaboré lentement les plans de leur construction, ensuite ils ont créé les outils et les matériaux  permettant de les fabriquer.

 

 Grichka Bogdanov – Il est nécessaire d'insister encore une fois : aucune des opérations évoquées  plus haut n’a pu s’effectuer par hasard.

Prenons un exemple, parmi tant d’autres : pour que l’assemblage des nucléotides conduise "par hasard" à l'élaboration d'une molécule d’ADN utilisable, il aurait fallu que la nature multiplie les tentatives pendant au moins 1015 années soit cent mille fois plus longtemps que l'âge total de notre Univers.

 

Jean Guitton – En d’autres termes, un seul essai au hasard sur Terre aurait suffi à épuiser l'Univers entier. Comme si tous les schémas de l'évolution avaient été écrits par avance, depuis les origines.

Toutefois une question se pose. S'il est vrai que l'évolution de la matière vers la vie possède relève bien d’un ordre, de quel ordre s'agit-il ?

J'observe que si le hasard tend à détruire l'ordre, l'intelligence se manifeste au contraire par l'organisation des choses, par l'installation d'un ordre à partir du chaos. Je conclus donc, en observant l’effroyable complexité de la vie, que l'Univers lui-même est "intelligent" : une intelligence qui dépasse notre vision de la réalité (à l'instant primordial de ce que nous appelons la Création) a ordonné la matière qui a donné naissance à la vie.  

Cependant, une fois de plus : Quelle est la nature profonde de cet "ordre", de cette intelligence perceptible dans toutes les dimensions du réel ?

 

Jean Guitton – Si un ordre sous-jacent gouverne l'évolution du réel, il devient impossible de soutenir, d'un point de vue scientifique, que la vie et l'intelligence sont apparues dans l'Univers à la suite d'accidents, d'événements aléatoires, sans une quelconque finalité. En observant la nature et ses lois, il me semble, au contraire, que l'Univers entier converge vers la conscience. Mieux encore : dans son immense complexité, et malgré ses apparences hostiles, l'Univers est fait pour produire la vie, la conscience et l’intelligence. Pourquoi ? Parce que, opur paraphraser une citation célèbre, "matière sans conscience n'est que ruine de l'Univers". Sans nous, sans une conscience qui le légitimerait, l'Univers ne pourrait exister : nous sommes l’Univers même, sa vie, sa conscience, son intelligence.

Par conséquent, nous devons revoir la fonction de ce que nous appelons hasard. Jung soutenait que l’apparition de "coïncidences significatives" impliquait nécessairement l'existence d'un principe explicatif qui devait s’ajouter aux concepts d'espace, de temps et de causalité. Ce grand principe, appelé principe de synchronicité, est basé sur un ordre universel de compréhension, complémentaire de la causalité. À l'origine de la Création il n'y a pas d’événement aléatoire, le hasard n’existait pas, néanmoins il y avait un niveau d'ordre infiniment supérieur à tout ce que nous pouvons imaginer : ordre suprême qui régule les constantes physiques, les conditions initiales, le comportement des atomes et la vie des étoiles. Puissant, libre, infiniment présent, mystérieux, implicite, invisible, sensible, il est là, éternel et nécessaire derrière les phénomènes, au-dessus de l'Univers mais présent dans chaque particule (8).

 

Ce qui reste exposé dans ce sage dialogue fait comprendre que nous ne sommes pas un simple produit de cette petite planète ou alors, comme a dit Theodosius Dobzhansky : ""Rien au monde n’est plus logique que la lumière de l'évolution" (2,13).

 

 L'évolution des espèces - Darwinisme et Néodarwinisme.

 

Bien que Charles Darwin, dans son œuvre, L'origine des espèces (The origins of species), n'ait pas abordé directement le problème de l'origine de la vie, après son long voyage de plus de cinq ans dans son bateau nommé « Beagle », autour du monde et après d’exhaustives études comparatives basées sur la variété des espèces, il en a déduit plusieurs lois, établissant la théorie de la sélection naturelle. En vérité, cela n’a pas été facile de théoriser sur un sujet encore mal dominé par les naturalistes, depuis Aristote.

 Malgré les multiples quolibets qu’il a subis à son époque, peu à peu la théorie a gagné du terrain et elle s’est affirmée. Celui qui a lu son œuvre connaît aussi bien les difficultés que Darwin a rencontrées, que les imperfections en matière de géologie ou que les incohérences qui étaient avancées et, c’est peut-être la raison pour laquelle il mis aussi longtemps avant de la divulguer. Il a tout de même abordé les sujets comme l'instinct animal, les affinités mutuelles entre les espèces, l’hybridisme, l'embryologie des organes rudimentaires, etc. Il a admis lui-même beaucoup d'imperfections dans son œuvre, mais la lutte pour la conservation des espèces, basée sur la sélection naturelle y demeura évidente.

Darwin est mort en 1882 et, après plusieurs années de tollé provoqué par sa théorie, la sélection naturelle en tant que mécanisme évolutif a été finalement acceptée et, est devenue un fait, même sans avoir expliqué comment la diversité est apparue dans les organismes et comment elle s’est transmise de génération en génération. Ce n’est qu’avec l’apparition de la Génétique, établie par Gregor Mendel (1822-1884) que l’hérédité entre les espèces a totalement été expliquée en 1865 et reprise au début du siècle dernier. Néanmoins, durant le premier quart du XXe siècle, la théorie de l'évolution a perdu du terrain, pour revenir en force avec les travaux du généticien russe Theodosius Dobzhansky (1900-1975), qui, à partir de 1936, qui a proposé l'unification de la Génétique et du Darwinisme. Beaucoup d’autres questions qui sont restées en suspens dans la théorie ont été, plus tard, éclaircies par les zoologistes Ernst Mayr et Julian Huxley (petit-fils de Thomas Huxley), par les généticiens de R.A. Fisher et de J.B.S. Haldane et le paléontologue George Gaylord Simpson. La définition d'espèce selon Ernest Mayr (37) comme étant l’ensemble d'organismes qui se croisent entre eux mais qui sont sexuellement isolés de leurs semblables, a été adoptée jusqu'à aujourd'hui. Ce fut Ernest Mayr encore qui a créé la synthèse évolutionniste moderne, connue aussi sous le nom de Néodarwinisme, théorie qui réunit la sélection naturelle de Charles Darwin, la génétique et l'écologie. Nous voyons ainsi que l’œuvre de Darwin n'a pas été détrônée, bien au contraire, elle est  complétée et parachevée peu à peu, ce qui démontre que l'idée de l'évolution a bien été acceptée par la science et par l'humanité en général. Ernest Mayr (1904-2005), professeur émérite de l'Université de Harvard, a été l'auteur de l’œuvre classique "Systématique et Origine des Espèces", publiée en 1942. Il a écrit en tout 25 ouvrages, le dernier a été terminé peu avant sa mort, en 2005, sur la philosophie de la Biologie.

Au-delà du tollé évolutionnisme contre le créationnisme, que nous verrons plus en avant, il subsiste aussi actuellement des critiques amères des physiciens qui ne reconnaissent pas la Biologie comme science. Il n'y a aucun doute, la Biologie est réellement une science indépendante comme nous pouvons l’observer dans les affirmations d'Ernest Mayr :

 

 Je démontre que la Biologie est une science sérieuse, légitime et honnête, comme les sciences physiques, et toutes les idées qui avaient pour habitude d’être mêlées à la philosophie de la Biologie, comme le vitalisme et la téléologie, qui ont été étayées pour essayer de discréditer la Biologie, toutes ces choses méprisantes sont évincées. La Biologie a exactement les mêmes bases que les sciences physiques, composées de lois naturelles. Les lois naturelles s'appliquent à la Biologie de la même manière qu'elles s'appliquent aux sciences physiques. Cependant les personnes qui les comparent toutes les deux, et les philosophes qui assemblent la Biologie et sciences physiques, ne tiennent pas compte d’un certain nombre d’éléments. Vous pouvez voir clairement que la Biologie est différente des sciences physiques. Je donne seulement deux exemples. Premièrement : les bio populations. La Biopopulation est une chose, qui n'existe pas en science physique et, néanmoins, demeure la base de presque tous les concepts en Biologie. La deuxième chose dont les principes de la biologie diffèrent de ceux des sciences physiques, est qu’en science physique, toutes les théories sans exception, sont basées sur des lois naturelles. En Biologie il n'y a pas de lois naturelles qui correspondent à celles des sciences physiques. Vous pouvez vous demander comment peut-on avoir des théories sans lois. Eh Bien ! En Biologie, les théories ne se basent pas sur des lois, mais sur des concepts (32).

 

Il est intéressant de noter que la théorie darwinienne et le néodarwinisme ont résisté en tant que théories face aux plus grandes avancées de la science dans le domaine de la Biologie Moléculaire, de l’embryologie et de la génomie, réalisées à partir des années cinquante jusqu’à nos jours, comme nous le relate encore Ernest Mayr dans son entrevue déjà citée (37)  :

 

Quand est née la Biologie ? Jusqu'au XVIIIe siècle, vous aviez divers domaines d'activités biologiques, comme l'anatomie et la taxonomie, mais il n’y avait pas le domaine de la Biologie. Le mot "Biologie", curieusement, a été proposé trois fois, vers 1800, par trois auteurs différents - deux Allemands et un Français. La proposition que j'avais faite dans mes livres précédents, était que la Biologie en qualité de domaine soit reconnue comme différente des sciences physiques, qu’elle puisse être désignée par un seul mot et se développer sur une période relativement courte, pour atteindre ce qu’elle est aujourd'hui. Ce fut 40 ans environ à partir de 1828, après que Karl Ernst von Baer a structuré l'embryologie, qu’il fut rejoint par les fondateurs de la cytologie, Theodor  Schwann et Matthias Jakob Schleiden.  Ensemble ils ont causé une grande stupeur en publiant leurs travaux au cours de la décennie 1830, à travers lesquels ils ont établi que les animaux et les plantes étaient composés des mêmes éléments, les cellules. La grande période de la physiologie est née avec Claude Bernard, en France, et des personnes comme Johannes Peter  Müller et bien d’autres, en Allemagne. Ce fut l’aboutissement d’un troisième domaine. Quelque temps après, Charles Darwin et Alfred Russel Wallace sont arrivés avec la Biologie évolutive, et par la suite la Génétique, en 1865-66. Alors, cette série de sciences qui avait débuté par l'embryologie et qui s’est terminée par la génétique a constitué les fondations de la biologie. Votre question était à propos de la biologie moléculaire. Eh Bien ! Laissez-moi refaire un pas ou deux en arrière. Il y a eu une période au début du siècle dernier durant laquelle la synthèse évolutionniste avait toute sa place. Jusque-là, c'est-à-dire, de la période allant de 1859 jusqu’à la synthèse, dans les années 1940, la Biologie évolutive a connu un grand bouleversement au cours duquel il a été proposé au moins quatre ou cinq grandes théories basiques de l'évolution, comme celle des cellules germinatives. La synthèse évolutionniste, initiée par Theodosius Dobzhansky à laquelle se sont jointes des personnes comme, Julian Huxley, George  Simpson et moi-même, a mis une fin aux élaborations théoriques dans le domaine de l'évolution. Oswald Theodore Avery quant à lui, a démontré que les acides nucléiques, non les protéines, sont le matériel de l'évolution. James Watson et Francis Crick ont adhéré à ses idées ainsi qu’à tous les développements en Biologie Moléculaire, après la génomie. Chaque fois que l’une de ces grandes révolutions aboutissait, il y avait quelqu’un qui demandait, par exemple, que la synthèse évolutionniste soit réécrite. Cependant, aucune de ces révolutions dans la structure de la nouvelle Biologie, d’Avery la génomie, n’a réellement touché le paradigme Darwinien. Cela dit, depuis Watson et Crick, de nouveaux livres sont apparus essayant de prouver que le darwinisme est désuet. Aucun d’entre eux n’a eu de succès. Maintenant, pour répondre à votre question, le plus hilarant est que la Biologie Moléculaire a un impact étonnamment petit en théorie structurelle biologique. Au moins c'est l’impression que j’ai aujourd’hui. Il est vrai que les biologistes moléculaires peuvent désigner le code génétique et dire qu’il a démontré que la vie telle que nous la connaissons ne pouvait avoir lieu qu’une fois, sinon nous n'aurions pas le même code pour tous les organismes. D’autres contributions de la Biologie Moléculaire ont été apportées, mais aucune d’elles n’a mis en cause la théorie structurelle du paradigme darwinien, à mon avis.

Cependant, si vous étiez un cytologiste, vous pourriez dire que la démonstration de Schwann et Schleiden selon laquelle tous les organismes comportent des cellules est une affirmation aussi importante de la Biologie que celle qui dit que tous les acides nucléiques comportent des « paires de bases ».  Je dirais que, du point de vue philosophique, les trouvailles descriptives de la Biologie Moléculaire ne sont pas plus importantes que celles qui sont conquises à l'origine de la Biologie de 1828 à 1866. Ces découvertes sont aussi importantes que toutes celles de la Biologie Moléculaire.

Concernant la détermination des différentes espèces selon l’ADN, la dissemblance moléculaire de surcroît peut ne pas être indicative du fait que les espèces soient distinctes, n'ayant pas un ensemble de règles qui déterminent cela. Encore, selon Ernest Mayr, (2) au cours de l’interview donnée en 2004 : peut-être un seul gène. Vous avez deux tendances d'évolutionnistes, celle centrée sur les gènes et celle centrée sur les organismes. Dans les années 20 du siècle dernier, lorsque J.B.S. Haldane et R.A. Fisher ont remporté leur grand succès avec la Génétique Moléculaire, il y a eu une grande croyance dans les gènes isolés, et vous aviez la définition de l'évolution comme étant le changement des fréquences des gènes à travers les générations, une définition qu’aucun généticien ne donnerait aujourd'hui. À cette époque, il y avait une polarisation entre les dénommés généticiens des populations, qui se focalisaient sur les gènes, et les naturalistes, qui disaient que l’individu est ce qui a été sélectionné et que le gène est à peine la forme à travers laquelle l’individu est sélectionné. Cette croyance s’est perpétuée jusqu’aux années 1930. Par la suite il a démontré, cas par cas, que tout dépendait aussi du contexte d'autres gènes. Pourtant, un gène unique ne pouvait pas être immédiatement sélectionné. Un gène se produit toujours dans le cadre d'un génotype et d’un phénotype qui à son tour est produit par ce génotype. Cela a été signalé par Dobzhansky en 1937, mais non réellement confirmé. Plusieurs auteurs et quelques amis de Dobzhansky ont bondi en affirmant que c'était la combinaison des gènes portant l’individu qui était la cible de la sélection naturelle. Il a été publié, en 1970, un article de Dick Richard  Lewontin et un autre article en 1984, de Lewontin et du philosophe Eliott Sober démontrant comment un seul gène ne pouvait l’être. Cette vision centrée sur le gène a mis 60 ans, de 1924 à 1984, avant d’être abandonnée. Aujourd'hui encore des auteurs comme Richard Dawkins persistent dans cette voie. J'ai une citation merveilleuse de Dawkins, dans laquelle en une seule phrase il admettait que le gène n'est pas la cible de la sélection et ensuite il a démenti cela. Elle sera dans mon prochain livre [rires ]

 

Il n’y a aucun doute, rien ne se produit dans l'évolution sans traverser les voies de la sélection naturelle. Mayr affirme que ce qui peut se produire au cours de la sélection naturelle est l'élimination des gènes inférieurs et pas toujours la sélection des meilleurs et cela les gens n’en parlent pas, affirmant que "cette sélection est bien moins égoïste que celle des meilleurs". En définitive, dans l'évolution, peuvent se produire les deux faits suivants : la sélection des meilleurs gènes et aussi, l’élimination des gènes inférieurs, sachant que plusieurs gènes peuvent ne pas être suffisamment convenables pour être sélectionnés ou alors qu’ils ne sont pas suffisamment mauvais pour être éliminés.

Un autre généticien de réputation internationale, Theodosius Dobzhansky (1900-1975), a médité méditant sur le monde biologique, qui possède entre 1,5 à 2 millions d'espèces étudiées et peut-être autant encore inconnues, de dimensions variant de l'ordre de 10 microns (dix millionièmes du mètre) comme le virus, jusqu'à 30 mètres de long et de 135 tonnes comme la baleine bleue. Il attire notre attention sur cette fabuleuse diversité et conclut en disant : "Tout cela est compréhensible à la lumière de la théorie de l'évolution, mais ce qui nous paraît dénué de sens est que Dieu ait créé une multitude d'espèces pour rien". En faveur de la sélection des espèces, j’affirme encore : "L'environnement présente des défis aux espèces, ces dernières pouvant répondre grâce à des variations génétiques adaptables" (13).

Récemment il a été publié un livre dont le titre est, Le gène égoïste, (14) de Richard Dawkins, zoologue ayant suffisamment de connaissances en Biologie et en Génétique, respecté dans les milieux scientifiques des États-Unis, mais aussi très contesté pour ses idées différentes de celles de la sélection naturelle de Darwin, dont il est le fervent adepte. Le principal point de divergence est que, contrairement à Darwin, qui a considéré à travers sa théorie la survie du plus apte, il préfère adopter comme régulateur de l'évolution, la survie du plus stable. Insatisfait face à plusieurs explications apportées par d’autres respectables chercheurs, comme Sir Karl Popper, le généticien L. L. Cavalli-Sforza, l'anthropologue F. T.Cloak et l'éthologue J. M. Cullen, il demande : "Alors, qu’y a-t-il d’aussi spécial concernant les gènes (14) ?" Il répond lui-même : "La réponse est que ce sont des duplicateurs" Son principal argument est que les gènes acquièrent certaines qualités spéciales, néanmoins limitées, en fonction de l'environnement dans lequel ils se développent et répliquent ces qualités à leurs gènes descendants. Cependant, contrairement à ce que pensent certains, il ne faut pas supposer que les caractéristiques héritées soient fixes et inaltérables. Un autre aspect intéressant de son livre est l'utilisation du terme "machine de survie" pour qualifier non seulement les humains, mais tous les êtres vivants.

 

Créationnisme contre Evolutionnisme.

 

Il semble incroyable qu’avec tout le progrès technologique de notre temps, il subsiste encore une grande chaîne de religieux opposants à l'évolutionnisme, se basant sur l’Ancien et le Nouveau Testament (Bible). Pire encore, à ces religieux fondamentalistes se sont joints des scientifiques non libérés encore des croyances religieuses, leur apportant un soutien qui ne résiste pas aux arguments bien établis de l'évolutionnisme.

 

 Le créationnisme.

 

Plusieurs chaînes de créationnistes exercent des pressions auprès des législateurs, aux États-Unis (Arkansas et autres États du Sud), Angleterre et Brésil, afin  d'obliger les écoles à enseigner le créationnisme biblique. Cependant, dans le cadre de notre travail, nous allons seulement mentionner les trois principales chaînes.

En premier lieu, nous dissocions le Créationnisme Religieux Pur, fondamentaliste, sans prétention scientifique, basé strictement sur les textes bibliques. C'est une vision mystique, déformée du monde dans lequel nous vivons et de l'Univers merveilleux que la science nous révèle et devant lesquels leurs adeptes persistent à rester aveugles, malgré la réalité technologique de notre temps. Ils n’acceptent pas même les arguments de la raison et de la logique philosophique, préférant maintenir leurs positions fondées sur l'accord archaïque d'un passé éloigné. Il s'agit d'une foi religieuse, individuelle et collective au sein des religions bibliques, que seuls l'éducation scolaire et le haut niveau culturel, à long terme, pourra faire changer.

Il y a une position intermédiaire, que nous pourrons appeler le Créationnisme Intermédiaire, connu aussi sous le nom de Créationnisme de la Terre Ancienne (15),  un peu plus scolaire, composé de légions de personnes qui se disent adeptes d'une religion, mais qui ne sont pas des fondamentalistes. Ce sont des personnes qui gardent leur religion, en général d'origine biblique, mais sans se consacrer à elle, ne conservant que les enseignements éthiques et moraux, sans s’embarrasser de la partie divinatoire qui est imprégnée dans ces religions. Pour ces personnes, il n'y a pas de conflits entre leur religion et la science, étant plus flexibles, sans attachement à certains dogmes religieux. Ils interprètent le déluge comme un épisode local et non universel et acceptent l'histoire de la Terre selon les ères et les périodes géologiques. Il y a même, parmi eux, ceux qui acceptent la théorie du big-bang comme création de l'univers. Malgré ces positions, ils n'acceptent pas la théorie de l'évolution.

La troisième chaîne est composée de ceux qui défendent le Créationnisme "Scientifique" Fondamentaliste (15).  Ce sont des personnes ayant des convictions religieuses très fortes qui désirent sauver l'orthodoxie religieuse, néanmoins "revêtue" de science. Il aurait été préférable, qu’elle soit nommée "chaîne scientiste", elle se propage et gagne du terrain depuis les années cinquante. Ses partisans donnent une connotation scientifique à tout ce qui est contenu dans la Bible, puisque selon eux, celle-ci contient les paroles de Dieu, essayant, entre autres, de prouver : (a) l'âge de la Terre entre 6000 - 12000 ans, (b) l'existence de l’arche de Noé, (c) l'existence de la Tour de Babel, (d) l'épisode de Josué, lorsque Dieu a arrêté le Soleil sur Jéricho, etc. Pour tout cela, ce groupe est aussi connu comme Créationnisme de la Jeune Terre. Il gagne du terrain aux États-Unis, ayant réussi l'intervention fédérale dans certains États du sud pour l’obtention de l'enseignement du créationnisme dans les écoles. Bien que les défenseurs de ce groupe présentent quelques concepts qui pourraient même être considérés comme raisonnables, le risque encouru est le travestissement en toute discrétion de la science, pour défendre une cause que leurs partisans jugent juste.

 

Le "Projet Intelligent"

 

Plus récemment est apparu un nouveau groupe sous le nom de "Projet Intelligent" ("Intelligent Design") proposé par le biochimiste Michael Behe, (16) dans son livre, La boîte noire de Darwin, qui approfondit aussi le sujet dans l’entretien intitulé, la vraie question. Ses idées ont été lancées lors de la Conférence de la Simple Création (Mere Creation Conference), en 1996 et, depuis lors, il gagne des adeptes. Mike Behe est catholique et a toujours été opposé au darwinisme. Cependant, en 1997, à la lecture du livre « Evolution : a theory in crisis » (Évolution : une théorie en crise) de Michael Denton, il s'est rendu compte qu’il y avait plusieurs questions dans la théorie évolutive encore non discutées ni expliquées, elle ne s’étendait pas sur la manière dont la vie était apparue. Intrigué et après d’amples recherches en littérature, Behe a découvert qu’il n'existait pas de documents traitant réellement la question, à savoir comment est apparue la vie et il a développé l'idée qu’en effet, ces processus étaient le résultat d'un "Projet Intelligent". Peu après, il a été rejoint par Phil Johnson, chercheur qui avait, lui aussi des idées semblables ne réfutant pas, mais annonçant que la théorie de l'évolution laissait des questions en suspens. Ils ont donc décidé de créer le "Groupe de Projet Intelligent", voué à critiquer l'évolution du point de vue scientifique. Un autre livre qui invitait à la vigilance à propos de Behe, était, l’Horloger Aveugle (1970), de Richard Dawkins. Ce livre et celui de Denton utilisent des exemples identiques, mais arrivent à des conclusions complètement différentes, pour expliquer comment on peut soutenir une théorie comportant des certitudes et quelles extrapolations légitimes on peut en tirer. 

Selon Behe, le sujet basique de son livre, La boîte noire de Darwin, nous montre que  “dans la science, une boîte noire est une machine, un dispositif ou système qui fait quelque chose, sans que son fonctionnement soit connu, une boîte totalement mystérieuse. Cela peut sembler étrange car vous ne pouvez voir l’intérieur ou simplement vous ne le comprenez pas. Pour Darwin et ses contemporains du XIXe siècle, la cellule était une boîte noire " (16). Aujourd'hui, nous savons que la cellule est la base de la vie et les biologistes ont discerné ses secrets, mais ce que la science de l’époque pouvait voir avec ses simples microscopes était seulement le contour de la cellule. D’où, selon lui, la vision simpliste des scientifiques contemporains de Darwin. C’est pour cette raison que nous disons que Darwin a été un remarquable génie à ce jour non détrôné.   

Prenant la complexité existant dans la cellule comme fondement, Behe a examiné ce qu’il a appelé les "machines miniaturisées" (les protéines et les acides nucléiques). Il a argumenté en disant que la sélection naturelle darwinienne "ne pouvait se produire parce que ces  «machines miniaturisées » ont une propriété appelée complexité irréductible", il a comparé cette complexité irréductible à une souricière comportant plusieurs parties, toutes devant être présentes pour que puisse fonctionner ladite « machine miniaturisée ». Il argumenta encore en disant que de tels systèmes sont probablement le résultat d'un projet délibéré intelligent, puisque nous nous comportons ainsi dans notre monde quand nous voyons quelque chose de macroscopique bien réel. D’où la raison du nom "Projet Intelligent" donné par Behe à son idée, qu’il souhaite développer afin de voir jusqu’où elle peut conduire la science.

Plusieurs réactions et critiques découlent de l’idée du projet intelligent, affirmant que celle-ci est un créationnisme déguisé, mais Behe argumente qu’il y a une grande différence entre tirer des conclusions basées sur l’observation du monde physique comme se doit de le faire un scientifique et arriver à une conclusion basée sur l'Ecriture Sainte ou sur les convictions religieuses. Il est indéniable que certains systèmes biochimistes sont excessivement complexes pour être considérés comme l’œuvre du simple hasard ou de la reproduction spontanée de la vie, idée dépassée depuis Pasteur.

Peu importe la direction que prendra l'idée du projet intelligent, il est incontestable qu'il y a des implications de nature religieuse ou théologique évidentes et son éventuelle séparation provoquera bien des remous. Il y a, actuellement, une grande avancée dans la Biologie Moléculaire, technique relatives à l’ADN, l'Embryologie, la Génomique, le clonage des cellules, etc., mais nous sommes loin d'expliquer la question essentielle concernant l’apparition de la vie sur Terre et, plus loin encore de pouvoir expliquer la nature de l'homme et pourquoi il est ici en évolution sur cette insignifiante planète. Ainsi, nous pensons qu’il ne doit y avoir aucune sorte d'entrave, ni de la science ni de la philosophie, à propos de la vraie connaissance de la vie.

Il est indéniable que l'évolutionnisme et, récemment le néo-évolutionnisme, existent et demeureront. Bien qu'il n’y ait pas de réponses encore à toutes les questions, les scientifiques continuent à nous offrir des études et des conclusions sur beaucoup d’entre elles, au fur et à mesure que la science avance. Il est important de dire que, même si l’on ouvre des débats sur Internet, dans des livres et dans des séminaires scientifiques ou religieux, il y aura toujours des gouffres à explorer et des lacunes à combler, qui profiteront beaucoup aux scientifiques et même aux religieux qui mèneront des combats contre ces derniers.

 

Évolution de la Force chez l'homme.

 

Le créationnisme divin immédiat, définitif, cristallisé, comme il est écrit dans la Genèse, selon lequel Dieu aurait créé toutes les espèces vivantes, telles qu’elles sont présentement, ne colle pas avec les découvertes archéologiques et paléontologiques de notre temps, ni avec les progrès réalisés par d’autres branches de la science. De nos jours, le créationnisme n’est qu’une belle allégorie qui doit être comprise comme telle. Il est facile de comprendre qu’à l'époque où la Génèse a été écrite, l'humanité n’était pas préparée, ni n’avait les connaissances qu'elle a aujourd'hui, lui permettant de comprendre une autre cosmogonie différente de celle-là.  

La science étant en quête de vérité, elle ne doit pas se détacher des autres branches de la connaissance comme elle l’a fait au cours de ces deux derniers siècles, en s'éloignant de la philosophie, bien que ses procédés de recherche utilisent des méthodologies différentes. En définitive, mais non sans moins de force, il faut aussi considérer les progrès faits en Psychologie et pourquoi ne pas dire, en Parapsychologie, en Spiritisme et en Spiritualisme, comme nous l’érigeons au chapitre VI - le bourgeonnement du Spiritisme et au chapitre 7 - L'Avènement du Rationalisme Chrétien.

La grande polémique qui aujourd’hui est modérée entre les créationnistes et les évolutionnistes se localise en un seul point de discorde : l’entendement que les uns et les autres font de la nature de la Force Créative ou Intelligence Universelle, que les musulmans appellent Allah, les religieux chrétiens appellent Dieu et pour laquelle d’autres religions ont d’autres dénominations. Il ne peut y avoir aucune vraie connaissance de cette vraie grandeur, si l'homme ne se débarrasse pas du mysticisme et ne se départit pas de ses blessures, de son égoïsme, de sa vanité. Tant que cela se produira, nous exposerons nos instincts inférieurs, nous ne serons pas rationnels, ni n’utiliserons la logique que le bon sens nous conseille. C’est cela que nous allons traiter dans les chapitres de la seconde partie de cette œuvre.

En premier lieu, nous devons nous libérer des dogmes religieux, qui continueront à servir une grande partie de l'humanité, car son degré d'évolution spirituel n’évoluera pas plus : On exprime sa foi en ce qui est révélé par les religions comme provenant de Dieu. Cependant, la science a besoin aussi de s'exempter de son hermétisme et les scientifiques ont besoin d'ouvrir l'éventail de leurs découvertes à l'homme de connaissance moyenne, car la science et ses certitudes doivent être pour tous et non seulement pour quelques privilégiés. Il y a aussi nécessité de simplifier les choses pour l'utilisation commune et pour la compréhension la plus large possible.

Il est intéressant aussi de signaler que la grande polémique a son point d'appui principal, outre les intérêts purement religieux, en apparence justifié par la représentation de la Matière car il y a en elle presque exclusivement les effets et non les causes de tout ce qui survient, qui réside dans la Force. Malheureusement, à de rares exceptions près, la science consacre ses efforts uniquement à l'étude de la Matière en investissant de gros budgets. Nous pouvons même comprendre qu’il en soit ainsi encore longtemps, mais cela ne saurait être toujours, car les études de la Matière s'épuiseront, arrivant dans une voie sans issue. Si nous voulons réellement mériter le titre de : homo sapiens, nous devons considérer, avec profondeur et propriété, l'étude de la Force et de ses agissements dans la Matière, dans un processus évolutif de la Force, qui a trouvé chez l'homme, son élément approprié sur la planète Terre. Tout ce qui a été fait jusqu'ici en matière d'évolution a traité seulement de l'évolution somatique de la Matière comme telle, négligeant l'évolution la plus importante : l'évolution de la Force. À cela nous consacrerons notre livre, dans l’intention de rappeler ce qui est déjà connu afin de stimuler les recherches pour ce qui reste encore à connaître. Plusieurs scientifiques se sont déjà rapprochés, bien près même, d'un changement de paradigme, mais pour une raison ou une autre, ils n’ont pas menés à bien leurs recherches dans ce sens. Quelques-uns l’ont fait, mais ils étaient des cas isolés, leurs travaux n’ont pas eu la divulgation nécessaire et leurs auteurs ont été victimes d’ostracisme.

Il existe une citation dont l'évolution est la confirmation qui dit : "La nature néglige rien ", ce qui peut signifier que tout arrive en son temps. C’est le sens de cette citation placée dans le contexte de l'évolution de l’homme. Il est facile de comprendre qu’il y a environ deux millions d'années (ce qui est insignifiant en termes de durée d'évolution somatique des espèces), nous  avions le primitivisme de nos ancêtres, qui ont constitué les premiers corps appropriés pour l'évolution de l'Esprit, bien qu’il s’agisse de corps en transition vers notre actuel stade d'évolution humaine. Ils étaient nécessaires et suffisants, pour l’époque, pour initier ce que nous appellerons l'évolution hominale.

Le moment est arrivé pour que nous affirmions que le début de l'évolution hominale, c'est-à-dire de la Force dans le corps humain en tant qu’Esprit incarné, coïncide aussi avec le début de l'évolution spirituelle sur la planète Terre, moment où ont commencé à émerger graduellement les différentes races avec leurs cultures différenciées, comme c’est encore le cas de nos jours. Au fur et à mesure que l'évolution somatique progressait conjointement avec les cultures respectives, se réalisait et continue à se réaliser, calmement, l'évolution spirituelle qui de plus en plus trouve des conditions propices à sa réalisation. Nous allons pouvoir montrer au second chapitre de notre œuvre que, l'évolution spirituelle ne saute pas non plus les étapes, elle manifeste, principalement, l'évolution de l'intelligence, de la morale et de l'éthique, je dirais même du caractère, par l’assainissement continu des sentiments les plus nobles de l'homme, jusqu'à l'élimination complète de ses instincts animaliers. Cette évolution est individualisée, elle est faite de "pour soi", mais elle se réalise, aussi, en groupe.

 

 

 

Références de ce chapitre :

 

 

1)SAKALL, Sergio. Darwin. Disponible sur : www.sergiosakall.com.br/montagem/5darwin.html . Accessible le 08/08/05.

 

2)LEITE, Marcelo e Mirsky, Steve. Para Ernest Mayr, Biologia não se reduz às ciências físicas. (entrevista aos 100 anos) Disponible sur : http://zoo.bio.ufpr.br/diptera/bz023/ernst_mayr.htm. Accessible le 28/08/05.

3)ALVES, Cláudia Aparecida. Criação e evolução. Disponible sur : www.cacp.org.br/Evolucao-2.htm.  Accessible le 08/08/05.

 4)TIAGHO, Paulo de Tarso São. Evolucionismo e criacionismo à luz do Espiritismo. Disponible sur : www.terraespiritual.locaweb.com.br/espiritismo/artigo1614.html. Accessible le 08/08/05.

5)ANONIME. Eras, Períodos e Épocas Geológicas. Disponible sur : www.avph.hpg.ig.com.br/eras.htm.  Accessible le :15/08/05

6)ALTABA, M. Font. Atlas de Mineralogia. Rio de Janeiro: Livro Ibero-Americano, Ltda., 1963. Ed. Especial.

7) MATTOS, Luiz de. Racionalismo Cristão. 43.edição.Rio de Janeiro: Centro Redentor, 2001 p. 49.

8)GUITTON, Jean. Deus e a ciência. Disponible sur  : www.plenitudeonline.com.br/noticias/news/index_noticias.php?id=16. Accessible le 10/08/05.

9)KESSLER, Cynara Chemale. Origem da Vida. Disponible sur  : http://www.logic.com.br/prof.cynara/origemvida.htm. Accessible le 16/08/05.

10)WILKIPEDIA. Teoria de Oparin. Disponible sur  : http://pt.wikipedia.org/wiki/Teoria_de_Oparin. Accessible le 29/08/05.

11)ARAUJO, Jorge. Gênese da Vida.  Disponible sur  : www.ateus.net/artigos/ciencias/genese_da_vida.html. Accessible le 28/08/05.

12)MEIO AMBIENTE – Os grandes reinos. Disponible sur   www.geocities.com/kinren12000/reinos.htm. Accessible le 18/08/05.

13)DOBZHANSKY, Theodosius. Nothing in biology makes sense except in the light of evolution, Disponible sur : http://people.delphiforums.com/lordorman/light.htm. Accessible le 26/08/05.

14)DAWKINS, Richard. O gene egoísta. Belo Horizonte: Itatiaia, 2001. p. 22.

15)VALÉRIO JR., Marcos. Criação x evolução. Disponible sur : www.evo.bio.br/EVOXCRIA.HTML.  Accessible le 28/08/05.

16)FLÁVIO, João e Cristiano, Paulo. A verdadeira questão – uma entrevista com Michael Behe. Disponible sur : www.cacp.org.br/critica%20a%20darwin.htm. Accessible le 27/08/05.

 

 

 

CHAPITRE IV

 

 

MÉTHODOLOGIE SCIENTIFIQUE
 

 

 

"La recherche scientifique est la réalisation concrète d'une investigation programmée, développée et rédigée conformément aux normes de la méthodologie établie par la science. «L'aspect scientifique d'une investigation” est la manière d’aborder un problème par l’étude. Prof. João Álvaro Ruiz, Méthodologie scientifique, 1978.

 

Un peu d'histoire est nécessaire et bénéfique pour créer une toile de fond à ce qui est contenu dans ce chapitre. Depuis la plus lointaine Antiquité, l'homme interroge la nature en quête d'explications et de réponses. Ainsi, tout au long de l'histoire, les connaissances des choses et des phénomènes ont été érigées dans tous les secteurs des compétences humaines. Plusieurs d’entre elles ont été établies aux prix de tentatives et d'erreurs. Nous avons vu aussi, dans d’autres parties de cette œuvre que le savoir humain était unifié sous l’hégémonie de la Philosophie, jusqu’aux alentours de 1750. La séparation entre Science et Philosophie, qui s'est accentuée à partir de la Révolution Industrielle, a d'une part apporté d’énormes enrichissements à la spécialisation scientifique et des résultats technologiques, mais d'autre part, cette scission a laissé l'homme à la dérive sur d'autres sujets également importants pour son évolution. C'est ce dont nous allons traiter plus en avant dans la seconde partie de notre livre. Avant cela, nous allons tenter de comprendre pourquoi la méthodologie scientifique est un outil de recherche de vérité et comment elle est utilisée à cette fin.

Une affirmation très générique serait de dire que la science découle de faits, qu’elle est fondée sur les faits de l'expérience et de l'expérimentation. Une autre affirmation, tout aussi simpliste, serait de certifier que la science doit être basée sur ce que nous pouvons voir, entendre, et toucher, ancrée dans l’étude minutieuse, exempte de tout ce que nos sens physiques perçoivent et interprètent, sans émission d’opinions personnelles ou autres fantaisies spéculatives. Aussi souvent que l’observation de la nature, du monde, de l'univers et de ses phénomènes a conduite de manière libre et sérieuse, "[...] Alors les faits établis constitueront une base sûre et objective pour la science. Si, de surcroît, le raisonnement qui mène de cette base factuelle aux théories et lois que constitue la connaissance scientifique s’avère solide, alors nous pourrons considérer que la connaissance elle-même qui en résulte sera établie avec assurance et qu’elle sera objective". (3) Ce fondement est toujours valable, mais plusieurs éléments sont apparus, comme l'élargissement de la connaissance, la formation des scientifiques et des chercheurs, outre une sophistication chaque fois de plus en plus grande des instruments de recherche.

Mais cela n’a pas toujours été le cas. La véritable rupture avec la tradition aristotélicienne qui consistait à prendre en considération la science, est née au début du XVIIe siècle, lorsque Galilée a introduit les observations et les expériences pour justifier les faits. Plus important encore a été l’établissement d’une attitude et d’une stratégie qui restent notoires dans l'histoire de la science. Pour Galilée, le plus important était d’accepter les faits observés et, sans une quelconque idée préconçue, d’établir une théorie qui les organise. Nous n’allons pas nous étendre sur les détails qui relèvent de l’époque des expériences de Galilée ni sur son affligeante vie, mais nous voulons que son importance soit reconnue pour avoir révélé clairement que la connaissance scientifique était basée sur les faits établis par l’observation et par l'expérience. Cette thèse est encore en vigueur aujourd'hui. Selon F. Chalmers (3), "Celui qui accepte et explore cette histoire sur la naissance de la science admet que, avant le XVIIe siècle, les faits observables n'étaient pas pris sérieusement comme fondement de la connaissance. Selon l’idée coutumière de l'époque, la connaissance se basait dans une large mesure sur l'autorité du philosophe Aristote et sur l'autorité de la Bible. La science moderne a été possible seulement quand les pionniers de la nouvelle science, comme Galilée, ont remis en question ces autorités grâce au recours à l'expérience ".

 Au fur et à mesure que la science se développait sont apparues deux écoles de pensée : celle des empiristes et celle des positivistes, qui étaient des tentatives de formaliser ce que nous affirmions antérieurement comme étant une vision commune de la science – c'est-à-dire que la connaissance scientifique provient des faits. John Locke, George Berkeley et David Hume ont été des empiristes britanniques des XVIIe et XVIIIe siècles qui soutenaient que toute  connaissance doit provenir d'idées implantées dans l'esprit par la perception sensorielle. Les positivistes déjà avaient une conception plus ample des faits et, avec une orientation plus pragmatique, ils partageaient la perception des empiristes selon laquelle la connaissance doit provenir des faits de l'expérience. Au XIXe siècle, Auguste Comte a introduit le positivisme logique. De cette école est apparue, dans les années 1920, à Vienne, une école philosophique dans la lignée d'Auguste Comte, accordant beaucoup d'attention à la forme logique de la relation entre la connaissance scientifique et les faits. Nous concluons, ainsi, que l'empirisme et le positivisme ont partagé la perception commune selon laquelle la connaissance scientifique doit provenir d’une certaine manière des faits clarifiés par l’observation. Le matérialisme scientifique était sur le point de naître.

 

1.     Fait et expérimentation

 

Il faut toujours vérifier quelle est la nature des faits et par quel moyen les scientifiques y ont accès. F. Chalmers (3) a dédié les trois premiers chapitres de son livre “Après tout qu’est-ce que la science ?” à l’examen de la nature des faits. Le quatrième chapitre examine la manière dont les scientifiques accèdent aux faits, et comment savoir que la connaissance scientifique en provient. Par rapport à la nature des faits, il a analysé trois possibilités :

(a) les faits se révèlent aux observateurs attentifs au moyen des sens

(b) les faits sont antérieurs (faits a priori) et indépendants des théories

(c) les faits constituent un fondement ferme et sûr pour la connaissance scientifique

Nous n'entrerons pas plus en détail dans ces thèses, à peine dirons-nous que F. Chalmers a analysé profondément l'illusion que les sens physiques peuvent causer nuisant ainsi à la véracité des données. Rien n’étant incontestable, se détachant du sens visuel et conseillant toujours la prudence aux observateurs scientifiques, il affirme que "Deux observateurs ordinaires qui examinent le même objet à partir d’un même lieu dans les mêmes conditions physiques n'ont pas nécessairement les mêmes expériences visuelles, ceci même si les images sur leurs rétines respectives sont virtuellement identiques" (3). La neuroscience a déjà prouvé cela à travers les études sur l'illusion des sens (6). En d’autres termes, il faut avoir en vue que les expériences perceptibles celles que les individus font en observant, ne sont pas déterminées uniquement par les images sur leurs rétines mais, principalement, par ce que la mémoire perçoit comme un tout. Ce phénomène est connu sous le nom d’effet autocinétique et se produit quand les muscles de l'œil sont fatigués. Plusieurs jeux d'enfants et tests psychologiques sont basés sur ce phénomène.

Nous avons vu alors que la pratique scientifique de l’observation expérimentale des faits peut être sujette à des erreurs. Nous avons exposé l'idée selon laquelle ce que les observateurs voient ou les expériences subjectives qu’ils font lorsqu’ils observent un objet ou face à un scénario expérimental, n'est pas déterminé seulement par les images sur leurs rétines, mais dépend aussi de l'effet autocinétique comme ci-dessus mentionné, de l'expérience, de la connaissance scientifique dans le domaine où ils opèrent et des perspectives de l'observateur lui-même. Enfin, il est incontestable et indéniable qu’il est nécessaire d'apprendre à être un observateur compétent en science. Il ne suffit pas seulement d’avoir des yeux pour voir, il faut savoir distinguer la vérité et être exempt de préjugés quelconques. 

Il faut aussi avoir bien compris quelle est la signification linguistique du mot « fait »t. Il est nécessaire de distinguer ce qu’est une assertion ou une affirmation de l'état des choses que cette affirmation dépeint. Par exemple, la théorie du Big Bang ne peut être considérée comme un fait, car elle n'a pas été prouvée et il semble peu probable qu’un jour elle le soit, étant donné la nature qu’elle revêt. Néanmoins, de nombreuses personnes se réfèrent à elle comme étant un fait. Alors, quand nous disons que l'Univers s'est formé il y a 14 milliards d'années de la manière dont le décrit la théorie du Big Bang, ce n'est pas et cela ne peut être une assertion factuelle. Le Big Bang est seulement l’une des nombreuses théories formulées sur le commencement de l'Univers. La connaissance de la Cosmogonie ne dépasse pas encore la simple théorie. La même chose peut être dite sur l'origine de la vie sur Terre : personne n'était là pour voir et observer. Ceci pour ne citer que les deux grands problèmes que la Science n’a pas encore élucidés. Ceux qui souhaitent défendre que la connaissance provient de faits ont besoin d'avoir à l'esprit des assertions et non des perceptions ou des descriptions théoriques non vérifiées.

Tout ce qui a été dit dans le paragraphe précédent sert à constater qu'en l'absence de qualifications, celles-ci deviennent immédiatement très problématiques. Et, pour que les faits puissent constituer une base appropriée pour la science, ils doivent correspondre à la qualification d’affirmations. Nous pouvons conclure à partir de là que les faits qui nous sont fournis directement par les sens peuvent être seulement une vérité évidente ou être totalement erronés. Pourtant, bien que sachant que les perceptions passent directement par les sens, il est absurde de penser que les données factuelles entrent dans le cerveau exclusivement par les cinq sens physiques. Actuellement, des études démontrent que les sens physiques sont au nombre de dix-huit à vingt et non pas de cinq comme communément admis (15, 16).

Il est nécessaire d'avoir une bonne connaissance du sujet dont nous parlons ou que nous expérimentons et de ses implications avec les moyens que nous avons actuellement, quelle qu’en soit la branche scientifique considérée. C’est le pré-requis pour la formulation d’affirmations observables qui peuvent constituer une base factuelle. Donc, avant de pouvoir formuler une affirmation observable, un observateur se doit de posséder la connaissance du cadre de référence conceptuel approprié et se doit de savoir comment l'appliquer objectivement au cas en question.

Face à ce qui a été exposé ci-dessus, nous pouvons affirmer que les pré-requis basiques permettant de récolter des résultats satisfaisants d'une expérimentation sont une bonne connaissance préalable de la branche scientifique à laquelle nous nous consacrons et une utilisation appropriée et correcte de nos perceptions, de notre condition de préparation et de nos attentes en relation aux affirmations identifiables, lesquelles doivent assurer un cadre de référence conceptuel approprié. En outre, les connaissances dans notre secteur de compétence doivent être actualisées pour qu’on puisse contribuer significativement au progrès de la science, identifier des faits importants pour formuler correctement nos hypothèses.

Il demeure donc suffisamment clair que l'affirmation selon laquelle la science provient des faits et qu’elle s’est fondée sur une base sûre, découle de faits solides progressifs et fermement établis par l’observation. Même en sachant que les perceptions sont influencées par l'expérience préalable et par les attentes de l'observateur, ce qui fait qu’une observation semble être un fait pour une personne et ne l’est pas pour une autre, ne constitue pas un empêchement pour l’aboutissement de la science. Il ne faut pas considérer aussi comme empêchement les jugements sur la vérité des affirmations observables, qui peuvent provenir de connaissances antérieures ou de présuppositions, rendant ainsi les faits observables aussi faillibles que les présuppositions qui leur ont servi de base.

Jusqu'ici nous avons parlé de science mais, après tout, qu’est-ce que la science et pourquoi existe-t-elle ? Les scientifiques sont-ils des personnes hors du commun ? Que signifie être scientifique ? Comment chercher les vérités sans limites ? Est-il possible de concilier toutes les vérités ? C'est ce que nous allons voir.

 

2.     Science

 

Il y a une difficulté immense à définir quelque chose d’aussi complexe et d’aussi vaste que la science. C'est un défi qui préoccupe beaucoup de philosophes et penseurs en général. Ce qui semble plus facile c’est de caractériser les règles et les outils sur lesquels s’appuie la science, parmi lesquels nous citons la nécessité de l'expérimentation pour prouver théories et hypothèses, la loi de cause à effet ou le principe de la causalité de Kant, le principe de falsificabilité de Karl Popper, la méthode déductive, le principe ou l'argument inductif, etc. Une règle ou un argument bien qu’encore intuitif rarement cité et qui inquiète bon nombre de scientifiques est le principe de répétitivité expérimental. Comme le définit si bien le médecin et philosophe, Alberto Mesquita Fils (1942 -)  "Je vois la science comme un domaine de connaissance qui s’appuie non sur une méthode, mais sur le précepte de répétitivité, ce que j'ai nommé règle scientifique fondamentale : si dans des conditions données, un phénomène déterminé se répète à chaque recherche, il faut admettre que dans les futures vérifications le même phénomène se produira encore» (1).

Nous ne devons pas ignorer les règles ou critères d’utilité, qui n'existent pas pour beaucoup de scientifiques qui se consacrent à la recherche scientifique pure ou basique, où la recherche de la vérité se superpose aux critères d'utilité qu’elle prétend lui donner. Un autre point important est de ne pas imposer de limites à l'action de la science. Le point de vue de Kuhn (2) est que la science elle-même impose des limites, jusqu'à ce qu’à l'intérieur des limites créées par la communauté scientifique, apparaisse une réfutation très sérieuse, pour laquelle il n’y ait pas d’issue : Il se produit alors une rupture avec les nouvelles théories qui percent le blocus précédent et établissent de nouvelles limites (théorie des paradigmes de Kuhn). Selon lui, c'est cette rupture interne corpus qui occasionne les bonds vers le progrès de la science. Inversement, nous avons les concepts de Karl Popper selon lesquels la science progresse linéairement : "La science selon Popper commence avec des problèmes afférents à l'explication du monde ou de l'univers, mais pour résoudre ces problèmes des hypothèses sont formulées qui postérieurement sont mises de côté. Il y a, pourtant, une croissance continue et constante des sciences " (2).

Encore selon la perspective de Kuhn, la science est érigée par un processus d'accumulation dans lequel chaque théorie perfectionne celle qui l’a précédée et c’est exactement ce concept cumulatif que Kuhn interroge.

Pour clore ce sujet, nous voyons que c’est la conception de la vérité qui est mise en cause. Il n’y a aucun doute que dans la proposition de falsificabilité de Karl Popper, il y a implicitement une présupposition rationaliste, puisque celle-ci se traduit par la préoccupation de la science à rechercher la vérité, qui doit être le souci central et fondamental de la science. Mais, paradoxalement, ce n'est pas facile de formuler un critère définitif de vérité - nous pouvons même affirmer que cela est impossible. Sa contradiction réside en cela, il en résulte à partir de là que la vérité sur la science sera toujours approximative et non totale !

Alors, après avoir examiné quelques concepts sur les fondements de la science, nous pouvons nous aventurer à la définir comme étant l'ensemble des efforts entrepris par les scientifiques, guidés par des règles déterminées et reconnues conjointement comme méthode scientifique, avec  pour objectif d'atteindre la vérité.

 

3.     Le Scientifique

 

Après tout, que veut dire être scientifique ? Pour répondre à cette question, nous devons nous assurer des définitions et des concepts que nous présentons sur la science. Ainsi, nous pourrons dire que le scientifique est la personne qui pratique la science ou qui est spécialiste dans une certaine science, ou en sciences en général, ce qui équivaut à dire que le scientifique cultive la connaissance scientifique, adopte et utilise la méthode scientifique permettant d’acquérir cette connaissance, mais qu’il a souvent besoin d'utiliser la théorie des probabilités dans la présentation de ses résultats pour baser ses conclusions.

Ainsi, le scientifique cultive la science, tenant compte de deux grands objectifs, à savoir : premièrement, réunir, appliquer et transmettre les connaissances scientifiques déjà connues et systématisées qui ont contribué à sa formation ; et deuxièmement, produire et divulguer de nouvelles connaissances, ayant toujours pour finalité de contribuer au progrès des sciences.

Vu la grande diffusion de la science, principalement par les livres, les textes et Internet, de toutes les manières, une personne quelconque dûment cultivée peut acquérir des connaissances scientifiques, si elle le désire. Si elle possède le talent pour cela, elle peut même se comporter comme un scientifique, inventant des hypothèses et créant des théories, et les expérimenter. Selon Alberto Mesquita Fils  (1) :

 

Être scientifique ce n'est pas posséder une étiquette, mais c’est avoir une attitude, un comportement de scientifique. D’autre part, même celui qui se dit scientifique assume parfois des attitudes non scientifiques et aborde des domaines qui ont leurs propres règles ou qui n’en ont pas. L'étiquette est fréquemment utilisée quand nous voulons nous référer aux personnes qui utilisent leurs talents scientifiques pour gagner leur vie : ce seraient alors des scientifiques professionnels.  

 

Nous préférons remplacer le mot "étiquette" par "titre" (maître en science, docteur, enseignant). Nous utilisons alors, la terminologie scientifique.

 

4.     Hypothèse, Système, Théorie, Loi et Doctrine

 

Pour mieux connaître la terminologie scientifique, nous commencerons par définir ce qu’est une hypothèse. Hypothèse est toujours une supposition, une conjecture qui sert d'argument pour initier une recherche, comme en Physique, par exemple, ou une démonstration, comme en mathématiques. L'hypothèse est souvent un point de départ. La théorie est elle-même un ensemble d'éléments ou d’hypothèses concaténées rationnellement, mais qui nécessitent une réelle corroboration, au cas où elle viendrait à se transformer en loi, et qui peut aussi être réfutée par une autre théorie qui s’adapterait mieux aux données de la réalité. La théorie s’applique "à expliquer, élucider, interpréter ou unifier un certain domaine de la connaissance" (3). Toute théorie scientifique s’appuie sur la méthode scientifique, laquelle, à son tour, est basée sur l’observation et sur l'expérimentation. Pour ce qui est des théories scientifiques, la méthode scientifique est l'ensemble des procédures (la praxis scientifique) qui sert à les tester. Les théories peuvent encore être testées par le principe de falsificabilité de Karl Popper, que nous aborderons plus loin.

Ainsi, il ne suffit pas d'avoir simplement un ensemble d'hypothèses. L’une des finalités de la science est de systématiser les théories bien concaténées et, principalement celles de grands spectres, incluant divers domaines de connaissances. Quelques théories sont d’une grande complexité et exigent, de la part du scientifique, une totale maîtrise de la logique et des mathématiques. Pour ceux qui s’intéressent et qui travaillent dans le secteur des sciences exactes, il leur est recommandé de lire les ouvrages de Bunge, de Lacey et de Bohm, mentionnés à la fin de ce chapitre.

Le principal point de sustentation d'une théorie scientifique est, sans aucun doute, l'expérimentation. Il faut prendre en considération que l'expérimentation, isolément, peut fausser ou corroborer une hypothèse ou même une théorie. C’est donc pour cela que Karl Popper (1) a affirmé que : « Une théorie sera meilleure lorsqu’elle sera plus encore soumise à des tests de falsificabilité par lesquels, évidemment, elle devra passer. Nous disons que le passage par un test de falsificabilité a été corroboré ».

 Il est nécessaire d'avoir toujours une vision critique concernant l'utilisation du test de falsificabilité, puisqu’il peut ne pas être convaincant ou même ne pas atteindre un consensus. Quand cela peut-il arriver ? Chaque fois que l'expérience, bien que systématisée et préparée, n’inclut pas la totalité des facteurs intervenant. Nous savons que la théorie de la gravité d'Isaac Newton a pu être "faussée" par le fait d’avoir subi des déviations inexplicables survenues à l'époque, dans l'orbite des planètes reconnues en tant que telles mais non encore découvertes par les scientifiques (la planète Neptune, inconnue alors, influait dans l'orbite d'Uranus). En vérité, ce qui est produit a été une tromperie expérimentale et non une falsification proprement dite. Nous citons ce fait pour montrer qu’il faut faire attention à l’utilisation du principe de falsificabilité pour tenter de réfuter une hypothèse ou même une théorie.

Nous allons essayer de dissiper quelques confusions. Il y a une tendance à confondre doctrine et système, théorie et doctrine. Une doctrine est un ensemble de principes, règles ou préceptes qui servent de base à un système scientifique, philosophique, religieux, politique, social, etc. Un système est à son tour un ensemble d'éléments matériels ayant pour objectif d’ordonner et classifier, selon une méthodologie appropriée au savoir et à la connaissance scientifique, philosophique, etc. Il est important de remarquer que l'interface entre Science et Philosophie a pour habitude d’être plus évidente qu'entre Philosophie et Métaphysique, dont la Physique s'est détachée pour acquérir une qualification indépendante. Ainsi, la Science considère quelques principes philosophiques comme de simples hypothèses métaphysiques ou même des hypothèses scientifiques lorsqu’elles sont maniées sous l'optique de la Science. De là à passer à la catégorie de théories, ces hypothèses doivent d’abord se soumettre aux cribles de la méthode scientifique, ce qui veut dire, être essayées et expérimentées.

Jusqu'ici, nous parlons d'hypothèses fondamentales, mais nous devons observer qu’il existe des hypothèses secondaires et même évidentes qui peuvent être utilisées, même s’il faut les emprunter à la Philosophie pour supporter certains travaux à caractère scientifique, principalement dans un domaine pionnier. Généralement, de telles hypothèses ont un caractère provisoire, mais peuvent être la clé du succès, quand elles prétendent abandonner les paradigmes scientifiques et créer quelque chose de révolutionnaire, contestant les "vérités" jusqu'alors acceptées et bien certifiées. C'est cela qui donne à la Science son caractère évolutif, puisque toute vérité est provisoire, rien ne peut ni ne doit être négligé. C'est cela qui valorise la Science !

Nous pouvons remarquer que, normalement on n’apprend pas à théoriser dans les universités scientifiques, puisque la majorité de ces concepts proviennent de la Philosophie. Dans les universités scientifiques, l'intention n’est pas de fabriquer des génies. Penser de la sorte mène à beaucoup d'improvisations et positions ingénues de la part des quelques pseudo- scientifiques, dérangeant grand nombre de scientifiques sérieux qui occupent des positions importantes au sein de ces universités. Néanmoins, condamner d’autres scientifiques qui réellement désirent contribuer est une erreur qui peut éloigner beaucoup de futurs potentiels scientifiques. En fait, c'est de la stimulation dont beaucoup d’entre eux ont besoin, le génie simplement emploie l'enthousiasme, la dévotion et la persistance dans la recherche de la vérité.

Enfin, quelques mots sur ce qui est considéré comme loi. Un ensemble de lois ou théories corroborées constitue une doctrine, statut que la Science prétend un jour atteindre. La loi découle d'une théorie bien testée et corroborée. Le mot loi englobe un ample spectre de significations, dans divers domaines de connaissances humaines. Les lois naturelles sont des vérités immuables. La loi physique de la gravité d'Isaac Newton, semble être une vérité naturelle et immuable tout comme les théories de la relativité d'Albert Einstein, qui après près de 100 ans, continuent à résister à quelques réfutations et sont toujours acceptées scientifiquement comme lois. D'autres exemples, telles que les lois de Kepler, bien plus anciennes sur la mécanique classique, sont perçues comme incontestables. Les lois physiques ont alors un caractère plus durable, pouvant pour certaines d’entre elles être considérées comme des vérités définitives.

 

5.     La méthode scientifique

 

René Descartes, au XVIIe siècle, a été le premier à réfléchir et affirmer la nécessité d’établir des règles et des conditions permettant d’interroger les faits et d’établir des conclusions acceptables pour la raison humaine, ce qui équivalait à trouver une méthode pour accéder à la vérité. Etymologiquement, le mot méthode a la même signification que la voie pour parvenir à un certain objectif, quel que soit l'objet de la recherche. Ainsi, par exemple, quand il est question, spécifiquement, d'une recherche scientifique, la voie parcourue par le scientifique ou le chercheur, en dernière analyse, est d’arriver aux vérités scientifiques. Celles-ci, à leur tour, sont en relation directe avec le progrès lui-même de la science comme un tout, mais nous devons observer qu’en parlant de "vérités scientifiques", nous écartons d'autres vérités possibles, non ? Alors, comment généraliser les vérités en tout genre, de tout type avec les vérités scientifiques ? Existe-t-il une proposition ou une méthode bien définie et acceptable permettant de développer la science ? Après tout, qu’est-ce que la méthode scientifique ?

Dans ce chapitre, en présentant les différentes méthodes pour rechercher les vérités, qu’elles soient étiquetées scientifiques ou non, nous essayerons de répondre à certaines questions formulées, sachant qu’il n'existe pas de réponse unique pour chacune d’elles, il nous incombe alors de formuler des concepts unifiants et recevables.

C’est au XXe siècle que la méthode scientifique a pris de l'importance, approuvée par les propositions de Thomas Kuhn (1) et Karl Popper. (1) Ces propositions suivent des approches différentes dans l’application de la méthode scientifique et pointent vers des directions différentes dans leurs conclusions. Karl Popper défend la méthode scientifique proprement dite, adopte une règle méthodique en accord avec sa méthode déductive de preuve et rejette l’inductivisme avec véhémence, ignorant même la voie inductive, mais ne cessant pas de proposer la falsificabilité comme critère devant être adopté par les scientifiques pour tester leurs théories. Sa philosophie est plus tolérante que la méthode scientifique de référence, étant partisan de la pensée libre sans restriction. Thomas Kuhn, quant à lui, se consacre primordialement à la « macro méthode » scientifique et base ses idées sur des arguments historiques. En partant de l'évolution historique des sciences, il a établi un type de comportement modèle devant être suivi par les scientifiques. Kuhn, dans son analyse, a prudemment annoncé que la science est cyclique dans son comportement : après avoir passé la dénommée "période de science normale", durant laquelle les scientifiques se sont limités à s’orienter grâce aux paradigmes en vigueur, elle passe par "les périodes révolutionnaires", libérée de la fourberie des paradigmes jusque-là acceptés comme véridiques" (1). Durant les périodes dites de « science normale », les théories scientifiques sont bien protégées quant à la falsificabilité. Ainsi, "une quelconque idée proposée dans le but de falsifier un paradigme aurait été mal vue par la communauté scientifique. Le scientifique, pour Popper, doit adopter une attitude révolutionnaire permanente, tandis que, selon Kuhn, il doit s'accommoder des dogmes en vigueur, sous peine d'être rejeté par la communauté scientifique. Le corporatisme est inhérent à la philosophie de Kuhn. Il découle de ce corporatisme l'adoption des "modèles", l'accent sur le « pseudo exactitude », la justification du "manque de clarté" et l'"autoritarisme du spécialiste", sujets qui ont énormément été critiqués par Popper ". (7)

Quand nous voulons découvrir les lois naturelles qui régissent un ensemble de choses, de phénomènes et d’événements englobant et interagissant entre eux comme sont les êtres rencontrés dans la Nature elle-même et dans l'Univers, nous nous trouvons face à une tâche gigantesque et interminable. Pour cela il est donc nécessaire de rassembler spécifiquement les sujets en sous-ensembles sans perdre de vue la notion d’ensemble ni comment l’élément se situe à l'intérieur de cet immense ensemble. C’est avec cette vision, dans l’intention d’obtenir des résultats de plus en plus vrais et précis, que la connaissance humaine s'est diversifiée et, de cette diversification sont apparues les différentes branches de spécialisations. Toutefois, sans méthode il serait difficile d’atteindre un but.

De manière simplifiée, la méthode scientifique est un programme de recherche qui comprend quatre étapes principales qui, en pratique, suivent plus un ordre logique que chronologique, c'est-à-dire (4) : premièrement, faire des observations ; deuxièmement, construire une hypothèse testable pour expliquer les données observées ; troisièmement, déduire des prévisions à partir d’hypothèses formulées et quatrièmement, chercher à confirmer les prévisions. Au cas où les prévisions ne pourraient être confirmées, il y aurait retour à la seconde étape, et reconstruction de l'hypothèse. En pratique, les quatre étapes sont normalement pratiquées en même temps, vu que les scientifiques font et testent constamment de nouvelles observations. Le grand souci des scientifiques est d’adapter l'hypothèse aux faits avec cohérence et consistance.

 

Induction

 

L'argument inductiviste a pour fondement le principe de l'induction qui peut être énoncé de la manière suivante, adapté de F. Chalmers par Alberto Mesquita Fils  (3) : "Si à partir de conditions données, un phénomène déterminé se répète à chaque recherche, au cours des futures vérifications le même phénomène se reproduira » C'est le principe de répétitivité, très critiqué par F. Chalmers lui-même. Par ce principe, l'inductiviste élabore des lois et des théories, partant de données observées ou de faits acquis, omettant l'utilisation de la déduction d'hypothèses, mais admettant l'utilisation de la déduction pour faire des prévisions et donner des explications, à partir des lois et des théories qu’il a élaborées. C'est un argument simpliste grâce auquel il prétend expliquer des énoncés universels ou des lois en utilisant des observations plus ou moins singulières. Il est évident qu’il ne s'agit pas de spéculations ni de conjectures infondées, ce qui ne serait pas convenable pour un scientifique, toutefois, elles ne se terminent pas souvent en énonciations incontestables. Newton disait qu’il n’émettait pas d'hypothèses, mais c’était dans un autre contexte, qui peut ne pas se répéter dans la plupart des cas actuels.

L’ennui est que ce principe, ou cette règle méthodologique, affirme au lieu de supposer (hypothèse), qu’il est basé sur un nombre d’observations insuffisant ou pas toujours bien défini, ce qui peut faire douter de la solidité des conclusions ou des généralisations atteintes, qu’elles soient lois ou théories. Bien qu’étant appuyé par le principe de causalité - il n'y a pas d’effet sans cause - ce principe peut mener à des conclusions ingénues ou pouvant être facilement transgressées. Enfin, c'est plus un principe de guidage et d’orientation que de méthodologie, car il est restrictif.

Selon ce principe, nous partons de faits acquis au moyen d’observations et d'inductions, nous arrivons à établir des lois et des théories. Celles-ci, par déduction, mènent le scientifique aux explications et aux déductions.

 

 Déduction

 

            L'argument déductiviste se base sur le principe suivant : "Si dans certaines conditions, un certain phénomène se répète chaque fois qu’une recherche est faite, une quelconque affirmation découlant de ces prémisses, pour qu’elle devienne une hypothèse, doit être soumise à vérification observationnelle" (3). Il va des observations (générales jusqu’aux particulières) et à partir de la déduction soulève des hypothèses, qui, examinées par l'induction (qui vont de la particularité à la généralité) permettent l'élaboration de lois. Ce principe a plus, de cohérence interne que le principe d’inductivisme, puisqu’il utilise l'argument de la logique, mais il est soumis aussi aux critiques. Il est nécessaire de recommencer, bien qu’il semble évident que l’hypothèse, comme en mathématiques, soit ce qui prétend être démontré, non ce qui est déjà démontré. À partir de là, hypothèse et évidence préalable ne doivent pas être confondues. Il convient de faire remarquer que même l'utilisation de la méthode déductive ne nous permet pas de garantir l’élaboration de lois infaillibles. C'est ce que nous affirme Karl Popper  (3). « Il n'y a pas une méthode pour déterminer si une hypothèse est " probable ", ou "probablement vraie" ». Ce principe part de l’observation et de la déduction, il établit des hypothèses, lesquelles à leur tour, soumises à l'induction, conduisent le scientifique aux lois.

Si nous partons de l’idée qu’en science tout est provisoire et qu’il n'y a pas de vérité absolue, comme cela arrive dans tout secteur de connaissance, nous n’émettons aucune opposition à l'usage de la méthode déductive. Sinon, comment la science aurait-elle évolué ? Alors, partant de l’idée des approximations successives, les vérités d’aujourd'hui sont sujettes à deux destins : soit elles seront réfutées soit elles seront reformulées et perfectionnées. Pour nous confronter à la vérité absolue, qui serait un jour considérée comme probable, nous devrions admettre une compréhension totale et valable du monde connu et inconnu comme étant une loi universelle.

Cela peut paraître un contresens d’avoir critiqué l'argument inductiviste, s'il est utile pour crédibiliser ou corroborer une affirmation vérifiée par le raisonnement déductif. Nous serions alors en train d’introduire des concepts douteux comme "acceptable", "peu acceptable", "très acceptable" ou encore l'expression "degré d'acceptabilité" pour signifier une corroboration relative d'une certaine hypothèse. Selon Siegel (3), "Nous effectuons des recherches afin de déterminer le degré d'acceptabilité d'hypothèses déduites de nos théories".

Enfin, malgré quelques critiques et restrictions, la science progresse et les imperfections sont corrigées pour le bien général de la communauté dont les membres ont la prérogative de débattre des travaux au cours de forums et de séminaires exceptionnels entre collègues d’un même secteur scientifique n'étant pas hostile à la critique constructive. Les scientifiques acceptent toutes les critiques sans opposition, sans qu’elles ne soient toutes irréfutables. À partir de ce principe, Karl Popper a eu l’idée de créer sa proposition de la « falsificabilité » que nous verrons plus loin.

Pour clore cette partie, nous allons citer ici l’affirmation suivante (8), faite en 1994, qui dit : "La recherche scientifique commence toujours par la pose d'un problème qui peut être résolu. L'étape suivante consiste à offrir une solution possible au moyen d'une proposition ou d'une expression susceptible d'être déclarée vraie ou fausse. Cette proposition est une hypothèse. Ainsi, l'hypothèse est la proposition testable qui peut devenir la solution du problème ".

 

La procédure scientifique

 

La procédure scientifique constitue la praxis scientifique. La manière dont se développent les raisonnements et leurs applications à un cas concret déterminé peuvent être expérimentales, partant des phénomènes observés acquis par l’observation directe d'un fait de la nature par une idée intuitive, de la manière suivante :

 

1.     Par déduction on arrive à l'hypothèse

2.     À partir de l'hypothèse, par analyse on accède à l'expérience

3.     À partir de l'expérience, par induction on arrive à la loi

4.     À partir de la loi, par synthèse naît la concrétisation

5.     À partir de la concrétisation recommence le cycle (répétitivité).

 

Normalement, le processus intuitif aide à formuler un problème. Il faut alors adopter une voie de réflexion. Par cette voie débutera la déduction d'hypothèses, qui sont des énoncés particuliers correspondants à un certain phénomène observé pourtant plus général. Cette phase est caractéristique de l'évolution d’une conception générale vers une conception particulière. Le domaine central indique l'objet à l’étude, généralement représenté par la nature.

Certifiant la connaissance d'au moins une hypothèse, nous passons à l’étape suivante qui est l'analyse. C'est au moyen de l'analyse que nous passons aux procédures et aux détails. Nous sélectionnons alors les matériels, l'instrument, les variables devant être étudiées, la portée des variables, etc., nécessaires pour tester l'hypothèse et faire l'analyse des erreurs. Le chercheur utilise sa connaissance et ses habiletés techniques pour essayer d'obtenir les meilleurs résultats possibles.

Après la conclusion de la partie expérimentale, c'est-à-dire la clôture de la phase d'analyse, nous passons à la phase suivante qui utilise le raisonnement inductif avec pour objectif de corroborer l'hypothèse ou la nier, si le test s’avère être une falsificabilité. Si l'hypothèse est corroborée, nous allons alors vers la déclaration d'une loi particulière ou générale, selon le cas.

Finalement, nous avons l'étape qui nous permettra d'effectuer la synthèse d'une loi qui sera ou non comparée à d’autres de même nature. C’est ainsi que la science acquiert la connaissance, qui s’accumulera en matière de concrétisation ou en recueil de connaissances dans le domaine scientifique spécifique à notre intérêt et qu’elle peut, à partir de là, à moins d’être contestée par d’autres scientifiques, assumer le rôle de source d’observations secondaires. Comme nous l’avons toujours dit, cette « cuirasse » pourra être enrichie par de nouvelles expériences ou être réfutée.

Il est important de noter que les étapes d’induction et de déduction, d’analyse et de synthèse sont antagoniques et complémentaires, les premières étapes menant du général vers le particulier et les secondes du particulier vers le général. Selon Alberto Mesquita Fils (12), "La première paire (induction et déduction) représente une paire d'opérations mentales qui, dans certaines étapes, exigent un certain degré d'abstraction ; et la seconde (analyse et synthèse) représente une paire d'opérations mentales nécessaires en permanence dans le monde réel ".

 

 

 

6.     Évidence et preuve scientifique

 

D’un point de vue scientifique, il y a une grande différence entre "évidence" et "preuve". Que veulent dire évidence scientifique et preuve scientifique ? Nous avons déjà vu qu’en Science rien n'est incontestable et aussi, qu'elle évolue. Pourtant, la science ne peut établir de "vérité" ou "fait" dans le sens où une énonciation scientifique serait incontestable. N’importe quel concept ou même déclaration scientifique doit toujours être ouverte à la réévaluation, dans la mesure où de nouvelles données sont acquises et de nouvelles technologies sont amenées au bloc scientifique. À partir de là nous pourrons affirmer qu'une "preuve" existe seulement dans le domaine des mathématiques et de ses équations, et même ainsi, sous certaines réserves dans de nombreux cas. Dans certains cas, même avec une grande expérience, la "preuve" peut encore ne pas être suffisante. Pourtant, dans la majorité des cas il serait mieux d'entendre le scientifique dire qu’il s’agit d'une évidence appuyée par un grand nombre d'expériences ou de faits.

Même en sachant que la science ne peut formellement établir une vérité absolue, il est indéniable qu'elle peut fournir de grandes évidences, en faveur de certaines idées, qui peuvent ne pas être évidentes, même pour le sens commun. Le sens commun est guidé par les apparences et a pour habitude d’avoir des notions ou de tirer des conclusions fausses sur d’innombrables choses et phénomènes qui sont présents dans nos vies quotidiennes. Pourtant, le sens commun n'est pas la science.

Il est évident que la science est le forum qui nous explique une immensité de choses et de phénomènes qui se produisent dans la nature, choses que nous ne pouvons observer et voir directement de nos yeux. La science n'a pas besoin de nous montrer des choses que nous pouvons voir de nos yeux, si ce n’est pour mieux expliquer leur propre nature et leur fonctionnement. À partir du siècle dernier, la grande majorité des découvertes scientifiques se sont produites au niveau du microcosme, utilisant l’observation indirecte, incluant des études sur la structure du noyau des atomes et des électrons, ondes de radio, ondes de TV, micro-ondes, rayons x, lumière ultraviolette, lumière polarisée, rayons lasers, formes d'énergie, entropie, enthalpie, fusion solaire, virus, bactéries, germes, gènes, enzymes et génome humain.

Dans le domaine de l'Astronomie, il suffit de penser que jusqu'en 1961, personne encore n’avait observé directement la forme arrondie de la Terre, jusqu'alors tenue comme non acceptable pour le sens commun. Néanmoins, depuis 1600, et l'invention du télescope par Galilée, l'hypothèse de Copernic selon laquelle la Terre est ronde et tourne autour du Soleil a été reconnue par la science, bien que l’observation directe semble indiquer le contraire. Ce sont des inférences "invisibles" qui ont été élucidées en utilisant la méthode scientifique.

 

7.     Testabilité des hypothèses et théories

 

         La testabilité des hypothèses et des théories est une condition fondamentale pour toute procédure scientifique. C'est le degré de testabilité qui va assurer si une hypothèse est scientifique ou non. Le concept de "test" implique que les prévisions doivent inclure des exemples de ce qui doit et ne doit pas être observé si l'hypothèse est vraie. De plus, selon la référence (4) : "Une hypothèse qui peut expliquer toutes les observations possibles alors que toutes les données ne sont pas testables, n'est pas scientifique. Une bonne hypothèse scientifique doit rejeter quelques possibilités concevables, du moins en principe. En outre, une explication scientifique doit faire des prévisions de risque - les prévisions devraient être nécessaires si la théorie s’avère correcte et peu de théories devraient faire les mêmes prévisions nécessaires ".      

         Ainsi, une certaine hypothèse sera valable et utile dès lors qu’elle s’encadrera dans la rigidité de la méthode scientifique et prouvera les faits qui lui ont donné naissance, tout en restant néanmoins, soumise à la proposition de falsificabilité de Popper. En d’autres termes, une hypothèse bien réussie doit expliquer les faits observés et connus, bien que quelques uns n’aient pas été inclus dans l'expérience ou n’aient été connus à posteriori. Alors, "la meilleure hypothèse disponible est celle qui explique la majorité des faits avec peu de suppositions. C'est celle qui fait que la majorité des prévisions sont confirmées et celle qui est la plus ouverte aux tests et aux réfutations " (4).

         La Science considère comme théorie une hypothèse supérieure et bien supportée. Ainsi, une théorie bien acceptée est celle qui a résisté à l’épreuve du temps et à la collecte de nouvelles données l’ayant transformée en un fait scientifique bien accepté comme l'exemple de l’héliocentrisme du système solaire, qui à l'époque de sa présentation était une simple hypothèse. Une série d'exemples de faits scientifiques bien acceptés est trouvée en physique quantique, bien que personne n'ait jamais observé directement un électron, une fusion stellaire, des ondes de radio, de l’entropie, etc. Comme Stephen J. Gould disait, un fait scientifique n'est pas une "certitude absolue", mais simplement une théorie qui a été "confirmée à un tel niveau qu’il serait pervers de retenir l'approbation provisoire" (4).

         Nous avons déjà mentionné dans une autre partie de ce texte que la théorie de la gravité de Newton elle-même a été contestée ou "falsifiée", en vertu du mouvement anormal d'Uranus, parce qu'à l'époque la planète Neptune n'était pas reconnue comme responsable des anomalies observées dans l'orbite d'Uranus. Il est donc nécessaire d'avoir à l'esprit que les explications alternatives en tant qu’"anomalies" doivent être traitées comme toute autre hypothèse : elles doivent être pesées, expérimentées et éliminées ou confirmées, mais une hypothèse ne peut être considérée comme réfutable tant que ses essais produisent des lignes d'évidences positives indiquant que l'hypothèse antérieure est réellement inconsistante d’après les données empiriques.

         Le degré de sophistication des recherches scientifiques actuelles oblige les étudiants du secteur à acquérir les mathématiques statistiques pour que l'analyse des données observées puisse être ajustée aux prédictions d'une théorie. C'est donc pour cette raison qu’on dit que les théories scientifiques modernes sont probabilistes, bien que beaucoup de scientifiques détestent les mathématiques statistiques, outil indispensable dans les expériences scientifiques actuelles et devant être utilisé à chaque fois que la probabilité est en jeu.

 

8.     Principe de Falsificabilité  

 

Introduit par Karl Popper dans les années 1930, le principe de falsificabilité (ou réfutabilité) est devenu un concept important dans la philosophie de la science (épistémologie). Pour qu’une affirmation soit réfutable ou falsifiable, il faut en principe faire une expérience physique qui tenterait de démontrer que cette affirmation est fausse. Par exemple, l'affirmation selon laquelle "tous les cygnes sont blancs", pourrait être fausse par l’observation d'un cygne non blanc. L'école de la pensée qui met l'accent sur l'importance de la falsificabilité comme principe philosophique est connue sous le nom de faillibilisme (12).

Popper, analysant les types d’énoncés qui se produisent en science, a constaté que deux types de déclarations sont d’une valeur particulière pour les scientifiques. Le premier type est constitué d’énoncés, d’observations, tels que "ce cygne est blanc". Avec un fondement logique, nous appelons ces déclarations des énoncés existentiels singuliers, une fois qu’ils affirment l'existence d'une chose en particulier. Ils peuvent être analysés normalement sous la forme : "Il existe un « x » qui est un cygne blanc" (12).

Le second type d’énoncé important pour les scientifiques catégorise les instances de toutes choses, par exemple "tous les cygnes sont blancs". Selon la logique, nous appelons celles-ci des énonciations universelles. Elles sont normalement analysées sous la forme suivante : "Pour tout « x », si « x » est un cygne alors « x » est blanc" (12).

Les "lois" scientifiques (plus couramment appelées théories) sont normalement sous cette forme : des énonciations universelles. Peut-être la question la plus difficile dans la méthodologie scientifique est de se demander comment nous pouvons arriver aux théories en partant des observations. Comment pouvons-nous inférer de manière admissible une énonciation universelle à partir des énoncés existentiels (pour autant qu’ils le soient) ?

La méthodologie inductiviste suppose qu’il est possible de passer d'une série d’énonciations singulières à une énonciation universelle, c'est-à-dire qu’il est possible de passer de "celui-ci est un cygne blanc", à "voilà un autre cygne blanc" et ainsi de suite jusqu’à une énonciation universelle telle que "tous les cygnes sont blancs". Cette méthode est clairement impossible dans la logique, vu que l’existence d’un cygne non blanc, qui n’a pas encore été observé reste toujours possible. Ce fut le problème de l'induction, déjà identifié par David Hume, au XVIIIe siècle et dont la résolution a été proposée par Popper, de la manière déjà décrite.

Popper a soutenu que la science ne pourrait être basée sur une telle inférence. Il a proposé la falsificabilité comme solution du problème de l'induction. Popper a déduit qu’une énonciation existentielle singulière comme "ce cygne est blanc", ne pouvait être utilisée pour affirmer une énonciation universelle, mais elle pourrait être utilisée pour affirmer qu'une énonciation universelle est fausse : l’observation existentielle singulière d'un cygne noir sert à démontrer que l’énonciation universelle "tous les cygnes sont blancs" est fausse.

 

 

CHAPITRE V

 

VÉRITÉ, RÉALITÉ et PARADIGME

 

 

A.       VÉRITÉ

 

La Philosophie, garante de la différence entre une simple opinion ("je trouve que", "j'aime", "je n'aime pas") et la vérité ("je pense que", "je sais que", "ceci est ainsi parce que"), a considéré que les idées seraient rationnelles et vraies si seulement elles étaient intemporelles, pérennes, éternelles, identiques à tout moment et en tout lieu. Une vérité qui changerait avec le temps ou selon les lieux serait une simple opinion, elle serait trompeuse et ne serait pas vraie. La raison étant la source et la condition de la vérité, elle doit être aussi intemporelle. Marilena Chauí - Invitation à la Philosophie. São Paulo, Ática, 2000.

 

Les civilisations anciennes - hébraïque, grecque et latine - sont les meilleures sources qui permettent d’apprécier les conceptions sur ce qu’est la "vérité". Beaucoup de théories ont été développées sur ce qu’est la Vérité, mais pour les besoins de cette œuvre, nous laisserons le côté érudit de la question et nous fixerons nos concepts sur les théories provenant des Hébreux, des Grecs et des Romains tout au long de l'Histoire.

En hébreu, le mot vérité découle d’emunah, qui signifie confiance, mot désignant, les personnes qui n’inspirent pas confiance mais qui néanmoins, tiennent parole ou qui ne trahissent pas un pacte. En rapport avec l'entité Dieu, celle-ci se doit d’être vraie en soi. Ainsi, celui qui croit en la vérité espère que ceux qui pactisent avec elle seront les fidèles exécuteurs de leurs engagements. En d’autres termes (1), "la vérité est une croyance fondée sur l'espoir et la confiance par rapport à l'avenir, à ce qui sera ou ce qui arrivera. Sa forme la plus élevée est la révélation Divine et sa plus parfaite expression est la prophétie ". Ici le sens religieux est toujours présent, signifiant que la vérité est un attribut de Dieu dont les hommes ont hérité.

En Grec, le mot Alètheia signifie non caché, non occulté, non dissimulé, un fait évident, est que la vérité étant ce qui se manifeste aux yeux du corps et de l'esprit. Dans ce sens, la vérité est la manifestation de ce qui est ou qui existe telle qu’elle est. Qu’est-ce qui s'oppose à la vérité ? C'est la fausseté, ce qui est caché, occulté, dissimulé, enfin, c’est ce qui semble être sans l’être réellement. Il s'agit d'un concept plus pratique, non lié au sens religieux. Pour cela même, la vérité est la qualité de chaque chose. Ainsi, "connaître c'est voir et dire la vérité qui est dans la réalité même et donc, la vérité dépend du fait que la réalité se manifeste, tandis que la fausseté dépend du fait que cette réalité est cachée ou dissimulée en apparence" (1).

Enfin, en latin, le mot Veritas est en rapport avec la rigueur, la précision et l’exactitude d'un récit. Elle est impliquée dans la description d’une chose, dans les détails fidèlement à ce qui s’est produit, se produit ou va se produire. Le langage du vrai est toujours le récit dont la vérité sert à énoncer des faits réels. Son opposé est le mensonge ou la falsification. Ici, à la différence du concept grec, la vérité dépend de l'histoire, de la narration et de la déclaration de celui qui parle, elle est donc liée à l'acuité mentale de celui qui parle, de sa subjectivité. En citant encore (1), "les choses et les faits ne sont pas réels ou imaginaires, ce sont les récits et les énoncés les concernant qui sont vrais ou faux ".

En résumé, notre culture actuelle par rapport à la signification du mot vérité, est imprégnée des trois conceptions et elle est une synthèse des trois : emunah pour signifier confiance, espoir, en rapport avec les choses futures ; aletheia, pour se référer à ce que sont les choses (faits présents) ; et veritas, pour se référer aux faits qui ont été avérés, c'est-à-dire aux faits passés.

Par conséquent, d’autres mots tels que "enquêter" et "vérifier" sont associés au mot "vérité" et signifient chercher la vérité : "véridique", signifiant un jugement vrai, un avis réel ; "probable" et "vraisemblable" sont utilisés pour signifier ce qui semble être la vérité ou qui est semblable à quelque chose de vrai.

 

 1.   Théoriser sur la vérité

 

Théoriser sur la vérité paraît quelque chose de contradictoire. En vérité, nous voulons montrer que la pensée philosophique n'a pas de limite et, pour le libre-penseur, rien n’est au-dessus du libre exercice des idées et des pensées. D’après la description que nous venons d’adopter par rapport aux sources exposées ci-dessus, nous sommes face à différentes conceptions philosophiques sur la nature de la vraie connaissance.  

En adoptant la prédominance hébraïque du terme vérité, nous voyons qu'elle dépend d'un accord ou d'un pacte de confiance entre les chercheurs. Les membres de ce pacte définissent un ensemble de règles et de conventions universelles qui seront adoptées dans leur domaine de recherche permettant d’acquérir la vraie connaissance, laquelle devra toujours être respectée par tous. Nous appelons ce pacte paradigme, sujet qui sera développé à la fin de ce chapitre. Ici, la vérité se base donc sur le consensus et sur la confiance réciproque entre les membres d'une communauté de chercheurs et savants. Avancer hors des règles établies peut entraîner la disqualification d’un chercheur et son exclusion du milieu dans lequel il pratique, avec le risque de rencontrer de grandes  difficultés et des obstacles dans ses travaux.

En accord avec notre référence déjà mentionnée (1), le consensus s'établit selon trois principes qui seront respectés par tous :

 

1. Nous sommes des êtres rationnels et notre pensée obéit aux quatre principes de la raison (identité, approbation, exclusion et raison suffisante ou causalité) ;

 

 

2. Nous sommes des êtres dotés d’expression laquelle fonctionne selon des règles logiques stipulées et acceptées par une communauté ;

 

3. Les résultats d'une recherche doivent être soumis à la discussion et à l'évaluation des membres de la communauté de chercheurs, qui leur confère ou non la valeur de vérité.

 

Si nous adoptions la prédominance grecque, notre vérité dériverait de la réalité qui est en toute chose et dans tous les faits, et la véritable connaissance serait représentée par la perception intellectuelle et rationnelle de cette vérité. Cette théorie est connue comme étant le principe de l'évidence, car le substrat de la connaissance véridique demeure dans l'évidence. Il s'agit d'une approche intellectuelle et rationnelle de la réalité, telle qu’elle est et cette vérité est obtenue grâce aux opérations rationnelles de l'esprit humain. Selon cette théorie, une idée est vraie quand elle correspond à la chose qui la renferme et qui existe en dehors de notre esprit ou de notre pensée. Ici l'homme est simple observateur, puisque le critère de vérité en adéquation avec notre mental est la chose ou inversement.

Dans la version latine, la notion de vérité résulte de la rigueur et de la manière selon laquelle nous créons et utilisons les règles du langage "qui doivent exprimer à la fois notre pensée ou nos idées ainsi que les événements ou faits qui sont en dehors de nous et que nos idées relatent ou racontent à notre esprit" (1). Nous constatons que cette conception est contraire à la précédente, donc ici nous voyons qu'une chose n’est pas considérée comme véridique quand elle correspond à une réalité externe, mais elle se dit correspondre à la réalité externe parce qu’elle est vraie. C'est le principe de la cohérence ou du rationnel, dans lequel le critère de la vérité est apporté par la cohérence logique des idées et leur enchaînement est formé par le raisonnement d'un observateur. Cette cohérence émane de la stricte obéissance aux règles et aux normes des déclarations conformes dans lesquelles l’indication du vrai est la validité logique de ses arguments.

Revoyons ce qui se passe aujourd'hui dans la science, là où la vérité se distingue des autres théories ou des principes déjà exposés, car elle admet la connaissance comme réelle au moyen d'un critère plus pratique que théorique. Il s'agit de la théorie pragmatique selon laquelle une connaissance est vraie d’après ses résultats, ses applications pratiques étant vérifiables par l'expérimentation et par l'expérience. Ici, la marque du vrai est la vérification des résultats. Il faut vérifier que cette version s’accorde avec la version grecque  aletheia qui réunit réalité et pensée en une symbiose entre la chose observée et la connaissance que l’on a de cette dernière, bien qu’il ne s’agisse seulement que de simple hypothèse.

Dans une analyse simplifiée, nous voyons que dans la première théorie (emunah –principe de consensus) et dans la troisième théorie (veritas - principe de cohérence), ce sont les déclarations, les arguments et les idées qui sont jugés vrais ou faux. Dans la seconde théorie (aletheia - principe de correspondance), ce sont les choses et les idées qui sont considérées vraies ou fausses et dans la quatrième théorie (pragmatique - principe scientifique) ce sont les résultats qui sont déclarés vrais ou faux.

Par conséquent, nous pouvons réaffirmer qu’autant dans la seconde que dans la quatrième théorie, la vérité est l'accord entre la pensée et la réalité. Dans la première et la troisième théorie "la vérité est l'accord entre la pensée et le langage, à partir des règles et principes que la pensée et le langage se sont définis, conformément à leur propre nature, qui est la même pour tous les êtres humains (ou défini comme identique pour tous vers un consensus)" (1).

 

2. Vérité – évidence ou correspondance ?

 

Si nous réfléchissons bien sur la conception grecque du mot vérité (aletheia) nous observerons qu’en elle les choses ou l'être sont la réalité ou la vérité. C'est-à-dire que la vérité ou la réalité est ce qui existe et qui manifeste son existence par notre pensée grâce à nos organes sensoriels de perception. Ceci étant évident, les philosophes grecs se demandent comment peuvent subsister l’erreur, la fausseté et le mensonge, c'est-à-dire, comment on peut penser à ce qui n'est pas, qui n'existe pas, qui n’est pas réel, s’il est évident que l'erreur, la fausseté et le mensonge ne peuvent se référer qu’aux chimères ? Selon la référence (1) : "L'être est le manifeste, le visible aux yeux du corps et de l'esprit, l'évident. Truquer, falsifier ou mentir, par conséquent, veut dire ne pas voir les êtres tels qu’ils sont, c’est ne pas parler d'eux tels qu’ils sont ".

Il est facile de comprendre que l'erreur, la fausseté et le mensonge proviennent de l'aspect illusoire des choses et des êtres et ils surgissent à chaque fois que nous ne parvenons pas à atteindre l'essence des réalités. Si nous disons de quelque chose ou de quelqu’un, ce qu’il ou ce qu’elle n'est pas, nous encourons l’erreur de lui attribuer des propriétés et des qualités (attributs) qu'il ou qu’elle, en fait, ne possède pas. D’où la nécessité de discernement pour éviter l'erreur et, par conséquent, le mal. De par cette perception imparfaite, l'erreur, la fausseté et le mensonge dépassent le langage et le discours : l'erreur découle du jugement correct ou incorrect que nous faisons des attributs, puisque ceux-ci, quand ils sont vrais et seulement quand ils le sont, font partie des choses ou des êtres. Rajouter n’est plus vrai, c’est invraisemblable.

En langage logique, le sujet (observateur) affirme ou nie l'attribut qui provient d’un être ou d’une chose. L'attribut peut être réel ou faux. La difficulté est de discerner la réalité et de s’y tenir. Si l’attribut d’une chose ou d’un être n’est pas identifié, nous serions nécessairement induits en erreur, faute de n’avoir pas pu discerner correctement ou pour avoir méconnu la nature de la chose ou de l'être. Mais, si malgré la connaissance de la nature de la chose ou de l'être nous émettions un jugement erroné à son encontre, nous mentirions ou fausserions la vérité.

Mais après tout, qu’est-ce que la vérité ? Il semble que le point d'appui de cette question demeure du domaine de l’évidence qui est la représentation intellectuelle ou mentale de la nature même d'un être, d'une chose ou d'un phénomène. À partir de là, la vérité est perçue comme étant la conformité entre notre raison (pensée et jugement) et les choses pensées et formulées par le jugement. Alors, la condition nécessaire pour que nous formulions un jugement vrai est de connaître la nature des choses, des êtres et des phénomènes, par l'intuition, par la déduction ou par l'induction. Dans le cas contraire, le désir mal dirigé dominera et nous conduira à l'erreur, à la fausseté et au mensonge.

Quelles sont les principales entraves à la connaissance de la vérité ? Comme la vérité est la connaissance profonde de la nature des choses, des êtres et des phénomènes (ce qui lui confère un certain degré d'universalité), nous distinguons trois grandes conditions à sa réalisation : tout d’abord, nous devons nous libérer de l’apparence des choses ; ensuite, nous devons nous libérer des opinions préétablies et des préjugés ; et finalement, nous devons nous libérer des illusions de nos organes sensoriels.

Pour atteindre la première condition, nous devons considérer les choses sérieuses de la vie comme telles et nous consacrer à l'étude et à l'amélioration de notre connaissance et de nos valeurs. Ainsi seulement, l’ignorance qui mène à l'acceptation pure et simple de l’inexact, disparaîtra.

La seconde condition nous conduit à rejeter les avis inexacts qui varient en fonction de la personne, du lieu en lieu et de culture. Nous devons concéder à notre connaissance la position d'universalité, évitant ainsi, la variabilité et l’inexactitude des avis, toutes deux étant éloignées de la vérité.

La troisième condition exige que nous prenions certaines précautions pour ne pas nous laisser duper par nos organes sensoriels et par nos impressions sensorielles. L'évaluation par les sens dépend de plusieurs facteurs individuels, tels que l’état réel de notre corps  (fatigue, lassitude, stress, état de nos sentiments et dispositions de notre esprit à intercepter et juger avec bienveillance les informations qui lui sont transmises par un ensemble de perceptions), sans jamais oublier que les propriétés et les qualités sont inhérentes à la nature des choses et des êtres eux-mêmes puisqu’elles sont leur vérité.

Toutes les observations, les expériences et tous les faits sont relatés et réunis sous forme de connaissance et de culture à travers la communication étroite ou large. Face à la troisième théorie de la vérité (Veritas), nous utilisons notre langage commun, technique, technologique, érudit, etc., pour exprimer nos conclusions. Pour cela, comparé à nos précédentes considérations, nous constatons que la difficulté est que la vérité, l'erreur, la fausseté et le mensonge, se sont déplacés directement vers le domaine du langage. Selon notre référence déjà mentionnée (1), "le vrai et le faux résident moins dans l'acte de voir (avec les yeux du corps ou les yeux de l’esprit) que dans l'acte de dire. Pour cette raison, la question des philosophes aujourd’hui est totalement contraire à la vision de l’époque lorsqu’ils se demandaient : Comment la vérité est-elle possible ?".

La vérité est possible, mais nous devons nous rappeler qu'elle se trouvera ou non dans le discours ou dans le langage, non seulement subordonnée à notre pensée et aux choses elles-mêmes, mais aussi à notre volonté de la dire, de ne pas la dire ou de la falsifier. À cet effet nous avons dit ci-dessus que les choses sérieuses ont besoin d'être considérées avec gravité, en utilisant notre libre arbitre pour le bien, autrement dit, sans mentir ni falsifier. Ainsi, nous voyons que la vérité dépend non seulement de la conformité entre le fait et le récit, mais aussi de l'envie de la dire telle qu’elle est.

Nous arrivons ici au point crucial de notre analyse, qui doit être une fois pour toutes rationnelle, scientifique et chrétienne, des véritables principes qui accompagnent et guident l’esprit humain dans l’utilisation appropriée et sérieuse de ses principaux attributs, à savoir : la conscience, la volonté, l’intelligence, la créativité, l’imagination et la mémoire. De l'équilibre correct dans l'usage de ces attributs surgit la vérité et sur elle seule nous devons nous reposer pour communiquer. 

Nous l’avons déjà évoqué et nous réitérons encore la nécessité de libérer notre conscience des préjugés, des dogmes et des superstitions encouragés à la soumission pure et simple face au mysticisme. En vérité, la conscience imagine, configure ou défait l'action de la Force Intelligente qui est notre Esprit lequel, lorsqu’il est lucide n’admet pas l'erreur, la fausseté ni le mensonge. C’est l’Esprit qui en dernière instance est source de connaissance et c’est à lui d’atteindre, de communiquer et de partager les évidences propres de la vérité, en utilisant les ressources de l'intuition, de la déduction et de l'induction.

 

3.    Pondérations finales

 

De l'analyse que nous avons faite de ce qu’est la vérité selon les quatre principes ou théories, nous pouvons soutenir les "exactitudes" suivantes relatives à la vérité, approuvées partiellement ou dans leur ensemble par les philosophes, les libres penseurs et les scientifiques modernes. Cette synthèse, avec les modifications que nous avons introduites, émane de la référence mentionnée (1):

 

- La connaissance de la vérité se fait par l'évidence obtenue grâce à l'intuition, à la déduction ou à l'induction ;

- L'expression d'une pensée vraie doit être conforme à la nature des choses, des êtres et des faits ;

- La contestation de la vérité demeure dans l'erreur, dans la fausseté et dans le mensonge, toujours présents quand nous affirmons le contraire d’une chose, ce qui n'appartient pas à sa nature ou à sa constitution, ou lorsque nous nions quelque chose qui appartient nécessairement à la constitution ou à la nature de cette dernière ;

- L'erreur et le faux sont causés par l'utilisation inappropriée des opinions préconçues, des mauvaises habitudes ou des mystifications de la perception sensorielle et de la mémoire ;

- L'erreur, le faux et le mensonge peuvent aussi être causés par l'utilisation anormale du libre arbitre  (volonté), qui souvent se superpose à la pensée, alors qu’il doit être contrôlé par elle ;

- La vérité se rapporte toujours à la nature des choses ou des êtres, étant toujours universelle et nécessaire contrairement à l'apparence qui est toujours particulière, individuelle, instable et changeante ;

- la pensée se soumet à une seule autorité qu’elle possède ainsi qu’à la capacité de discerner la vérité.

 

 

Nous allons achever ce thème sur la vérité en réaffirmant que la vérité est la conformité ou la correspondance entre l'idée et une chose et vice-versa, ou encore entre l'idée et ce qui est conçu. Nous devons nous souvenir que les conceptions d'idées, de choses, d’êtres, de jugements et de faits sont à titre explicatif, mais il faut souligner que l’idée n'est pas la chose, de même qu’une carte n'est pas le lieu, mais une représentation de celui-ci. L'idée nous permet de connaître la structure des choses dans leur nature, ainsi que la connexion que les choses, les êtres ou les phénomènes maintiennent entre eux. L’idée de ce fait n’est rien d’autre qu’une démarche intellectuelle faite à partir de ce qui est conçu, elle constitue une réalité externe connue de l'esprit.

 

B.    RÉALITÉ

 

"Notre conception pratique de la réalité semble nécessiter pourtant une révision, à tel point que le langage familier et courant a inclus les conceptions de "super" et " ultra" dans sa déclinaison. Je suis entièrement d’accord avec ceci, car notre image du monde contient quelque chose qui n'est pas totalement exacte. En effet, en théorie nous nous souvenons peu, et en pratique nous ne nous rappelons pour ainsi dire presque jamais que la conscience n'a aucun lien direct avec un quelconque objet matériel. Nous percevons à peine les images qui nous sont transmises indirectement, à travers un système nerveux compliqué ". Carl Gustav Jung, psychologue (2) 

 

Selon l'approche purement matérialiste, la réalité renferme tout ce que nous devons savoir. Tout ce qui agit et pénètre en sensibilisant nos sens physiques est réel. D’après ce concept matérialiste, "sans action nous ne pourrions nous rendre compte de l’existence du réel et, par conséquent, nous ne saurions rien à son sujet" (2). Face à cette évidence, les choses et phénomènes irréels ou surréels et, avec eux, l’ultra-réalité ne sont pas pris en compte, et limitent largement la conception de la réalité, qui reste incomplète, fragmentée et insaisissable. C'est cette limitation que nous nommons réalité matérielle ou concrète des objets perçus par les cinq sens. Elle se base sur le principe latin qui dit : « nihil est in intellectu quod non avant fuerit in sensu », c'est-à-dire, rien n'existe dans l'intellect sans avoir été ressenti avant par les sens et ceci, malgré le fait d'avoir une immensité de choses et de phénomènes immatériels, invisibles par leur nature intrinsèque ou par leur infinitésimale dimension. Nous devons comprendre que cette limitation dépasse le sens commun, elle n'est pas rationnelle.

Nous voyons ici deux difficultés pour concilier et englober une perception plus ample de la réalité. L’une étant de nature biologique se rapporte au mécanisme de la perception, principalement au visuel, qui utilise les terminaisons nerveuses des organes sensoriels et l’autre, la sensation qui se présente à notre esprit. Par exemple, entre ces deux extrémités un processus inconscient s’intercale transformant le fait physique de la lumière, qui n’est autre que la vibration, en une "lumière" - image à notre esprit. Sans ce complexe processus inconscient de transformation, la perception ne se fait pas. L’autre difficulté découle du langage lui-même, qui a sacrifié le terme réalité au profit de ce qui est révélé par les sens, c'est-à-dire, à peine une représentation du monde matériel.

 

Que comprenons-nous de la réalité immédiate à partir du sens visuel ? En vérité, ce sont des images soigneusement élaborées par nos sens et interprétées par l'esprit, ce qui nous amène à vivre directement dans un monde d'images. La limitation de la vue est telle que, pour déterminer approximativement la réelle nature des choses matérielles, les physiciens et les chimistes utilisent des équipements compliqués et des instruments sophistiqués, qui servent à aider l'intellect humain à voir un peu plus profondément la réalité qui existe outre la matière. Ceci nous amène à conclure scientifiquement à l'existence du monde invisible qui, dans sa nature est constitué de Force et de Matière et, à établir que notre principal sens physique, la vision, est insuffisant pour englober toute la réalité ou la réalité totale.

Je fais miens les mots de Carl Gustav  Jung (2), extraits du texte compilé de son livre : La Dynamique de l'Inconscient, Items 742 à 748

 

Loin d’être un monde matériel, cette réalité est un monde psychique qui nous permet seulement de tirer des conclusions indirectes et hypothétiques concernant la vraie nature de la matière. Seul le psychique possède une réalité immédiate, qui inclut toutes les formes du psychique, incluant les idées et les pensées "irréelles" qui ne se réfèrent à rien d'"extérieur". Nous pouvons les appeler imagination ou illusion ; ceci ne leur enlève rien de leur réalité. En effet, il n'existe aucune pensée "réelle" qui ne puisse être quelquefois mise à part par une pensée "irréelle" qui ainsi, se montre plus puissante et plus efficace que la première. Les énormes effets des idées illusoires auxquels notre conscience vaniteuse nie une quelconque réalité, sont les plus grands dangers physiques.

 

Notre décevante raison et notre volonté démesurément surestimée quelquefois sont impuissantes face à la pensée "irréelle". Les pouvoirs cosmiques qui régissent les destins de toute l'humanité, tant pour le bien que pour le mal, sont des facteurs psychiques inconscients, et ce sont eux aussi qui produisent la conscience, créant ainsi la condition sine qua non pour l'existence d'un monde en général. Nous sommes subjugués face à un monde qui a été créé par notre psychique.

Ceci nous permet de juger de l’étendue de l'erreur que notre conscience occidentale commet en admettant seulement une réalité fondée sur les causes matérielles. L’oriental est plus sage, car il conçoit l'essence de toutes choses provenant du psychisme. La réalité du psychique est la seule réalité que nous pouvons directement expérimenter, elle se trouve entre les essences inconnues de l'esprit et de la matière.

Encore dans le concept purement matérialiste qui renferme nos sens physiques et l’appareil scientifique, la réalité est-elle un mot qui n'admet pas de concept absolu. Alors, face à cette observation, nous devons la relativiser. En premier lieu parce qu’en vertu du proverbe populaire bien connu, "A chaque tête, un avis", il devient très difficile de rencontrer deux ou plusieurs personnes ayant le même avis ou la même vision sur un même sujet, une même chose ou un même phénomène. Imaginons la difficulté que nous aurions si nous devions analyser quelque chose qui ait une portée de nature transcendantale. Pour cette raison et pour d’autres de nature méthodologique, il est nécessaire de réfléchir sur les diverses facettes de la réalité, principalement lorsque nous aurons à examiner l'essence de certains de ses concepts qui sont différemment acceptés par chaque personne ayant des idéaux différents. 

Lorsque nous essayons de mettre en lumière les connaissances qui ne sont accessibles nulle part, lorsque nous assumons la posture de visionnaire, nous devons nous munir de plusieurs ressources. Parmi ces ressources il y a l’introspection, l'intuition, l'induction, la déduction et la logique. Lorsque nous devrons placer en évidence nos sens physiques, éléments de conviction communs dans les travaux scientifiques, nous devrons inclure aussi l'expérimentation.

Nous allons examiner en allant de la compréhension générale jusqu’à la compréhension particulière, de quelle manière nous pourrions évaluer et appréhender le vrai sens des mots réalité, réalité objective et réalité subjective, outre d’autres mots créés pour éclairer cette énorme confusion d'idées sur le monde dans lequel nous vivons.

 

 Il est navrant de ne pas réussir à œuvrer avec un concept de réalité, puisque nous sommes encore très loin du concept de réalité totale ou de réalité absolue. Il est donc nécessaire de présenter et de définir les divers types de réalité qui varient en fonction de différents facteurs. Cette liste peut ne pas être exhaustive.

Premièrement, nous devons avoir à l'esprit que la conscience et la perception sont deux choses différentes. Nous devons connaître cette distinction afin qu’il ne subsiste pas la moindre possibilité de confusion entre ces deux concepts. Alors seulement nous pourrons corréler réalité et connaissance. 

Voyons, alors, les différents types et notions de réalité suivantes :

 

1.    Réalité cognitive ou culturelle 

 

Même avec la globalisation, d’où surviennent les moyens de communication, il y a encore sur la planète Terre plusieurs cultures dites sauvages ou primitives, qui ont leurs propres moyens de communication et langues - signes spéciaux, cris, gestes, sifflements, codes, messages avec les tam-tams, signes avec fumée et feu, etc. Ces peuples, vivant dans des régions isolées, n'ont pas la moindre connaissance de l'existence de nos moyens modernes de communication, basés sur les ondes de radio ou de TV (ondes hertziennes), qui n'ont rien à voir avec leurs méthodes primitives de communiquer. Pour eux, ces moyens n'existent pas et, donc, ils ne font pas partie de leur réalité, ces moyens sont irréels. Ceux qui essayeront de leur expliquer que ces choses existent seront traités de menteurs ou même de fous. Ils sont ignorants de ces contextes culturels qui ne font pas partie de leur réalité. Néanmoins, pour nous, les ondes hertziennes existent bel et bien et font partie du contexte réel de notre existence quotidienne. Nous pouvons donc conclure qu’elles font partie de ce que nous considérons comme étant la réalité et, pour les indigènes, elles font partie de l’irréalité.

Nous pouvons maintenant estimer la réalité cognitive, comme étant celle qui provient de nos connaissances actuelles confortées dans leur utilité et leur utilisation commune, au sein d’une culture ou d’un groupe déterminé. Même ainsi, il est difficile de généraliser une quelconque connaissance en vertu de sa grande diversité, et des connaissances individuelles.  Il est même question de réalité cognitive individuelle et de réalité cognitive collective.

 

2.     Réalité sensorielle ou consciente.

 

Cette réalité est celle qui résulte de l'utilisation de nos sens physiques, où la vision tient un rôle prépondérant. Néanmoins, nos sens physiques ne sont pas parfaits et sont sujets à des déformations, imperfections et erreurs. Nous pouvons l’expliquer avec les illusions d'optique, comme nous pouvons le constater dans le livre,  « Le livre d'or de l'esprit », de Rita Carter, (Ediouro, 1999, p. 258) (3). Dans ce livre, nous voyons un calice blanc sur un fond noir ou alors deux visages noirs sur un fond blanc, tout dépend de la partie de cette figure que notre esprit sélectionne en tant que plan de fond. Après avoir pris connaissance de ce fondement, il est plus facile de faire persister dans sa rétine l’une ou l’autre image.

Se servant des imperfections de nos sens physiques, les illusionnistes gagnent leur vie sur les scènes du monde entier, profitant de leurs habilités naturelles et développées grâce à une longue et persistante formation. Il y a toujours plusieurs personnes crédules et naïves au sein des multitudes de spectateurs qui croient que ces tours sont vrais et même s’emportent lorsque nous leur disons qu'elles se sont laissé duper.

Nous pourrions citer beaucoup d'exemples de notre quotidien et même des anecdotes de tout temps et de toutes les régions, qui ne laissent aucun doute que tous nos sens peuvent nous tromper et qu’ils ne sont pas de toute confiance. Le manque de connaissances, la prévention, la distraction et la nervosité, souvent nous portent à faire des jugements non-conformes à la réalité. Nul doute que nous sommes dans ce type de réalité. De cette « réalité » les crédules, les entêtés, les sceptiques et les fanatiques, n’en sortent pas car ils ne croient qu’à ce qu’ils voient de leurs yeux. Nous nommons cet état de fait la réalité sensorielle, qui peut être obtenue sans aucun effort mental ni rationnel.

 

3.     Réalité abstraite 

 

Bien que cela semble absurde, dans nos activités quotidiennes nous nous servons souvent de situations et de faits implantés dans la sensibilité abstraite. Ce qui est surprenant c'est qu'elle provient autant de faits et d’événements matériels que de nos sensations et sentiments. Par exemple, beaucoup de personnes considèrent la carte d'une région comme étant le territoire lui-même, ce qui est certainement absurde. Pour voyager dans un pays étranger, il est nécessaire d’avoir un passeport, qui est le document certifiant la nationalité de la personne, cela veut dire que vous êtes un citoyen d'un pays quelconque, bien défini par le document. Mais, la "nationalité ne peut être ni mesurée, ni comptée, elle n’a pas de couleur, mais elle existe ; enfin, il s’agit là, d'une chose abstraite " (4).

Tous les mots et attitudes qui indiquent des sentiments, comme la nostalgie, la colère, l’amour, l’amitié, la peur, l’altruisme, etc, sont des substantiels abstraits. Ils n’existent ni physiquement ni matériellement, mais ils existent. Ceux qui vivent dans un monde d’illusions, ceux-là aussi vivent dans une réalité abstraite. Nous pouvons considérer la réalité abstraite comme étant immatérielle et hors de la portée de nos sens physiques.

 

4.    Réalité psychologique ou psychique

 

La réalité psychologique ou psychique découle de situations de peur et traumatismes qui se sont produits à un moment de la vie de certaines personnes qui, même face à une situation concrète dans le présent, semblent avoir vécu la même intensément dans le passé, ce qui pousse ces personnes à imaginer comme réelle une situation irréelle et effrayante. Face à de telles situations, une réaction de peur ou de désespoir se déclenche, qui peut même se manifester de manière traumatisante. Les cabinets de psychologues et de psychiatres sont pleins de patients dont les cas sont analogues à ce type d’état.

Mais il y a aussi des situations qui peuvent être classées comme réalité psychologique et qui découlent de certaines situations positives vécues dans le passé. La personne semble hors d’elle-même et revit mentalement des événements agréables, comme un récital de musique auquel elle a pu assister ou l'arôme de certains mets ou fleurs qu’elle a pu savourer ou humer etc., bien qu’étant au moment présent, dans un environnement et une situation bien différents.

 

5.    La réalité scientifique

 

Les scientifiques, principalement les physiciens, qui vivent intensément le paradigme de la physique quantique, sont plus habitués à étudier les choses invisibles, imperceptibles pour nos sens physiques, comme l'électron, le noyau atomique et leurs particules, les diverses ondes électromagnétiques, la force de gravité, etc., ce que nous appelons la réalité scientifique.

Dans cette même lignée s'ajoutent les biologistes, qui examinent les cellules des organismes vivants et leurs composants ainsi que les généticiens et tous les chercheurs qui travaillent sur le microcosme. Ils prennent connaissance de l'existence de tels événements et objets au moyen d'équipements scientifiques super sophistiqués, existant dans les meilleurs laboratoires du monde entier. La réalité scientifique pourtant est bien différente de celle des choses et des évènements que l'homme commun perçoit. Ses croyances, bien souvent, l’incitent à adopter une vision opposée de celle des scientifiques. Le sens commun ne perçoit pas toujours les subtilités de la réalité scientifique.

 

6.    Réalité transcendantale

 

Il y a, avec certitude, une très grande série de faits et d’événements qui constituent le domaine d'étude de la métaphysique, de la parapsychologie, du spiritisme, du spiritualisme et même de toutes les religions et sectes qui ont leurs fondements dans le mysticisme. Ces faits sont considérés comme  transcendants et découlent d'états particuliers de perception, que la psychologie classe comme états modifiés de la conscience et, aussi, d'expériences individuelles ou collectives considérées comme étant en dehors du contexte scientifique. Il s’agit de l’intuition, la médiumnité, la télépathie, les communications spirituelles, les expériences du quasiment mort « coma » (EQM), les expériences en dehors du corps (EHC), bref, de tout ce qui est lié à la pensée et à la conscience et qui dérive, directement ou indirectement, de l'existence du monde spirituel.

Nous devons être des libres-penseurs, sans aucun préjugé, pour ne pas nier ces faits a priori, soit sous l'effet du mysticisme, soit sous l'effet de la prétendue science. Nous ne devons pas non plus être galvanisés par une quelconque intrusion qui nous est présentée. Il serait mieux que nous interrogions la lumière de la raison et de la pensée élevée, qui est la vraie nature de tels faits, bien que ce soit pour tirer des conclusions personnelles, selon notre niveau de spiritualité. Nier systématiquement la portée de cette connaissance, comme le font plusieurs scientifiques renommés, c’est desservir grandement la science qu’ils représentent face à l'Humanité.

Il faut conférer l’impartialité dans l'examen de tels faits et événements donner à cette réalité transcendante la qualification de réalité définitive et totale, dans la mesure où de nouvelles évidences sont prouvées. Il est clair que l'adhésion des scientifiques à  ces types de recherches, en adaptant leur méthodologie de manière à les rendre convaincantes dans le but d’étudier et reconnaître de tels phénomènes, serait très souhaitable et pourrait ainsi servir spirituellement l'Humanité.  

Selon Victor J. Stenger, Ph. D. (6), toutes les déclarations, scientifiques ou littéraires, ne sont que des récits, dont les significations sont échafaudées par le lecteur en conformité avec son milieu et sa culture. Il en déduit, que : "les conclusions sont amenées de manière à ce qu’aucun récit ne puisse avoir de validité universelle et que la « science occidentale » n'est pas une exception. Il ajoute que : "la science n’est sûre de rien dans le monde et qu’elle se doit souvent d’exposer ses résultats en termes de probabilités ou à titre indicatif. Fréquemment, le choix entre théories scientifiques concurrentielles est basé sur une préférence, une mode sur des notions subjectives de simplicité ou encore une tendance ".

Mais, nous devons admettre que les scientifiques ont des difficultés à assurer avec certitude la "véracité" de plusieurs de leurs théories. Néanmoins, fréquemment, celles-ci peuvent être proches de la certitude, dans la mesure où l'application d’une méthode scientifique s’avère possible. Si les prévisions sont dignes de foi, les scientifiques peuvent conclure ou même prouver que les concepts sur lesquels les théories ont été basées peuvent avoir une validité universelle, les choses doivent sembler être comme elles le sont en réalité. Un exemple classique et facile à prouver dans la vie pratique est la loi de gravité de Newton, au moins selon ses aspects qualitatifs qui permettent de conclure que le concept de gravité est "réel". De ceci plus personne n’en doute.

 

 

7.     Implications dérivées des réalités

 

Ainsi, d’après ce qui a été exposé, nous pouvons inférer que lorsque nous entendons une quelconque affirmation ou assertion, nous devons d’abord savoir de quoi il est question et à quelle réalité elle se rapporte. Par exemple, avant de refouler les connaissances des personnes qui utilisent les concepts philosophiques, nous devons penser comme les philosophes conformément au paradigme opérant dans ce domaine.

Un bon exercice pour comprendre les divers types de réalité est d’introduire le vaste concept de l’Etre incluant tous les objets animés et inanimés appartenant aux règnes de la nature, qu’ils soient observables ou non, directement ou indirectement, par nos sens physiques. En partant de cette conceptualisation de l’Etre et des divers types de réalité que nous avons vus, nous pouvons avoir (4) :

 

- Des êtres inorganiques ou minéraux : roche, pierre, eau, table, porte, etc. ;

 

- Des êtres organiques : tout être vivant, comme une amibe, un légume, un homme, une

   femme, etc. ;                                                                                                                                                                          

 

- Des êtres abstraits : amitié, amour, nostalgie, les sentiments de manière générale ;

 

- Des êtres imaginaires ou mythologiques : sirènes, fées, lutins, etc. ;

 

- Des êtres fictifs : appartenant au monde de la littérature : Roméo, Juliette, Éclair Gordon, Superman, etc. ;

 

- Des êtres archétypes, êtres qui appartiennent à la réalité psychologique, tels que : l'enfant, la mère, le père, le héros, etc., tout alter ego possible de chacun d’entre nous. Ces archétypes ont l'habitude d’affleurer chez les patients des psychologues, ceux-ci sont investis par leurs alter-ego et ils se comportent comme tels ;

 

- Des êtres transcendants : âmes, esprits, etc. Leur existence n'est pas approuvée par la grande majorité des physiciens, habitués au monde matériel. C'est le règne transcendantal.

 

Si des doutes persistent sur l'existence d'autres dimensions physiques, au-delà des trois dimensions dont nous avons une modeste connaissance, la lecture du livre du physicien anglais Stephen Hawking intitulé "l'Univers dans l’écorce d’une noix" s’impose, permettant  de la première jusqu'à la dernière page, de comprendre tout le progrès de la Physique, de 1980 jusqu'à  ce jour, en corrélation avec les  sujets controversés tels que les dimensions universelles.

Il existe des phénomènes, génériquement nommés Phénomènes Psikapa par les parapsychologues, qui sont attentivement étudiés et disséqués par la parapsychologie. Actuellement aucun parapsychologue n’a le moindre doute sur leur existence. Ils disent que  seuls les ignorants, les novices sont capables de les nier.

 

 

 

B. PARADIGME

 

À tout cela s’ajoute la croyance et à celle-ci l’idée que le nouveau est meilleur qu’il se substitue à l’ancien et que la technologie comblera tous nos manques. L'accent est mis sur la technique, la connaissance, le pouvoir sur la nature, par la manipulation et non dans l'harmonie, encore moins dans la sagesse qui a été renvoyée quelque part dans le passé. La connaissance a été intrinsèquement liée au pouvoir. De là, la croyance et la tentative de manipuler les phénomènes paranormaux. Jalmir Brelaz - Paradigme en science et parapsychologie (5)

 

Vous entendez beaucoup parler de paradigme. C’est pourquoi nous devons bien comprendre la signification de ce mot afin de concevoir la profondeur de son emploi comme nous allons le faire dans la seconde partie de notre livre. Tout d’abord, le paradigme limite le champ d’action d'un certain domaine du savoir où il est appliqué et nous amène à diriger nos efforts de manière réduite et fragmentée. Il est évident que l'étude des phénomènes qui se produisent en dehors de la matière ou au-delà de la matière, faite par la Psychologie, la Parapsychologie, le Spiritisme et le Spiritualisme, est affectée et affecte les transformations des paradigmes qui sont réalisées dans le domaine social et dans le domaine scientifique en particulier.

 

1.          Entendement et compréhension

 

Le mot paradigme est d’origine grecque et signifie modèle. Donc, nous pouvons qualifier le paradigme scientifique comme étant une série de paramètres qui guident les activités, les valeurs, les croyances et les techniques qui constituent la culture exercée au sein de la science à un certain moment ou à une période de son évolution. Outre le paradigme scientifique, nous pouvons élargir le concept à d’autres branches de la connaissance comme l'économie, l'éducation, la médecine, la parapsychologie, etc. L’observation et l'expérimentation avec leurs méthodes et techniques jouent un rôle important en Physique, en Chimie, en Biologie et dans d'autres sciences avant-gardistes. Nous ne devons pas oublier non plus la nécessité sociale et l'utilité comme étant des facteurs importants pour leur acceptation.

Les optiques ou les perspectives de voir et sentir le monde varient selon le paradigme adopté. Nous avons déjà eu dans le passé des changements dans les perceptions d'un paradigme comme la renaissance, l’industrie et actuellement l’épistémologie, qui prennent en compte l'importance de l'écologie. Cette dernière apporte dans son expansion une importante transformation culturelle, qui implique l'introduction de nouveaux termes dans notre langue pour exposer certains phénomènes sous une nouvelle optique. A contrario il y a un risque de rendre les résultats de la science incompris, inacceptables par les croyances en vigueur modelées selon les visions scientifiques actuelles. Jalmir Brelaz (5) a exprimé cela de la manière suivante :

 

Nous savons que le paradigme est essentiel pour le développement et la consolidation des sciences, en maximisant et en optimisant leurs résultats, affirmant ce qui est, mais aussi et surtout ce qui n’est pas admis comme faisant partie de son intégralité. Son influence est aussi normative que cognitive, contenant des affirmations au sujet de la nature et de la réalité, définissant, de même, la délimitation des problèmes pris en compte, les méthodes et techniques d’approche, et les critères qui peuvent être utilisés comme solutions possibles. Cela garantit le succès rapide de la science normale, réduisant les problèmes à un niveau envisageable, leur identification étant instruite par le paradigme en vigueur.

 

Il est impossible de séparer avec une absolue clarté les faits scientifiques d'un paradigme : ils sont intimement liés, de la même manière que la subjectivité et l’objectivité. De cette manière, il est nécessaire d’expliquer clairement que les "données de jugement sont loin de représenter la perception pure, les stimulations ne doivent pas être confondues avec les perceptions et les sensations, celles-ci étant conditionnées par l'expérience, l'éducation, la langue et la culture" (5), de la même manière qu'une carte ne doit pas être confondue avec le territoire qu’elle représente. Il convient aussi de souligner qu’il n'existe pas un langage neutre de l’observation, basée exclusivement sur les impressions fixées par la rétine. Il est évident que les images conduites au cerveau par les nerfs optiques, ainsi que par une quelconque stimulation des organes sensoriels et de leurs multiples interrelations pour une interprétation juste, nous prouvent la nécessité d'une théorie probable de la perception et de la mémoire humaine.

Ce qui a été ci-dessus exposé suppose que le but scientifique ne soit pas aussi "objectif" qu’il se veut et ce que nous voyons avec nos yeux n'est pas ce qui existe dans le monde "objectivement", mais une représentation de ce qui est vu, un monde créé dans le processus de la connaissance. Ce que nous voyons dépend de la manière dont nous regardons, c'est-à-dire, qu’il n'existe pas d’objectivité sans subjectivité, mais la réciproque de cette affirmation n'est pas vraie. A partir de là, nous pouvons alors affirmer que la subjectivité prévaut sur l’objectivité.

Dans le passé, beaucoup de découvertes scientifiques ont été faites aléatoirement ou intuitivement, sans suivre aucune méthodologie de recherche, comme par exemple la découverte de la loi de la gravité par Isaac Newton qui s'est faite de cette manière. Ceci montre que la condition de consistance, qui exige qu'une nouvelle hypothèse soit conforme aux hypothèses déjà approuvées, peut devenir irrationnelle et même contradictoire, car elle dispense de l'hypothèse elle-même, non pas parce qu’elle est en désaccord avec les faits, mais parce qu'elle est en conflit avec une autre théorie qui l’a précédée. Si la méthode scientifique utilisait exclusivement cette condition, elle pourrait risquer que plus jamais une hypothèse puisse être réfutée par une autre qui lui aurait succédé. 

Chaque science a son ensemble de règles qui caractérise son système scientifique spécifique, basé sur un certain nombre d'affirmations concernant la réalité, connues comme des axiomes, qui sont considérés comme évidents. Plusieurs de ces axiomes sont découverts de manière directement intuitive et non par la raison ou par la logique. Dixit encore, Jalmir Brelaz (5) : "Ce que nous voulons démontrer c’est que les faits, les observations et même les critères sont des paradigmes dépendants. Les propriétés formelles les plus importantes d'une théorie sont révélées par le contraste, non par l'analyse. Dans la science, la raison ne peut être universelle et l'inexpliqué ne peut être entièrement exclu ". En résumé, chaque science possède son paradigme, ses interrelations et limitations, ce qui dénote un caractère de mutabilité et une constante adaptation à l'évolution des sciences.

 

2.          Les Principaux Paradigmes 

 

La conception scientifique moderne qui utilise la méthode scientifique, a résulté d'une forte réorientation culturelle qui a culminé avec la révolution industrielle, mais qui a eu son origine avec Galilée et Isaac Newton qui, pour la première fois ont utilisé les mathématiques pour comprendre et expliquer la réalité physique ou objective. Au début du XXe siècle, Einstein a aussi utilisé des abstractions mathématiques pour expliquer ses équations sur la relativité. Les élaborations mentales (subjectivité) ont contribué de manière précise à décrire les choses (objectivité) observables dans le monde extérieur en termes d'idées que nous élaborons intérieurement. Ce type d'approche mathématique a contribué à affirmer la croyance selon laquelle l'Univers était régi par des lois absolues et à dépasser l’image d'un Univers machine, synchronisé, de perception dualiste impliquant sujet-objet. Pour la science, tout doit être quantifié.  

À partir de là, la science a fragmenté presque tout, dans le but de rechercher une objectivité soutenue par des mécanismes, des lois basiques, des structures et des propriétés fondamentales sous forme de "blocs de construction basiques", d’"équations fondamentales" et de "principes fondamentaux". Cette dynamique de forces et de mécanismes interagissait pour céder la place aux lois basiques afin de traiter le "tout" comme résultant de la somme des "parties"  en cherchant à fragmenter pour quantifier les parties, en fonction des lois basiques. 

Cette procédure de la science a-t-elle été un mal ? Non, parce que la science a accumulé des résultats basiques au cœur d’une surprenante technologie, qui au XXe siècle a apporté le progrès matériel des peuples dans presque toutes les cultures. De véritables merveilles technologiques sont à la disposition de tout un chacun à des prix accessibles. Il suffit d’admettre les avancées de la physique (moyens de communication, astronautique, cosmologie, etc.) et de la médecine (moyens modernes de diagnostics plus précis et non invasifs). 

Actuellement, la technologie digitale et l'informatisation (la révolution de la troisième vague, selon Alvin Tofler) ont conquis les marchés. Comme conséquence de cette diffusion technologique, quelques facteurs défavorables sont apparus aussi. Ceux-ci, bien qu'apparemment résolus par la forte normalisation (programmes de contrôle de la qualité totale), continuent à causer des problèmes dans notre époque agitée, époque scientifique, qui mène à une plus grande et plus complexe spécialisation en médecine, exigeant synchronisation des résultats, concentration, maximisation et centralisation, compliquant beaucoup de nombreuses activités humaines. Encore, selon Jalmir Brelaz (5) :

 

À tout cela s’ajoute la croyance que le nouveau est meilleur et se substitue à l’ancien, et que la technologie comblera tous nos besoins. L’emphase est dans la technique, dans la connaissance, dans le pouvoir sur la nature, dans la manipulation, non dans l'harmonie et beaucoup moins dans la sagesse qui a été reléguée quelque part dans le passé. La connaissance a été intrinsèquement liée au pouvoir. À cela s’ajoutent la croyance et la tentative de manipuler le phénomène paranormal.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

 

Nous voyons ainsi que l’orientation de l'approche actuelle repart vers la croyance selon laquelle il est possible de quantifier tous les phénomènes, dans l’expectative auto affirmée que la connaissance scientifique peut atteindre la certitude absolue des choses et des phénomènes. La démarche a changé et tombe dans l’objectivité en quête de lois basiques et de mécanismes qui expliquent les lois qui régissent la Nature et l'Univers. L’expectative des scientifiques est que la connaissance des mécanismes des "parties" et de leurs lois basiques mène à la connaissance du "tout", bien que cet ensemble de croyances tende à s’atténuer puisque l’aboutissement est encore très loin. Alors que tout s'ajuste, il y a encore beaucoup à chercher et à découvrir dans le monde matériel, mais les causes occultes, immatérielles, sont là et défient  la science et les scientifiques. C'est principalement à ces causes que nous allons nous consacrer dans la seconde partie de ce livre. 

Certaines connaissances comme celles qui sont occasionnées par la psychologie, la parapsychologie, le spiritisme et le spiritualisme (qui se focalisent sur le subconscient et ses phénomènes et aussi sur l'existence de la vie en dehors de la matière) ne peuvent être traitées exclusivement à la lumière du paradigme scientifique actuel, qui fait prévaloir le "quantitatif" au détriment du "qualitatif". L'application du paradigme scientifique actuel à ces types de fonctions qui sont à la fois philosophie et science, nécessite un élargissement dans son concept, s'ajustant à d’autres conditions où le subjectivisme, représenté par l'"expérience directe", se doit d’accentuer sa prédominance sur l'objectivisme. Ainsi pourra disparaître la méfiance causée par les phénomènes paranormaux, qui sont typiquement qualitatifs et souvent rationnellement incompréhensibles, parce qu’ils ne sont pas encore tous explicables à la lumière de la science matérialiste.   

Nous devons reconnaître que la définition d'un paradigme spécifique ou d'un paradigme scientifique étendu, qui comporte de telles fonctions, est une nécessité indispensable et urgente. Cela viendrait renforcer la crédibilité et la respectabilité des travaux, lesquels souhaitent avoir la prérogative de science, comme l’ont été ceux qui sont mentionnés dans le précédent paragraphe. La vigilance est de mise pour éloigner le mysticisme basé sur les croyances et les superstitions des doctrines trompeuses qui font croire avec conviction que de telles activités sont dignes de confiance. Adhérer, donc, à un effort dans ce sens serait très souhaitable, pour qu’il puisse en résulter un modèle général, plus englobant, amplifié ou développé à partir du modèle scientifique qui nous mènera à une connaissance plus universelle du monde, de l'Univers et de leurs lois naturelles et immuables. 

Nous devons aussi reconnaître que la parapsychologie a fait un très gros effort afin de s'adapter à la conception quantitative et à l’orientation mathématique du modèle scientifique, initié par Rhine dans la décennie 30, à l'Université de Duke, USA. Le résultat fut qu’en 1969, il a été admis et accepté à la Parapsichological Association comme membre de l'American Association for The Development of Science. Ce fut un premier pas, bien que le développement de la Parapsychologie se trouvât sacrifié et restât soumis au paradigme quantitatif en vigueur. Néanmoins elle est inattaquable du point de vue méthodologique car elle utilise des méthodes rigoureuses, celles qui sont employées par d’autres sciences, la limitant, toutefois, dans l’élaboration et la création d’une théorie paranormale.

 

Changements de paradigmes 

 

Il y a une très grande difficulté à changer le paradigme scientifique existant car le monde moderne est voué à des changements profonds, suscités par la technologie massive à haute échelle et en conséquence le changement des valeurs qui lui est associé. Il est question de tout l’assortiment d'équipements électroniques qui a envahi les sociétés, les gouvernements et les foyers et qui transforme les rêves les plus fantaisistes en une réalité accessible aux enfants d'aujourd'hui. L’incroyable, matériellement parlant, est déjà une réalité : transmission et réception d'images et voix à distance, utilisation de la réalité virtuelle et, communication via les ordinateurs et les satellites. Mais les valeurs éthiques et morales de la famille et des sociétés dans toutes les cultures ont été reléguées à un second plan, sacrifiant le fait de vivre. La simplicité et l'harmonie de la vie à l’ancienne ont disparu.

Fritjof Capra, éminent chercheur physicien nord-américain, dans son livre « O tao da física » (7), traitant de la nécessité de changer les paradigmes, présente et analyse six critères qui, acceptés et adoptés, pourraient contribuer à un nouveau monde de relations, de connaissances et de conquêtes pour l'humanité, dans les domaines de la Science, de la Psychologie, de la Parapsychologie, du Spiritisme et du Spiritualisme. Nous n’allons pas nous attarder sur ces critères, mais nous retenons les résumés suivants :

 

- Changement de la portion pour le tout. Les propriétés des portions ne peuvent être comprises qu’en prenant en compte le tout c'est-à-dire que l'accent est mis sur le tout et non plus sur les parties ou portions, dans une inversion de perspective.

 

- Changement de la structure en processus. C'est le processus qui crée la structure et non l’inverse. Il y a ici inversion de l'approche. Dans cette approche le processus est la totalité des relations.

 

- Changement d’une science objective en une science épistémique. L'accord du processus de la connaissance doit être explicitement inclus dans la description des phénomènes naturels. Il n'y a pas de lois fondamentales. Les méthodes d’observation et les techniques doivent "entrer" et faire partie de la théorie. Cela s’appelle le paradigme épistémique.

 

- Changement de la construction en un réseau comme métaphore de connaissance. Une chose n’est pas plus importante qu’une autre. Il n’existe pas d’intérieur ou extérieur, ni de dessus ou dessous, mais un réseau auquel tout est lié. Les théories holographiques sont une étape dans cette direction.

 

- Changement de la certitude de la connaissance en descriptions approximatives. Cela implique de reconnaître que tous les concepts et toutes les théories scientifiques sont limités et approximatives et donc, transitoires et sujets aux changements.

 

- Changement d'intention et d'attitude à contrôler et dominer la nature en une attitude de coopération et de non-violence face à la nature et entre les hommes de manière générale. Il s'agit d'une posture en même temps éthique, morale et écologique.

 

Sans vouloir nous étendre sur ce sujet nous pouvons conclure en disant que certains changements d'attitudes concernant la formation de nouveaux paradigmes commencent à s’opérer et un tel mouvement représente une révolution culturelle suffisamment significative, qui ne se produira pas du jour au lendemain, mais exigera du temps, peut-être plusieurs décennies ou même un ou plusieurs siècles. Mais une chose est sûre, ce n’est qu’avec la persévérance, la fortification de la méthodologie rationnelle et scientifique analytique ainsi qu’avec le support de l’intuition (par la synthèse directe ou subjective de la connaissance) et avec l'expérimentation (par la connaissance indirecte au moyen de l'expérimentation) qu’une telle révolution se produira.

 

3.     Un nouveau paradigme

 

Il est nécessaire d’ériger un paradigme général, plus global, qui permettra de connaître l'homme dans toute son intégralité, qu’il soit holistique, cybernétique ou pluraliste. Il est nécessaire de connaître certains phénomènes qui ont été interprétés comme étant le fruit de l'imagination, comme par exemple les maladies mentales et l’obsession, qui ne peuvent plus être négligés. Il faut connaître la vraie nature des phénomènes paranormaux, des phénomènes d'expériences du quasiment mort (EQM), des phénomènes d'expériences hors du corps (EFC) et tant d’autres phénomènes, comme la parapsychologie, la télépathie, la prémonition, la médiumnité l’intuition, la médiumnité d'incorporation, la médiumnité de voyance, la médiumnité olfactive, l'existence de l'esprit et de la conscience, de la pensée, de l’aura, du libre arbitre  et des conséquences de sa bonne et mauvaise utilisation, qui sont négligés par la science faute d'un paradigme qui prend en compte la Force Intelligente et sa pénétration dans la matière. Les domaines d'étude comme la Psychologie, la Parapsychologie, le Spiritisme et le Spiritualisme vont dans cette direction. Qui sait, il pourrait y avoir une union ou une unification de ces domaines d'étude avec les sciences physiques et biomédicales pour mener plus avant les études scientifiques de cette nature.

Nous croyons que les physiciens pourront enquêter scientifiquement sur ces terrains de grand intérêt pour l'humanité s’ils le désirent et ainsi ils découvriront tout un monde invisible où prédomine la Force Intelligente, intangible et invisible aux yeux de la matière. Il suffit, pour cela, de faire une intrusion systématique, sérieuse et juste du sujet, sans préjugés. Premièrement il est nécessaire de découvrir et de comprendre de tels phénomènes - qu’ils les nomment métaphysiques, paranormaux, psychiques, extrasensoriels ou transcendantaux - et leur  "réelle" constitution afin de comprendre qu'ils ne peuvent être contrôlés ou "être domptés" selon le bon plaisir de l'expérimentateur, comme c’est le cas de la "double personnalité" de l'électron onde particule et du principe de l'incertitude de la physique quantique, accepté par les physiciens. Avec les connaissances suggérées dans ce paragraphe et dans le précédent, la science pourra alors comprendre d’où nous venons, et ce que nous sommes venus faire ici sur cette Terre, où nous irons après la mort physique du corps, ainsi que le vrai sens de la vie, questions qui ont toujours été abordées depuis le début de l’humanité sans jamais trouver de réponses.

Malheureusement pourtant, il semble que les sciences, la société et les institutions se soient endormies pour ne pas s’apercevoir que nous devons dépasser cette position d'inflexion paradigmatique pour pouvoir avoir une autre vision du monde et de notre rapport à lui, vu qu’indissociablement nous faisons partie du processus dans un système dynamique et universel fermé ou ouvert, dans le premier cas si l'Univers est limité et dans le second cas, s’il est infini. Aussi nous semble-t-il que la Physique et les physiciens sont dans une position privilégiée pour étudier de manière plus exacte la conscience humaine et le destin de l'humanité vers un modèle plus profond de l'être humain, où certains phénomènes simplement "existent". Pour terminer, citons encore les paroles du parapsychologue Jalmir Brelaz (5) :

 

Peut-être que notre plus grande difficulté paradigmatique serait de reconnaître le rationnel comme étant limité, alors que nous le sollicitons comme ayant une capacité infinie en accord sur tout. Si la connaissance n'est pas possible selon le modèle actuel, rationnellement elle le sera selon un modèle dans le futur.

Nous vivons intensément la surestimation de la rationalité de l'homme. Nous sommes d'accord avec les termes de Prigogine selon lequel l'idée d'une rationalité limitée exprime mieux notre condition. Nous vivons dans un monde pluraliste et devons l'accepter avec une rationalité limitée.

Au fur et à mesure que la société adoptera des valeurs plus qualitatives, humanistiques, nous pourrons avoir plus de moyens pour l'étude des potentialités humaines au sein de modèles qui ne soient pas clairement organicistes.

 

Il est certain qu’après s’être avancée dans cette direction, la science sera davantage utile à l'humanité, répondant avec conviction à tant et tant de questions qui sont actuellement abordées de manières incorrectes et même erronées, par beaucoup de religions, de charlatans, de mystiques, etc.    

Comme observé précédemment, la Parapsychologie a déjà fait le premier pas dans le but de coexister avec la Physique. Nous avons vu aussi que la Physique s'est séparée de la Philosophie vers 1750, mais il est temps que les uns et les autres se rejoignent. En ce qui concerne le Spiritisme et le Spiritualisme, les physiciens ne veulent pas entendre parler d’esprit, soit par peur, soit par préjugé ou pour toute autre raison, mais un jour, tôt ou tard ils devront envisager l'existence de la vie spirituelle dans l'homme et hors de la matière (dans l'espace-temps, dans des mondes spirituels).

 

 

 

Références de ce chapitre :

 

 1) BRELAZ, Jalmir. Paradigma em ciência e em parapsicologia. Disponible sur : http://www.parapsicologia.org.br/artigo08.htm  Accessible le 22/10/05.

 2) CAPRA, Fritjof. O tao da física. São Paulo: Cultrix, 1983, p. 244-248.

 3) CARTER, Rita. O livro de Ouro da Mente. Rio de Janeiro: Ediouro, 1999, p. 258.

 4. CHAUÍ, Marilena. A Verdade e as concepções da verdade. Disponible sur : http://www.armazem.literario.nom.br/autoresarmazemliterario/eles/martinhocarloshost/filosofia/22_modulo22.htm . Accessible le 27 jan. 2005. Ver, também,

 5. CHAUÍ, Marilena. Convite à Filosofia. São Paulo: Ática, [s/d].

 6. http://www.panoramaespirita.com.br/artigos/artigos_04/real_supra_real.html. Accessible le : 23 out. 2005

 7. JUNG, Carl Gustav.  O Real e o Supra Real. Disponible sur : http://www.panoramaespirita.com.br/artigos/artigos_04/real_supra_real.html. Acesso em 23/10/05.

 8. MILHOMENS, Newton. O misticismo à Luz da Ciência. São Paulo: Ibrasa, 1997, p. 27-38. Disponible sur :  http://www.kirlian.com.br/info_por_0014_2e.asp.  Accessible le : 15 out 2005.

 9. STENGER, 6) Victor J. Stenger.  Ataques “pós-modernos” a ciência e a realidade. Disponible sur : http://www.geocities.com/quackwatch/realidade.html. Accessible le : 23/10/05.

 

 

 

 

 

 

 

DEUXIEME PARTIE :

 

UNE RÉALITÉ PLUS TOLERANTE

 

CHAPITRE VI

 

 

L’APPARITION DU SPIRITISME

 

Il est du devoir des scientifiques qui savent comment travailler et étudier de manière juste d’examiner les phénomènes qui ont intrigué les hommes de tout temps, afin de confirmer la légitimité de ces phénomènes ou d’expliquer si possible, les illusions et les manipulations réalisées par ceux qui ont voulu duper les hommes. (6) Sir William Crookes - 1854.

 

 

À partir de la moitié du XIXe siècle, est apparu, en Europe, principalement en France et aux États-Unis, une série insolite de phénomènes inexplicables, actuellement connus par la Science comme étant des phénomènes paranormaux. Cette autre série de phénomènes invisibles (médiumnité, manifestation de forces occultes, etc.) défiait le discernement humain. Nous nous référons aux phénomènes qui, bien que considérés comme importants et transcendantaux, ont eu peu d'attention de la part des scientifiques, hormis quelques rares exceptions, comme William Crookes, en Angleterre et Charles Robert Richet, en France. C’est pour cela que nous jugeons important de mettre en évidence différents cas étudiés par ces scientifiques et par d’autres prestigieux et illustres chercheurs, très respectés dans les sociétés qui ont vécu il y a environ 160 ans.

Durant ce temps-là, la Science, déjà séparée de la Philosophie depuis le milieu du XVIIIe siècle, cherchait sa propre voie, étudiant et expliquant un grand nombre de phénomènes physiques, et même invisibles, de différentes natures (électrique, magnétique, électromagnétique, champs de force, etc.).

Les phénomènes paranormaux, appellation donnée par Charles Robert Richet, ont été scientifiquement étudiés par une nouvelle science : la Parapsychologie, vu que l'étude desdits phénomènes échappait aux explications des lois physiques communes. Parallèlement, en dehors de la communauté scientifique, des chercheurs de formation différente se sont aussi intéressés à l'étude de tels phénomènes, en particulier en France, où les travaux ont culminé avec le développement du Spiritisme d'Allan Kardec, en 1857. Dans ce chapitre, nous allons apprécier les efforts de Charles Richet et suivre les étapes d'Allan Kardec et de certains de ses adeptes, qui jusqu'à ce jour n’ont reçu que peu ou aucune reconnaissance et aucun mérite pour leurs travaux de la part de la science officielle.  

Plus tard, au début du XXe siècle, au Brésil, avec une visée philosophique spirituelle, est apparu le Spiritisme Rationnel et Scientifique Chrétien, en 1910, actuellement nommé Rationalisme Chrétien (1). Nous consacrerons le chapitre suivant à l'étude et à la présentation des connaissances diffusées par le Rationalisme Chrétien.  

Nous avons examiné, dans les chapitres de la première partie de cette œuvre – « Notre Réalité Objective », l'évolution des recherches scientifiques produites depuis Isaac Newton basées sur l’observation et l’expérimentation. La Physique, la Chimie et la Biologie ont réalisé, à cette époque de grands exploits. Les conséquences recueillies par la société en termes de technologie ont été énormes. La Cosmologie, science qui dérive de l'Astronomie, a reçu une impulsion hors du commun à partir des connaissances engendrées par ces sciences et par la technologie qui en a découlé, principalement de la Physique, à tel point qu’est apparue, dans la seconde moitié du XXe siècle, plus d'une dizaine de nouvelles théories tentant d'expliquer l'Univers, son origine et pourquoi il existe sous cette forme. Depuis cinquante ans jusqu’à ce jour, à l’aube du XXIe siècle, les physiciens cherchent une « Théorie du Tout », dans l'objectif d'expliquer ces grandes questions et d’unifier les quatre forces de la physique connues, la gravité, la force nucléaire forte, la force nucléaire faible et l’électromagnétisme en une seule équation mathématique. Pour cela, ils continuent à s’appuyer sur les deux lois de la relativité - la Théorie de la Relativité Spéciale et la Théorie de la Relativité Générale ainsi que sur la Théorie Quantique.

Il est vrai que ces théories ont ouvert les horizons pour une meilleure connaissance de la nature, de l'Univers, de l'atome et ses lois. Mais nous ne devons pas oublier qu’elles ont quelques paradoxes indigestes, qui privent de sommeil beaucoup de physiciens. Le physicien et astronome Marcelo Gleiser (2), dans son livre « La  danse de l'univers », dit ces mots :

 

Comme un avant-goût de ce dont nous allons parler plus avant, voici ici sept conséquences « étranges » de la nouvelle physique : 1) Un objet en mouvement subit une contraction de sa longueur dans la direction où il se meut. 2) Une horloge en mouvement fonctionne lentement. 3) Masse et énergie peuvent être converties entre elles. 4) Nous ne pouvons déterminer si les constituants de la matière sont des ondes ou des particules, dans la célèbre dualité onde-particule 5) ; en observant un système physique, nous influençons son comportement ; il n’existe pas une séparation claire entre observateur et observé. 6) La présence de la matière déforme la géométrie de l'espace et modifie le flux du temps. 7) Nous ne pouvons déterminer la localisation d'un objet – à peine la probabilité qu’il soit ici ou là. Par conséquent, nous devons abandonner une description strictement déterministe des phénomènes naturels, du moins à l'échelle atomique. Et ainsi de suite.

 

Ce sont là des phénomènes qui fuient le bon sens et qui sont difficiles à discerner par la majorité des personnes, car ils exigent la connaissance avancée des mathématiques. Néanmoins, ils sont tenus pour vrais, bien qu’ils ne fassent pas tous l'unanimité dans la communauté des physiciens. Ce n’est pas pour cela qu’ils ne sont pas respectés, en attendant qu'une autre théorie ou qu’un acte présente une meilleure explication et vient les détrôner. La science est ainsi, elle avance vers une sérieuse succession d’approximations vraies moyennant intuition, théorisation et expérimentation. Plus en avant, le même Marcelo Gleiser (2) dit : « À première vue, les phénomènes relativistes ou quantiques semblent bizarres parce qu’ils sont bien au-delà de notre réalité immédiate, inaccessibles à nos sens ; ils ne font pas partie des phénomènes liés à notre « bon sens ».

D’autre part, le type de phénomènes dont nous traitons (phénomènes psychiques, intuition, matérialisation, etc.) exige d’autres moyens de captation qui ne sont pas nos simples cinq sens physiques. Alors, nous devons faire appel à une sensibilité plus élevée, utilisant les médiums ou inventant des instruments électriques, électroniques et magnétiques ou une combinaison de toutes les sensibilités outre les instruments optiques et photographiques digitaux. Il y a tout un terrain d’investigation ouvert à cela. C’est juste cela que nous traitons dans ce livre.

Passons alors à l'examen historique de la connaissance déjà amassée des phénomènes psychiques et paranormaux depuis les travaux réalisés par ces pionniers avec les restrictions les plus défavorables et la méfiance de la Science et de l'humanité en général. La présentation ci-dessous apparaît dans l'ordre chronologique selon la date de naissance de leurs auteurs.

 

1.         Allan Kardec (1804 -1869)

 

Allan Kardec, pseudonyme d’Hippolyte Léon Denizard Rivail, né à Lyon en France, d'une famille ancienne dont les ancêtres se sont distingués dans le domaine du droit et de la magistrature. Mais Allan Kardec, très tôt, s'est dirigé vers l'étude des sciences et de la philosophie. Son pseudonyme a été adopté en 1855 par suggestion intuitive.   

Dans sa jeunesse il a vécu à Verdun (Suisse), où il a étudié à l'École de Pestalozzi (Johan Heinrich Pestalozzi, 1746-1827, était un paladin qui avait réformé les méthodes d'éducation) Kardec en est devenu un fervent partisan et collaborateur. Il amena ses connaissances en France, où il diffusa son précepte éducatif, qui exerça une grande influence sur la réforme de l'enseignement en France et en Allemagne. Ayant appris la langue allemande, Kardec traduisit dans cette langue, différentes œuvres d'éducation et de morale, de même que les œuvres de Fénelon (3).

De 1835 à 1840, il offrit chez lui, des cours gratuits de Chimie, Physique, Anatomie et Astronomie, entre autres, toujours soucieux de l'enseignement et l'éducation des jeunes pour avoir été à cette période enseignant, pédagogue et auteur de manuels scolaires.

Vers 1855 il a été amené par un ami à connaître les célèbres expériences de tables tournantes, phénomène pratiqué par des magnétiseurs (Mesmérisme), et il a été aussi invité à des sessions où participaient des médiums. Après plusieurs sessions et remises en question au sujet des manifestations d’esprits, Allan Kardec entreprit des observations en persévérant sur ces phénomènes et en réfléchissant principalement sur la manière d’en déduire des conséquences philosophiques, puisque pour lui il s'agissait de faits inexpliqués contraires aux lois de la nature, et que sa raison refoulait. Ainsi, « [...] Il entrevit, dès lors, le début de nouvelles lois naturelles : celles qui régissent les relations entre le monde visible et le monde spirituel. Il reconnut, dans l'action de ce dernier, l’une des forces de la Nature, dont la connaissance est d’émettre la lumière sur une immensité de problèmes tenus pour insolubles et il comprit sa portée, du point de vue religieux » (4).

Durant la période de 1857-1868, Kardec a écrit et publié ses principales œuvres avec pour objectif de consolider un corps de doctrine sur le Spiritisme :

 

- Le livre des esprits (1857)

- Le livre de médiums (1861)

- L'Évangile selon le Spiritisme (1864)

- Le ciel et l'enfer, ou la justice divine selon le Spiritisme (1865)

- La genèse, les miracles et les prédictions (1868).

- Ce qu’est le Spiritisme (1869)

- Œuvres posthumes  

 

En 1858, il fonda la revue Spirite, journal mensuel d'études psychologiques. Passé la phase expérimentale, il créa toujours en 1858, la première institution spirite constituée, sous la dénomination de société parisienne d'études spirite, afin d'institutionnaliser le Spiritisme comme philosophie de vie et religion et avec pour objectif, l'étude des phénomènes psychiques qui pouvaient contribuer au progrès de la nouvelle science. 

Allan Kardec a été très controversé par ses adversaires, il s’est défendu à travers la presse, avec des arguments bien fondés, alléguant que sans doute certaines choses avaient été écrites sous l'influence d'idées préconçues ou systématiques. C’était un homme au caractère calme et soucieux des actions de ses investigations dont il déduisait les lois qui les régissaient. Il fut le premier à présenter une théorie relative à de tels faits.

Il est indéniable que, jusqu'alors, les phénomènes expérimentaux spirituels observés aux États-Unis et en Angleterre étaient des faits épars, de portée limitée, présentés plus comme curiosité dans les salles de spectacle ou en laboratoire. Allan Kardec fut le premier à les transformer en un corps de doctrine, initié en effet avec la publication de son premier livre «  le livre des esprits », en 1857.

 

Les preuves matérielles que le Spiritisme démontre l'existence de l'âme et de la vie future tendent à détruire les idées matérialistes et panthéistes. L’un des principes les plus prolifiques de cette doctrine qui dérive du précédent est celui de la pluralité des existences, déjà rencontré par divers philosophes anciens et modernes (4).

 

Il émane de ce principe l'explication de toutes les évidentes anomalies de la vie humaine, de toutes les inégalités intellectuelles, morales et sociales, permettant à l'homme de savoir d’où il vient et où il va, pour quelle raison se trouve-t-il sur cette Terre et pourquoi il y souffre. Les idées naturelles s'expliquent par les connaissances acquises dans les vies antérieures, les affections et aversions pour la nature des relations antérieures (4).

 

Le Spiritisme de Kardec a comme devise : « Hors de la charité il n'y a point de salut.  C’est l'égalité entre les hommes devant Dieu, la tolérance, la liberté de conscience et la bienveillance mutuelle ». Il ajouta encore : « La foi inébranlable n’existe pas, si ce n’est celle que la raison peut affronter de face durant toutes les époques de l'Humanité. Pour la foi, une base est nécessaire et cette base est l'intelligence parfaite de ce qui doit être cru. Pour croire il ne suffit pas de voir, il faut surtout comprendre (L'Évangile selon le Spiritisme). » (4)

 

2.          William Crookes (1832-1919)

 

Au XIXe siècle, vers 1854, avec le cas des sœurs Fox à Hydesville, aux USA, les phénomènes spiritualistes commencèrent à être évidents dans le monde et éveillèrent l'intérêt de plusieurs chercheurs. Dans ce contexte, Sir William Crookes fut un élément fondamental dans la recherche expérimentale des phénomènes psychiques.

 

 William Crookes a été l’un des plus remarquables scientifiques de la seconde moitié du XIXe siècle, tant dans le domaine de la Physique que dans celui de la Chimie. Formé en ingénierie électrique, autodidacte en Chimie et Physique, ayant hérité d’une grande fortune de son père, il devint un chercheur scientifique ayant une grande liberté de travail. En 1855, il fut professeur de Chimie à l'Université de Chester. En 1861, il découvrit l’élément chimique thallium et, en 1875, il inventa le radiomètre - instrument utilisé pour mesurer l'intensité des rayons lumineux et caloriques. En 1878, il découvrit le tuyau de rayons cathodiques, connu sous le nom de « tube de Crookes », qui venait constituer la base des valves électroniques (utilisées dans les appareils de radio et plus tard remplacées par les transistors), des appareils à Rayons X, précurseurs des lampes fluorescentes modernes, des tubes de télévision et des moniteurs d'ordinateurs. En qualité de chercheur scientifique, il fit des améliorations dans les processus d'analyses spectrographiques et développa de nombreuses formulations pour produire des plaques photographiques. Ses travaux de grande valeur lui ont valu le titre honorifique de Chevalier en 1897 remis par la Reine Victoria et celui de l'Ordre du Mérite en 1910 remis par le roi James VII. Il fut membre de la Royal Society de Londres et en devint président de 1913 à 1915 (5, 6).

En outre, il eut un rôle fondamental dans le développement des recherches scientifiques relatives aux phénomènes psychiques ou paranormaux. Il est considéré, conjointement avec Charles Robert Richet, comme l’initiateur de la période scientifique de la métaphysique, qui par la suite a été appelée Parapsychologie. Crookes a toujours réfuté les attaques qu’il a reçues tout au long de sa vie, sans une quelconque modification de ses points de vue, puisqu’il a toujours été sûr d’avoir réalisé ses expériences avec rigueur et avec les contrôles scientifiques adéquats. « En 1898, 30 ans après la réalisation et la publication des résultats de ses premières expériences, il écrivit n’avoir rien à renier et rien à modifier » (6).

Nous pouvons affirmer qu'aucun scientifique n’a été aussi assailli au sujet des phénomènes qu’il a étudiés et n’a eu sa réputation aussi attaquée que Sir William Crookes, mais il demeura ferme et honnête dans ses convictions tout au long de sa vie.

À partir de 1854, en Europe et aux États-Unis, plusieurs médiums sont apparus, présentant d'innombrables phénomènes comme la matérialisation, la lévitation et bien d’autres, pour lesquels il n’y avait aucune explication physique. Les phénomènes survenus aux sœurs Fox en 1854, furent d’une grande conviction. C’est à cette époque que Sir William Crookes, avec sa réputation internationale de scientifique, entra en scène pour effectuer les vérifications scientifiques des dénommés « phénomènes spiritualistes ». Tout d’abord, il s’est montré très sceptique à propos de tels phénomènes. Mais il affirma « qu’il était du devoir des hommes de science d’apprendre ainsi les manières adéquates de travailler et de chercher, d’examiner les phénomènes qui attiraient l'attention du public, pour confirmer leur légitimité ou, si possible, expliquer les illusions et les tours réalisés par ceux qui cherchaient à duper les gens » (6).  

Environ une dizaine de médiums ont été observés par William Crookes. Ces travaux ont été réalisés entre 1869 et 1875, impliquant de célèbres médiums comme Daniel Dunglas Home, Florence Cook, Mary Marshall, Kate Fox, Charles Edward Williams, Annie Eva Fay, Stainton Moses et d’autres.   

Quand il commença à réaliser les expériences avec Daniel Dunglas Home, l’un des plus célèbres médiums de l’époque, son scepticisme disparu, convaincu que Dunglas possédait une force psychique puissante. Son changement d’avis face à l'évidence des faits a eu pour effet la réception farouche d’une opposition et un rejet très fort de la part de la communauté scientifique qui souhaitait que Crookes rejetât la réalité des phénomènes. Sa manifestation en faveur des évidences qu’il recueillait suite à ses expériences choqua ses collègues scientifiques et lui coûta très cher.

Crookes a indiqué qu’avec Daniel Dunglas Home, au moins 100 cas de lévitation qui s’étaient produits ont été vérifiés. Il a cité aussi les phénomènes de type lumineux et de matérialisation partielle qui se sont produits en présence de plusieurs personnes différentes et même sous un éclairage total. Furent aussi vérifiés des phénomènes de parapsychologie (déplacements d'objets, comme une fleur, une main, etc.). Il chercha à ressentir la température d'une main matérialisée et déclara qu’elle était tantôt froide, tantôt chaude. A une occasion, Crookes essaya de tenir une main et elle s'est simplement dématérialisée aux yeux de tous. Les expériences avec ce médium sont consignées dans les archives de Society for Psychical Research, la célèbre SPR, de Londres. Ses expériences décrivent aussi les effets physiques comme le déplacement de corps lourds, sans contact et sans effort mécanique d’un médium. Crookes est arrivé à construire des appareils pour mesurer les phénomènes, comme des leviers, dynamomètres et appareils pour registres graphiques.

Néanmoins, ses expériences les plus célèbres ont été réalisées avec le médium Florence Cook. Durant ces expériences, Crookes a obtenu un total de 44 photographies de matérialisation spirituelle. Si les expériences précédentes ont choqué la communauté scientifique, celles-là ont provoqué une vraie hostilité et il a été accusé d'agissement en complicité avec Florence Cook (6).

En juillet 1869, il enquêta sur le cas de Mary Marshall (1842-1884) avec qui se produisaient des phénomènes comme des coups sur la table (raps), des lévitations et des déplacements de table, écriture sur un tableau noir, etc. En décembre de la même année, il a assisté aux sessions du médium J.J.Morse (1848-1919), le plus grand médium en psychophonie de l’époque.

 En juillet 1870, il enquêta sur les phénomènes survenus à Henry Slade, épisode qui fut notifié antérieurement par la presse locale dans à un article intitulé « Spiritualism viewed by the light of modern science » (« le spiritualisme à la lumière de la science moderne »), publié par le Quartely Journal of Science, de Londres. Dans cet article, il déclarait qu'il n'avait pas d'avis préconçu sur ce sujet et que l'expérience avait été suggérée « par un éminent personnage qui exerçait une grande influence sur la pensée dans le pays ». Et, il a ajouté : « [...] que l’emploi croissant des méthodes scientifiques produirait une génération d'observateurs qui déclencherait la perte désobligeante du spiritualisme et une fois pour toutes, l’enfer inconnu de la magie et de la nécromancie » (3). Face à une telle déclaration, la communauté scientifique resta en attente d’un résultat négatif des expériences, mais Crookes déclara que le résultat était positif, confirmant l'existence des phénomènes et la véracité du spiritualisme (6). À partir de là est née une aversion des élites pour le spiritualisme en tant que science et philosophie. Nous croyons que cette aversion pour le spiritualisme est crédibilisée par le positivisme d'Auguste Comte, doctrine matérialiste qui à l'époque était en vogue dans toute l'Europe. Un rapport publié par London Dialectical Society (Société Dialectique de Londres), en 1870 qui avait conclu que les phénomènes liés au spiritualisme étaient vrais a eu une très mauvaise répercussion, autant dans la presse que parmi les scientifiques, bien qu’ayant présenté des expériences réalisées par des personnes au-dessus de tout soupçon (6).

Dans sa continuité, Crookes a observé le médium sensitif Kate Fox. Les résultats des expériences ont été publiés dans le Quarterly Journal of Science, en 1871 et ont provoqué une série de lettres et articles dans la presse locale attaquant ses travaux. Crookes a réfuté, point par point, à travers les mêmes moyens de communication, toutes les attaques reçues.  

En 1874, le médium Florence Cook (1856-1904), suite à un incident durant une présentation publique où s'est matérialisé l'esprit de Katie King, a pris l’initiative de contacter Crookes afin de réaliser les travaux avec lui sous des contrôles plus rigoureux. Katie King se disait être le pseudonyme de l'esprit d'Annie Owen Morgan. Le public en fut témoin et les multitudes de photos prises à l’occasion de cette démonstration ne laissèrent aucun doute.

Par la suite, des sessions furent organisées dans le laboratoire de Crookes et c’est en ce lieu que les meilleures photographies ont été prises, présentant à la fois la matérialisation et le médium. Dixit Crookes : « [...] De retour à mon laboratoire, Katie m’est apparue à nouveau et m’a dit vouloir en même temps se présenter à moi ainsi qu’à son médium. Voulant baisser la lumière, elle me demanda de ne pas y toucher. Après s’être montrée sous la clarté pendant quelques secondes, elle me dit : « Maintenant entre et va voir mon médium ». Je l’ai suivie de près jusqu’à ma bibliothèque et, à la clarté de la lampe, j'ai vu Cook étendue sur le canapé, exactement comme je l'avais laissée ; j'ai regardé autour de moi en direction de Katie, elle avait disparu » (6).  

Hernani Guimarães (7) a rendu hommage à Crookes en disant « [...] qu’après plus d'un siècle, l'extraordinaire image de William Crookes reste pure et majestueuse, défiant calmement ceux qui encore essayent, en vain, de la ternir. L'œuvre de cet extraordinaire savant a résisté aux épreuves du temps et aux attaques mesquines et injustifiées de ses adversaires, uniquement parce qu'elle est limpide et transparente, fondée sur une solide base de faits. Celui qui étudie, sans mauvaise foi et sans préjugés, les travaux de William Crookes, reste impressionné par la pureté, la simplicité et la clarté méridienne de ses rapports. Dans ses travaux, transparaissaient la sincérité, la ferme conviction et la sérénité d'un savant qui tranquillement proclame la vérité, sans se soucier du jugement des autres et sûr que l'erreur est chez ceux qui nient l'évidence des faits ».

William Crookes croyait qu'il existait une « force » exercée par une intelligence différente de l'intelligence commune « des mortels et que la connaissance scientifique ne pouvait percevoir ». Dans l’un de ses importants textes concernant les phénomènes qu’il a étudié, Crookes a dit : « [...] qu’il est absolument vrai qu’une connexion a été établie entre ce monde et l'autre ». De nombreuses autres références ont été consultées (8, 9, 10, 11 et 12), prouvant l'importance des travaux de William Crookes.  

Il est souhaitable que les chercheurs actuels suivent l'exemple de ce scientifique, en cherchant sans préjugés, tout en respectant les critères nécessaires afin que les expériences ne soient pas soupçonnées de fraude. Qu’ils sachent toujours qu'il est absolument nécessaire d’avoir l'esprit ouvert afin de recevoir et publier les résultats des recherches quels qu’ils soient.

 

3.          Gabriel Delanne (1857-1926)

 

Gabriel Delanne était fils d’une famille humble et commerçante. Né en France, il s'est formé en ingénierie technique et a travaillé durant peu de temps dans la société d'électricité locale. Ses parents étaient des spirites Kardécistes peu avant sa naissance. Sa grande qualité fut d’avoir travaillé pour le développement des bases scientifiques du Spiritisme, à partir de 1880. En 1883, il a affirmé lors d’une conférence que Jésus-Christ ne possédait aucune nature divine spéciale, mais était doté d’une remarquable intelligence et d'une grande évolution. Il fut Vice Président de l'Union Spiritiste Française (1885) et Vice Président de la Société française d'Études des Phénomènes Psychiques (1898), institution dont il a participé à la fondation. Nous pouvons observer ici que le nom « spiritiste » a été retiré de l'institution, manifestant son intention de s'éloigner du mysticisme spiritiste (13).

En 1919 il fonda la Fédération Nationale des Spirites de France, dont il fut le premier Président. Cette société a intégré la Société française d'Études des Phénomènes Psychiques dont il était le Vice Président. Il fit quelques recherches en compagnie de Charles Robert Richet (Prix Nobel de Médecine en 1913, sur l’anaphylaxie). Delanne fit beaucoup de conférences sur le Spiritisme en France notamment en 1900, au Congrès International Spiritiste et Spiritualiste auquel il collabora. En 1905, il participa aussi à d'autres congrès promus par la même institution, à Liège et en France. A cette occasion il fit une conférence sur la pensée, qui eut une grande répercussion. En 1906, il devint paralytique des membres inférieurs (il utilisait des béquilles) et, en 1918, il se déplaçait sur chaise roulante (14).

Son premier livre a été publié en 1885 et son dernier en 1924. Delanne écrivit sept œuvres (dont une en deux volumes), toutes, avec pour objectif de libérer le Spiritisme du mysticisme évangélique et de lui octroyer la qualification de science. Seules deux de ses œuvres n'ont pas été traduites en portugais. Sa première œuvre, « Le Spiritisme devant la science » (1885), avait pour but d’approfondir l'étude sur le périsprit. Sa deuxième œuvre, « Le phénomène spiritiste » (1896), a été consacré à la médiumnité de matérialisation et de parapsychologie. Sa troisième œuvre, « L'évolution animique » (1897), a été consacrée à la mémoire, la folie, l'hérédité, l'univers, etc. Dans son quatrième livre, « l'âme est immortelle » (1899), qui a eu un grand retentissement, il traitait de l'immortalité, du périsprit, du dédoublement spirituel, de la pondérabilité et des photographies spiritistes. Dans son cinquième livre, « Recherches sur la médiumnité » (1902) - édité uniquement en Français - il traitait de l'évolution cosmique et terrestre, de la médiumnité et de la pluralité des mondes. Dans son sixième œuvre « les apparitions matérialisées des vivants et des morts » (1909 à 1911) en deux volumes, qui n'ont pas été traduits en portugais, il exposa tout ce qui avait été révélé sur le Spiritisme depuis la nuit des temps jusqu' alors. Enfin, en 1924, il écrivit son dernier livre sous le titre « Documents pour servir à l’étude de la réincarnation », traduit en portugais sous le titre « Desencarnação », dédié à la spiritualité (15).  

Même sans vouloir s’intéresser à sa trajectoire évolutive, pour celui qui n’a jamais lu ses livres, si nous comparons tout ce qui fut écrit sur lui et sur ses œuvres, nous pouvons arriver à la conclusion que, réellement, Gabriel Delanne fit un très gros effort pour rapprocher le Spiritisme de la science.  

 

4.          Léon Dennis (1846-1927)

 

Nous avons ici un grand idéaliste et un spiritualiste. Il travailla presque exclusivement sur les idées philosophiques du spiritualisme. Ses conférences remplissaient les amphithéâtres. En 37 ans il produisit et prononça environ 300 conférences (1873-1910) !

 Dans son livre, « Après la mort », Léon Dennis fit une étude philosophique facilement accessible sur la vie et la mort face au matérialisme régnant, permettant de faire face à l'idée du néant qui se répandait parmi les êtres durant le début du XXe siècle. Quelques parties de ce livre nous exposent ses idées  (16).

  

L'étude du monde invisible exige beaucoup de prudence et de persévérance. Ce n’est qu’après plusieurs années de réflexion et d’observations que s’acquiert la connaissance de la vie et qu’il est possible d’apprendre à juger les hommes, à discerner leur caractère, à se protéger des embûches répandues dans le monde. Le plus difficile encore est d'obtenir la connaissance de «l’humanité invisible » qui nous entoure et qui plane au-dessus de nous (page189).

 

L'éducation basée sur une conception exacte de la vie transformerait la face du monde. Supposons que chaque famille initiée aux croyances spiritualistes sanctionnées par les faits, les inculque à leurs progénitures et que, de même que l'école laïque leur enseigne les principes de la science et les merveilles de l'univers : une rapide transformation sociale se réaliserait alors sous la force de ce double courant (p. 312).

 

Le Spiritisme éclaire le passé, illumine les anciennes doctrines spiritualistes et lie des systèmes apparemment contradictoires. Il ouvre des perspectives nouvelles à l'Humanité. Le spiritisme nous initie aux mystères de la vie future et du monde invisible en nous montrant sa vraie position dans l'Univers, nous faisant connaître sa double nature - corporelle et spirituelle - révélant ses horizons infinis (p. 325-6).

 

Le spiritisme considère que ces phénomènes vont susciter une plus grande révolution que ceux qui ont été entrepris dans l'Histoire, ouvrant à tous les peuples la perspective ignorée des vies futures (p. 328).

 

Dans le livre, « Le problème d’exister, du destin et de la douleur », nous est révélée sa lucidité d'esprit envers ces questions cruciales. Il révéla dans ce livre un peu de sa vie et des vicissitudes qu’il traversa principalement à la fin de son existence.  

Dans le livre, « Christianisme et Spiritisme », il tissa des considérations sur la morale et sur l'antagonisme science-religion, comme nous pouvons le voir ci-dessous :

 

Le nouveau Spiritualisme fera apparaître, aux yeux de ceux qui cherchent et qui souffrent, la merveilleuse vision d'un monde d'équité, d'amour et de justice, où tout est réglementé harmonieusement avec ordre et sagesse (p. 13).  

 

Dans le livre « La grande énigme », il traita de la difficulté à unir spiritualisme et science officielle. Comme nous pouvons l’observer dans cette phrase : « le Spiritisme sera ce que les hommes auront décidé» (Introduction, p. 9). Voici encore quelques-unes de ses phrases :

 

C'est avec aversion que nous observons la tendance de certains adeptes à mépriser le linéament élevé du Spiritisme, la source des enseignements purs et les hautes inspirations, pour se restreindre au domaine de l'expérimentation terre à terre, à l’investigation exclusive du phénomène physique.

Il prétendait adapter le Spiritisme au maigre fondement de la science officielle  mais celle-ci, entièrement imprégnée des théories matérialistes, est réfractaire à cette alliance. Avec les études spiritistes, une nouvelle science se formera peu à peu, mais il faudra allier à l'esprit du chercheur scientifique « une élévation de la pensée », une sensibilité, des impulsions du cœur, sans lesquelles la communion avec les êtres supérieurs sera irréalisable.

Le succès ne pourra être au rendez-vous, ni le résultat garanti, sans l'assistance et la protection du supérieur, qui ne peut être obtenu si ce n’est moyennant une discipline mentale et une vie pure et digne (p. 10). La médiumnité bienfaisante se structure lentement, par l'étude calme, silencieuse, récolté loin des plaisirs mondains et du tumulte des passions (p. 62).   

 

 

La médiumnité est une fleur délicate qui, pour éclore, nécessite des précautions et des soins réguliers. Elle exige de la méthode, de la patience, d’éminentes aspirations, des sentiments nobles, et, surtout, l’affectueuse sollicitude de l’Esprit du bien qui l’entoure de son amour par ses fluides vivifiants. Souvent, malheureusement, il y a le désir de lui faire produire des fruits prématurés et dès lors cette fleur s’étiole au contact des Esprits attardés (p. 67).

 

Pour terminer, nous transcrivons les lignes suivantes extraites du  livre « Dans l'invisible » :  

 

Il existe chez les deux sexes, d’excellents médiums, néanmoins c’est la femme qui semble avoir les plus belles facultés psychiques. D’où l’importance qui lui est réservée dans la diffusion du nouveau Spiritualisme (p. 75).

 

5.          Charles Robert Richet (1850-1935)

 

Charles Robert Richet a été un homme exclusivement dévoué à la science. Il fut le fondateur du Métapsychique. Son rôle fut fondamental dans le processus de confondre le monde inconnu des phénomènes psychiques. Formé en Médecine (1869) et en Sciences (1878) à la Faculté de Médecine de Paris, il fut enseignant en physiologie dans cette même faculté à l’âge de 37 ans. En 1913, il reçut le prix Nobel pour ses recherches sur l’anaphylaxie. Il édita la « Revue Scientifique » pendant 24 ans (1878-1902) et, en 1917, il fut coéditeur du Journal de Physiologie et de Pathologie Générale de Paris. Il fut le découvreur de la sérothérapie. En 1905, alors président du Pshychical Research Society – (Société de Recherches Psychiques) de Londres, il proposa le nom de Métapsychique à cet ensemble de connaissances, dans lesquelles il inclut la cryptesthésie, la parapsychologie et l'ectoplasmie (17).  

En dehors de sa spécialisation dans le domaine de la philosophie et de la psychologie, il nous a laissé quelques œuvres, mais son œuvre la plus importante a été le « Traité de Métapsychique ». Dans cette œuvre, Richet a introduit de nombreux faits et descriptions détaillées d'expériences psychiques, descriptions historiques et ordonnées qui ont contribué pour beaucoup à la compréhension des phénomènes psychiques en général. Mais sa plus grande collaboration a été dans l'étude de l'ectoplasme (fluides perceptibles émanant du médium) et qui, selon lui, était la substance garante de la viabilité des phénomènes dits objectifs. Il fit des expériences de matérialisation avec les médiums Eusápia Paladino et Marthe Béraud, qui suscitèrent les curiosités de leur époque. Lors de cette dernière expérience, il eut la collaboration de Gabriel Delanne. A cette occasion ils réussirent à ce que la « matérialisation » souffle à travers un tuyau « l’air de leurs poumons », ce qui provoquait un trouble dans le liquide, révélant la présence de gaz carbonique (propriété de la respiration des organismes vivants) (17). Toujours en relation avec ce domaine de connaissances, Richet a écrit plusieurs livres, à savoir : « Le grand espoir », « Sixième sens », « La porte du mystère », «  l'homme et l'intelligence », en dehors de son secteur de spécialisation en médecine scientifique.

Richet a classé l'histoire de la phénoménologie psychique en quatre périodes, à savoir : 1°) Période Mythique, allant des origines historiques jusqu'à Mesmer, (1776) ; 2°) Période Magnétique, de Mesmer jusqu’aux sœurs Fox, (1847) ; 3°) Période spirituelle, allant des sœurs Fox, en passant par Allan Kardec, jusqu’à William Crookes (1872) ; 4°) Période Scientifique, qui va de Crookes jusqu'à ce jour. (17) Les phénomènes métaphysiques ont été classés par Charles Richet en deux groupes généraux : 1) phénomènes subjectifs, qui se produisent exclusivement dans le secteur psychique, sans aucune action dynamique sur les objets matériels, phénomènes qu’Allan Kardec bien des années avant, avait nommés phénomènes intelligents ; 2) phénomènes objectifs, dont la manifestation implique l’action physique sur les objets matériels. Dans le langage spiritiste, ils sont appelés phénomènes physiques. Ce classement est encore utilisé par la Parapsychologie. (17)

Charles Richet a découvert un chemin distinct, strictement scientifique, sans jamais avoir été spirit. Il fut en vérité le successeur expérimental des expériences de Sir William Crookes et de Gabriel Delanne. Nous distinguons ici, sans arrière-pensée, une certaine incompatibilité entre les travaux rigoureusement scientifiques de Richet et la doctrine de Kardec qui, jusqu’à ce jour, n'a pas pu se libérer du « rance » mystique des évangiles, ce qui la rapproche plus d'une religion que d'une doctrine philosophique et scientifique. Cette même critique fut faite par Arthur Conan Doyle, célèbre auteur anglais, créateur de Sherlock Holmes en tant qu’investigateur policier scientifique, dans son livre « L'histoire du spiritualisme ». Il constata qu’à l'époque, le mouvement spiritiste français était déjà totalement dominé par les rites, excepté le seul Gabriel Delanne, qui, très malade, persistait avec sa Société Française d'Études de Phénomènes Psychiques et ses publications dans la revue Le Spiritisme. Il était naturel que Richet, lié d’amitié avec Delanne fut rigide en ce qui concerne la méthodologie scientifique, c’est ce qui lui valut le Prix Nobel de physiologie, en 1913.

Dans le même domaine d’activité, nous trouvons son contemporain Gustavo Geley et Ernesto Bozzano, c’est ce dernier qui a écrit le livre « Métapsychique humain ». En certaines occasions Richet et Ernesto Bozzano divergèrent dans leurs avis, mais sans invalider la contribution que chacun d'eux apportait aux études auxquelles ils se consacraient.

 

Références  de ce chapitre :

 

 1. MATTOS, Luiz de. Racionalismo Cristão. 43.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor, 2004, p. 20.

 2. GLEISER, Marcelo. A dança do Universo. São Paulo: Companhia das Letras, 1998, p. 251-252.

 3. ALLAN KARDEC. Disponible  sur: http://www.universoespirita.org.br/allankardec/kardec_biografia_inicial.htm. accessible le 01/08/05.

 4. KARDEC, Allan – FB – Transcrito de Obras Póstumas – 16.ed.  Disponible  sur :  www.cvdee.org.br/ak.asp. accessible le 01/08/05.

 5. SHROEDER, Gilberto. Sir William Crookes. Revista Espiritismo e Ciência.  Centro Redentor:RJ.2004, v. 2, n. 8, 38/44,

 6. ROLL, Michael. Sir William Crookes Proved Continuing Life Scientifically. Disponible  sur : http://www.rense.com/general32/proved.htm. accessible le 26/07/05.

 7. ANDRADE, Ernani Guimarães. William Crookes. Revista de Espiritismo, n. 35, julho-agosto-setembro 1997. Disponible  sur : http://www.espírito.org.br/portal/artigos/fep/william-crookes.html. accessible le 24/08/05.

 8. INGLIS, Brian. Sir William Crookes (Transcrição pela Sir William Crookes Spiritist Society). Disponible  sur : http://www.sirwilliam.org/html/Sir%20_William.htm. accessible le 26/07/05.

 9. WILLIAM CROOKES. Disponível em: http://www.kardec.com/bio/williamcrookes.htm. accessible le 26/07/05.

10. NANDOR, Fodor. How Sir William Crookes came to Believe in Spirits: History of Florence Cook. Disponible  sur : www.survivalafterdeath.org/experiments.htm. accessible le 26/07/05.

11. ROLL, Michael. Tawdry New Efforts to Attack Sir William Crookes. Disponible  sur : http://www.rense.com/general27/will.htm. accessible le 26/07/05.

12. HINSHELWOOD, Cyril Norman. William Crookes Biography – Dictionary of National Biography. Disponible  sur : http://www.sirwilliam.org/html/Sir%20_William.htm. accessible le 26/07/05.

13. REGIS, Marcelo Coimbra. Gabriel Delanne. Disponible  sur : http://www.espiritnet.com.br/Biografias/biogabr.htm. accessible le 30/07/05.

14. GABRIEL DELANNE. Disponível em: http://sgny.org/main/Biographies/bio_GD.htm. accessible le 24/08/05.

15. GABRIEL DELANNE, APÔTRE DU SPIRITISME.  Disponible  sur http://spirite.free.fr/csl-delanne.htm. accessible le 20/07/05.

16. PIRES, J. Herculano. Leon Dennis, apóstolo do Espiritismo. Disponible  sur http://www.universoespirita.net/edicoes/1999/ed36/p4.html. accessible le 24/08/05.

17. CHARLES ROBERT ROCHET. Disponible  sur : Disponible  sur : www.terraespiritual.locaweb.com.br/Espiritismo/biografia28.html. accessible le 30/07/05.

 

 

CHAPITRE VII

 

 

L'AVÈNEMENT DU RATIONALISME CHRÉTIEN

 

 

Distinguer le vrai du faux est le seul moyen de discerner les actions avec clarté et d’avancer avec assurance, dans la vie. Une parfaite connaissance de tout ce que l’on peut posséder est nécessaire pour réguler nos habitudes de la même manière que l'utilisation des yeux sert à guider nos pas. Apprendre à bien penser est le précepte de la morale (1). René Descartes, philosophe et scientifique.

 

 

Les phénomènes de la vie hors de la matière ont toujours semblé et semblent étranges à tous ceux qui se désintéressent de l’investigation et de l’étude de leur véritable nature ou qui les observent avec perplexité et indifférence.   

La connaissance de la vie hors de la matière est aussi vieille que le monde. De grands philosophes et scientifiques, depuis les temps les plus éloignés et dans plusieurs pays, ont semé les graines de la nécessité de telles connaissances. Mais l'action de personnes finaudes et influentes de tout temps a retardé la diffusion de celles-ci. Ces personnes, uniquement soucieuses de leurs propres intérêts matériels et de ceux des minorités gravitant autour d’elles, se sont toujours opposées à ces idées.   

Par le passé, des enseignements spiritualistes de grande valeur, de nature éthique et morale, ont été diffusés dans des régions et des pays de l'Asie (Inde et Chine), au Moyen-Orient (Palestine), en Afrique (Égypte) et en Europe (Grèce et Italie). Krishna, en Inde, 2.300 ans environ avant le Christ, proclamait déjà l'existence de l'Intelligence Universelle et l’immortalité de l'âme à travers de multiples réincarnations : « Le corps a une fin, mais l'âme qui l'habite est invisible, impondérable et éternelle (1) ». En Chine, nous avons Bouddha, qui, il y a plus de 2.500 ans, a propagé ses nobles enseignements. Dans la Haute Égypte, nous trouvons Hermès Trismégiste, qui avait proclamé que « l'Intelligence Universelle est la seule Force Créatrice de tout ce qui existe dans l'Univers et que ses attributs sont l'immensité, l'éternité, l'indépendance, la volonté toute puissante et la volonté sans limites (1) ». En Grèce ancienne nous avons Socrate et Platon, environ 300 ans av J.C., qui, d’après les enseignements qu’ils nous ont laissés, font preuve de cette grande certitude : « L'ignorance de la Vérité est l’un des plus grands maux qui affligent le monde ». Jésus en Palestine leur succédant, dit : « seule la vérité pourra libérer l'humanité de l'ignorance et la préparer à l'accomplissement du devoir (1) ». Cicéron à Rome, environ 50 ans av J.C., proclamait ses quatre principes : perspicacité de l'esprit ou pondération, justice, valeur ou grandeur d'esprit et modération (1). En avançant jusqu'au XVIIIe siècle, nous avons René Descartes, en France, en 1750, qui affirme : « Distinguer le vrai du faux est le seul moyen de discerner les actions avec clarté et d’avancer avec assurance dans la vie. Une parfaite connaissance des choses que l'homme peut posséder est aussi nécessaire pour réguler ses habitudes que l'utilisation des yeux l’est pour guider ses pas. Apprendre à bien penser, est le début de la morale » (1).    

Au chapitre précédent, nous examinions les pionniers scientifiques et chercheurs, les libres-penseurs qui n’ont pas hésité, durant la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, à braver l'opinion très défavorable tant du public que de la science officielle sur l'étude des phénomènes psychiques.  

Au Brésil, en 1910, est apparu le Spiritisme Rationnel et Scientifique Chrétien, une doctrine éclectique avec des fondements scientifiques, philosophiques et spiritualistes, lequel est dénommé actuellement Rationalisme Chrétien, avec pour objectif de spiritualiser l'humanité.

 Nous allons consacrer ce chapitre aux fondateurs et consolidateurs de cette doctrine, en faisant une brève observation historique sur leurs personnalités. La présentation ci-dessous apparaît dans l'ordre chronologique de la naissance de ces hommes valeureux qui ont bravé l’impénétrable monde spirituel.

 

1.      Luiz de Mattos (1860-1926)

 

Luiz José de Mattos Chaves Lavrador (2, 5), qui de manière plus simple, adoptait le nom de Luiz de Mattos, est né à Chaves, au Portugal. Il émigra au Brésil en 1873, à l’âge de 13 ans, où il fit ses études au Collège São Luiz, à Rio de Janeiro.

À la fin de ses études, il s'est établi à Santos - São Paulo, en qualité de commerçant dans l’exportation de café à Santos et à Rio de Janeiro où il établit une filiale de son commerce. Il s'est diversifié dans d’autres secteurs d’activités tels que la collecte de déchets et la boucherie à Rio de Janeiro.  

En qualité d’homme d’affaires, il fut très respecté dans la société de Santos, pour avoir créé plusieurs entreprises. Très tôt il s’est tourné vers les œuvres caritatives. Encore jeune, il a réalisé de nombreux travaux humanitaires, en créant la Société Humanitaire des Employés du Commerce et le Réal Center portugais de la Colonie portugaise de Santos. Toujours dans cette ville, il a été le Président de la Réelle Société de Bienfaisance de Santos et a été l’un des grands bienfaiteurs de l'Asile pour l'Enfance Défavorisée.

Luiz de Mattos a été un grand abolitionniste et un ami dévoué de José do Patrocínio, Júlio Ribeiro, Campos Sales, Bernardino De Campos, Luiz Gama et tant d’autres, tous de grands abolitionnistes, cause pour laquelle il s'est battu jusqu'à la promulgation des lois de libération des esclaves. Invité à prendre part à la politique, il déclina l’invitation. En 1887, il a été désigné Vice-consul du Portugal à Santos et  a reçu plusieurs titres honorifiques dont  celui de Commandeur. Concernant les titres honorifiques, il disait : « Il est préférable de ne pas les avoir et les mériter, que de les avoir sans les mériter».  

Dans sa vie privée, ce fut un homme dévoué à sa famille. Il avait une bibliothèque impressionnante. A ses moments de détente, il se livrait à la lecture et dévorait les enseignements des œuvres de grands penseurs en tout genre. Ce fut aussi un grand précurseur du mouvement écologique pour avoir été un amoureux de la nature, se réfugiant dans la forêt dès qu'il le pouvait. Ses filles étaient traitées avec austérité, mais avec une bonté sans limites. Il leur prodiguait une éducation formelle et leur enseignait la bonne morale chrétienne. Enfin, il était austère, méthodique et discipliné et avait du temps pour tout.

Luiz de Mattos n'avait aucune religion. Matérialiste jusqu'à l’âge de 50 ans, il étudia et analysa les différentes religions à travers l'histoire et conclut que celles qui n'étaient pas affiliées à la mythologie étaient vilipendées. Parmi environ huit mille sectes et religions répertoriées dans une statistique de Barcelone, il a retenu la religion catholique, mais n'était pas d'accord avec la représentation que cette religion faisait de Jésus-Christ. Il était un libre penseur, matérialiste honoré, avec pour seules religions la famille et le devoir, qui étaient ses raisons d’être.  

Luiz de Mattos, à cette même époque, a été foudroyé par une attaque cardiaque, qui le conduisit à l’article de la mort. Après avoir recouvré sa santé et suite à une discussion avec son médecin, celui-ci lui suggéra d’expérimenter le Spiritisme. Il abominait cette pratique au point de faire copier à ses filles des textes contre le spiritisme et résista aux conseils reçus. Mais, face à tant d’insistance de la part de ses amis, et de Luiz Alves Thomaz, commerçant aussi, dont la succincte biographie est faite ci-dessous, il finit par se laisser convaincre de pratiquer le Spiritisme.  

Un jour, il s’est rendu avec ses amis jusqu'à la porte d'une maisonnette où siégeait un centre spiritiste. À son arrivée, il fut convié à présider les travaux, ce qui le stupéfia car il n’avait jamais pratiqué ce genre d’exercice. Mais devant l'insistance des personnes présentes, il finit par accepter. Ce qu’il vit alors le fit réfléchir sur les phénomènes spirituels. Il examina avec grand soin l’écriture médiumnique (psychographie) des médiums. A partir de ce moment débuta sa réflexion sur la Force hors de la Matière.

Le jour suivant, Luiz de Mattos assura à nouveau la présidence de la session, où une communication astrale en français reçue par un médium, fut transmise et enregistrée sans erreur de diction. Ce fait l’avait sérieusement étonné. Après la session, il demanda au médium si elle avait une instruction en français la priant d’écrire quelques mots en français, afin de s’assurer qu’il n'était pas victime d’une duperie ou d’une quelconque mystification. Rassuré sur les conditions morales, matérielles et intellectuelles du médium, il fut convaincu qu'un phénomène extraordinaire venait de se produire.    

Il relata à ses amis Luiz Alves Thomaz et les autres cette expérience qui lui avait causé un grand effarement. Suite à cet événement, il porta un grand intérêt à l’étude et la méditation des faits observés. Luiz de Mattos s’était toujours intéressé aux causes, afin d’obtenir une explication sensée et acceptable ou non sur les effets produits.   

Il continua à fréquenter les sessions spiritistes et constatait des phénomènes extraordinaires qui se produisaient. Il y eut entre autres, la manifestation d’un esprit en anglais par l’intermédiaire d’un médium dont la clarté du message était sans équivoque alors que le médium n’avait aucune connaissance de la langue anglaise. Il apprit par la suite que les enfants du médium étaient atteints de la tuberculose, maladie incurable à l'époque, qu’ils étaient traités avec des plantes de la forêt brésilienne d’après une recette médiumnique et qu’ils étaient en voie de guérison. A la fin de la session, il y eut la manifestation d’un esprit très agressif qui défiait et insultait grossièrement Luiz de Mattos, disant se nommer Inácio de Loyola lequel avait été un jésuite lors de son incarnation. Luiz de Mattos méconnaissant encore beaucoup les phénomènes psychiques, face à une situation d’un tel réalisme, enfonça subitement la main dans sa poche comme s’il voulait sortir un revolver. Le Prêtre Antônio Vieira, président astral, intervint et endoctrina Luiz de Mattos, l’informant de sa mission en qualité d’endoctrineur :  

.

- Calme-toi ! (lui dit-il) Lorsque tu viens ici, laisse ce geste à la maison. Ne vois-tu donc pas que le médium est un simple porte-parole des esprits ? Comment vouloir agir de la sorte, puisque tu ne pouvais ni tirer ni tuer l'esprit ? Sois patient, étudie et je t’aiderai ; c'est à toi qu’il appartient d’endoctriner, non seulement celui-ci, mais des milliards d’autres qui viendront à toi et c’est ainsi que tu devras m’aider à nettoyer l'atmosphère terrestre des jésuites qui y sont, errant et pratiquant de manière encore plus virulente des crimes auxquels ils s’adonnaient lorsqu’ils étaient incarnés. Tu t'es réveillé très tard. Tu devais, à 26 ans, t’initier à ces travaux à mes côtés, mais puisqu’il a fallu que la maladie te bouscule et te rappelle que la vie ne descend pas dans la tombe mais qu’au contraire elle monte dans l'espace pour se lier à d’autres vies, tu ne peux plus perdre de temps. Aide-moi, mon fils et étudie. D’autres se joindront à toi pour poursuivre la belle doctrine du Christ. Cet esprit qui vient de se manifester est celui d’Inácio de Loyola, qui a été ton compagnon et le mien durant diverses incarnations. Il y a 400 ans qu’il erre dans l'atmosphère terrestre, tel un terrible et obsédant chef de grandes phalanges. Il te revient de l’endoctriner et lui démontrer l’erreur dans laquelle  il vit ». Ce fut à cet instant-là que Luiz de Mattos fut asservi dans sa véritable mission !

 

Après cet épisode très marquant et après avoir clôturé la session, plus jamais il n'a manqué les travaux spirituels dans ce Centre qui était pauvre matériellement parlant, mais riche en lumière, en intelligence et en savoir.  

Lors de la session suivante, Loyola s’est encore manifesté et, sachant que Luiz de Mattos était là sous la présidence Astrale du Prêtre Antônio Vieira, Loyola a pu parler longuement. Soudain, Luiz de Mattos se lança dans une longue dissertation sur la nature, faisant allusion à Dieu qui n’a aucune similitude avec l'homme, mais avec une Intelligence Universelle. Il irradie partout où subsiste la vie. Loyola fut surpris par ce discours émanant de son ex-compagnon jésuite Frère Bernardo ou Saint Bernard qui soutenait un long dialogue, sous les éclaircissements de Luiz de Mattos lui ordonnant de regagner son monde d’origine. Nous arrêtons là la transcription du long dialogue et vous renvoyons à la lecture de la référence (2), d’où nous avons extrait toutes ces informations.  

Plus tard, les compagnons de Luiz de Mattos présents à cette session lui ont dit qu’ils étaient impressionnés par ce qu’ils avaient entendu et il leur répondit ne plus se souvenir de ce qu’il avait dit et que tout cela lui était venu sur le moment, ne sachant même expliquer comment définir l'Intelligence Universelle, lui qui avait été jusqu'alors, matérialiste et sceptique, ne croyant pas à la divinité de l’image du Christ donnée par les religions. Néanmoins, après avoir analysé l’œuvre du Christ, il avait conclu que le Christ avait été un homme combatif, valeureux et capable de réagir à toutes les insultes dans l’adversité.  

Luiz de Mattos, cependant, ressentait toujours la suspicion à l’encontre du Spiritisme de bas niveau et, comme il avait vu tous ceux qui avaient eu ce genre de pratiques finir dans la misère, il pensa à sa famille, à ce qu’il devrait dépenser pour la création d'une Institution à la hauteur d’une aussi belle Doctrine et craignit de ne pas pouvoir assumer seul, une si grande responsabilité. Beaucoup d’autres phénomènes ont été nécessaires pour que l’âme investigatrice de Luiz Mattos ne vacille plus. Ainsi, sur l’insistance et avec l’assistance de l'Astral Supérieur, il étudia intensivement durant une année et demie jusqu'à ce qu’il prit conjointement avec Luiz Alves Thomaz qui assuma  la partie matérielle, la décision de commander l'implantation d’une aussi belle Doctrine.  

C’est ainsi qu’a été initié le Rationalisme Chrétien, en 1910, dans la ville de Santos, sous le nom de Spiritisme Rationnel et Scientifique Chrétien. Aujourd'hui la Doctrine, se nomme Rationalisme Chrétien, elle est implantée et en constante croissance dans 20 pays, avec environ 160 filiales.

 

2.      Luiz Alves Thomaz (1871-1931)

 

Luiz Alves Thomaz (3, 5) né au Portugal, vint au Brésil à l’âge de 15 ans à la recherche de meilleures conditions de vie, comme l’ont fait plusieurs immigrés portugais. C’était un battant, doté d’une grande capacité de travail, il réussit à passer de la pauvreté à la richesse avec dignité et courage, grâce à sa grande vision dans la création et la direction des affaires.  

Ce grand homme, extrêmement simple, d’une forte personnalité, énergique, travailleur, prudent et déterminé, s’est consacré au travail durant toute sa bénéfique existence, afin que ses importants profits soient reversés aux services caritatifs, aux refuges, hôpitaux, écoles et institutions d'assistance.

Son nom est perpétué dans l'histoire du Rationalisme Chrétien au côté de la figure la plus emblématique, celle du  codificateur de la Doctrine Rationaliste Chrétienne, Luiz de Mattos.

Après la reconnaissance des faits et phénomènes avérés durant les premières sessions de nettoyage dans le centre spiritiste où furent initiées les études sur le Spiritisme selon les intuitions reçues des Forces Supérieures, conscient de la vie hors de la matière et, renforcé par les mêmes idéaux, il s'est joint à Luiz de Mattos et ont établi ensemble le Spiritisme Rationnel et Scientifique Chrétien.  

Luiz Thomaz a été un ami inconditionnel de Luiz de Mattos, mettant à la disposition de ce dernier le patrimoine nécessaire, afin que rien ne puisse lui manquer pour la codification et l'implantation de la Doctrine. Luiz Alves Thomaz, symbolise la vertu en amitié. Nous devons prendre l’exemple du désintéressement sur ce grand esprit dans ce qu’il fut en tant qu’être humain et dans ce qu’il représenta pour la fondation du Rationalisme Chrétien. Ce fut et c’est encore l’un des piliers de la pensée rationaliste chrétienne, servant d’instructeur à toute créature éclairée, non seulement par son histoire, mais aussi par les messages opportuns qu’il nous transmet.

 

3.      António do Nascimento Cottas (1892-1983)

 

António do Nascimento Cottas (4, 5), né à Sirvuzelo au Portugal est arrivé au Brésil encore jeune, il a assumé la direction du Rationalisme Chrétien à Rio de Janeiro en 1926 comme successeur de Luiz de Mattos. Il avait exercé la profession de commerçant à Rio de Janeiro et par la suite il fit une formation en Droit et exerça pendant quelques années la profession d'avocat. Par la suite, libéré complètement de ses engagements matériels et professionnels, il s'est consacré corps et âme à la divulgation et à l’expansion de la doctrine Rationalisme Chrétien.  

António Cottas – c’était son nom abrégé - avait un tempérament persévérant grâce à l'énergie de son esprit et à la robustesse d'un organisme favorisé par la vie qu’il menait, méthodique et disciplinée, sans vices et sans tout ce qui peut compromettre la santé, le caractère et la conduite de l'être humain sur le plan terrestre. Ses vertus étaient latentes et très tôt elles se sont dévoilées, révélant son amour pour le travail et le dévouement pour l'accomplissement de ses devoirs. António Cottas était toujours respectueux et respecté de tous. Pour cette raison, son caractère scintillait alors qu'il était discret et toujours dépourvu de toute vanité, de tout sentiment de prépotence, mais il savait s'imposer dans ses actions et ses idées. António Cottas était sévère, vrai et il ne nourrissait pas de sentiments discriminatoires. Nous nous souvenons que, dans son environnement de travail il recevait toujours tous ceux qui venaient vers lui avec beaucoup de respect et d’humilité et cela se faisait avec satisfaction et simplicité.

Ainsi sont les hommes qui se différencient de la complexité de l'existence humaine, où les uns vivent plongés dans l'avidité du pouvoir et de l'ostentation, alors que les esprits clairvoyants comme António Cottas sont opposés aux promotions, honneurs, titres, etc. dont il fut souvent récompensé.

António Cottas a été un bastion du Rationalisme Chrétien dans les années difficiles de l’implantation du Rationalisme Chrétien, il présida la doctrine durant 57 ans, de 1926 à 1983. Laissant à tous ceux avec qui il avait cohabité des modèles évidents d’un grand administrateur, travailleur et exemplaire toujours tourné vers le bien de tous et vers l’élargissement de la Doctrine, il fut alors admiré et respecté par tous.

 

 

4.      Vision d'Avenir - Conclusion

 

Nous savons tous que ni la science ni la philosophie ni aucune doctrine ne peut être considérée comme achevée. L'humanité évolue et avec elle les sociétés et les cultures qui l’accompagnent. Allan Kardec, dans « La genèse », a écrit : « Avançant de pair avec le progrès, le Spiritisme ne sera jamais désuet, car si de nouvelles découvertes démontrent qu’il fait fausse route sur un point quelconque, il saura se remettre en cause. Si une vérité nouvelle se révèle, il l’acceptera ». Charles Richet lui-même a admis que « son premier Traité de métapsychique tomberait en désuétude, car les progrès de cette nouvelle science seraient rapides ».  

Ainsi, tout comme Kardec et les métapsychistes croyaient en un rapide progrès des sciences psychiques, le Rationalisme Chrétien aussi, qui est une doctrine scientifique philosophico spiritualiste, ayant l’un de ses fondements dans l'évolutionnisme, continue à éclairer les personnes et les peuples sur les choses sérieuses de la vie.

En vérité, des chercheurs spiritualistes tels qu’Allan Kardec, William Crookes, Richet et Luiz de Mattos ne se présentent pas aussi fréquemment. Nous constatons que les scientifiques actuels ont dévié les recherches psychiques vers le domaine matériel de l'être, en attendant de trouver dans la matière les explications aux nombreux phénomènes d’agissement de la Force Intelligente - l'Esprit. À partir de là s’offrent à nous beaucoup de travaux  dans le domaine Métapsychique - « science qui a pour objectif les phénomènes mécaniques ou psychologiques dus à des forces qui semblent intelligentes, ou à des pouvoirs méconnus, latents dans l'intelligence humaine», ainsi que dans le domaine du Parapsychologique, avec par exemple le professeur J.B. Rhine de l'Université de Duke aux États-Unis et d’autres qui ont suivi ses pas.

De nombreuses questions comme : quelle est la nature de la Force Intelligente ? Qu’est ce que la conscience ? Quel est le centre de nos mémoires, D’où venons-nous ?  Où allons-nous ? Que faisons-nous sur cette planète ? Qu’est ce que l'évolution spirituelle ? Comment débuta l'univers ? Et bien d’autres questions, restent sans réponse de la part de la Science. Il ne suffit pas d'étudier, de classer et d’enseigner, il faut réellement comprendre ce que sont l'être et la vie et qu’en faire dans l’intérêt de la spiritualisation des peuples.

Nous espérons qu’au cours de ce siècle, cette situation changera et que de nouvelles lumières seront diffusées scientifiquement sur toutes ou au moins sur certaines questions transcendantales de l'homme, permettant d’accélérer son progrès matériel et spirituel sur la planète.

 

 

Références  de ce chapitre :

 

 

 1) MATTOS, Luiz de. Racionalismo Cristão. Centro Redentor – 43.ed. Rio de Janeiro: Casa Publicadora , 2004, p. 20.

 2) COTTAS, Antonio do Nascimento. Assim surgiu o Racionalismo Cristão. Racionalismo Cristão. Disponible sur : http://www.racionalismo-cristao.org.br. Accessible le 02/08/05.

 3) GOMES, João. Luiz Alves Thomaz. Jornal A Razão. Cidade,  dia?, Agosto, 2004, p.1.

 4) GOMES, Maria Teresa. Antônio do Nascimento Cottas, um rastro luminoso. Jornal A Razão. Junho, 2005.

 5) COTTAS, Antônio Nascimento. Prática do Racionalismo Cristão.  12.ed.Rio de Janeiro. Casa Publicadora, ano, p. 31-34.

 

 

 

 

CHAPITRE VIII

 

LA FORCE INTELLIGENTE

 

 

Il doit exister un monde invisible de l'esprit qui incite les transformations dans le monde de la matière, et l'évolution de notre planète doit recevoir l’orientation et l’assistance externe d'intelligences supérieures et invisibles, auxquelles l'homme est réceptif en tant qu’être spirituel. En outre, ces intelligences très probablement existent dans les êtres de niveau spirituel supérieur au nôtre.

World of Life - Alfred Russel Wallace

(Contemporain de Charles Darwin)

 

Une Science qui a pour fondement uniquement la matière organique, n'est pas une Science.

La matière est le fait et non la cause. La cause, le principal motif, le principal but, est l'Esprit, la Force qui incite et meut la Matière. Les hommes cherchent à étudier minutieusement ce que les yeux perçoivent et les mains palpent, mais non ce que l'esprit sent et doit savoir. Etudier ce qui se voit, tout en étudiant aussi ce qui se sent. Vouloir étudier et comprendre la vie hors de la matière organique est le devoir de tout homme studieux, intelligent et sagace. Extrait d'une manifestation de l'esprit de Carlos Chagas, Rationaliste Chrétien, médecin et scientifique.

 

1.     Traits Généraux

 

Dans le chapitre sur l’Évolution, nous avons examiné l'action de la Force dans chacun des règnes de la nature, mais nous n’avons pas souligné les attributs de cette Force, responsable de la diffusion de la vie dans tous les règnes de la nature, ainsi que dans les primitives structures atomiques et moléculaires du règne minéral. Il s'agit de la Force Intelligente, qui est auto-gouvernable, auto-expressive et auto-manifestante dans toutes les formes de vie observables. Dans ce chapitre, nous allons approfondir un peu plus la nature et l'évolution de la Force Intelligente.  

 

Lorsque nous disons qu'il y a une cause intelligente, nous ne nous référons pas aux Dieux des religions, ni aux idées que les religieux de toutes religions ont sur Dieu, encore moins à un Dieu ultra-mathématicien (ce qui relève de la théorie des probabilités), ni à  l'infini du calcul infinitésimal ni à l'Infini Universel. Nous évoquons une autre forme de compréhension de cette cause intelligente. Nous évoquons des causes ou agents encore inconnus de la Science officielle, causes supra-galactiques ou intergalactiques et non pas surnaturelles, car le naturel n'est pas uniquement ce qui est visible de nos pauvres yeux terrestres.

Ceux-ci voient les objets et les choses qui reflètent seulement la lumière visible, une infime fraction de l’amplitude du spectre électromagnétique. Les scientifiques parlent beaucoup de réalité et divinisent ce concept comme s'il s'appliquait seulement au monde matériel. Comment serait cette réalité, par exemple, si nos yeux physiques amplifiaient une portion plus grande du spectre électromagnétique, par exemple, si nous avions des yeux pénétrants comme les Rayons X ? Ce que nous voulons dire c’est que toute réalité, qu’elle soit objective ou subjective, est toujours relative. Cela signifie que l'évolution ne se limite pas uniquement aux formes matérielles et matérialisées, mais aussi à la Force, à l'essence, à l'Esprit.

La Force (type), qui renferme l'Esprit (nature supérieure de la Force), évolue toujours et cette évolution commence dans les atomes, depuis le plus simple (hydrogène) jusqu'au plus complexe élément chimique naturel (l’uranium) autant dans le règne minéral, que végétal et animal, comme nous l’avons vu au chapitre III où nous traitions de l'Évolution. Tous les corps sont des atomes qui se structurent sous des formes de plus en plus complexes, sous l'action de la Force, tout au long de l’évolution. En effet, l'Univers et tout ce qui y existe a une histoire et cette histoire est loin, très loin d'être totalement connue de l'Homme. Peut-être, nous, en tant qu’êtres humains, avons-nous déjà traversé une extraordinaire évolution, sans que nous ne le sachions, donc l'évolution est un processus excessivement lent et ses effets, malgré la rapidité de l'évolution humaine, ne seront observés qu’à long terme. Ne soyons tout de même pas utopistes, à la pensée d’une évolution vers une « super-espèce » humaine, capable d'utiliser, par exemple, la télépathie comme élément biologique de réception et transmission de pensées, puisque l'utilisation de la télépathie dans cette actuelle étape de l'évolution humaine aurait causé d’énormes implications sociales et donc ne pourrait pas pour cette raison survenir du jour au lendemain. 

L'Homme, en tant qu’esprit et corps (Force et Matière), est un éternel voyageur cosmique et a une trajectoire évolutive à accomplir ici sur Terre, en participant à l'Évolution de tout l'ensemble cosmique. Force et Matière sont les composantes basiques de tout ce qui existe dans l'Univers. Ces composantes sont présentes partout, dans l'Univers tout entier, en tant que composantes essentielles ou sous forme structurée. C'est la Force Intelligente qui a façonné la Matière, dans un processus incessant et complexe d'agrégation et de désagrégation. Par ces processus d'agrégation et de désagrégation, la Force organise et transforme l'environnement pour permettre l'évolution de ses particules intelligentes qui, sous leurs nombreuses formes évidentes, sont constamment en action sur les organismes en leur apportant la vie, particulièrement chez l'Homme. En 1910, Luiz de Mattos (1) expliquait déjà dans son œuvre, « Pela verdade »l’action de l’esprit sur la matière, pages 231-233, comment procède l'action de la Force sur la Matière :  

 

La Force, l'Intelligence Universelle, est l'élément essentiel créateur de tout ce qui existe. Cette Force, parcellisée, s'observe facilement :

 

 a) dans les corps solides, comme le cristal, qui, après avoir été fragmenté se refait, obéissant aux lignes géométriques de son espèce, ce qui dénote l'action d'un élément intelligent et directeur ;

 

 b) dans les végétaux, dans leur diversité et leur délicate constitution, depuis les graminées, les fleurs, les arbres merveilleux, [...].

 

c) dans le règne animal, irrationnel, depuis l'animal domestique le plus doux, le plus docile, jusqu’aux plus féroces ;

 

d) dans l’action de mouvoir, agir, penser, parler, rire et pleurer de l'être humain [...].

 

Chaque corps vivant contient une particule de la Force en évolution, en ascension, d’où le principe qu’il n’existe pas deux choses ou deux êtres semblables dans la nature [...].  

 

Il n’est pas nécessaire de recourir au miracle, au surnaturel, à l’étrange, ou aux diverses doctrines, sources de théories absurdes et totalement contraires à la vérité et aux lois communes et naturelles qui régissent tout, pour avoir la certitude de l'existence réelle de la Force, de l'intelligence et de la matière ; il suffit que chaque être s’autocontrôle, se mette en condition de méditation, pour ainsi tout observer, voir, sentir et s’en convaincre [...].  

 

Les diverses dispositions, ou catégories de force, sont toujours en évolution, en ascension, bien que lentement, parce que tout progresse et rien ne rétrograde ni ne stationne. Mais cette progression ne concerne que la Force, l'intelligence, parce que la matière existe déjà telle qu’elle se doit et selon la nécessité, sous ses diverses formes [...].

 

Toujours dans la même œuvre (1), Luiz de Mattos affirme que :

 

La Force est aussi appelée Intelligence Universelle, Lumière, source de vie pour tous les êtres, et cette Force, fragmentée dans le monde physique, organise, incite et meut tous les corps des règnes de la nature.   

Cette Force, cette Intelligence Universelle qui est aussi appelée Grand Foyer, peut être observée dans les différents règnes de la nature, et peut être ressentie par l'être humain en lui-même, à tout moment. Comme on le verra plus avant elle n’appartient pas à la Terre, elle arrive sur Terre sous forme de particules de divers degrés, et reste sujette aux lois du progrès de tous les êtres.

 

C’est en vertu de ces lois communes, naturelles et immuables, que cette Force parcellisée incite et meut les corps visibles et même ceux que les yeux ne voient pas, mais qui existent, tout autour de nous [...].

 

Tout au long de cette interminable trajectoire évolutive, la Force couvre tous les règnes de la nature - le minéral, le végétal et l'animal. Durant tout ce long parcours, elle amasse toujours et toujours plus de Force et plus d’Intelligence, traversant de multiples et différentes expériences et coutumes, jusqu'à atteindre un niveau d'« information » suffisant. À partir de là, la Force s'habilite à évoluer sous la forme humaine, état dans lequel elle dispose d’une conscience et d’une intelligence basiques, développées à travers toutes les étapes précédentes, lequel état lui permet alors pour la première fois d’être capable d’utiliser l'attribut du libre-arbitre, qui n’est rien de plus que la propre volonté. Avec cet attribut ou faculté, la Force Intelligente, c'est-à-dire l’Esprit, qui est la Force individualisée chez l'homme, permet à ce dernier de faire des choix entre plusieurs options intelligentes et d’assumer la responsabilité de ses actions, ce qui n’est pas le cas dans le monde animal.     

D’après ce qui a été exposé, on peut déduire que l'Esprit est chez la créature humaine la Force Intelligente individualisée et auto-déterminante qui possède l'attribut du libre-arbitre. L'évolution se fait à un rythme très rapide et même accéléré, ce qui est vérifiable lorsqu’on compare la présence des ancêtres de l'homme sur Terre il y a seulement environ deux millions d'années par rapport à une histoire évolutive vieille de trois milliards et demi d'années. À l’échelle du temps, cela représente uniquement 0,06% de tout le temps évolutif sur Terre. Qu’est-ce qui a bien pu influencer de façon aussi décisive la vitesse de cette évolution ? Il est évident que c’est l'utilisation du libre-arbitre, lié à trois autres importants attributs de l'esprit qui sont : l'intelligence, le raisonnement et la créativité. Cette comparaison est plus surprenante encore lorsque nous remarquons que la segmentation de l’échelle du temps de l'évolution humaine n’est possible que depuis ces trois cents dernières années, permettant l’accélération de la connaissance humaine des centaines voire des milliers de fois plus rapide, tandis que l'évolution biologique chez l'homme est très loin d’avoir suivi ce rythme ! Ceci est une constatation qui reflète la supériorité de l'esprit sur la matière.  

Mais il est bon d'avoir toujours à l’esprit que le libre arbitre  est une arme à double tranchant, pouvant être utilisée pour le bien ou le mal, selon l’usage que l'être humain fait des enseignements de la vie. C'est le libre arbitre  qui a fourni et continuera à fournir à l'être humain les conditions pour avancer plus rapidement ou non vers la perfection maximale qui ne peut être atteinte sur ce plan de l'existence. Il est évident qu’en utilisant son libre arbitre  pour le mal, l’être humain retardera son évolution, et perdra un temps précieux, absorbé par les sensations de la matière. Il est aussi facile de comprendre pourquoi l'évolution de l'intelligence émotionnelle, qui se situe en dernière position, ne peut être réussie en une seule vie ou une seule incarnation. Pour réussir son évolution, l’intelligence émotionnelle se doit de traverser des centaines, voire des milliers d’incarnations afin d’éliminer les instincts d’animaux et d’épurer les sentiments par la traversée de diverses épreuves et d’outrepasser de pénibles conditions afin d’apprendre, comprendre et discerner tout ce qu’elle aurait pu appréhender en quelques dizaines de vies seulement.     

D'autre part, l'être humain évolue aussi en groupes, dans les sociétés et les cultures les plus diverses. Il est aussi évident que l'évolution des êtres humains réalisée en grands groupes incite certains êtres à demeurer d’incessants attardés à cause de la mauvaise utilisation de leur libre arbitre  ou par fainéantise face à l’effort qu’ils se doivent de fournir. Ainsi, au long de plusieurs vies, de tels êtres se détachent peu à peu de ceux avec qui ils avaient initié leurs étapes évolutives en direction de la voie menant à la perfection totale. Nous pouvons faire une analogie bien rationnelle, en pensant par exemple à un élève recalé à un certain niveau scolaire, qui voit ses autres amis avancer en classe supérieure. Celui-ci éprouve une sensation de frustration, de régression. Puisque tous sont liés par des liens affectifs tissés à travers les expériences communes par lesquelles ils sont passés tout au long de leurs multiples vies, celui restant à la traîne sent une grande douleur dans la séparation ou l’éloignement d’avec ses semblables. Son désir serait d’accélérer plus encore son apprentissage pour rejoindre le groupe auquel il appartient.  

C'est de cette stimulation et impulsion occulte que résulte la grande force que nous avons, avec pour objectif de préserver la vie et qui incite l’individu à outrepasser les barrières et les obstacles, en fournissant une très grande volonté à surmonter son propre retard et pouvoir recommencer un nouveau parcours dans ce monde-école qui est la Terre, ceci afin de participer à de nouvelles expériences qui permettent de rattraper le retard et d’atteindre une plus grande évolution, de préférence au côté de son groupe évolutif. Ceux qui, en initiant une nouvelle vie, se détournent des conditions et des dispositions qu’ils ont eux-mêmes établies et qui continuent à engendrer de nouveaux retards, perdent leur temps et rétrogradent, car l'évolution ne s'arrête pas et tout le groupe a besoin de continuer. C'est donc la raison pour laquelle beaucoup mettent plus de temps à atteindre la perfection totale.

Cette vision évolutive globale est à l'opposé de celle couramment adoptée par les scientifiques. Ceux-ci ont établi que tout ce qui existe est fait de matière et que tout peut être réduit en particules élémentaires de matière - les dénommés, improprement, blocs ou briques de construction de l'univers. En fonction des interactions, les atomes sont formés et, à partir de ceux-ci, se forment les molécules et par ce principe ascendant, se crée l’ADN, l'acide désoxyribonucléique (la double hélice) composant des gènes, qui à leur tour sont contenus dans les cellules. Bien que tout soit ainsi et si matériellement tout est ainsi, où se situe donc la force essentielle, la force intelligente ? Nous sommes arrivés au point de réexaminer les concepts de génération spontanée, propagés au XIXème siècle par l'éminent médecin et chercheur français Louis Pasteur. Où se trouvent le libre-arbitre, l'intelligence, la conscience, les pensées, les sentiments, etc., qui sont les éléments immatériels et les attributs propres de l'esprit ? Qu’y a-t-il dans le cerveau, lui qui est matière, outre les neurones, synapses et neurotransmetteurs ? Où est relégué le libre-arbitre, ressort maître de l'évolution humaine ?

Celles-ci et d’autres nombreuses questions seront examinées tout au long de ce chapitre ainsi que dans les prochains chapitres de la seconde partie de cette œuvre, en adoptant un point de vue opposé à celui de la science officielle. Par cette approche ici exposée, il est établi que c’est la Force Intelligente qui a fait les « premiers pas» sur Terre à travers l'évolution dans les règnes de la nature pour qu’enfin l'Esprit continue son évolution chez l'homme lui-même. Nous aimerions dès à présent, faire une distinction basique : l'évolution de la Force dans les règnes de la nature s'est faite et continue à se faire à travers des formes. La Force a évolué et continue à évoluer pour perfectionner les corps qu’elle a animés et qu’elle anime. Dans le règne hominal, l'évolution de la forme a presque cessé pour céder la place à l'évolution de l'esprit par la connaissance accumulée durant plusieurs vies et conservée dans le périsprit - le subconscient chez les psychologues. Ce que nous voulons expliquer clairement c’est que la Force Intelligente précède la Matière et l’anime sous une incalculable diversité de formes dans tous les recoins existants de l'Univers. Il y a là un vaste champ d’investigation pour la recherche scientifique, principalement physique, biologique, médicale, pour la neuroscience, la psychologie, la parapsychologie, et pourquoi pas pour les philosophes, quelle que soit la religion qu’ils professent.  

 

2.     L'Intelligence Universelle

 

Parmi tous les nombreux sentiments négatifs et positifs hérités de l'instinct animal et qui constituent l'intelligence émotionnelle de l'homme moderne, nous retenons l'égoïsme qui entraîne la toute puissance. Dans la lutte pour sa survie, l'homme continue à porter ce néfaste héritage. Pour cela l'égoïsme, fruit direct des instincts, des mauvaises habitudes et des imperfections, amène l'homme à supposer une fausse idée du pouvoir, chargée d'orgueil et de domination. Il s'agit d'un pouvoir présomptueux, dont les vrais savants humbles, sont dépourvus.  

Outre ce sentiment de pouvoir, dérivé de l'instinct animal et de la méconnaissance de soi en tant que Force et Matière, l'homme primitif était environné de tous côtés par la peur totale, vu qu'il ne comprenait pas les forces de la nature ni leurs effets, souvent catastrophiques, ce qui aujourd'hui encore est observé. Ainsi, il est naturel qu’il y ait eu cette nécessité d'imaginer ou de créer un être suprême, supérieur à tous les hommes, fait à leur image, selon leur intellect et leur volonté, vers lequel les hommes pouvaient se tourner dans les moments de faiblesse, de peur, d'affliction, de souffrances physiques et qui serait maître de leur destin. À partir de là, pour en arriver à l'idolâtrie, invention des idoles par les peuples sauvages et aux dieux du paganisme, il n’y avait qu’un pas.  Même après plusieurs millénaires, en Égypte, en Grèce et même dans la Rome ancienne, beaucoup étaient des Dieux cultuels et divinisés.   

Bien que presque toutes les sectes et religions (environ 8.500 dans le monde entier) soient actuellement monothéistes, les religieux continuent à vénérer et à adorer leurs idoles ou Saints, en maintenant ainsi une tradition héritée du polythéisme. Il est pourtant facile de comprendre pourquoi la foi et l'adoration sont demeurées dans le culte de presque toutes les religions, qui adoptent l'idée (2) « d'un être suprême matérialisé qui, après plusieurs dénominations, s’est enfin affirmé en une seule, celle de « Dieu Tout-Puissant », mais, toujours, à l'image de chaque peuple ». Il en est encore ainsi aujourd'hui au sein de plusieurs religions, chaque peuple ayant son Dieu, en variant les noms et les cultes. Il serait difficile d'imaginer, par exemple, un peuple de race noire, ayant un Dieu sous l’aspect de race blanche, ou que le peuple chinois présente son Dieu ou sa déesse sous l’aspect de race blanche.

Mais, d’autre part, il y a ceux qui, en moindre proportion, religieux ou non, sentent la nécessité de se lier à tout ce qui est immatériel et impondérable, que l'être humain ne voit pas et ne peut toucher, mais qu’il peut sentir dans toute sa suprême grandeur, comme étant la Force Créatrice ou Intelligence Universelle, qui pénètre toutes les choses et tous les êtres dans tout l'Univers en leur donnant Vie. Cela est totalement contraire à l’idée de « l’adoration selon la création par l’instinct, par l’habitude et par les désirs désordonnés de tous les êtres ignorants, limitant tout à leur image, à « Je », donc Dieu se doit d’avoir une figure d'homme ou alors une forme physique terrestre supérieure à l'homme et à partir de cette fausse idée, naît la matérialisation de la Force » (2).

Face à la vision spiritualiste proposée par Luiz de Mattos selon laquelle dans l'Univers seules existent la Force et la Matière, c’est dans la Force que se trouve l'explication de tous les phénomènes transcendants qui n’ont pas encore été expliqués par la science. Vu sous cet angle, il est facile de comprendre et d’appréhender intuitivement ce qu’est l'Intelligence Universelle, la Force Créative ou Grand Foyer, telle qu’elle est, et non le Dieu inventé par les religions, parce qu’il n'existe pas ainsi. La Force Créatrice, comme son nom l’indique, est le Premier principe, l'Âme Mater de tout ce qui existe et de la vie dans l'Univers entier.

 

3.     Vision Scientifique de l'Intelligence Universelle

 

Avec l'avènement de la Physique Quantique, beaucoup de phénomènes ont causé un grand embarras à leurs découvreurs. Ceux-ci, habitués à tout expliquer sur la base de la Matière et ses fondements, ont disposé d'un vaste champ d’études, avec le surgissement de la connaissance du noyau atomique et des particules. Malgré cela, ils n’ont pas toujours eu du succès et beaucoup de paradoxes existent encore, défiant les intelligences des meilleurs scientifiques. Nous allons examiner ici les principales idées qui ont été proposées par certains d’entre eux sur l'Intelligence Universelle ou Intelligence Cosmique, sans chercher à les juger. Comme les principales théories pour expliquer l'Univers et la survenue de la Vie sur Terre et sa relation avec l'Univers dérivent de la Physique Quantique, nous allons commencer avec le paradoxe soulevé par l'expérience d'Alain Aspect.  

 

- Alain Aspect et sa Fantastique Expérience Quantique.

                                                        

Les premières idées qui ont mené à la connaissance de la Physique Quantique ont débuté vers 1900. À partir de 1925, quand furent découvertes les équations de la Mécanique Quantique, la Physique Quantique a été acceptée comme source de vérité par les scientifiques. À partir de là, la connaissance du procédé de la matière et des forces physiques qui agissent à l'intérieur du noyau atomique a été le principal objet de préoccupation des physiciens. Beaucoup de théories ont été confirmées expérimentalement dans d’onéreux et sophistiqués laboratoires, alors que d'autres restent insolubles et représentent même de véritables paradoxes inexplicables. En 1982, Alain Aspect et ses collaborateurs (3), à l'Université de Paris en France, ont exécuté des expériences qui effectivement indiquaient la notion de l'intangible et particulièrement la notion de la transcendance dans le monde subatomique. Dans les années précédant cette date, la physique quantique avait indiqué qu’il devait exister des niveaux de réalité outre le niveau matériel. Initialement, des particules comme l'électron, par exemple, semblaient parfois se comporter comme des vagues et parfois comme des particules (matière), paraissant avoir une double « personnalité », ou physiquement parlant, possédaient une double spécificité. De ces observations, Heisenberg a inféré sa « théorie de l'incertitude », qui nous dit qu'il ne peut y avoir à la fois immobilité et vitesse d’un électron à un moment donné. Il ne s'agit pas d'une onde ordinaire, mais d'une onde en capacité. Einstein ridiculisa cette théorie en disant que « Dieu ne joue pas avec les données » La capacité de ces ondes quantiques a été considérée comme extrapolant la matière, c'est-à-dire qu’elles avaient un caractère transcendant.  

Jusqu'à l'expérience d'Aspect, ce concept n'avait pas été très clair et avait même été renié par beaucoup. Alors, l'expérience d'Aspect venait confirmer qu’un tel fait n'est pas seulement une théorie, mais qu’il existe réellement ce caractère transcendantal en aptitude, c'est-à-dire, que les particules ont réellement des connexions avec l'espace et le temps extérieurs. Ce qui est démontré par cette expérience, c’est que lorsqu’un atome émet deux quanta de lumière, appelés photons, dispersés en directions opposées d’une certaine manière ces photons affectent instantanément le comportement de l’un à l'autre à distance, sans émettre un quelconque signal à travers l'espace.

Néanmoins, nous savons, comme Einstein l’avait démontré au début du XXème siècle avec sa théorie de la relativité restreinte, que deux objets ne peuvent se toucher l’un l'autre instantanément dans l'espace-temps, parce que cela prend un certain temps pour que l’un atteigne l'autre, bien que l'espace qui les sépare soit parcouru à la vitesse maximale de la lumière, qui de manière constante atteint approximativement trois cent mille kilomètres par seconde. Ceci est l'idée de « localité » qui dérive du fait que n’importe quel signal est local dans le sens qu’il doit mettre un certain temps pour se déplacer dans l'espace jusqu'à un autre point quelconque. Et, malgré cela, si les photons émis par l'atome dans l'expérience d'Aspect (4) s’influençaient l’un l'autre, à distance, apparemment sans échanger de signes, c'est que ce phénomène surgit instantanément et donc, à une vitesse supérieure à celle de la lumière.  Alors, nous devons reconnaître que cette influence doit appartenir au « domaine transcendant la réalité ». Cette expérience marquante a prouvé aux physiciens que quelque chose de très important est sous-jacent aux particules subatomiques et n’a rien à voir avec la réalité matérielle, dont ils se vantent tant, indiquant de nouvelles voies pour la recherche physique, bien qu’établissant le concept de non-localité pour tout ce qui peut être considéré comme instantané, comme nous le verrons ci-dessous à travers les idées d'Amit Goswami et, aussi, dans le chapitre où nous traiterons de la pensée.  

Il convient à présent de citer un extrait de l'entrevue qu’Amit Goswami a faite, en référence (4) :  

Henry Stapp, qui est un physicien de l'Université de Berkeley, en Californie, affirme, dans l’un de ses travaux, écrit en 1977, que les choses « hors de l'espace-temps affectent celles qui sont à l'intérieur de l'espace-temps ». Il n'y a aucun doute que cela se produit dans le substrat de la physique quantique, que vous considérez comme objets quantiques. Maintenant, naturellement, la question est que nous utilisons toujours les objets quantiques car la physique quantique est sans nul doute la physique de chaque objet. Qu’il soit sub-microscopique ou macroscopique, la physique quantique est unique et elle s'applique. Ainsi, bien qu’elle soit plus évidente pour les photons, pour les électrons, pour les objets sub-microscopiques, nous croyons que tout est réel et, que toute réalité manifestée ainsi que tout le monde de la matière sont gouvernés par les mêmes lois. Et, si c'est ainsi, alors l'expérience d'Aspect nous dit que nous devons changer notre point de vue, parce que nous aussi sommes des objets quantiques.

 

- David Bohm et sa Théorie de l'Ordre Implicite

 

Mort en 1992, David Bohm (3) a été l’un des principaux physiciens américains ayant de solides connaissances sur la Théorie Quantique durant le XXème siècle. Il a travaillé à l'Université de Californie (Berkeley), à l'Institut Princeton d’études avancées et en qualité de professeur de Physique Théorique à la Faculté de Birkbeck, de l'Université de Londres. Pendant ses premières années d'études il a acquis aussi des connaissances en Histoire de la Philosophie et de la Science.  

Pour David Bohm, l'Univers se trouve dans un processus d'évolution continue, sachant que l'acceptation de sa théorie impliquerait de très grands bouleversements pour l'humanité. Bohm a écrit plusieurs livres, mais le principal fut « Wholeness and the implicate order » (Le tout et l’ordre implicite). D'autres livres ont été écrits avec la collaboration de B.J. Hiley, de J. Krishnamurti et F. David Peat. En outre, il a publié de nombreux articles de révélations dans des revues scientifiques.

Développée dans la décennie 80, sa théorie sur l'Univers est connue sous le nom de théorie de l'Ordre Implicite. Elle a pour objectif d’expliquer le comportement étrange des particules subatomiques, que les physiciens de la théorie quantique ne parvenaient pas à expliquer. De manière basique, deux particules subatomiques qui agissent entre elles « répondent instantanément aux mouvements de l’une par rapport à l'autre, quels que soient la distance et le temps qui les séparent ». Ce fait a été confirmé par l'expérience d'Alain Aspect, antérieurement à la théorie de David Bohm.  

Bohm évoqua que les forces subquantiques et les particules encore non observées par la science semblent agir en périphérie de la matière. Cette force sous-jacente peut être le reflet d'une dimension plus profonde de la réalité. Il croyait que l'espace-temps pouvait, réellement, faire partie d'une réalité objective plus profonde encore, qu'il a nommé Ordre Implicite. À l'intérieur de l'Ordre Implicite tout est lié. Alors, selon cette théorie, les particules subatomiques agiraient comme si elles amplifiaient les « informations » contenues dans une onde quantique. À partir de ces observations, il a construit une théorie nouvelle et controversée de l'Univers, un nouveau modèle de la réalité.   

 Bohm a basé sa théorie sur les connaissances scientifiques de l’holographie, qui est fondée sur l'interférence d’ondes : si deux sources de lumière sont de différentes fréquences elles interféreront l’une dans l'autre créant une norme d'interférence. À la base, un hologramme est le registre détaillé de la longueur d’une onde de la lumière elle-même, c’est un stock compact d'« informations ». Ainsi, dans un hologramme, chaque petit morceau du film holographique révèle la forme représentative d'un objet tridimensionnel entier. Par analogie, Bohm a conclu que l'Ordre Implicite se comporte comme un hologramme.  

Sous cet entendement, Bohm a élargi sa théorie vers une vision cosmique ultra-holistique, dans laquelle toutes les choses sont reliées entre elle. En accord avec ce principe, tout élément individuel peut révéler ou contenir des « informations détaillées sur tout autre élément dans l'univers ». Le sujet central sous-jacent de la théorie de Bohm est que « le tout indivisible de la totalité de l'existence fait partie d'un mouvement indivisible sans frontières ». Sa théorie nous dit pourtant que tout est impliqué dans tout. Ainsi s’est exprimé Bohm (3) :

 

L'ordre réel (Ordre Implicite) a été enregistré dans le mouvement complexe des champs électromagnétiques, sous la forme d’ondes de lumière. Un tel mouvement d’ondes de lumière est présent partout et en principe il implique l'Univers entier de l’espace et du temps, à chaque recoin. L’enroulement et le déroulement prennent place non seulement dans le mouvement du champ électromagnétique, mais aussi, dans d’autres champs (électronique, protonique, etc.). Ces champs obéissent aux lois de la Mécanique Quantique donnant origine aux propriétés discontinues et non-locales. La totalité du mouvement d’enroulement et de déroulement peut immensément s'élargir au-delà de ce qui est révélé par nos observations. Nous nommons cette totalité « le holomouvement »

 

Selon sa théorie, le holomouvement agit à l'intérieur d'une « réalité multidimensionnelle » qui se déplie en sous-totalités autonomes (telles que les éléments physiques et les entités humaines), avec une relative autonomie. Pour lui, le holomouvement représente cette « totalité indescriptible et inconnue », étant la « base fondamentale de toute matière ».

D'autre part, le monde qui se manifeste fait partie de ce que Bohm a dénommé « ordre explicite », en opposition à l'ordre implicite, dont il dérive ou découle et, pourtant l’ordre explicite est secondaire. Dans l'Ordre Implicite, il y a « une multitude de formes, qui possèdent une espèce approximative de récurrence (changement), une stabilité et un séparatisme». Ce sont ces formes qui se présentent comme notre monde physique.

Bohm suggéra de ne pas songer aux particules comme étant la réalité fondamentale, mais de se focaliser sur les discrets quanta de l’énergie comme étant les particules, évoluant dans un champ continu. A partir de ce fondement quantique, Bohm alla du microcosme vers le macrocosme, déployant l'Ordre Implicite en trois niveaux et les expliquant grâce à l’utilisation des concepts du domaine quantique et du domaine continu. À l'intérieur de ces domaines et dans leurs interfaces se fait le transfert d'« informations » du plus simple vers le plus complexe et, vice versa, du Tout vers les plus simples, pour animer, guider et organiser le domaine quantique original. C’est ce holomouvement qui procure les conditions énergétiques aux particules leur permettant d’agir dans le monde tridimensionnel de la matière.

L'Ordre Implicite pénètre tout. Tout ce qui est et existera dans cet univers est impliqué dans l'Ordre Implicite. Il y a un mouvement cosmique spécial qui meut le processus d’enroulement (enfolding) et déroulement (unfolding), sous la conformation de l'ordre explicite. Ce processus du mouvement cosmique, en cycles de réalimentation, crée une variété infinie de formes et une mentalité. Bohm est d'avis que l'Intelligence Cosmique fondamentale est engagée dans ce processus d'expérimentation et de création interminable. Cette entité, l'Esprit Cosmique, est mouvementée cycliquement toujours et toujours vers l’avant, résultant en une infinité d'êtres expérimentés (évolués).

Le modèle cosmique structurel esquissé par Bohm inclut un examen détaillé des sujets suivants : la Base de Toute Existence, la Matière, la Conscience et l'Apex Cosmique. Nous allons résumer, dans les paragraphes ci-dessous, sa pensée sur les sujets mentionnés, à l’origine de son modèle de l'Ordre Implicite :

Pour Bohm, la base de toute l'existence est une énergie spéciale qu’il nomme « plénitude », une « immense source originale d'énergie ». L'énergie de cette source se concentre sur un mouvement total et absolu qui est le « holomouvement ». L'Ordre Implicite découle du holomouvement. À son tour, c'est de l'Ordre Implicite qu’émane l'ordre qui est perceptible dans chaque aspect du monde (harmonie universelle) et, pour terminer tous les aspects s'intègrent dans le holomouvement indéfini, incommensurable, d’où émergent tous les nouveaux ensembles. C'est la manifestation du flux de la matière interdépendante vers la conscience.

Concernant la matière animée et inanimée, Bohm considère la particule comme étant le plus essentiel bloc de construction de la matière. Pour lui, la particule est fondamentalement une « abstraction qui se manifeste à nos sens ». L'Univers entier est fait de matière, révélée à travers une quantité d'ensembles. Ces ensembles « agissent et interagissent selon une série ordonnée d’étapes de repliement et déploiement qui, en principe, pénètrent et interpénètrent l’un l’autre moyennant tout l’espace », mais il souligne à chaque fois, que l'ordre explicite est toujours dérivé et secondaire. Il illustre la réalité dimensionnelle, en montrant la relation entre deux images filmées d'un aquarium où un poisson est vu de face dans l’une des images et de profil dans l'autre. Ce qui est vu est une « relation entre les images qui apparaissent dans les deux écrans ». Nous savons, signale Bohm, que les deux images de l'aquarium sont des faits qui interagissent, mais elles ne sont pas deux réalités qui agissent indépendamment. « Au contraire, elles se rapportent à un seul événement, qui est la base commune aux deux ». Pour Bohm, ce seul fait est d'une portée plus élevée car les images de la télévision sont de simples projections en deux dimensions d'une réalité qui existe en trois dimensions et qui « contient en elle ces deux projections dimensionnelles». Ces projections sont seulement des abstractions, mais la « réalité tridimensionnelle « n'est» aucune d’elles, bien au contraire, c’est quelque chose de différent des deux images, quelque chose comme une nature réelle qui existe outre toutes deux ».  

Par rapport à l'évolution dans l'Univers, la théorie de Bohm affirme qu'elle existe « parce que les différentes échelles de dimensions de la réalité sont déjà implicites dans leur structure ». Bohm utilise l'analogie de la semence qui est « programmée » pour produire une plante vivante, ce qui peut être approprié à toute matière vivante. « La vie est engagée dans la totalité et même lorsqu’elle ne se manifeste pas d’une quelconque manière, elle est implicite ». Un holomouvement est la base tant de la vie que de la matière. Il n'y a pas de dichotomie.   

Concernant la conscience, Bohm pense que la conscience est au-delà des informations et du cerveau. Au contraire, elle est les informations entrant dans le cerveau. Pour lui, la conscience « comprend science, attention, perception, le fait de comprendre et peut-être même plus encore ». Il dit aussi que la conscience peut être « décrite en termes d’une série de mouvements ». Fondamentalement, « un mouvement cède sa place à un autre, dans lequel il était implicite afin de s’expliciter tandis que le contenu du mouvement précédent est redevenu implicite ». La conscience est un échange : elle est un processus de rétroaction (feedback) qui résulte d’une accumulation croissante de connaissances. Bohm traite aussi de la conscience collective, en l’appelant conscience collective de l'humanité et lui attribue une plus grande signification que la conscience individuelle. En valorisant la conscience collective, l'humanité, dans la mesure où elle réalisera avec succès sa spiritualité, cheminera de manière intègre en direction d’une plus grande dimension de la réalité - la Plénitude Cosmique. Il affirme que l'Homme a une existence spéciale dans l'Univers et que celle-ci serait incomplète si l'Homme n'existait pas pour la valider (anthropocentrisme).

Concernant la Plénitude Cosmique, le niveau le plus élevé de l'Univers, Bohm se réfère à elle comme étant la source du Non-Manifesté, du subtil Non-Manifesté, quelque chose de semblable à l’esprit, un mouvant, mais encore matière dans le sens où elle est une partie de l'Ordre Implicite. Pour Bohm, le subtil Non-Manifesté est une « intelligence active » supérieure à toute « énergie définie par la pensée ». Bohm affirme directement : « qu’il y a une vérité, une exactitude, un être supérieur qui peut être atteint par la pensée et cela est l’intelligence, le sacré, le saint ».

Certains attributs peuvent être dégagés du modèle cosmique de Bohm. Ce sont : l'Ordre, l'Intelligence, l’Individualisation, la Créativité et le sens de la Perfection. Dans son œuvre « Wholeness and the implicate order » (Le Tout et l’ordre implicite), déjà citée précédemment, Bohm étudia en détail ces attributs. Nous les présentons, dans le résumé suivant :

L'ordre est la loi universelle qui maintient tout lié. C'est l'énergie cosmique elle-même qui est appelée aussi loi du holomouvement. Sa conception est celui du Tout qui favorise de nouveaux « tous » ou systèmes interdépendants.

L'intelligence est « purement active », rien de plus que la conscience filtrée, par laquelle s’obtient le discernement. Bohm considère la pensée comme étant le fondement d’une opération mécanique. C'est l'intelligence qui rend important le processus mécanique de la pensée. Il considère que si l'intelligence est un « acte de perception non conditionné», alors l'intelligence ne peut se trouver dans des « structures telles que les cellules, molécules, atomes et particules élémentaires ». Selon Bohm, le processus de l'intelligence doit être au-delà tout facteur pouvant être inclus dans toutes les lois connues. La « source de l'intelligence doit être dans le flux indéterminé et inconnu, qui est aussi la base de toutes les formes non définies de la matière ». D’après lui, l'intelligence s’est toujours trouvée dans les profondeurs de l'Ordre Implicite.  

Bohm n’accorde pas beaucoup d’attention à l'individualisation, étant envers celle-ci quelque peu réservé. D’après lui, supposer que chaque être humain est une réalité indépendante qui interagit avec les autres êtres humains et avec la nature est une simple projection, mais il met l'accent sur la collectivité, valorise l'action collective de la société dans son ensemble.  

Concernant la créativité, il la nomme « l'Être du Processus Cosmique », étant pure énergie. Cet « être » est intelligent, conscient, créatif et est aussi une personne ! Cette définition nous semble plus appropriée pour le concept de l'esprit.

À propos de la perfection, Bohm la définit comme un « être au-delà de ce que nous pouvons imaginer », nommé le Subtil Non-Manifesté, le « parfait », dans le sens où il est le Tout. Elle est une présence chargée d’énergie cosmique. Le modèle cosmique de Bohm suggère aussi que cette « perfection » existe depuis la création du cosmos. Elle est présente dans le processus cyclique de l'univers. Elle est la pure intelligence active, d’où provient tout ce qui se manifeste dans le cosmos. Elle agit par une intromission dans la conscience. Elle absorbe des informations à plusieurs niveaux de la conscience, dans toutes les formes de vie. C'est l'Ordre Implicite qui est la Base de toute Existence.

Bohm examine aussi le concept de pèlerin cosmique, appellation donnée à l'Humanité en général. L'Humanité est comme le pèlerin d'un processus cosmique. Sur la condition humaine, les maux résultent du désordre que causent la souffrance et la mort. Bohm pense qu’il n'existe pas de désordre au niveau de l'universalité non humaine. Au contraire, celui-ci réside au niveau de l'humanité, principalement à cause de l'ignorance. La Nature a donné à l'humanité le pouvoir de la luxure pour faire des erreurs, parce que l'humanité doit avoir la « possibilité d'être créatrice ». C'est notre pouvoir d'évasion de ce processus cosmique qui nous met en position de faire des choix et des erreurs possibles. Le désordre qui en découle souffrance prévaudra tant que tous les différents éléments (de n’importe quel système, d’un être humain ou de la société) « grandiront chaotiquement et indépendamment les uns des autres, qu’ils n’agiront pas conjointement ».

Bohm considère le mal de l'Ignorance comme étant le problème d'un esprit borné. Il le considère comme étant « l'obscurité du cerveau humain ». C'est le problème de l'« ego » humain fermé à l'Esprit Universel, à la suprême intelligence qui communique sous forme d’intuition, qui est la perception pure. À cause du bas niveau de développement de notre ego (manifesté par notre vanité, nos peurs et pressions émotionnelles, nos points de vue ignorants et notre superbe extraversion), l'intuition est fréquemment déviée par un esprit borné. L'opposé d'un esprit borné est l'ouverture vers l’intériorité. Les êtres humains se doivent de se regarder afin d’être réceptifs à l'intuition.  

La vision globale de Bohm sur la destinée humaine est simple et directe, alors que pour le scientifique, « la conscience de l'humanité est unique et non vraiment divisible ». Chaque personne a la responsabilité d’atteindre cette destinée et rien d’autre, « puisqu’il n’y a pas d’autre alternative. C’est cela qui doit être fait car rien d’autre ne peut fonctionner ».  

Bohm pense que l'homme ne peut atteindre un haut degré d'énergie nécessaire permettant  « d’acquérir toute la conscience de l’humanité qu’à travers une coopération collective – la Plénitude ».

 

- Théorie holographique applicable au cerveau - Karl Pribam.  

 

David Bohm n'a pas été le seul à adopter les idées d'un univers holographique. Karl Pribam (5, 6), neurophysiologiste et chercheur à l'Université de Stanford (USA), était aussi convaincu de la nature holographique de la réalité et a appliqué ce modèle afin d’examiner comment et où sont stockés les souvenirs dans le cerveau. Principalement durant la seconde moitié du XXème siècle, beaucoup de chercheurs renommés étaient convaincus qu'il n'y avait pas de lieu spécifique dans le cerveau pour stocker les souvenirs. Durant la décennie 1920 déjà, le neuroscientifique Karl Lashley réalisa des travaux sur des cerveaux de rats et conclut à la non-localité de la mémoire, mais il n’a pas pu donner des explications théoriques sur les résultats obtenus. Ce fut seulement à partir de la décennie 1960 que Karl Pribam explicita le fondement de sa théorie holographique, et à partir de ce moment-là, il reçut la collaboration des hommes de science qui firent des recherches sur le cerveau. Pribam pensait que les souvenirs ne se trouvaient pas codés dans les neurones ou dans des petits groupes de neurones, comme beaucoup de chercheurs le pensent encore, mais dans des normes liées à des impulsions nerveuses qui s'entrecroisent dans tout le cerveau, de la même manière que les normes d'interférence de lumière laser s’entrecroisent dans l’espace entier d'un film contenant une image holographique. Autrement dit, Pribam pense que le cerveau lui-même est un hologramme. La théorie de Pribam explique aussi comment le cerveau humain peut stocker autant de souvenirs dans un espace aussi petit. Les meilleures estimations se rapportent à une capacité de stockage de l'ordre de 10 milliards d'informations durant la vie moyenne de l'homme actuel, ce qui correspond au stockage de six collections de l'Encyclopédie Britannique.

Curieusement, dans les expériences holographiques, cette formidable capacité de stockage d’informations varie en fonction de l'angle selon lequel les deux rayons de laser parviennent sur une pellicule photographique, nous montrant que plusieurs différentes images peuvent être stockées sur la même surface. D'autre part, en utilisant le concept holographique, il est plus simple de comprendre la remarquable vitesse, pratiquement instantanée, avec laquelle les informations sont récupérées de nos mémoires, tout comme il est simple de comprendre les nombreuses associations d'idées et d’images qui s’instaurent dans nos démarches mentales. Selon Pribam, l’une des choses les plus significatives de la procédure de la pensée humaine est que chaque parcelle d’information semble croiser instantanément n’importe quelle autre parcelle d’information, caractéristique qui est extrinsèque et commune à un hologramme. Il s’agit peut-être d'un exemple suprême de la nature qui utilise un système de croisement corrélé, dont chaque portion d'un hologramme est infiniment interconnectée à n’importe quelle portion de l’hologramme tout entier.

Pribam affirme, encore, que les similitudes ne s'arrêtent pas là. Le stockage de mémoire n'est pas le seul casse-tête neurophysiologique à avoir une explication plus acceptable d’après sa théorie du modèle du cerveau. L’autre question est comment le cerveau décode l'avalanche de fréquences qu’il reçoit via les sens physiques (fréquences lumineuses, sonores, olfactives, odorantes, etc.) dans un monde concret de perceptions. Coder et décoder les fréquences, c’est précisément ce qu’un hologramme sait faire. Il fonctionne comme une espèce de loupe, un mécanisme de traduction capable de convertir des fréquences imprécises, apparemment sans signification, en une image cohérente. Pribam affirme que le cerveau aussi se comporte comme s’il était une loupe et utilise les principes holographiques pour convertir mathématiquement les fréquences qu’il reçoit à travers les sens du monde intérieur de nos perceptions. Beaucoup de chercheurs qui l’ont suivi sont convaincus de cette interprétation, parmi lesquels le chercheur italiano-argentin Hugo Zucarelli, le psychologue Stanislav Grof et le psychologue Keith Floyd. Plusieurs découvertes ont été faites, prouvant par exemple que nos systèmes visuels sont sensibles aux fréquences sonores, qu’une partie de notre sens olfactif est dépendante de celles appelées « fréquences osmiques » et que même les cellules de notre corps sont sensibles à une large bande de fréquences. De telles découvertes insinuent que c’est seulement dans le domaine holographique de la conscience que de telles fréquences sont classées en perceptions conventionnelles.

Mais l’aspect le plus perturbateur du modèle holographique du cerveau survient lorsqu’il est confronté à la théorie de Bohm. En effet, si l’évidence du monde n’est qu’une réalité secondaire, que tout ce qui « existe » n’est réellement qu’une nébuleuse holographique de fréquences, et si le cerveau n’est aussi qu’un hologramme qui sélectionne seulement certaines fréquences de cette nébuleuse les transformant mathématiquement en perceptions sensorielles, qu’en est-il donc de la réalité objective ? En répondant d'une manière simple, cette réalité objective cesse d’exister, elle n’est qu’illusion. Bien que nous pensions être des êtres physiques en mouvement à travers un monde physique ceci aussi n’est qu’une illusion.  

Par conséquent (5, 6), « nous sommes de simples « récepteurs » flottant sur un océan de fréquences et ce que nous extrayons de cet océan et transférons dans la réalité physique est seulement un canal parmi d’autres, extrait du super-hologramme ».

L’association de la théorie de Bohm et celle de Pribam est dénommée paradigme holographique, concept qui a attiré l'attention de beaucoup de physiciens. Un petit groupe croissant de chercheurs pense que ce paradigme est le modèle de réalité le plus parfait que la science ait présenté jusqu'à ce jour. Plus encore, quelques-uns croient qu'il pourra résoudre quelques mystères qui n’ont jamais été expliqués par la science et même qu’il pourra établir le phénomène paranormal comme faisant partie de la Nature. De nombreux chercheurs, de même que Bohm et Pribam, ont remarqué que beaucoup de phénomènes paranormaux sont davantage compréhensibles à la lumière du paradigme holographique.

L’un des mystères est la télépathie, phénomène qui existe, mais non de manière généralisée. Dans un univers où les cerveaux individuels sont réellement des portions indivisibles d'un hologramme immense où tout est infiniment lié, la télépathie est expliquée par la théorie de Pribam comme étant simplement l'accès de niveaux holographiques identiques. Il est plus facile de comprendre comment la pensée peut voyager instantanément de l’individu « A » à l’individu « B » à n’importe quelle distance, et de l’aider à comprendre certains casse-têtes encore non expliqués par la psychologie. Grof (5, 6), qui depuis 1960 fait des expériences en rapport avec divers états de la conscience, dit la phrase suivante. « Si le mental fait réellement partie d'un continuum, d'un labyrinthe connecté non seulement à chaque mental qui existe ou a existé, mais aussi à chaque atome, organisme et région de l'immensité de l'espace et du temps, le fait de pouvoir occasionnellement faire des incursions à l'intérieur de ce labyrinthe et d’avoir des expériences transpersonnelles ne semble plus aussi étrange ainsi ».

Le paradigme holographique a aussi des implications en Biologie. Keith Floyd, psychologue en Virginie Intermont Collège, a rappelé que si la certitude de la réalité n’est qu’une illusion holographique, ce n'est donc plus vrai de dire que le cerveau produit la conscience. Au contraire, c'est la conscience qui crée l'apparence du cerveau - ainsi que le corps et tout ce qui est autour de nous et que nous interprétons comme étant physique. Un tel renversement dans la manière de voir les structures biologiques amène les chercheurs à indiquer que la médecine et notre compréhension du processus thérapeutique pourraient aussi être transformées par le paradigme holographique. Si la structure physique évidente du corps n'est plus qu'une projection de la conscience, il est évident que chacun d’entre nous est encore plus responsable de sa santé que la sagesse médicale l’admet. Ce que nous apercevons maintenant comme étant des guérisons miraculeuses de certaines maladies peut réellement provenir de changements dans la conscience qui, à leur tour, effectue des changements dans l’hologramme du corps. De même, de nouvelles techniques controversées de soins, tel que la visualisation, peuvent correspondre aussi bien parce que, dans le domaine holographique de la pensée les images sont après tout aussi réelles que la « réalité ».

 

I Amit Goswami et son Univers Auto-conscient ou Théorie de l'Idéalisme Monistique.

 

Amit Goswami est un physicien originaire de l'Inde, implanté aux États-Unis. Il est professeur de Physique à l'Université de l'Oregon et docteur de l'Institut de Sciences Abstraites de Sausalito, en Californie. Ce que nous allons présenter est contenu dans son livre « L'univers auto-conscient - comment la conscience créa un monde matériel » et aussi, en référence (4), dans l’une de ses entrevues intitulée « Qu’est-ce que l’éclaircissement », entrevue donnée à Craig Hamilton de WMT.  

En étudiant le comportement des particules subatomiques au sein de la Physique Quantique, Amit Goswami, affirma que c'est dans ce contexte que la réalité non-matérielle se révèle aux yeux des scientifiques. Il soutint que la force créatrice de toute la réalité physique est conscience, qu’elle est la base de l'être, et de là, il suspendit l'idée de la baisse du lien de causalité, en opposition à la théorie matérialiste et réductionniste de la hausse du lien de causalité. D’après lui, toutes les deux se produisent, mais la baisse du lien de causalité est la base de son idéalisme moniste, différente du dualisme Force et Matière. Dans la vision de Goswami, le libre arbitre  a un rôle prééminent dans l'explication des phénomènes et du monde.  

Bien que reconnaissant la primauté de l'œuvre du physicien Fritjof Capra (11), intitulée « Le Tao de la Physique », qui admet l'aspect spirituel des êtres humains, Goswami arrive à souligner qu’elle est exclusivement basée sur l'aspect matériel de la réalité. Ainsi, il se considère pionnier pour avoir suggéré, d’après sa compréhension basée sur une explication rigoureusement scientifique, que la conscience est le fondement de l'être, excluant uniquement les idées de la psychologie "Transpessoal" c’est à dire "au-delà des limites personnelles ». Ainsi, il insiste sur le fait que l'application de ses idées et concepts sur la conscience comme base fondamentale de l'être résoudraient tous les paradoxes de la physique quantique. Il considère aussi que si ses idées étaient acceptées, il y aurait un changement radical de paradigme par l'intégration de la science associée à la spiritualité. Il précise aussi que ses idées sont différentes de celles de Capra et de Zukov, puisque derrière les idées de ces physiciens persiste la causalité dérivée de la matière. Bien que ces chercheurs aient reconnu l'importance de la conscience et de la spiritualité, ils ont considéré la conscience seulement comme un épiphénomène ou un phénomène secondaire, résultant d'interactions chimiques et hormonales dans le cerveau. Mais ce n’est  pas la spiritualité fixée par Jésus, ni admise par les spirites et les spiritualistes sérieux et mystiques de tant de religions orientales, comme le Bouddhisme, le taoïsme, etc. Ainsi, cette connaissance ne mènera à aucun changement de paradigme dans la pensée scientifique pour ne pas stimuler la science à l'étude sérieuse de la conscience.  

Selon Goswami, d’autres auteurs amènent plus de clarté sur ce sujet en l’alimentant et en affirmant ceci (4) :

 

[...] La science actuelle a révélé les paradoxes quantiques, mais elle a aussi montré sa réelle incompétence à expliquer les phénomènes paradoxaux et anormaux, tels que les phénomènes paranormaux étudiés par la parapsychologie et même la question de la création. Même les sujets traditionnels comme la perception et l'évolution biologique, n'ont pas encore été dûment expliqués par les théories matérialistes. Par exemple, en Biologie il y a ce que nous appelons l’« Equilibre ponctué». Sa signification est que l'évolution n'est pas seulement lente, comme Darwin l’a reconnu, mais qu’il y a aussi de périodes d'évolution rapide, qui sont connues comme étant des « marques ponctuelles ». Mais la Biologie traditionnelle n'a pas d'explications appropriées à cela.

 

Néanmoins, si nous fondions la science dans la conscience, sous le primat de la conscience, alors nous pourrions constater la créativité dans ce phénomène, créativité réelle, dérivée de la conscience. Autrement dit, nous pouvons vraiment remarquer que la conscience agit en créant tant en Biologie qu’en évolution des espèces. Alors ainsi, nous pouvons combler ces erreurs que la Biologie conventionnelle ne peut expliquer car dérivant essentiellement d'idées d'ordre spirituel, comme la conscience, créatrice du monde.

 

Fonder la conscience, nous dirons l'esprit, comme étant la force créatrice du monde matériel est une réalité que les physiciens extrêmement radicaux ne souhaitent pas entendre. Mais à travers cette réalité il est facile d’expliquer pourquoi en physique quantique les particules ne sont pas perçues comme des choses définies, comme nous sommes habitués à le voir dans la vie réelle, selon la façon que nous a enseignée la physique classique de Newton : des objets qui peuvent se mouvoir dans toutes les directions et avec des trajectoires bien définies. La physique quantique ne conçoit pas les objets (particules) de cette manière, elle les conçoit comme des possibilités, des ondes de potentialité. Alors il en résulte la question suivante : qu’est-ce qui convertit la possibilité en réalité, puisque lorsque nous voyons, nous voyons des faits et des choses réels ? Quand vous voyez une table, vous voyez réellement, la table et non une possibilité de table. En physique quantique, ceci est le « paradoxe de la mesure quantique ». Selon Goswami, ce qui est derrière ce paradoxe de la matière est la force créatrice de la conscience.

Selon les matérialistes, tout le corps humain et avec lui notre cerveau est, dans son essence, constitué d'atomes et de particules élémentaires. Alors, selon la théorie quantique, comment ce cerveau peut-il convertir les ondes de possibilité qui sont établies en lui-même (le cerveau réel), s’il manque là l'efficacité de la causalité ? Le cerveau lui-même est fait d’ondes de possibilité et de particules élémentaires, donc théoriquement il peut convertir ses ondes de possibilité en ondes de réalité, mais il ne le fait pas. Alors, qu’est-ce qui convertit les ondes de possibilité en réalité ? C'est la conscience, répond Goswami, parce qu'elle n'obéit pas à la physique quantique : n’étant pas constituée de matière mais étant de nature transcendantale, le monde matériel s’exprime grâce à elle. Ce même désaccord, échangeant conscience par esprit, est celui qui existe entre science et spiritualisme.

          Autant dans son livre que dans l'entrevue en référence, Goswami développa ses explications sur l'Univers et aussi sur le « principe anthropique», adopté par des astronomes et des cosmologistes qui affirment que l'univers a un dessein. Cette croyance découle du fait qu’il existe tellement de coïncidences, qu’il subsiste tellement de justesse que cela porte à croire que l'Univers a une intention : servir les êtres vivants, principalement l'homme. Il ne faut pas omettre de mentionner aussi les soi-disant cures quantiques pour lesquelles la pensée joue un rôle important.

 Finalement, nous ne devons accorder d’importance qu’au « principe de non-localité » afin de pouvoir comprendre les idées de Goswami. Selon lui, tout pénètre et traverse la conscience non-locale, elle n’est pas détenue quelque part, elle est partout. C'est grâce à cette conscience non-locale que l’on peut comprendre et recevoir la connexion qui existe entre toutes les choses de l'Univers. Elle nous fait comprendre que, derrière la réalité du monde matériel que nous voyons et observons, il existe quelque chose comme une matrice, un moule de tout ce qui est créé. C'est ce moule, ou toile, qui pénètre tout ce qui existe et qui relie tout à tout.

 

- Sheldrake et le champ morphogénétique

 

Rupert Sheldrake (1942 – à ce jour) est le fils d'une famille anglaise traditionnelle. Il a étudié la physiologie végétale et la philosophie à Cambridge et Harvard (12). Comme membre chercheur de la célèbre Académie Royale (Royal Society), il a développé un projet scientifique sur le vieillissement des cellules. Il fut aussi enseignant invité en Allemagne, aux U.S.A. et en Malaisie. Il a vécu plusieurs années en Inde, où il a dirigé une équipe de recherche sur l'évolution des plantes tropicales utiles et, durant cette période, a amassé des connaissances en philosophie indienne.    

Son premier livre, « À New Science of Life » (Une Nouvelle Science de la Vie), a été publié en 1981. Dans ce livre, qui a fait l’effet d’une bombe dans le monde scientifique, Sheldrake a présenté le fondement théorique pour une nouvelle vision révolutionnaire de la genèse morphologique – l’apparition des formes dans le monde organique et inorganique. Des publications scientifiques, commentaires et réactions inondaient les journaux et les médias radiophoniques et télévisuels. L'establishment scientifique l'a banni, en brûlant symboliquement son livre et a empêché autant qu’il a pu l'accès de Sheldrake aux revues scientifiques importantes. Ainsi, la revue Nature a qualifié son livre de « traité ennuyeux » et ses théories de « plaisanteries, aberrations scientifiques ». Mais à l’époque il a eu ses partisans, comme Arthur Koestler qui a qualifié ses théories d’« incroyablement stimulantes et provocatrices » D'autre part, la revue Sunday Times, bien qu’ayant fait l'éloge de son expression sobre et claire, a affirmé qu'il ne présentait pas de preuves scientifiques pour ses thèses. Dix ans après, les polémiques sur ses théories n'ont pas perdu la ferveur des premières heures. Sa nouvelle œuvre complète lancée en 2001, « The Presence of the Past » (La Présence du Passé), a suscité et suscite encore de nouvelles controverses.

Sa thèse principale traite de la capacité d'apprentissage de la « création » et de l'interaction entre l'esprit et la matière. C'est une thèse que lui-même sait être difficile à prouver définitivement. Malgré cela, elle est aussi incroyable que simple. Selon lui, outre les champs énergétiques connus par la science, comme ceux de la gravité et de l’électromagnétisme, la nature possède des champs morphogénétiques. Ces champs sont définis par Sheldrake comme des « structures invisibles et des organisateurs, capables de former et d'organiser des cristaux, plantes et animaux, déterminant même leur comportement ». En tant que biologiste, il affirme que ces champs morphogénétiques contiennent l’ensemble de toute l'histoire et de toute l'évolution, comme s’il s’agissait de quelque chose de semblable à l’inconscient collectif de C.G. Jung.

Plus encore, selon l'hypothèse de Sheldrake, « tout ce qui survient à un certain moment aura sa conséquence dans l'avenir, dans des processus semblables. Dans le processus d'apprentissage par exemple, le fait qu’une chose ait été apprise par une personne implique qu’elle sera apprise par une autre plus facilement, où qu’elle puisse se trouver ». Diverses expériences menées à bien concernant les processus d'apprentissage et de mémorisation ont présenté des évidences et ont conclu en faveur de l'hypothèse de Sheldrake

Sheldrake étend son concept de résonance morphique à tout l'Univers, en supposant que des « structures similaires soient en communication dans l'espace et dans le temps », à travers leurs champs morphogénétiques. Il est vérifiable ainsi que «ce qui est en jeu, la «bombe» lancée par Sheldrake n’est ni plus ni moins qu’une hypothèse scientifique qui au cas où elle se vérifierait, renverserait toute la conception matérialiste de l'Univers ». C'est cette cosmovision, qui semble surréaliste, qui prétend « jeter le trouble » dans le matérialisme scientifique.  

Dans son second livre, « The Presence of the Past » (La Présence du Passé) cité précédemment, il avance un peu plus et émet l'hypothèse que la nature possède une mémoire à caractère cumulatif. En vertu de cela, cette mémoire s’amplifie à chaque répétition, à tel point que nous pouvons dire que les caractéristiques des choses proviennent d'un processus d’habitude. Les habitudes, non seulement seraient capables de construire la nature de tous les êtres vivants, mais aussi les cristaux, les atomes les molécules et enfin tout le cosmos.

La provocation singulière de ce nouveau livre qui a causé une vraie « tempête » pourrait être exprimée comme suit : « nos habitudes personnelles pourraient provenir de l'influence accumulée au cours notre comportement passé, avec lequel nous maintenons une communication par résonance. Si ceci se révèle vrai, nos expériences passées devraient être stockées d'une manière physique dans notre système neurosensoriel. Ceci serait recevable lorsque nous nous souvenons d'une chanson, ou d’une chose survenue l'année passée. Cela permettrait d’avoir accès au passé de manière directe. Peut-être que notre mémoire n’est pas stockée dans le cerveau comme nous le supposons si naturellement ». Dans ce sens, Sheldrake parle de suggestions plausibles, de possibilités qui devront encore être approuvées en termes scientifiques.  

Pour vérifier son hypothèse selon laquelle la mémoire ne se trouve pas dans le cerveau, Sheldrake utilise l'exemple de la télévision, en disant que les biologistes et les généticiens qui défendent la mémoire matérialiste agissent comme s’ils prétendaient expliquer le fonctionnement du téléviseur exclusivement au moyen de concepts mécaniques et limités au boitier récepteur. Tout le monde sait que les informations reproduites par les images proviennent de certains circuits, localisés à l'intérieur de l'appareil. Néanmoins, chaque téléviseur reçoit ces images d'une source éloignée et centrale, c'est-à-dire des studios de télévision qui les émettent au moyen de leur station de transmission, d'un champ invisible capable de produire le son et les images. Par conséquent, selon Sheldrake :

 

 « Notre cerveau fonctionne comme un appareil de télévision et les champs morphogénétiques nous transmettent des informations de manière semblable, non-spatiale et non-mécanique. Notre cerveau serait plus comparable à l'appareil de télévision qu’au programme transmis. Autrement dit, ce dont nous nous rappelons ne se trouve pas dans notre cerveau, comme le commentateur ne se trouve pas à l'intérieur du téléviseur. »

 

Il n'est donc pas étonnant que Sheldrake ait été déclaré ennemi de la science, spécialement du matérialisme et que sa théorie ait été qualifiée de « Cheval de Troie ». Pourtant, « il essaya de réintroduire, sournoisement, la métaphysique dans le monde d'aujourd'hui, après que la science naturelle l’a définitivement bannie».

Peut-être que la question la plus radicale et la plus sérieuse se rapporte aux concepts et aux lois naturelles. Pour les scientifiques ce sont les lois naturelles et immuables qui fondent la science. N’approuvant pas cette vérité, pour Sheldrake, le cosmos se trouve en constante transformation et évolution. Il ne considère pas les concepts et les lois comme intemporels et immuables et affirme que ce que nous appelons habituellement « lois naturelles », ne sont peut-être que les habitudes de la création. Ceci semble être la certitude de la question.  

On peut dire que Sheldrake est un métaphysicien, mystique hermétique ou agnostique, mais il est surtout empirique. L'expérience est décisive, elle s'efforce d'éclairer. Bien que ses hypothèses émanent de l'intuition, elles sont soumises à l'expérience scientifique et Sheldrake se soumet à celle-ci.

 

- le Projet Intelligent (Intelligent Design)

 

Le projet intelligent (Intelligent Design) est une théorie proposée par Michael Behe (6, 7), Professeur et chercheur en biochimie de l'Université de Lehigh et auteur du livre « La boîte noire de Darwin » (Darwin´s black box) - The Free Press, 1996. Selon le Projet Intelligent, les causes intelligentes seraient responsables de l'origine de l'Univers et de la vie dans toute leur diversité. Les partisans de cette théorie, entre autres William Dembski, auteur d' « Intelligent design : the bridge between science and theology » (Le projet intelligent : le pont entre la science et la théologie) - Cambridge University Press, 1998, soutiennent qu'elle est scientifique et offre des preuves empiriques de l'existence de Dieu. Tous deux sont fondateurs et directeurs du Discovery Institute de Seattle (USA), parrainé et soutenu par des fondations chrétiennes. Ces auteurs et leurs partisans croient que la Nature est un livre ouvert qui démontre l'action du projet intelligent dans les systèmes vivants, mais au lieu d’offrir des indications positives soutenant leurs points de vue, ils essayent principalement de trouver des failles dans la théorie de la sélection naturelle de Darwin. Néanmoins, même s’ils rencontraient de forts et infaillibles arguments contre la sélection naturelle, ils ne rendraient pas le Projet Intelligent plus probant. Ils agissent fortement aux États-Unis et ont déjà réussi, dans quelques états américains, en vertu des changements dans les lois des états, à faire enseigner cette théorie dans les cours de sciences en tant qu’alternative à la théorie scientifique de la sélection naturelle de Darwin.  

Un grand nombre d’opposants scientifiques sceptiques allèguent qu'ID (Intelligent Design) vise à créer des arguments qui seraient utilisés par les créationnistes défenseurs de la Bible, ce dont nous avons déjà traité dans le chapitre III - les chemins de l'évolution - lorsque nous avons confronté l’Évolution au Créationnisme. Ils rejettent obstinément la théorie de l'évolution et la voient même comme étant une entrave très grande à la religiosité, comme allègue par exemple le professeur Johnson, enseignant de Droit de l'Université de Berkeley. 

 Pour le professeur Phillip E. Johnson, la théorie de la sélection naturelle de Darwin établit trois positions, c'est-à-dire : Premièrement Dieu n'existe pas. Deuxièmement, seule la sélection naturelle pourrait être survenue aléatoirement et par hasard. Troisièmement, quoi qu’il se soit produit par hasard ou aléatoirement, cela n’aurait pas pu être projeté par Dieu. Nous croyons que Johnson n'a pas compris ou semble ne pas vouloir comprendre complètement la théorie de la sélection naturelle de Darwin.

Mais nous n’allons pas commenter ici, nous allons seulement constater que tous les deux se livrent à une lutte à mort au lieu de se mettre d’accord. Tout tourne autour de la controverse religion contre science, autour de l'existence ou non de Dieu, de l'origine de la vie et de la durée du processus d'évolution sur Terre. Les religieux et les pseudo-scientifiques méprisent la théorie de l'évolution par la sélection naturelle, à laquelle Darwin a consacré 27 rigoureuses et sérieuses années de sa vie pour produire son livre si controversé, publié sous le titre simplifié d' « Évolution des Espèces ».  

Nous disons seulement que tout libre-penseur, scientifique ou non, peut émettre quelques hypothèses sur l'évolution de la vie sur Terre. Par exemple, Dieu pourrait avoir créé des vies superbes, intelligentes, qui font des expériences par la sélection naturelle sur d'autres planètes ou d’autres plans existentiels de l'Univers et qui transfèrent le résultat de telles expériences sur la Terre, ou n’importe quelle autre hypothèse que notre fertile imagination pourrait imaginer. Ce qu’on ne peut nier c’est que la sélection naturelle existe !

Michael Behe, auteur de la théorie du Projet Intelligent, fait valoir que des « systèmes irréductiblement complexes», comme l'œil et ses composants, ne pourraient fonctionner s’il manquait seulement l’une de ses différentes parties. Il affirme que des « systèmes irréductiblement complexes ne peuvent évoluer d'une manière darwinienne » et que le Projet Intelligent doit être responsable de ces systèmes irréductiblement complexes. Actuellement, ce sujet vient soulever plusieurs débats méritoires entre scientifiques, biologistes indépendants et ceux qui sont en accord avec le Projet Intelligent de Behe. Le principal contre-argument des biologistes est que les systèmes biologiques complexes et interdépendants n'évoluent pas comme des pièces individuelles, mais dans leur ensemble et au moyen de modifications graduelles au long de millénaires d'évolution. Chaque fois que Behe se sent coincé il se réfugie dans la théologie, en disant que (6) « Dieu peut faire tout ce qu’il veut », ou que «nous sommes des personnes incompétentes pour juger de l'intelligence selon les normes de Dieu ».

Malgré tout ce débat, Darwin lui-même a écrit dans « The Origin of Species » : « Au cas où il pourrait être démontré qu’il existe un quelconque organe complexe qui aurait pu ne pas avoir été formé à travers de légères modifications, nombreuses et successives, ma théorie [de sélection naturelle] certainement tomberait à l’eau ». Et cela n'a pas été encore démontré !  

L’ADN lui-même est une structure macromoléculaire complexe. Cette complexité s’accroît au sein des organisations cellulaires depuis les plus simple jusqu’aux plus complexes, graduellement, tout au long des milliards d'années d'évolution, soumise aux lois naturelles et immuables, dont les lois de la physique dérivent. Selon Victor J. Stenger (8) :

 

« [...] La probabilité selon laquelle l’ADN s'organise par hasard est de 1 sur 1040.000 [selon Fred Hoyle, « Evolution from Space » (Évolution venue de l'espace), 1981]. Cela est vrai, mais hautement trompeur. L’ADN ne s’est pas organisé purement par hasard. Il s'est amalgamé selon une combinaison en accord avec les lois de la physique. Sans les lois de la physique, comme celles que nous connaissons, la vie sur Terre comme nous la connaissons n’aurait pas évolué en un si court délai de six milliards d'années. Il a fallu la force nucléaire pour lier protons et électrons au noyau des atomes, l'électromagnétisme pour maintenir atomes et molécules joints, et la gravité pour maintenir les éléments de la vie prisonniers à la surface de la Terre ».

 

 Puissent ces fascinantes idées inciter beaucoup de physiciens à réexaminer leurs points de vue dans le but d’orienter aussi leurs études vers le transcendantalisme, élargissant l’intention de la science et plaçant ainsi leur brillante intelligence au service de l'humanité.

 

4.          Le Monde invisible

 

Quand nous disons que le monde invisible est plus grand que ce que l’on pense, une telle affirmation vaut non seulement pour la diversité présentée par la matière sous ses diverses formes, comme les plasmatiques et les modelables, mais aussi, pour les forces de tout type et de toute espèce, qu’elles soient purement physiques, transcendantes ou de nature spirituelle.

Concernant la matière, elle est entièrement invisible quand elle est considérée dans son essence structurelle comme molécules individuelles, qu'elle soit formée par la jonction de deux ou plusieurs atomes identiques (substances pures) ou par la combinaison des divers atomes entre eux pour former les plus diverses substances composées de la Nature. Ce qui rend visible la matière est en fait son agglomération en volume et en masse, supérieure à la longueur d’onde des radiations lumineuses reflétées par elle.

En plus, comme la matière, hormis de rares exceptions, tous les gaz (force de cohésion moindre que force de répulsion), même agglomérés en grandes masses, sont invisibles. Ainsi, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote, tous les gaz nobles (l'argon, le néon, le xénon, le krypton et le radon), mélanges de gaz (comme l'air), gaz combinés comme le monoxyde de carbone, le dioxyde de carbone, etc., sont tous, à l’état pur, complètement invisibles, en conditions normales de température et de pression. Les substances à l'état liquide (force de cohésion égale à la force de répulsion) ou à l'état solide (force de cohésion plus grande que la force de répulsion) sont toutes visibles ; Un exemple classique de substance qui peut exister dans les trois états mentionnés est l'eau qui peut se présenter autant à l'état solide (glace ou neige), que liquide (eau commune) ou de vapeur (vapeur d'eau, humidité).

Il nous reste à mentionner encore le quatrième état de la matière, le plasma, qui est constitué par des gaz ionisés existant à de très hautes températures. L'état plasmique ou plasmatique se présente sous la forme d'un mouvement thermique très grand, en impliquant ses ions positifs et négatifs, ayant des propriétés différentes de la matière basique dont il provient, qu’elle soit solide, liquide ou gazeux. Par exemple, l'eau au-dessus de 2000ºC passe à l'état plasmatique, en cessant toute possibilité de réaction chimique et à 5000ºC se décompose totalement en ses éléments (l'hydrogène et l'oxygène), les deux étant alors, à l'état plasmatique. Nous trouvons des exemples de gaz à l'état plasmatique dans l'atmosphère incandescente du soleil et dans les étoiles en général. Dans son ensemble, le plasma est neutre, puisqu’il contient une quantité égale de particules de charges positives et négatives, mais l'interaction de ces charges donne au plasma une grande variété de propriétés différentes de celles des gaz et, bien que neutre, ses particules sont sensibles aux champs électromagnétiques, réorientant ses charges conformément à la loi de l'attraction physique. La physique du plasma est l’une des branches la plus avancée du progrès scientifique. Quant à la visibilité, le quatrième état de la matière est invisible, ou visible selon des conditions spéciales.

Il y a encore une nouvelle matière, la matière noire ou matière sombre, qu’on admet exister partout, dans 90 % ou plus de la masse totale de l'Univers. Cette matière s'interpose dans l'espace sidéral et intergalactique. Sans elle, il serait difficile d'expliquer les forces de gravité qui maintiennent l'ordre dans l'Univers et contrebalancent son expansion. Ceci est un sujet du plus haut intérêt pour les physiciens de notre temps.

Enfin, il existe une sorte de matière, le fluide cosmique, à laquelle la Physique ne pense pas ou n’a pas encore étudiée, mais qui est intuitif et dont le concept est facilement admis par les spirites et les spiritualistes. Il s'agit de la matière modelée par la Force Intelligente, dans laquelle la cohésion entre les molécules est très basse, devenant une espèce de matière subtile, de basse densité. Il s’agit évidemment de matière invisible et impalpable, presqu’impondérable tant elle est fine. Ainsi comme la vapeur d'eau peut se raréfier et devenir invisible (vapeur sèche) ou se condenser en formant l’eau qui, reste en équilibre en devenant visible, le fluide cosmique est aussi doté d’expansibilité et de condensation. Sa nature et sa composition lui sont propres et nous ne savons rien d’elles. Ce type de matière ne possède pas les propriétés de la matière tangible, telle qu’elle est connue par la science officielle et, elle n’a pas encore été soumise à l'analyse chimique. Un exemple matériel qui ressemble à l'existence de ce fluide est la chevelure ou queue des comètes, visible seulement parce qu'elle est chargée de poussières cosmiques. Serait-ce la matière sombre des scientifiques, le fluide cosmique pour les spirites et les spiritualistes ?      

Admettons que le fluide cosmique puisse exister sous deux états distincts : celui de la ténuité ou impondérabilité qui peut être considéré comme état normal ou primitif et celui de la condensation que la matérialité rend perceptible, cela voudrait dire que le fluide cosmique peut passer de matière intangible à l'état de la matière tangible, de la même manière que la vapeur d'eau invisible peut se condenser en eau visible.

Il est facile de comprendre que chacun de ces deux états (ténuité et condensation) cède nécessairement la place aux phénomènes diversifiés. A l'état de condensation, il serait responsable de phénomènes du monde visible, tandis que dans celui de ténuité il céderait la place aux phénomènes du monde invisible. Les premiers nommés phénomènes matériels sont du domaine de la Science proprement dite. Les autres, invisibles, sont qualifiés de phénomènes paranormaux ou spirituels parce qu'ils se lient à l'existence de l'esprit. Il est évident que l'étude de l’un des états ne serait pas complète sans l'étude de l'autre, de même que pour la connaissance de leurs interactions.

 

5.          La parapsychologie et les phénomènes inexplicables

 

Le terme de Parapsychologie est apparu pour la première fois en 1889 et a été attribué à l’étudiant Allemand de Stuttgart, Max Dessoir. Il permet d’englober l'étude de phénomènes inexplicables - les dénommés phénomènes occultes, qui n'étaient traités ni par la psychologie classique ni par l’une des sciences naturelles existantes, qui pouvaient lui reconnaître la qualification de science. Selon Robert Amadou (9) : « La parapsychologie ne se confond ni avec une théologie,  ni avec une religion, ni avec le Spiritisme, ni même avec une philosophie, comme l'occultisme. La parapsychologie aspire à être une science ». Néanmoins, cent ans plus tard, ce n’est que récemment qu’elle fut reconnue comme science. La plupart des phénomènes qu’elle comprend, restent sans explication et peu d’entre eux ont été acceptés par la science. À ces phénomènes, la Parapsychologie applique, actuellement, la dénomination générique de phénomènes paranormaux.

Bien que l’objectif de notre œuvre ne soit pas de faire une ébauche critique des connaissances de la Parapsychologie, il est important de remarquer que, durant le XXe siècle, trois courants ont subsisté (9). Le premier des trois est le courant français, conservateur représenté par Robert Amadou. Il a maintenu la dichotomie naturelle surnaturelle. Le second est le courant russe, sous la direction de L.L. Vasiliev, qui s'est intéressé aux aspects pratiques de la télépathie. Enfin, le courant américain de l'école de Joseph Banks Rhine, de l'Université de Duke, qui affirme que « l'avancée de cette science dans le domaine du surnaturel était nécessaire afin de la rendre naturelle », qui veut lui accorder une approche historico-scientifique. Il y a eu aussi des progrès en Angleterre avec Soal, Price et Watheley Carington, qui développèrent des théories sur la survie mentale ou psychique de l'homme et en Allemagne avec Rudolphe Tischner qui fit de même que les chercheurs anglais. Il faut noter que l'école de Rhine a obtenu les plus grands résultats, mais à partir de 1965, ses recherches ont été interrompues sous l'allégation de la direction de l'Université de Duke, selon laquelle « leurs recherches n’atteignaient pas des objectifs pratiques ». À partir de là, Rhine a créé sa Foundation for Research of the Nature of Man (Fondation pour la Recherche de la Nature de l'Homme).    

Avec la tenue du Premier Congrès International de Parapsychologie à Utrecht, en 1953, Robert Thouless et B.P. Wiesner (10) proposèrent le changement de dénomination des évènements paranormaux en phénomènes PSI, provoqués par la fonction PSI (du Grec, psyché = âme). Cette fonction a été subdivisée en deux catégories : première catégorie, celle nommée fonction psi-gamma, responsable des phénomènes de nature subjective comme la télépathie, la clairvoyance, la précognition et post-cognition, etc.., et deuxième catégorie, la fonction psi-kappa, responsable des phénomènes de nature objective, dans laquelle s'observent mouvement, altération, modification ou toute autre action sur les objets matériels, comme la psychokinésie, les fantômes, les ectoplasmies, etc.

Thouless et Wiesner formulèrent une hypothèse de travail concernant l'origine de la « fonction PSI ». Ils ont admis l'existence d'une entité psychique opérant non seulement dans les activités les plus cognitives, normales et paranormales, mais étant aussi capable d'interagir tant avec les objets et les cerveaux externes qu'avec le cerveau et le système nerveux d’une personne. Cette curieuse entité est dénommée « shin », dont la prononciation correspond à la vingtième lettre de l'alphabet hébreu. Selon eux, « shin » serait la cause de toutes les fonctions psychiques normales et paranormales, tandis que, comme effet, il y aurait la « fonction PSI » pour désigner l'ensemble des fonctions paranormales, parmi lesquelles psi-gamma qui est la fonction subjective (ESP, selon Rhine) et psi-kappa la fonction objective (PK, selon Rhine). Finalement, ce sont des stratagèmes pour (10) « contourner le vieux problème de l'esprit, dont la connotation religieuse et métaphysique constitue le plus grand désagrément pour son acceptation par la science officielle ».

Actuellement, de manière générale, on utilise la nomenclature de J.B. Rhine : ESP (extra sensory perception) ou en français, PES (perception extra-sensorielle) et pour désigner les phénomènes objectifs, la dénomination PK (psychokinésie = psychokinèse).  

Un grand nombre de phénomènes, comme les rêves prémonitoires, les cas de présage de mort, de transmission de pensée (télépathie), d'influence à distance et de perception extra-sensorielle de quelques faits qui se produisent à petites et grandes distances ont été prudemment étudiés par la Parapsychologie, qui en admet déjà la réalité en les classant comme « phénomènes paranormaux ». Mais la science, bien qu'elle se montre apparemment ouverte aux faits nouveaux, maintient de rigoureuses précautions concernant les questions qui semblent impliquer des problèmes liés à la nature spirituelle de l'homme.

Y aurait-il un « esprit » extérieur agissant sur les objets ? C'est-à-dire, l’ESP serait-elle une réponse à une stimulation extérieure, sans le concours des cinq sens physiques normaux ? Est-il admissible d’imaginer, comme hypothèse, un « esprit » immatériel capable d'agir directement et mécaniquement sur les objets matériels, pour expliquer les phénomènes objectifs de type PK – psychokinèse ? Ce sont des questions encore non résolues par la science.

 Tous les phénomènes qui se produisent dans le monde invisible, sous l'action d'une Force Intelligente, sont et continueront à être inexplicables par la science officielle, tant qu'elle n'aura pas une meilleure connaissance de ce qu’est la Force Intelligente. Pour les spirites et les spiritualistes, ces phénomènes ont le nom générique de phénomènes animiques ou phénomènes psychiques et ont à voir avec la variation des domaines biopsychiques de l'homme, par action de la Force Intelligente.  

Selon cette approche, nous pouvons classer de tels phénomènes en deux catégories : phénomènes « médians » et phénomènes médiumniques. Dans les premiers, la Force Intelligente agit sur des objets matériels, en les animant ou alors en matérialisant  d’une certaine façon les fluides (matière ténue et invisible pour notre sens de la vue). Déjà dans les phénomènes médiumniques, la Force Intelligente interagit d’une certaine manière directement avec les personnes ou celles-ci entre elles.

Parmi les premiers phénomènes nous pouvons citer la psychographie, les matérialisations, les photographies spirites, « les tables qui tournent », le jet des pierres, les apparitions, etc.

Dans les seconds phénomènes nous pouvons inclure la médiumnité dans ses diverses formes et degrés, comme la médiumnité intuitive ou intuition, la médiumnité olfactive, la médiumnité auditive, la voyance, la télépathie. Comme phénomène mixte ou global, nous trouvons la médiumnité d’incorporation.

L'admission de cette Force Intelligente expliquerait aussi les phénomènes psychiques développés par Mesmer – d’où le nom de mesmérisme donné à ces phénomènes, parmi lesquels le somnambulisme qui est l’une des modalités, ainsi que l’hypnotisme ou transe hypnotique dont la connaissance dérive aussi du mesmérisme et qui à l’origine, a été assimilée au magnétisme humain ou force vitale. Mesmer, Charcot et d’autres partisans ont fait les premiers pas.

 

6.          Vision Spiritualiste de la Force Intelligente

 

Selon la vision spiritualiste, tout l'Univers est constitué de Force et de Matière, cette dernière ayant formé toutes les substances et les corps et la Force les ayant animés. Mais ici le concept de Force va bien au-delà du concept enseigné par la Physique, comme montré au Chapitre II - Force et Matière, que nous présentons en première partie de cette œuvre.

La Force Intelligente est présente dans tout l'Univers et pénètre tout et tout type de matière, qu’elle soit inorganique, organique ou organisée, ainsi que toutes les cellules vivantes individuellement, dans leur ensemble et dans chaque être vivant. Elle est l'agent actif qui, en agissant sur la matière, qui est l'agent passif, sous-tend la structure atomique de la matière et, des êtres vivants (plantes et animaux), et constitue le fondement des cellules en leur donnant vie. Ici, nous aurions besoin d'élargir aussi le concept de vie des minéraux, comme nous l’avons déjà avancé lorsque nous avions traité l'Évolution dans la première partie de ce livre. Ainsi, selon Luiz de Mattos (2), nous avons : « 1) dans le règne minéral - la force intelligente originelle, résultant de la vibration atomique et moléculaire dans la matière amorphe et dans les dispositions cristallines des cristaux ; 2) dans le règne végétal – la force intelligente et vie naissante, fixe, sans mobilité appréciable ; 3) dans le règne animal - la force intelligente, vie complète et intelligence, avec mobilité ».

Chez l'homme, nous avons la force intelligente, la vie complète et l'intelligence complète, avec le libre arbitre  et d’autres attributs de la force qui, à partir de ce moment, reçoit le nom d'esprit.

De plus, selon Luiz de Mattos, (2) «on ne doit pas inférer, à partir de là, l'inexistence de la vie dans le règne minéral ni de l'intelligence dans le règne végétal. Seulement mentionner la prédominance des attributs fondamentaux indiqués, pour faciliter la compréhension du lecteur, vu la transcendance du sujet ». Toujours dixit Luiz de Mattos : « [...] Force et Matière sont le début et la fin, ce sont des unités qui se touchent en leurs extrémités, elles avancent parallèlement et dans leur incommensurabilité, elles incluent l'infini et impliquent l'Univers ».

 

 

Références de ce chapitre :

 

 

 1) MATTOS, Luiz de. Pela Verdade – a Ação do espírito sobre a matéria. – 9.ed, Rio de Janeiro: Centro Redentor, 1983. p 216

 2) MATTOS, Luiz de. Racionalismo Cristão. 43ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor, 2004. p. 50 e 51.

 3) BOHM, David. The Implicate Order. Artigo de autoria desconhecida.  Disponible sur : http://www.bizcharts.com/stoa_del_sol/plenum/plenum_3.html.  accessible le: 25 out. 2005. Tradução e adaptação de Caruso Samel.

 4) GOSWAMI, Amit. An interview with Amit Gosvami: the self aware universe. Disponible sur http://twm.co.nz/goswam2.htm. accessible le 15/09/05.

 5) TALBOT, Michael. The universe as an hologram. Disponible sur : http://twm.co.nz/hologram.html . accessible le: 28 nov. 2005.

 6) BOHM, David. The holographic universe. Disponible sur : http://twm.co.nz/gozwam2.html. accessible le : 28 nov. 2005.

 7) Intelligente Design Network. Intelligent Design. Disponible sur: http://www.intelligentdesignnetwork.org. accessible le: 28 nov. 2005

 8) STENGER, Victor J. Intelligent Design. Disponible sur: http://www.talkorigin.org/faqs/sosmo.html . accessible le: 28 nov. 2005.

 9) AMADOU, R. Parapsicologia – um ensaio histórico e crítico. São Paulo: Mestre Jou, 1966, p. 29

10) ANDRADE, Hernani Guimarães. O que é psi? . Revista de Espiritismo, São Paulo, n. 27, 2. trim. 1995. Disponible sur : http://www.espírito.org.br/portal/artigos/fep/o-que-eh-psi.html.  accessible le: 26 nov. 2005.

11) CAPRA, Fritjof. O Tao da Física. 2.ed. São Paulo: Cultrix, 1983.

12) SHELDRAKE, Rupert. Sheldrake e os campos mormogenéticos. Disponible sur : http://www.pfilosofia.pop.com.br/03_filosofia/03_07.leia_tambem/09.htm. Accessible le :  

18 dec. 2005

 

 

 

CHAPITRE IX

 

 

 

LA PRIORITÉ DE L'ESPRIT

 

« L'esprit est lumière, intelligence, vie, pouvoir créateur et producteur. Il est exempt de matière de toutes sortes. Il est donc immatériel. Particule individualisée, il est conservé ainsi tout au long de la trajectoire qu’il suit dans le processus de son évolution.

 

Il est indivisible, éternel, et évolue vers la perfection en s’amplifiant de plus en plus. En tant que particule du Tout, il en est inséparable et subsiste à toute transformation. Rien qui puisse survenir ne peut le détruire. »

 Luiz de Mattos, Codificateur du Rationalisme Chrétien.

 

 

1.          Nature de l'Esprit

 

Nous avons vu, au chapitre précédent, comment la Force Intelligente couvre tous les règnes de la nature en créant, organisant, gouvernant, dirigeant et accompagnant l'Évolution des Espèces, comme il a été démontré dans le chapitre III. Ici, nous allons traiter de l'Esprit et son évolution avec pour fondement, les connaissances spiritualistes. Dans la littérature philosophique et scientifique, principalement dans cette dernière, il y a beaucoup de confusion sur ce que sont l'esprit et la conscience. Actuellement, des milliers de travaux et essais ont été écrits par des psychologues et des neurologues. Ils ont pour base les recherches sur la conscience cognitive, avec des critères exclusivement comportementaux et matérialistes, ce qui n'a rien à voir avec la nature de l'esprit et ses attributs. Ils confondent alors esprit et conscience, celle-ci n’étant que l’un de ses attributs ou facultés.  

Nous avons vu aussi dans le chapitre VI, avec une vision historique, comment sont apparus les pionniers du Spiritisme et leurs expériences. Dans le chapitre VII, nous avons présenté les codificateurs du spiritualisme moderne sous les portraits de Luiz de Mattos, Luiz Alves Thomaz et António de Nascimento Cottas, personnalités encore peu connues de la science officielle et qui ont lancé les bases d'une philosophie de notre temps, doctrine pratiquée à travers le Rationalisme Chrétien (1).  

Durant la seconde moitié du XXe siècle, de nombreux cas de réincarnation prouvés ont été étudiés par Ian Stevenson (3) et ses collaborateurs, suivis d’études et de recherches sur les phénomènes de « sortie hors du corps » (EFC ou OBE - out-of-body expérience) et d’expériences de mort imminente (EMI ou NDE - near-death esperience,). Ces expériences ont été portées à la connaissance de tous par Raymond A. Moody, Jr. (4). Ces chercheurs, depuis 1966, révèlent des centaines de cas vérifiés, en renforçant les évidences de l'existence de l'esprit et du processus de réincarnation, démontrant l'existence de la vie de l'esprit après sa désincarnation. Nous allons à présent et dans les chapitres suivants, traiter ces sujets et bien d’autres.

Durant les deux dernières décennies du XXe siècle et au début de ce siècle, quelques psychologues et psychiatres de renom ont établi les bases analytiques par la thérapie des phénomènes de régression vers les vies antérieures. Dans les exposés publiés par le psychologue Patrick Drouot (5, 6) et le psychiatre Brian Weiss (7, 8), des expériences ont été relatées, apportant beaucoup d'indications et de nouvelles évidences sur l'existence de l'âme (esprit) et son immortalité, présentant au public un grand nombre de phénomènes relevant jusqu'alors exclusivement du domaine du Spiritisme et du spiritualisme. Outre les chercheurs cités, de nombreuses autres expériences ont été évoquées par des dizaines d'auteurs et chercheurs, dans des centaines de livres de grande diffusion d’actualité dans le monde entier et aussi à travers des articles divulgués sur Internet.

Mais après tout qu’est-ce donc que l'esprit ? Tout au long de l'histoire humaine, il y a toujours eu spéculation philosophique et métaphysique sur l'existence d'une force associée au corps humain, présente dans la vie de toutes les personnes. Après avoir parcouru tous les règnes de la nature, à partir de sa dernière étape en tant qu’animal, la Force Intelligente a acquis les attributs de la conscience : celle du libre arbitre  et bien d’autres, prenant de ce fait la dénomination d’Esprit et c’est ainsi que celui-ci commence à agir dans le corps humain. Concernant l'Esprit, qui a un long cheminement évolutif devant lui, le Rationalisme Chrétien s'est exprimé ainsi, depuis 1910, voir page 85 de l'œuvre mentionnée (1) :

  

« L'esprit est lumière, est intelligence, est vie, est pouvoir créateur et producteur. En lui la matière ne subsiste sous aucune forme. Il est donc, immatériel. Particule individualisée, il est conservé ainsi durant toute la trajectoire de son processus d’évolution. Il est indivisible, éternel, et évolue vers un perfectionnement de plus en plus grand. En tant que particule du Tout, il en est inséparable et subsiste à toute transformation, rien n’existe qui puisse le détruire. »

 

Et plus avant dans la même œuvre, pour ce qui concerne le discernement de l'esprit lors de la désincarnation, la même référence s’exprime ainsi (1) :

 

C’est dans l'espace incommensurable de l'Univers, où l'Intelligence vibre sans interruption, en permanente action consciente et en perpétuelle démonstration de vie, qu’agit l'esprit. Sa force intranucléaire s'exprime dans toutes les activités, par des mouvements vibratoires. Ces mouvements sont irradiés d'un noyau de Force, qui est l'esprit, vers un océan d'essence identique qui est le Tout, désignant le pouvoir attractif qui fait que les attributs de ce Tout convergent vers le noyau, en le développant et en lui donnant une plus grande potentialité.

 

Il s'agit d'une prévision intuitive et éclairante sur l'existence de la Vie hors de la Matière (2), titre d'un autre livre édifiant publié dans les années 20 du siècle dernier. Ce livre a pour objectif d'éclairer les personnes sur les phénomènes psychiques, à travers de nombreuses et magnifiques gravures en polychrome réalisées par un artiste ayant une vision médiumnique, sous l'orientation de Luiz de Mattos, fondateur et codificateur du Rationalisme Chrétien.

Ces deux livres mentionnés (1, 2) constituent la base des enseignements spiritualistes prodigués par le Rationalisme Chrétien, totalement dépourvus de tout type de mysticisme. Courant le risque qu’ils tombent dans l’oubli, nous cherchons à reproduire ci-après un texte moins complet mais très simple. Le lecteur y trouvera une exposition claire sur ce qu’est l'esprit et ses attributs, ainsi que sur son incarnation et sa désincarnation.

 

2.          Principaux Attributs de l'Esprit  

 

Il est facile d’appréhender que les attributs de l'esprit sont ses facultés et constituent ses prédicats. Les attributs de l'esprit sont innombrables. D’après (1), ils « augmentent et s’étendent selon la véritable destinée de croissance de l’esprit, qui est celle d’un être en évolution ». Tous ces attributs sont inhérents à l'esprit, qui chez l'homme constitue sa force active ou force vitale, particule individualisée de l'Intelligence Universelle, immatérielle, invisible et dissociée de la matière, avec qui néanmoins ils constituent notre corps physique.   

À titre de clarification pour ceux qui ne sont pas habitués à penser à cette dualité Force et Matière, comme nous l’avons vu, expliqué et soutenu tout au long de cette œuvre, nous allons commencer en exposant les principaux attributs de l'esprit, à savoir : la force de volonté, la conscience de soi, l'intelligence, la capacité de perception, le raisonnement, le pouvoir créatif, l'équilibre mental, la maîtrise de soi, la logique, la sensibilité et la fermeté de caractère. A la pensée - vu son importance vitale dans les activités humaines, tant de nature purement intellectuelle que de nature simplement intentionnelle comme cela se produit dans le quotidien de chacun d’entre nous - nous consacrerons le chapitre 10, de même pour le libre arbitre  et l'intuition qui seront traités dans des chapitres appropriés.  

 

- La Force de volonté   

 

C'est l’un des attributs les plus marquants de l'esprit. À travers cette puissante faculté, l'esprit exerce son pouvoir de volonté, pour atteindre dans la vie ce qu’il désire réaliser. C'est elle qui imprime la détermination aux réalisations de l’être humain, en le dotant de force pour vaincre les obstacles et résoudre les problèmes qui l’affectent. Avec son action, les obstacles se défont, dans la limite de la capacité et de la connaissance de chacun à les outrepasser.

À travers ce superbe attribut, consciemment tourné vers le Bien, l'être humain réalise des merveilles, déjoue toutes les passions, tous les vices et ne se laisse pas entraîner dans des désirs malsains, réalisant ainsi son progrès matériel et spirituel. Ses victoires sont progressives et, les résultats successifs renforcent les pas suivants avec la certitude de triompher, même dans les heurts les plus ardus de la vie. Comme formule d’importance, la force de volonté est (1) « une forteresse inexpugnable de l'esprit ».

Il ne faut pas confondre la volonté et le désir qui ne signifient pas la même chose et souvent assument des positions contraires. Quand cela arrive, principalement quand il s'agit d’éloigner les désirs inférieurs de toute espèce, la volonté doit intervenir avec suffisamment de force pour éloigner les maléfices qui peuvent survenir d’une mauvaise action.

 

 - Conscience de soi

 

C'est au moyen de la conscience de soi (conscience subjective), que l'esprit acquiert la rigueur envers lui-même, puisque personne mieux que lui ne connaît les limites de ses possibilités, et, il est le seul capable de mesurer librement les énergies dont il dispose, sans les disperser en aucun moment.

Et que signifie cela ? Cela signifie savoir se juger soi-même, en faisant une autocritique de la vraie perception de ce dont on est capable, en adoptant des attitudes prudentes et justes, apprendre à ne pas se réfugier dans la vanité ni dans la fausse modestie et agir de manière naturelle, dans le cadre de ce qui est réel et conforme au bon sens.

Cet attribut, allié au respect de soi, amène l'esprit à respecter aussi ses semblables d’égal à égal, en traitant tout le monde avec impartialité, c'est-à-dire, sans empathie ni arrogance, mais avec simplicité, éclairés sur le fait que nous avons tous la même origine et le même cours évolutif à accomplir.

De manière plus ample, il ne faut pas confondre la conscience et l'esprit. La conscience doit être considérée comme sa principale inhérence, donc c'est elle qui individualise l'esprit et lui imprime la responsabilité de ses actes.

Il faut aussi savoir différencier la conscience de soi ou subjective de la conscience objective. Cette dernière est en relation avec l'action de notre libre arbitre  et est responsable de l'évaluation de nos erreurs et de nos exactitudes durant notre vie terrestre. Mais en dernière instance, la conscience objective est toujours subordonnée à la conscience subjective, celle-ci étant prédominante.  

 

- Intelligence

 

Cet attribut caractérise hautement la performance de l'être humain dans toutes les activités logiques et créatives de l'esprit, constituant sa principale énergie. En outre, l'intelligence interagit en intervenant dans d'autres activités en rapport avec la perception sensorielle, sous forme d'intelligence émotionnelle, contribuant à rendre son action toujours effective.   

L'intelligence exhorte toujours vers la connaissance et le perfectionnement de l'esprit humain et, a pour dessein l’éveil de l'être pour les choses sérieuses de la vie. Pour cela même, l'esprit, moyennant l'utilisation de son intelligence, est toujours à la recherche de la perfection dans toutes les activités qu’il souhaite réaliser, cherchant à corriger ses imperfections et ses erreurs. Outre l'intelligence elle-même, d’autres attributs spirituels en dépendent. Ils « se créent, se développent, grandissent, s'élargissent et s'améliorent, conformément à l'évolution de l'esprit (1) ».  

C'est l'intelligence qui nourrit le raisonnement, en lui fournissant les idées nécessaires, quel que soit le contexte, afin qu’il ait les réflexions adéquates dans les processus de discernement de ce qui est erroné et de ce qui est juste, pour pouvoir faire les meilleurs choix dans les attitudes que l'être humain devra adopter.  

 

- Capacité de perception

 

C'est par la capacité de perception que l'esprit capte de son milieu environnant les informations dont il a besoin, celle-ci étant un attribut directement lié au degré de spiritualité que l'esprit a déjà atteint durant son processus évolutif. La capacité de perception est donc le canal à travers lequel les ressources d'inspiration ou d’intuition agissent librement, en renforçant les idées propres émanant de la pensée et en influençant l'usage de bien d'autres attributs spirituels ainsi que les actions humaines tournées vers le Bien.

 Dans cette capacité, interviennent de nombreux facteurs psychologiques que le langage commun a des difficultés à décrypter avec précision, bien qu’ils représentent les valeurs réelles et sont facilement reconnaissables et acceptables. La capacité de perception sert autant dans les attitudes audacieuses que la personne prend, que dans celles où la précaution et la prudence sont de mise.

Parmi beaucoup d’attributs dérivés ou intimement liés à la capacité de perception se détachent le pouvoir de pénétration, l'acuité, la subtilité, la perspicacité et la sensibilité de l'esprit. Tous ces attributs sont auxiliaires de la capacité de perception et exercent chacun, seul ou conjointement, une puissante influence dans le domaine observationnel de la personne, en lui révélant ce que les convenances souvent cachent, en complétant ses bases d'informations pour les prises de décision qu’elle devra souvent faire. L'être peut, de ce fait, réussir mieux et par conséquent, moins se tromper.

 

- Pouvoir de Raisonnement

 

Avec cet attribut, l'être analyse les faits et les problèmes de la vie, en s’offrant les conditions sûres pour tirer les meilleures leçons de tout ce qui lui arrive spontanément ou non dans sa vie.

Il prévaut sur l’observation, sur l'induction et sur la logique, permettant d’effectuer des déductions exactes des obstacles et des événements difficiles de l'existence terrestre afin de les rendre plus évidents, clairs et compréhensibles.  

C'est à travers le raisonnement toujours en éveil que l'esprit s’oriente durant sa trajectoire évolutive dans ce monde. Il est un instrument puissant qui permet à la personne de déjouer les mauvaises idées, croyances, superstitions, ainsi que le mysticisme. Nous savons tous que ce dernier est responsable de la « mécréance et d'autres subordinations indicatives d'assujettissements  de manière aiguë ou délicate » (1).

 

- Pouvoir Créateur

 

C'est du pouvoir créatif ou faculté de conception que dérivent les créations de la pensée de tout type, le génie inventif en sciences, en lettres et en arts. Toutes les réalisations, les améliorations et les transformations liées à l'activité humaine doivent lui être créditées.

Il est le ressort maître et l'élément propulseur de tout développement culturel et scientifique de l'humanité, à différents niveaux, races et cultures, amenant les peuples au progrès matériel et au développement spirituel.

Il est à noter que lorsque le pouvoir créatif se développe, allié aux nobles sentiments de désintéressement, d’abnégation et de résignation, il en résulte de grandes victoires pour l'humanité en général.

 

- Equilibre Mental

 

Aucun autre attribut n’est aussi important pour l’être humain que l'équilibre mental. Celui-ci dérive de la rigoureuse « épuration des sens, du tempérament bien ajusté aux réalités de la vie, de la sérénité, de la compréhension exacte des possibilités et de la justesse dans l’appréciation des faits » (1).

Celui qui ne se contrôle pas se rend facilement victime de la perturbation régnante sur Terre, pouvant entraîner de graves conséquences pour la santé mentale et physique des êtres. Beaucoup de philosophies d'auto-assistance s’occupent de cet important aspect, dans le but de transmettre aux êtres, le calme, la sérénité, la modération, l’attitude prudente et modérée, la réflexion, le critère de justice et de bon sens. Ce sont des aptitudes évidentes pour tous ceux qui ont un équilibre mental et par conséquent, souhaitées par toute personne afin de se sentir sécurisée dans ses actions, afin d’éviter les erreurs communes et néfastes à son bien-être et à la convivialité avec ses semblables.

Il n'y a pas de spiritualité rédemptrice sans le perfectionnement de cet attribut qui doit mériter un effort et des soins constants de la part de tous ceux qui cherchent une vie meilleure et supérieure, avec une haute signification pour son processus évolutif.

 

- Logique

 

C'est la logique qui supporte le raisonnement lucide, à travers la cohérence que l'être exerce par la vaillance dans ses attitudes, en l'aidant à mettre l’ordre nécessaire dans ses pensées et la base formelle dans la construction des idées par le langage propre au lieu où il s’est incarné.

Invariablement, le développement de la logique résulte de l’étude constante principalement des mathématiques et de la philosophie, outre l’observation des faits, permettant ainsi l'amélioration spirituelle de l'être. Par conséquent, l'éducation est son bastion, permettant la formulation rationnelle des idées et la transformation d'hypothèses en théories avec des assises fermes, certaines claires, réelles et bien admises par d’autres personnes.

Le résultat bien établi de la logique, dans toutes les activités de la vie, démontre un esprit intelligent, une sagacité dans les argumentations capable de fonder la confiance et l’acceptation de ses idées par tous.    

 

- Maîtrise de soi

 

Nous devons nous demander qui est au contrôle. C'est au moyen de la maîtrise de soi que l'esprit assure le total contrôle de ses actes. Quand cet attribut est bien utilisé, la personne évite d’adopter des attitudes impulsives et de pratiquer des actes inconcevables, évite les incongruités de toute nature pour lesquelles elle aurait à se repentir plus tard, comme cela arrive dans la majorité des cas.

Pour assurer le total contrôle de soi, l'être humain a besoin d’être toujours conscient de ses actes et de se contrôler constamment. Son esprit est sans cesse en vibration, attirant et repoussant les courants de pensées favorables et défavorables qui s’entrecroisent dans l'espace dans toutes les directions. Ce sont ces vibrations qui rendent propices son progrès matériel et son bien-être spirituel lorsqu’elles sont bien attirées et bien utilisées.

Il en résulte que l'être humain a l'attribut de la maîtrise de soi pour ne pas se laisser influencer par les vibrations néfastes et négatives, et pour chercher à entrer en syntonie exclusivement selon sa volonté, au service du Bien.

 

- Sensibilité

 

Sans vouloir entrer dans les méandres de la nature de la sensibilité, nous pouvons affirmer qu'elle est une faculté ou un attribut par lequel l'esprit confère à l'être la capacité de sentir et percevoir les vibrations de l'environnement où il agit. Elle est beaucoup plus que les impulsions données à nos cinq sens physiques (la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher) par les perceptions sensorielles. Pour cela même, nous nous rapportons ici à la sensibilité extra-sensorielle qui nous permet de percevoir ce qui est derrière les apparences.

La sensibilité constitue le cerne de l'intelligence émotionnelle, incluant des centaines de sentiments et émotions qui découlent d'elle. L'empathie, par exemple, qui solidarise les êtres sans qu’il n’y ait aucune explication scientifique à ce noble sentiment, se révèle par la sensibilité, par les sentiments semblables, par des idées similaires et par les aspirations communes.

Que devrait-on dire alors, seulement pour citer un exemple de plus, du sentiment d'amour sincère et vrai qui révèle la compassion par les souffrances et les douleurs de nos semblables comme si elles étaient les nôtres ? Et des souffrances morales qui, lorsqu’elles sont bien comprises, associées aux douleurs physiques, réveillent l'esprit au véritable sens de la vie ?  

 

- Fermeté de Caractère

 

Les meilleurs et les très nobles sentiments de rectitude, dignité, honnêteté et générosité qui pénètrent et fondent nos meilleures attitudes, dérivent directement de la fermeté de caractère. Ces sentiments, évidemment, contribuent à accélérer l'évolution spirituelle de l'être humain. Ceux qui entretiennent la fermeté de caractère dans sa forme la plus complète donnent les plus admirables exemples de valeur dans tous les actes de la vie.

Cet attribut est en constante vibration conjointement avec les autres attributs, formant une combinaison harmonieuse qui caractérise les esprits d'élite. Il révèle toute la maturation spirituelle en offrant à l'être humain les conditions d’effective ascension aux mondes supérieurs de l'esprit en atteignant les degrés évolutifs les plus élevés.

 

3.               Les Mondes Spirituels

 

Nous avons présenté au chapitre 1 - l'Univers, une brève description de l'espace infini et de ses composantes, les galaxies, les étoiles, les planètes, les satellites, les comètes et autres astres de transition, tous de nature matérielle, certains lumineux, d’autres pas, d’après la connaissance scientifique de l'Espace et de l'Univers telle qu’elle nous est enseignée par l'Astronomie et par la Cosmologie.

Conformément à l'approche spiritualiste, en prenant en compte l'évolution de la Force Intelligente et aussi de l'Esprit tout au long de sa trajectoire évolutive dans l'Univers, les mondes sont organisés conformément à leur finalité et en ce sens ils se divisent en deux grandes catégories : les mondes de stages et les mondes d’enseignements, conformément à la description suivante.

 

 

 - Mondes de stages

 

Ces mondes sont organisés pour maintenir les esprits à un certain niveau ou degré et leur servent d'adresses évolutives, spirituellement organisées en trente-trois niveaux, conformément au degré d'évolution des esprits qu’ils contiennent. Ces niveaux sont mentionnés seulement - vu l'importance de la matière - afin de faciliter la compréhension des lecteurs.

Après désincarnation, l'esprit qui a accompli ses nobles devoirs quitte l'atmosphère terrestre et se dirige vers le monde de stage ou d'origine auquel il appartient, retournant au monde d’où il est venu quand il s’est incarné, conformément à son niveau d'évolution. Chaque niveau de monde contient seulement des esprits de ce même niveau ou degré, tout comme dans une école, bien qu’assurant lentement son évolution à travers ces stages. Les esprits qui font leur évolution sur la planète Terre appartiennent aux dix-sept premiers niveaux d'une série de trente-trois.

L'esprit s’incarne et se réincarne jusqu'à atteindre le dix-septième niveau d’incarnation. Lorsque l'esprit, après autant d’incarnations que nécessaire, atteint par son propre mérite ce dernier niveau d’incarnation (dix-septième) et qu’il décide de se réincarner à nouveau, il retournera lors de sa désincarnation au même dix-septième niveau afin de s’apercevoir qu'il n’est nul besoin de se réincarner à nouveau, et il accèdera directement au dix-huitième niveau. Nous disons alors qu'il a fini son parcours ici sur Terre. A partir de ce niveau, l'esprit, en condition d'Esprit Supérieur, n'a plus besoin de se réincarner et initie son évolution en corps astral. A partir de ce niveau jusqu’au trente-deuxième, éventuellement, un esprit ou un autre ne peut que s’incarner sur la planète Terre, non par exigence évolutive, mais pour accomplir une mission spéciale afin d’aider l'humanité à se réveiller spirituellement, dans une belle et spontanée manifestation d'abnégation et de désintéressement.   

Il y a une catégorie d'esprits qui, bien qu'appartenant à certains niveaux, ne s'incarnent pas et se consacrent à assister de manière astrale le progrès de leurs semblables moins évolués incarnés sur cette planète. Ces esprits, qui font leurs stages dans les niveaux des mondes opaques, ont perdu beaucoup d'incarnations sur Terre sans progresser et se disposent à récupérer le temps perdu dans le plan astral en travaillant sous la tutelle d'Esprits Supérieurs de dix-huitième degré et plus (mondes diaphanes et mondes de lumière très  pure).

Les mondes spirituels ou astraux sont classés, comme nous l’avons dit, selon une série de trente-trois niveaux, où les esprits sont répartis selon le niveau de développement de chacun et font leur évolution dans l’ordre des mondes suivants :

 

 Mondes matérialisés                               esprits du 1er    au  5ème   niveau

Mondes opaques                                       esprits du 6ème    au 11ème  niveau

Mondes blancs                                          esprits du 12ème  au 17ème  niveau

Mondes  diaphanes                                   esprits du 18ème  au 25ème  niveau

Mondes de lumière très pure                   esprits du 26ème  au 33ème  niveau

 

Il est évident que les esprits du vingt-sixième au trente-troisième niveau, désignés comme étant de lumière très pure, n’ont plus de contact avec la Terre. Les esprits du trente-troisième niveau se trouvent dans la plénitude de leur évolution et sont omniscients et omnipotents.

Dans les mondes de stages, l'esprit prend connaissance de ce qui se passe dans les mondes de niveaux inférieurs au sien, mais ignore ce qui se produit dans les mondes supérieurs. Les esprits de niveaux inférieurs, spécialement des cinq premiers, s’incarnent sous l'orientation d’autres plus évolués appartenant aux niveaux supérieurs au leur. Ces esprits ont besoin d'être sous tutelle, comme des enfants qui sont conduits à l'école.

 

- Mondes d’enseignements

 

Les mondes d’enseignements sont ceux qui présentent des conditions de vie comme celles que nous connaissons ici sur Terre, avec l'esprit incarné dans un corps physique. Sur la planète Terre il y a une grande diversité d'esprits incarnés, provenant des dix-sept premiers niveaux comme indiqué ci-dessus. Un tel dessein se produit afin que les esprits se stimulent, entre eux, échangent leurs connaissances intellectuelles, morales et spirituelles. De cette manière, l'évolution des esprits se fait plus rapidement que dans leur propre monde, où il n'existe aucune diversité pour impulser la connaissance.

La Terre étant un monde d’enseignements, où s’incarnent les esprits des dix-sept premiers niveaux, ici les esprits incarnés promeuvent leur évolution, en partant du premier niveau jusqu’au dix-septième. Le nombre d'incarnations varie avec l’accomplissement moral et spirituel de chaque esprit à chaque passage sur Terre (vie terrestre). La durée totale des incarnations varie d’un esprit à l’autre, mais elle s'élève toujours à des milliers d'années.

L'évolution, ou ascension spirituelle, se fait toujours d'un niveau à celui immédiatement au-dessus, sans favoritisme ni protection. Dans l'évolution de l'esprit règne le principe de justice, fondé sur la loi de l'égalité. Tous les esprits doivent affronter les mêmes difficultés et accéder au  triomphe par leurs propres efforts et mérites.

C’est sans appel, lorsqu’une incarnation est mal exploitée, il en résulte la nécessité de la répéter, l'esprit se devra de passer par les mêmes tribulations de l'incarnation précédente jusqu'à réussir à dominer les vices, les faiblesses et les mauvais sentiments et récupérer le temps perdu. Dans la mesure où l'esprit constate les énormes avantages de l'ascension aux niveaux supérieurs, il vit avec l’impatient désir d’aller de l’avant, afin d'atteindre de nouvelles connaissances et conquérir de plus amples attributs spirituels.

Dans le monde correspondant à son niveau, l'esprit prévoit sa nouvelle incarnation (réincarnation) de la manière dont il le désire résolument, afin d’en profiter au maximum. Il a pour objectif de transformer son désir en réalisations terrestres en perdant le minimum de temps sur Terre, par l’accomplissement de ses devoirs. Son éventuel échec pourra rendre inutile le sacrifice de son incarnation.

Pendant ses nombreuses incarnations dans les mondes d’enseignements, l'esprit sera soumis à un grand nombre de sentiments et d'émotions qui font partie de la vie quotidienne. Tous les habitants de la planète devront passer par de telles expériences, indistinctement. En outre, tous devront passer par les sensations de pauvreté et de fortune, alternativement, afin de compléter l’éventail de telles perceptions. Ce réveil est nécessaire pour que se consolide le vrai sens de la vie spirituelle, menant à la clarification de l'esprit.

La connaissance alternative de la vie dans un monde d’enseignements, comme la Terre et dans les mondes de stages, à travers les nombreuses incarnations, conduit l'esprit à la clarification et à une meilleure connaissance des lois naturelles et immuables de l'Univers. Il est bien vrai que sur Terre il y a beaucoup de choses à apprendre, mais il est perceptible que les domaines de travail et d'étude dans l'Univers sont incommensurablement plus grands, comme il nous est affirmé (1) :

 

« L'Espace offre à l'esprit un champ magnifique de travail et d’expériences. L'Univers, néanmoins, représente l'Évolution en marche. Enchaînés les uns aux autres - tels les liens d'une seule chaîne – Espace, Univers et Évolution sont ses trois expressions.  Examiner l'Espace consiste à étudier l'Univers et reconnaître l'Évolution. Il y a un devoir que tous atteignent pareillement : travailler pour évoluer. Chacun doit occuper sa place et s'efforcer de rendre comptes de ses attributions, certain qu'il a dans l'Espace une position définie et irremplaçable. Des millions d'esprits incarnés sur la Planète sont angoissés par manque d'une boussole dirigeable. »

 

Cette connaissance, exclusivement de nature subjective pour l'esprit tant qu’il est incarné, bénéficiera à des millions et des millions d'êtres encore incarnés qui devront terminer leurs parcours  sur Terre pour exercer leurs activités dans d'autres régions supérieures de l'Espace.

 

4.          Incarnation de l'Esprit  

 

Nous avons vu dans la présentation de l'item précédent que les esprits possèdent leurs propres mondes et sont repartis par niveaux, conformément à l'évolution déjà atteinte par chacun et aussi que les esprits qui évoluent sur cette planète proviennent des dix-sept premiers niveaux dispersés dans l'espace suivant leur importance.

Les planètes d’enseignements, comme la Terre, ne sont les adresses permanentes d'aucun esprit. Pour aboutir à l'évolution spirituelle, la planète Terre est un monde d’enseignements, un vrai laboratoire de travail et d’apprentissage. Sur la Terre, l'esprit (1) « s'instruit, se perfectionne, se développe dans un temps plus ou moins long et dans une ambiance adéquate pour l’accès à son évolution ». Néanmoins, les mondes d’enseignements ne doivent être les lieux d’habitations temporaires ou permanents pour aucun esprit désincarné. Celui-ci doit regagner son monde d'origine aussitôt désincarné. Enfreindre cette obligation signifie qu’il utilise mal son libre-arbitre, dédaignant les lois naturelles et immuables.  

L'hétérogénéité ou la diversité des habitants sur Terre découle de l'intense diversité des esprits incarnés pour la formation des peuples, chacun apportant dans ses bagages spirituels ses usages et ses expériences d'incarnations précédentes. Dans cet immense contexte d’incarnations, il n'est nullement difficile de percevoir pourquoi (1) « ceux qui savent le plus, ceux qui disposent de plus grandes connaissances et de plus grandes expériences, enseignent à ceux qui en savent le moins ce qu’ils ont à leur tour appris des autres. C’est exactement pour cela qu’il existe fréquemment dans une même famille, des êtres de spiritualité très différente». En effet c'est dans la famille que les personnes possèdent une plus grande proximité et intimité pour donner libre cours à leurs meilleurs et pires sentiments, sans trop de restrictions. Ainsi, pour que les personnes apprennent les leçons de la vie, dans le meilleur sens évolutif, ils ont besoin de trouver parmi leurs semblables des qualités et des connaissances qu’ils ne possèdent pas encore.  

Nous savons déjà que l'esprit est immatériel, invisible et éternel. Néanmoins, son corps astral ou périsprit, aussi connu comme étant le corps animique est matériel, matière ténue, de même nature que la substance fluidique de son monde de stage, du monde d’où il provient pour s’incarner ici sur Terre. Plus avancés seront les mondes de stages d’où proviendront les esprits, plus ténue, plus diaphane sera la matière qui composera leur corps astral. La substance est identique (le même fluide universel), alors, les périsprits sont d'autant plus diaphanes lorsque leur niveau ou catégorie est plus élevé.   

Selon la loi de l'évolution, tant qu'il s’agit d’un esprit en-dessous du dix-huitième niveau, il est toujours amené à se réincarner. Il s'agit d'accomplir l’une de ses plus importantes missions conformément à l’une des lois naturelles et immuables - celle de la réincarnation.

 

5.          Composition de l'être humain

 

Une fois déterminé à s’incarner, l'esprit (1) « assiste et accompagne la formation de son corps physique pendant la gestation, jusqu'à la fin de l'évolution fœtale, quand il en prend entière et pleine possession, à la naissance du nouveau-né. Il reste uni, lié au nouveau-né par les cordons fluidiques ». Moyennant ce processus, le corps charnel en formation va être enveloppé, molécule par molécule, cellule par cellule, par le corps fluidique de l'esprit, qui reste en action, de côté, hors du corps en gestation, jusqu'au moment où le corps de l'enfant vient à la lumière et que l'esprit ainsi que son périsprit le pénètrent entièrement. Durant la vie du nouvel être, l'esprit reste soutenu par son périsprit ou corps astral, juxtaposé au corps charnel. À partir de là et  pendant sa vie terrestre, le nouvel être est constitué de trois corps et ainsi il reste jusqu'à la désincarnation de l'esprit (décès du corps physique) :

- Le corps mental (esprit, du monde de stage)  

- Le corps astral ou périsprit (matière fluidique, du monde de stage)

- Le corps charnel ou matériel (matière organisée, composée, de la planète Terre)

 

Conformément à notre source (1) : « Le corps mental, vers lequel sont tournées les attentions des chercheurs, est l'agent vivant et intelligent qui gouverne les deux autres corps -  l'astral et le matériel – il est donc responsable de toutes les manifestations de la vie ». Il n'est pas soumis à la loi de la transformation de la matière, étant indestructible, immuable et éternel dans son essence.

Le corps astral ou périsprit est l'élément qui lie les corps mental et charnel. Il est rattaché, particule par particule, au corps mental, en vertu des vibrations permanentes qu’il reçoit de ce dernier. (1) Il « implique tout le corps charnel, auquel il est lié par des cordons fluidiques ». Le corps astral accompagne toujours le corps mental ou esprit. Ainsi, par exemple, pendant le sommeil, quand l'esprit se détache du corps, il le fait, accompagné du corps astral (1), « lequel continue à transmettre chaleur et vie au corps charnel à travers les cordons fluidiques déjà mentionnés ». Il n’y a ni barrières ni limites empêchant l'esprit de s'éloigner du corps, car la liaison périsprit-corps ne s'interrompt pas, grâce à la (1) « nature des cordons fluidiques qui se distendent sans limites ». La seule exception est au moment de la désincarnation (décès) quand (1) « les corps mental et astral quittent définitivement le charnel ».  

En accord avec le spiritualisme, le corps charnel peut être présenté comme une pièce sculpturale parfaite et achevée (1) :

Le corps charnel est une admirable machine conçue par l'Intelligence Universelle pour fournir au machiniste - l'esprit - les ressources, les éléments, les moyens avec lesquels il peut effectuer sur la planète Terre, un parcours de perfectionnement à travers de multiples, d'innombrables incarnations indispensables à son ascension vers un environnement de plus grande spiritualité, sur un plan d'évolution plus élevé.

 

6.         Expérience terrestre de l'esprit

 

De nos jours, la Médecine dispose d'équipement instrumental hautement perfectionné et beaucoup d'énigmes matérielles du passé ne sont plus des mystères. De grands progrès ont été faits par la neuroscience dans la connaissance du cerveau et de ses nombreuses fonctions. Beaucoup de médecins et chercheurs admettent déjà qu'un grand nombre de désordres physiques dans l'organisme humain sont de nature psychique. Le résultat de cela, l'étiologie de nombreuses anomalies et maladies, ne présente plus de secrets pour eux, par exemple pour les perturbations d’ordre émotionnel comme le stress, l’anxiété, les phobies, etc. Beaucoup de spécialités sont apparues résultant de cette tendance, si bien que la vision de l’ensemble des anciens médecins qui exerçaient en médecine générale est tombée en désuétude, avec quelque préjudice pour l'approche médicale globale. En s’attaquant exclusivement aux maux du corps, la Médecine continue à  s’éloigner de la connaissance de l'être humain dans sa globalité psychophysique, comme Force et Matière, en cherchant dans le cerveau la présence de la conscience et d'autres fonctions psychiques.

Après l'incarnation, l'esprit n'a plus souvenir des expériences de ses incarnations précédentes. Il s’en écarte complètement, néanmoins, il retient dans son subconscient le registre des expériences et des épreuves par lesquelles il est passé. En outre, il dispose et peut accéder aux tendances vicieuses qui résultent des héritages de  ses vies antérieures, qui sont liées à la mauvaise utilisation de son libre-arbitre. Cette source d'informations viendra effleurer l’esprit, au fur et à mesure qu’il en aura besoin dans la vie présente, pour corriger ses erreurs et ses mauvaises habitudes.

La logique intuitive vient nous éclairer sur le fait que cet oubli délibéré des faits produits dans ses vies précédentes, et dissimulés par le voile de la matière, représente un grand bien pour l'esprit, d’abord parce qu’il empêche que soient perçues, dans la présente incarnation, d’anciennes désaffections, qui peuvent être assez proches de cet esprit, voire des membres de cette nouvelle famille. Cet oubli permet de créer les conditions pour qu’il y ait réconciliation entre eux, par des rapprochements sans ressentiments ni aversions. En second lieu, la vision des erreurs du passé étant d’ordre privé, l’esprit peut de ce fait, agir librement à chaque nouvelle existence qu’il passera sur Terre. Ainsi, il évitera d'avoir à passer par d'éventuelles souffrances morales, telles que les humiliations, la honte, le repentir et d’autres qui alièneraient sa volonté et pourraient rendre sa nouvelle vie insupportable et peu avantageuse pour son  évolution.

 D'autre part, l'esprit conserve, pour toujours, tout ce qu’il a acquis de bon par son effort et son travail. Cette conquête constitue son acquis moral et vertueux, qui renforce son caractère et « fournit une précieuse collaboration à chaque incarnation en facilitant l'acquisition de nouvelles connaissances, de nouvelles qualités et une meilleure épuration de ses attributs »  (1)

En constituant des principes de morale et d’éthique - ceux-ci selon la culture de chaque peuple - l'esprit incarné accomplit ses devoirs et respecte les lois propres à chaque nation. Parmi ses devoirs, qui varient avec l'âge de la personne, nous mentionnons le respect de soi, le respect de ses semblables, l'amour propre et sincère pour ses semblables, l'amitié, l'éducation (morale, civique et culturelle), le travail honnête, les exemples d'honnêteté et l'honnêteté dans les actions méritantes dans l'intérêt du prochain, le perfectionnement intellectuel, le développement de l'intelligence mentale et émotionnelle, la lutte contre les mauvaises habitudes et contre la peur, l’élévation de tous les sentiments positifs et l’abandon des sentiments négatifs, l’ardeur dans le travail, l'efficacité, la coexistence avec les parents et dans la société de manière courtoise, l'intégrité du caractère, la recherche de la vérité des faits et des choses et bien d’autres encore.

Finalement, c'est de cette manière que des milliards d'esprits procèdent dans leurs trajectoires évolutives à travers une longue série d'incarnations afin de promouvoir leur évolution.

 

7.          Désincarnation de l'Esprit

 

Qu’est-ce que la désincarnation de l'esprit ? La désincarnation de l'esprit est l'éloignement définitif de celui-ci, de son corps physique, c'est-à-dire, le phénomène de la mort telle que nous la connaissons. La désincarnation n’est qu’un phénomène naturel dans la vie des êtres humains. En vérité, elle représente l'opposé de l'incarnation ou de la naissance. Nous avons vu que l'esprit s’incarne quand il prend possession du corps physique au moment où l'enfant vient à naître, vient à la lumière et se désincarne au moment exact où il abandonne définitivement ce corps, ceci, lorsque l'esprit se déconnecte des liens fluidiques qui le reliaient au corps physique dont il s’éloigne définitivement, emportant son corps astral.   

L'esprit s'éloignant définitivement de son corps physique, celui-ci n’est rien de plus que matière organisée inerte, sans sa source de vie. Rien ne peut changer ce processus. Par conséquent, le corps entre immédiatement en décomposition chimique et biologique, conformément aux lois chimiques et biologiques, en défaisant ses molécules basiques, pouvant même composer les corps d'autres organismes vivants inférieurs, tels que des vers de terre, etc. Dans le cas d'incinération du corps, la décomposition est typiquement chimique (combustion), et il en résulte des gaz sous la forme de gaz carbonique et de cendres, provenant des os.

 

8.          Braver la peur de la mort

 

Ce sont les religions qui ont octroyé au moment de la mort, c'est-à-dire en vérité au moment du passage de l'esprit de cette vie vers la vie spirituelle, la portée d'une énorme tragédie, symbolisée par un sentiment de grande perte. Selon une citation de Luiz de Mattos (1) : « L’émotion de ceux qui restent face à l'absence de ceux qui partent est naturelle.  L’émotion, oui, le désespoir, non. La nostalgie est compréhensible et admissible. L’affliction, jamais ».

D’où l’importance réelle de clarifier la manière dont procède l'évolution de l'esprit de son incarnation, sa vie sur Terre à sa désincarnation. C'est cette connaissance qui permet à l'être humain d'envisager avec naturel la désincarnation comme un processus évolutif aussi normal que l'incarnation, servant parfaitement au déroulement de la vie. Une fois assimilée, cette grande vérité fait disparaître la peur de la mort qui a été maintenue comme une chose mystérieuse et surnaturelle, ainsi que la peur d’entendre parler d’esprits, ce qui éloigne tant de gens de la connaissance spirituelle.

Si l’on considère le point de vue de l’esprit désincarné, celui-ci ne ressent pas la séparation comme les incarnés, la réalité spirituelle lui permettant « de voir » et « de sentir » tout ce qui se produit avec les amis qui sont restés comme il le ressentait avant. Bien qu'il ne puisse leur parler, l'esprit peut utiliser l'attribut télépathique dont il dispose et leur transmettre des pensées (intuitions), que ceux-ci reçoivent comme s’il s’agissait des leurs. Il en est ainsi aussi avec tous les sentiments, bons et mauvais.  

Néanmoins, sous ce dernier aspect réside un grand mal qui amène un grand nombre d'esprits désincarnés à rester dans l'atmosphère terrestre, soumis aux influences terrestres, où ils s’amoncèlent encore, à cause de l'état évolutif de la planète où règnent beaucoup de sentiments malsains, pernicieux, obstinés et obsédants. C’est la raison pour laquelle les êtres incarnés doivent aider par des pensées élevées, dignes et honnêtes, les esprits de leurs proches bien aimés désincarnés afin qu’ils puissent accéder à leurs mondes de stage sans difficulté, « là où la vie est ressentie vraiment, sans les influences perturbatrices du plan terrestre » (1).

 

9.          Désincarnations prématurées  

 

Normalement, la désincarnation de l'esprit se produit à la vieillesse après que la personne est passée par les quatre phases classiques de la vie terrestre : enfance, jeunesse, maturité et vieillesse. Mais pour que cela se produise, il faut toujours prendre soin de la santé physique et mentale. Quand cela ne se passe pas ainsi, cela occasionne la désincarnation prématurée de l'esprit. Beaucoup de facteurs peuvent amener l'esprit à la désincarnation prématurée, mais presque tous sont les conséquences du non-respect des lois naturelles et immuables. La violation de ces lois peut causer de profondes modifications dans le rythme naturel de la vie, et causer de profondes souffrances à l'esprit en contribuant à la désincarnation prématurée des personnes par des facteurs liés à l'évolution de la planète elle-même, comme les séismes, raz de marée, typhons, orages, tempêtes, changements brusques de température, etc. Outre ces facteurs, nous avons la pollution de l'air l’insalubrité, les foyers épidémiques, les nombreux milieux de contamination, les facteurs liés à l'abus de la technologie, l’exposition aux risques, volontaire ou subie, l’insouciance dans l'accomplissement du devoir et les vices liés à la mauvaise utilisation du libre-arbitre. Il faut aussi prendre en considération les conflits sociaux, la violence urbaine, les guérillas et les guerres de conquêtes territoriales qui touchent tant de vies dans la fleur de l'âge. Cette liste serait incomplète si nous ne mentionnions pas les actes insensés et la folie des scélérats et des pervers qui se produisent principalement dans les grandes villes. Tous ces facteurs contribuent à la désincarnation prématurée des créatures.

Quelle que soit la raison d’une désincarnation prématurée, elle correspond à une interruption de la trajectoire évolutive de l'esprit et ne peut être réparée que moyennant une  réincarnation pour corriger et reprendre le plan évolutif. Mais « cette réincarnation n'est pas chose facile. Les candidats à la réincarnation sont très nombreux, dépassant les possibilités existantes. D’où la longue attente. Afin de ne pas perdre de temps, beaucoup d'esprits décident de s'incarner dans des milieux défavorables, disposés à affronter toutes les difficultés » (1).

Il y a des cas exceptionnels où l'esprit pourra se désincarner sans compléter les quatre phases de l'existence terrestre, sans qu’il lui soit causé de préjudice évolutif. C'est ce qui se passe lorsqu’un esprit appartenant à un niveau supérieur au dix-septième décide de s'incarner, dans le cadre d'une planification globale, afin d’apporter quelque chose de très spécial à l'humanité ou de contribuer aux transformations d'ordre moral qui viennent accélérer le rythme de l'évolution sur Terre.

 

10.      Nombre d'incarnations

 

Il y a des esprits qui, faisant des efforts et sachant mieux tirer profit du temps de leurs incarnations, accèdent plus rapidement au niveau supérieur. Ceci fait souffrir les récalcitrants et les retardataires, car ils ne peuvent accompagner leurs vieux compagnons qui s’éloignent d’eux dans le voyage évolutif. Cette contrainte découle du fait que beaucoup d'esprits incarnés en groupes, lorsqu’ils étaient encore dans leur monde de stage, pouvaient observer leur niveau et les précédents mais pas les niveaux supérieurs aux leurs. Selon notre référence (1) : « Ceux qui restent à la traîne et qui stationnent perdent le contact avec leurs vieux et chers amis, compagnons de longues traversées durant d’innombrables incarnations et souffrent de cette rupture. La douleur est la même que celle ressentie par ceux qui s’incarnent sur Terre et voient se désincarner leurs êtres chers ».

 Néanmoins, ce contact pourra être rétabli par la connaissance que les êtres acquerront sur le plan spirituel. En comparant aux conditions ici sur Terre, il est naturel qu’une personne avançant plus lentement qu'une autre, s'éloigne de la première. Comme souvent, celui qui est devant n’est pas toujours disposé à réduire ses pas, celui qui est à l’arrière devra accélérer les siens s’il souhaite le rattraper. De cette logique intuitive, il est possible d’inférer que beaucoup d'esprits décident de s’incarner dans des milieux plus précaires, affrontant d'énormes souffrances dans la vie terrestre, conscients que celles-ci sont temporaires, pour ainsi s'enrichir des connaissances et de valeurs morales qui les habiliteront à atteindre le niveau supérieur. Ainsi, « redoublant d’efforts ils réussissent à récupérer le temps perdu et à se rapprocher fraternellement de ceux qui les avaient devancés». (1)

 

11.      Ni ciel, ni enfer

 

L'être humain doit perdre certaines croyances sans fondement. Dans les mondes spirituels, la vie est appréhendée et ressentie dans toute sa grandeur et son entière réalité, car elle est totalement accessible à la lucidité de l'esprit, celui-ci ayant complète conscience de la nécessité d'évolution et de l'éternité de la vie. Un esprit ne peut se tromper ni ne peut tromper les autres. Ainsi, par exemple, les esprits constatent qu’il n'existe ni ciel ni enfer et encore moins un jugement divin. Tous ceci ne sont que fantaisies inventées par les religions.

Dans leur monde d'origine, libérés des facteurs de confusion et de perturbation, les esprits analysent leurs faits terrestres, ce qu’ils ont fait de bien et, indubitablement, pèsent les actions condamnables. Ils comprennent que tous ont pour objectif l'Astral Supérieur qui est (1) « la direction vers laquelle se dirigent tous les esprits libérés de leurs attaches matérielles et des influences fluidiques à l’origine des émotions inférieures dont cette planète est saturée ».

 

12.      Le côté obscur de la vie

 

Maintenant que nous savons comment se fait la désincarnation, nous devons savoir ce qui se passe lorsque l'esprit laisse définitivement son corps physique, ceci se produisant à la mort physique du corps. Les personnes, pour la plupart habituées aux duperies émanant des croyances qu’elles ont gobées de la pratique religieuse, ont mené une vie exclusivement matérialiste et se sont livrées à une vie déréglée et vicieuse. Ces esprits, quand ils désincarnent, pour ne pas avoir eu de clarifications spirituelles et pour être aussi imprégnés des émotions causées par la vie matérielle, ne se rendent pas compte de leur nouvelle réalité. Leurs mouvements ou déplacements se font en fonction de leur corps astral, à tel point que beaucoup d’entre eux se déplacent pas à pas, comme s’ils étaient encore incarnés, puisque leur périsprit se trouve imprégné d'éléments rudimentaires et de miasmes acquis par la conduite vicieuse qu’ils ont eue.

Dans cet état, avec un corps astral ou périsprit lent et « lourd» - d’où leur impression d'avoir encore leur corps physique - ils se voient soudain errants à la surface de la Terre, (1) « déambulant comme de quelconques passants, malheureux par le manque d'attention de la part des incarnés qui ne s’aperçoivent pas, bien sûr, de leur présence. L’opportunité ne leur manque pas pourtant, de se lier à d’autres esprits désincarnés, en situation identique ».

Toutefois, pour ceux qui ont mené une vie moins matérialiste et ont accompli leurs devoirs éthiques et moraux, leur esprit monte jusqu’à l'atmosphère terrestre conformément à la densité de leur corps astral, impulsé par l'action de la pensée. Mais par manque encore de connaissances spirituelles, ils ne retournent vers leur monde de stage qu’avec une aide spirituelle.

Tant qu’ils ne sont pas aidés spirituellement et, malgré la compréhension relativement facile du phénomène de désincarnation qu’ils ont, ces esprits continuent à déambuler dans l'atmosphère terrestre, s’approchant des incarnés selon la loi de l'affinité de pensées, attirant vers eux ceux qui partagent les pensées semblables aux leurs et repoussant ceux dont les pensées divergent. Ce processus cause des dommages tant aux esprits désincarnés qu’aux incarnés, par l'influence astrale qui s’exerce souvent avec méchanceté et perversité.

Bien que ces esprits comprennent avec une certaine facilité le phénomène de la désincarnation, des millions d'esprits désincarnés qui ont leurs pensées tournées vers les faits terrestres continuent à ressentir les mêmes émotions et les mêmes plaisirs qu’ils ressentaient lorsqu’ils étaient incarnés. Ces pensées saturées de matérialité amènent de tels esprits à agir par intuition et induction sur les êtres incarnés, à tel point que cette performance, lorsqu’elle persiste, finit par devenir obsédante. Comme le souligne la référence (1) : « C’est ce désir-là qui les amène à rester dans l'atmosphère Terrestre, se livrant aux activités semblables à celles qu’ils avaient lorsqu’ils étaient incarnés. Ceux qui ont été médecins, par exemple, cherchent à exercer leurs activités là où ils trouvent la médiumnité développée et ignorent la discipline rationaliste chrétienne ».

Les esprits désincarnés qui restent dans l'atmosphère terrestre, ne respectant pas les lois spirituelles, ne disposent d’aucun moyen pour élargir leurs connaissances et ne peuvent rien enseigner, outre ce qu’ils savaient déjà quand ils étaient incarnés. Ils ne savent pas comment se libérer d'influences maléfiques et délétères d'autres esprits qui sont dans d'identiques situations, mais qui, pour avoir formé des phalanges, peuvent les accaparer, les cooptant afin de les captiver. D’où la dangerosité des pratiques médiumniques sans la connaissance spirituelle appropriée et sans la rigoureuse discipline, quel que soit le niveau d'évolution qu’ait atteint le médium. Donc de telles communications isolées seront sujettes à des mystifications lorsqu’elles sont reçues dans des environnements non appropriés.

 

13.  Astral Inférieur – le pire des mondes

 

Tandis que l’Astral Supérieur se compose des mondes de stages ou d'origine (mondes spirituels), où demeurent les esprits avant de s’incarner, l'astral inférieur est une condition spirituellement irrégulière et artificielle couverte par la planète Terre (monde d’enseignement) et son atmosphère, où agissent frénétiquement les (1) « esprits qui étaient incarnés dans tous les niveaux sociaux et qui durant leurs vies d’incarnés se sont laissés dominer par les émotions matérielles ». Dans l'environnement de l'astral inférieur règne le mysticisme religieux sans oublier les émotions de bas niveau. Dans l’astral inférieur se trouvent tous ceux qui ont trompé leurs semblables avec des promesses de ciel et des menaces d'enfer. De plus,  selon (1) : « C'est le paradis de tous les matérialistes et profiteurs ».

Il est d’une importance fondamentale de savoir qu’aucun esprit ne s’incarne ou se réincarne en ayant comme point de départ l'astral inférieur. Tout d’abord, il se doit d’aller de l'astral inférieur vers son niveau spirituel correspondant au niveau où il se remet en cause, et de reprogrammer par la suite une nouvelle incarnation. C'est aussi dans l'astral inférieur que les esprits constatent que ni Dieu, ni Saints, ni ciel, ni enfer n’existent. Beaucoup de ces esprits deviennent des persifleurs et s’amusent à rire des erreurs des incarnés. Il y a ceux qui ont été matérialistes, ceux-là s'attachent encore plus à cette idée, puisque le milieu ne leur permet pas de raisonner pour comprendre la nouvelle réalité et changer d'intention.  

Plus complexe encore est la situation de ceux ayant eu une croyance religieuse. Ceux-là, éduqués dans le précepte de la crainte répandu par les dogmes et les dénommés « livres Saints », imprégnés de l’idée du purgatoire et de l'enfer, ont peur en pénétrant dans l'astral inférieur. Dès qu’ils se rendent compte et constatent que leurs légions fidèles les ont trompés et qu’ils ont été dupes, en totale affliction et perplexes, ils perdent la notion de leur état purement spirituel et se rendent aux églises à la recherche d’une planche de salut, qu’ils ne trouvent évidemment pas. Dans ces lieux ils trouveront beaucoup de leurs parents et compagnons de religion, incarnés mais aussi  désincarnés, altérant la situation de tous. Ainsi s’est exprimé Luiz de Mattos (1) :  

 

Ce n'est pas sans déception ni souffrance que beaucoup voient s'écrouler et se défaire le château d’illusions qu’ils s’étaient construit dans leur mental grâce à l'abondance matérielle suggestive du mysticisme religieux. Même ainsi, l'attachement aux Saints et aux Dieux est tellement grand, la crainte d'être châtié est aussi tellement enracinée, que même dans cet état de semi-conscience spirituelle, ils ne sont pas capables de faire fonctionner leur raisonnement  atrophié pour la libération, laquelle leur apporterait tant de bienfaits. Le changement que le désincarné observe en pénétrant l'astral inférieur est relativement réduit : il se voit posséder un corps semblable au charnel et entrevoit le cadre de vie matérielle terrestre comme il l'a toujours connu.  

 

C’est dire le grand mal causé par l'ignorance spirituelle. Socrate, Platon et ensuite Jésus-Christ déjà disaient : « l'ignorance est le plus grand mal qui dévaste l'humanité ». Le stationnement du désincarné dans l'astral inférieur est néfaste pour l'esprit qui ainsi paralyse son évolution. Il en est de même pour les incarnés qui avec lui maintiennent des conditions d'affinité de pensées. Ils ont signalé encore qu'en fonction de l'activité à laquelle se livre l’esprit dans cet environnement de basse spiritualité, il aura une charge morale plus ou moins grande à recouvrer dans de futures incarnations.

 

14.      Vices et contaminations

 

L’un des aspects les plus néfastes de l'action des esprits de l'astral inférieur sur les incarnés réside dans l'expansion aux vices de toute sorte, ces aspects qui passent inaperçus aux incarnés. Ceux qui ont été vicieux, lorsqu’ils étaient incarnés, accompagnent les vicieux d’aujourd'hui du même genre qu’eux et les incitent à intensifier leurs vices, que ce soit dans la drogue, la cigarette, la boisson, les jeux ou les vices moraux liés au relationnel comme, par exemple, la médisance. Il s'agit de laisser libre cours aux désirs malsains. Très fréquemment, se sont les obsédants viciés qui accompagnent les personnes, qui les induisent et les poussent à assouvir leurs vices. Cela ne veut pas dire que les incarnés ne sont pas responsables de leurs vices, nous accentuons seulement en disant qu’il existe là une énorme symbiose de désirs entre incarnés et désincarnés.  

Mais il y a aussi d’autres formes d'influences très néfastes aux êtres humains et à l'humanité en général. Quand l'être humain se soumet aux mauvaises influences intuitives de l'astral inférieur, moyennant la mauvaise utilisation qu’il fait de ses pensées et de ses sentiments, il en résulte folies, obsessions, conflits domestiques, ressentiments sans fondement, malentendus avec la famille, prévarications et infidélités.   

Beaucoup d'accidents et désastres se produisent aussi, à cause de l'état de perturbation dans lequel les esprits de l'astral inférieur se trouvent pouvant provoquer la même perturbation aux êtres humains. Même diverses maladies infectieuses peuvent être causées ou aggravées par les esprits de l'astral inférieur, entrainant souvent tant de personnes à la désincarnation. Rien n’empêche  de tels esprits (1) « de prélever dans des foyers la matière putride, les miasmes contaminés et de les déposer dans le corps de la victime, en se servant des lésions ou blessures exposées par la faiblesse du patient et par tous les éléments favorables à la propagation ou au développement du mal ».

Néanmoins, tous les maux qui peuvent survenir ne sont pas à  attribuer exclusivement à l'intuition des esprits de l'astral inférieur parce que chaque personne possède des tendances propres, un tempérament plus ou moins perturbé, des points de vue propres, une individualité et un libre arbitre  pour faire leurs choix et prendre leurs propres décisions. Donc, chaque personne a la responsabilité des succès ou des échecs qu’elle recueille dans la vie, et qui  découlent de la bonne ou de la mauvaise action.  

 

15.      Perversité sans Limite

 

Nous savons qu'un grand contingent de personnes oriente leur vie vers les chemins du mal, de la violence, des transgressions légales, en agissant comme de vrais criminels récalcitrants. Quand elles se désincarnent, cette perversité presque sans limite est retenue par les esprits de l'astral inférieur qui, par action délétère, induisent et causent tant et tant de catastrophes à l'humanité par l'intermédiaire des incarnés qui sont dans les mêmes conditions, ainsi que de tous les suicidaires. Là encore, nous avons l'application automatique de la loi des affinités de pensées et de sentiments.

Ces actions néfastes et ces atrocités sont atténuées ou même évitées par l’action de l'Astral Supérieur, quand celui-ci dispose de chaînes vibratoires fortement dirigées vers le bien, provenant des vibrations de la pensée des  êtres incarnés et éclairés sur leurs devoirs spirituels. Ce sont des personnes pourvues de calme, d’assurance et capables de conserver leur mental sain et en condition de réagir aux assauts de toute influence maléfique.

 Nous sommes en train de dire que la lutte du bien contre le mal se produit aussi au niveau spirituel car elle est nécessaire, à cause de l'existence de millions d'esprits stationnés dans l'astral inférieur par pure ignorance de leurs devoirs spirituels et pour avoir vécu une vie excessivement tournée vers la matière, le crime et les plaisirs fugaces. Toujours sous la référence (1) :

 

 Les esprits de l'astral inférieur n'ignorent pas que tous les êtres humains, sans exception, possèdent la médiumnité intuitive et profitent de ce fait pour inculquer au mental de leurs semblables, des idées absurdes et extravagantes. D’où la croyance que certaines personnes ont d’être persécutées, le fait qu’elles perçoivent toujours les choses de manière négative et que beaucoup s’estiment victimes de maladies diverses.

 

Tout cela se conçoit moyennant l’attraction de pensées similaires, qui servent à deux desseins, d’après la pensée de chacun. D’abord, les forces de l'astral inférieur sont attirées et interviennent dans la vie des créatures en causant les maux les plus divers déjà décrits ou en aggravant ceux déjà existants. Ensuite, il est vrai aussi que les êtres humains peuvent se défendre de ces mêmes forces du mal en utilisant le puissant pouvoir de volonté et de pensée.  

 

16.      Formation de Phalanges

 

Parmi les millions d’obsédants qui dérangent l'équilibre de la vie terrestre, il y a ceux qui possèdent une grande intelligence, mais qui néanmoins ont été sceptiques ou qui ont ignoré leurs propres devoirs de la vie spirituelle et ont vécu une vie excessivement déréglée et matérialisée. Parmi ceux-ci, nous avons des rois mégalomanes, des présidents antipatriotiques, des ministres vaniteux, des magistrats vénaux, etc. A l'autre extrême, il y a ceux qui ont un niveau intellectuel bas comme les mystificateurs, les charlatans, les cartomanciens, les corrompus en tout genre, etc. Tous, néanmoins ont leur conscience obnubilée et ont besoin d'aide spirituelle pour quitter l'atmosphère terrestre et pouvoir se diriger vers leur monde de stage. 

 Il est intuitivement logique que les esprits qui sont dans l'astral inférieur s’organisent aussi pour qu’avec l'union, se forment leurs forces vibratoires afin de réaliser au mieux leurs objectifs. Ils cherchent à reproduire leurs activités terriennes. Seulement, ne possédant pas de corps physique et ne pouvant se matérialiser que dans des conditions très spéciales et avec la coparticipation des incarnés, ils se regroupent et forment les phalanges, de vraies quadrilles astrales, pour aboutir à leurs fins. Par exemple, les esprits qui, incarnés, étaient des personnes ayant gouverné, (directeurs de sociétés, hommes politiques célèbres, etc.), s'ils n'ont pas agi avec efficacité, équité, altruisme, justice et bonté, bref, avec un sens de clarté spiritualiste dans leurs fonctions, quand ceux-ci se désincarnent, ils entrent dans l'astral inférieur en conservant les mêmes inclinations et les mêmes tendances de contrôle et prépotence. D'autres, qui ont été commandés ou le peuple en général soumis comme des agneaux, conservent les inclinations à l’obéissance.  

Pourtant, rien de plus naturel que ces phalanges soient dirigées par un chef. L'affinité de pensées et de sentiments est l'élément d'union. Plus le chef a été pervers, plus pervers sont ses subordonnés. Il est aussi facile de comprendre qu’en n’ayant pas leur corps physique, les phalanges coordonnent leurs activités en harmonie avec celles des incarnés qui se  livrent à la pratique du mal et, aussi, avec ceux qui exercent les activités de magie noire, candomblés, umbanda et spiritisme vulgaire.  

Il y a une infinité de phalanges opérant sur Terre, avec un plus ou moins grand degré de perversité, en fonction du degré d'infériorité spirituelle de leurs membres, toujours en consciente ou inconsciente connivence avec les incarnés qui nourrissent des sentiments identiques. Le lecteur pourra inférer de lui-même les conséquences de l'action de l'astral inférieur sur les incarnés, à travers les intuitions que ces derniers reçoivent des malfaiteurs astraux. Selon la référence (1) :

 

Les phalanges qui se disposent à œuvrer à travers les plus abominables actes de barbarie accompagnent les personnes incarnées les plus violentes et les plus perverses, de la même manière que celles aux instincts plus ou moins agressifs. Les phalanges influencent les médiums ayant des sentiments identiques : ceux qui pratiquent la macumba, les devins, les fripons, les oracles, les affairistes, les cartomanciens et toutes les personnes qui se servent de la crédulité et de l'ignorance d’autrui afin de les soudoyer. La grande majorité des suicides, des cas de folie, des désaccords, des tumultes, des conflits, des agressions, des disputes, des malentendus, des intrigues et des excitations par passion politique,  est provoquée par l'interférence des forces de l'astral inférieur.

Les esprits qui y stationnent sont tous impliqués dans des fluides denses et troubles imprégnés de courants vibratoires malsains comme la cupidité, la jalousie, la corruption, la haine, le mensonge, l'ingratitude, l'hypocrisie, la trahison, la fausseté et d’autres sentiments de même nature.  

 

Un grand nombre de ces esprits, ayant pour objectif de duper leurs victimes, agissent fréquemment avec beaucoup de ruse et de douceur, utilisant habilement expressions d'amour envers leur prochain, mots doux et mielleux dans les sessions de spiritisme vulgaire, comme s'ils exprimaient les plus sincères sentiments. D’où la nécessité qu’ont les insouciants de s'instruire pour ne pas tomber dans les mailles de ces malfaiteurs astraux. Souvenons-nous : ils réussissent à lire les pensées de leurs victimes à travers leurs auras et savent en tirer profit.  

Un aspect important et qui passe inaperçu pour beaucoup de doctrines spiritistes, vil spiritisme, umbanda, etc. est que les esprits qui stationnent dans l'atmosphère terrestre et, par conséquent, stagnent dans l'astral inférieur, méconnaissent la loi spirituelle de retour dans leurs mondes de stage, après désincarnation. Ainsi ils se trouvent incapables d'accomplir les devoirs qui leur sont propres, puisque le milieu fluidique existant sur la planète Terre n'est pas propice. Ainsi ils continuent à amasser plus de dettes morales par la (1) « soumission aux vices, par l'atrophie et l'ignorance du sens spiritualiste et par l'expansion des tendances inférieures acquises durant les incarnations passées, qui ne se sont pas estompées». Toujours selon la source (1) :

 

Dans cet environnement, les esprits sont complètement dupés sur ce qu’est la vie, avec l’espoir d’en être éclairé. Et cet éclaircissement n'est pas facile, il prend en compte l'influence des fluides perturbateurs qui les implique.  

 

Sans la lucidité indispensable pour éclairer le stupide sens du devoir, ces esprits végètent dans une position inférieure à ce qu’ils étaient durant leur incarnation, car ils ne disposent dans l'astral inférieur, d'aucune possibilité d'améliorer leur état spirituel.

De perfides aspects de la vie matérielle peuvent embobiner l'esprit, mais uniquement tant qu’il est incarné ou tant qu’il stationne dans l'atmosphère terrestre.

Mais cette planète - comme il a déjà été dit - est préparée pour recevoir des esprits des dix-sept premiers degrés qui s’y amalgament, s’entraident, fraternisent, s’échangent des connaissances.   

Il est inutile d’évoquer encore une fois le rôle que cette inégalité de valeurs représente dans le processus évolutif de l'humanité. Elle est si importante, si précieuse, si nécessaire, que même les membres d'une même famille subissent cette norme de spiritualité.

 

17.      Esprits bien intentionnés

 

Ce qui a été exposé dans les principes précédents ne doit pas inférer que tout l'astral inférieur se voue à promouvoir la méchanceté et la perversité. Il y séjourne aussi des esprits bien intentionnés qui, lorsqu’ils étaient incarnés, ont eu l'intention d'être des créatures bienfaisantes mais n’ont pu s’éveiller à la spiritualité, à la pratique de l'amour, de la justice et du bien. Ils n'ont pas su utiliser leur raisonnement avec intelligence et se sont fait avoir par les perfidies de toutes espèces à propos des choses sérieuses de la vie. Dans ces conditions, ces esprits se désincarnent en totale inconscience et ignorance de ce qu’est la vie spirituelle et, désorientés, demeurent dans l'astral inférieur avec d’énormes préjudices pour leur évolution.

Néanmoins, tant que ces esprits bien intentionnés resteront là, ils y subsisteront et ne pourront rien faire d’utile pour l'humanité. Il est  facile d’en comprendre la raison (1) : « les meilleures intentions de ces esprits étant neutralisées par l'action fluidique de l'environnement, cela engendre des maux dont l'intensité varie selon le degré de spiritualité ».

Même les esprits bien intentionnés qui persistent dans l'atmosphère terrestre considèrent que la vie de désincarné, dans cet environnement, est meilleure que celle des incarnés, puisqu’ils n'ont plus le poids des responsabilités qu’ils avaient lorsqu’ils étaient incarnés et par conséquent, ils se meuvent avec plus de facilité avec leur corps astral bien plus léger que leur corps physique. Convaincus de cela, ils s'efforcent de manœuvrer les amis et les parents qu’ils ont laissés sur Terre après la désincarnation, sans afficher un quelconque sentiment d'animosité. Néanmoins, dans les cas de désincarnation prématurée, comme nous l’avons vu, il en résulte un grand retard pour l'évolution de l'esprit.

Nous réitérons, encore, qu'aucun esprit ne se réincarne directement à partir de l'astral inférieur. Il lui faut auparavant retourner dans les mondes spirituels propres à son niveau. Alors, il se défait complètement des perturbations qu’il a acquises dans l'atmosphère terrestre et, en totale lucidité, il examine totalement sa conscience. Alors seulement, il pourra programmer une nouvelle incarnation, ce qui dans certaines circonstances peut prendre du temps. Il est facile de comprendre qu’aussi  court soit ce temps, la réincarnation ne se produira jamais en moins de temps que celui d’une gestation humaine réussie.  

 

18.      Ascension aux Mondes de Stage

 

Beaucoup d'esprits qui se désincarnent se différencient par leur degré de spiritualité et par la vie réglée et consciente qu’ils ont menée, ils ne demeurent pas un seul moment dans l'astral inférieur et montent directement dans leur monde de stage. Ce sont des esprits qui ont su vivre matériellement et spirituellement, qui se sont consacrés au travail honorable et digne et qui ont exercé des pensées et des actions pures et limpides, en offrant des exemples de vie à leurs semblables.

Il est aisé de comprendre cela parce que (1), « ceux qui vivent et pensent ainsi, attirent fréquemment les Forces Supérieures qui les assistent, principalement lors de la désincarnation, en les accompagnants dans l’ascension vers leur monde ». Pour cela, les esprits de l'Astral Supérieur comptent sur plusieurs points d’appui sur Terre, à travers des personnes hautement spiritualisées, qui agissant disciplinairement, facilitent leur travail d’assainissement astral de la planète. Les esprits de l’Astral Supérieur comptent aussi sur le soutien des « chaînes supérieures » organisées dans les Maisons Rationalistes Chrétiennes. Cette extraction des obsédants, des plus sereins aux plus agressifs, stagnant dans l'astral inférieur, est un travail d'une importance transcendantale et représente un grand bien pour l'humanité et pour les esprits extirpés.

Il nous est enseigné sous la référence (1) : « Que le premier devoir de l'esprit, après désincarnation, est d’accéder au monde auquel il appartient, sans stationner dans l'atmosphère terrestre ». Néanmoins, pour réaliser ce devoir il se doit d'être préparé spirituellement, ce qui malheureusement n’est pas le cas, donc la majorité des esprits qui se désincarnent  restent (1) « enchevêtrés dans la brume chargée de sensations matérielles, aggravée par les fantaisies créées par les mystiques religieuses et renforcées par les obsédants qui accroissent les troupes stagnantes dans l'atmosphère terrestre ».  

Mais il y a aussi des esprits désincarnés qui ont accompli leurs devoirs spirituels et qui ont vécu la vie avec grandeur et élévation étant ainsi préparés pour, au moment de la transition, accéder directement à leur monde de stage sans passer par les chaînes impures de l'astral inférieur. Cette opération se produit car ces êtres ont su comprendre que tous les événements se déroulent dans un processus naturel, selon le développement spirituel de chacun. Ces êtres, pendant leur vie terrienne, ne se sont pas mortifiés ni laissés abattre par les vicissitudes et par le désespoir auxquels tant d’autres s’abandonnent.

 

19.      Évolution dans les Mondes Spirituels

 

Ce chapitre serait incomplet si nous omettions de nous référer à quelques aspects de la vie dans l'espace supérieur. Ce sont des conditions de vie inaccessibles pour nous les incarnés. Ce que le lecteur trouvera dans la suite a été révélé intuitivement aux codificateurs du Rationalisme Chrétien ou transmis par les esprits de la Pléiade de l'Astral Supérieur au cours des sessions publiques et particulières du Rationalisme Chrétien, durant les quatre-vingt-seize dernières années. Ces informations pourraient constituer des dizaines de livres, si elles étaient publiées !

 

20.      Le réel sens de la vie

 

Le concept de la vie tel qu’il est connu sur Terre est très limité. D'une manière ample et étendue pour l'esprit, la vie est l’action et celle-ci doit être conduite avec fondement à travers l'accomplissement du devoir. La dynamique de la vie se fait (1) « sans interruption, les devoirs qui incombent à l'esprit sont toujours présents et l’aboutissement de ce dernier représente une obligation qui ne peut être ajournée et qui dans l'Astral Supérieur est accomplie rigoureusement » 

Dans les mondes de stage, où n'intervient pas la matière sous l’apparence connue sur Terre, mais seulement la matière fluidique, (1) « les esprits ne connaissent pas la fatigue, la paresse, l'indolence ou le déplaisir, et ne repoussent pas à plus tard ce qu’ils se doivent d’accomplir au moment précis. La fatigue résulte de travaux matériels qui n'atteignent pas l'esprit ».  

Un autre aspect important est que (1) « dans l'Espace Supérieur le jour et la nuit  n'existent pas. La lumière qui l'illumine et le comble en permanence est la Force Intelligente en action dans l'océan infini de l'Univers ».

L'esprit, une fois parvenu dans son monde de stage ou d’origine, et libéré des influences terriennes, « voit » sa vie réelle se dévoiler en toute lucidité, impliquant toutes les incarnations qu’il a déjà traversées. Comme il est exprimé sous la référence (1) : « En lui, toute la Vérité prévaut et les devoirs ont une seule interprétation, sans sophismes, points de vue hésitants, situations douteuses, hésitations, doutes ou incertitudes. Les devoirs fermes et accomplis sont des principes qui se confondent pour une seule fin».

Un autre aspect important est que, dans le monde correspondant à son degré, l'esprit, jusqu'au dix-septième degré, ne trouve pas de conditions pour évoluer rapidement. Il est intuitif de comprendre cela, donc dans leur monde, pratiquement tous possèdent le même niveau intellectuel et pratiquement le même niveau moral et, par conséquent presque le même degré de développement et de spiritualité, rien ne pouvant être enseigné à l'autre. Et comme il y a encore beaucoup à apprendre pour évoluer, en corrigeant leurs imperfections traînées des incarnations passées, ils ont un désir impatient de se réincarner à nouveau et le font conformément aux lois naturelles et immuables de l'Univers.

 

21.      Registre des vies passées

 

Quel que soit le monde de stage auquel il appartient et aussitôt qu’il l’atteint, l'esprit a une totale clairvoyance de toutes les vies antérieures. Alors il examine et revoit ces vies (1). « Retenu, scrupuleusement il fait des comparaisons, observe les incarnations gâchées, calcule le temps qu’il a dilapidé, en partie exploité, raisonne, analyse et étudie la position où il se trouve, dans le but d'établir un nouveau plan pour une incarnation suivante ». Il déplore fortement tout le temps perdu et le mal qu’il a fait, s’il a indûment stagné dans l'astral inférieur. Avec la conscience de justice et d'équité qui caractérise la vie de l'esprit, il est évident que ses mauvaises actions influenceront négativement son nouveau plan de réincarnation.

Ses actions et ses souvenirs sont enregistrés dans la matière fluidique qui lui a servi de périsprit quand il était incarné et ils s’y sont accumulés. Il n’en échappe aucun détail aux facultés de l'esprit, aucun mouvement, aucun fait afférent à sa première vie. Cet enregistrement se fait par l'action vibratoire de la pensée, avec la plus absolue fidélité et couvre toute sa vie passée depuis son origine, et continue à s’enregistrer éternellement. Ainsi, tous les actes de la vie de chaque être humain se trouvent enregistrés dans la matière fluidique comme s’il s’agissait d’un interminable CD-ROM dont les sons et les décors peuvent être accessibles et vus par l'esprit en tout temps et à tout moment de sa vie spirituelle. Il est difficile pour nous les humains de nous faire une idée précise de ce qu’est cet incommensurable registre.   

 

22.      Pôles d'attraction

 

Il a déjà été mentionné, à travers les lignes précédentes, dans ce même chapitre, que les esprits réalisent leur évolution moyennant de nombreuses incarnations sur ce monde Terre, jusqu'à atteindre le dix-huitième degré d'évolution. À partir du dix-huitième degré, l'évolution se poursuit dans l'Espace Supérieur, appelé Astral Supérieur. Ainsi comme nous tous incarnés avons des devoirs à accomplir, les esprits de l'Astral Supérieur ont aussi les leurs, comme celui de contribuer au progrès des êtres incarnés, en respectant, en règle générale, le libre arbitre  de ceux-ci.  

Néanmoins, ce travail serait impossible aux esprits de l'Astral Supérieur s’ils ne disposaient pas de pôles d'attraction suffisamment forts ici sur Terre pour les attirer. Selon la référence (1) : « Pour cela, outre les êtres éclairés qui, sur cette planète, leur servent d'instruments, ils comptent sur le concours des esprits des mondes opaques qui sont à leur service ».

Il est nécessaire de dire que les esprits qui font leur stage dans les mondes opaques (du sixième au dixième premier degré), normalement, font leur évolution en se réincarnant. Ces esprits ont aussi la possibilité de travailler en tant que corps astral, pour assister les esprits de l'Astral Supérieur dans leurs actions d’amélioration de l'atmosphère terrestre. Les esprits du monde opaque choisissent alors cette option librement, car ayant évité et subi tant de souffrances à travers leurs multiples incarnations sans en tirer profit, ils décident de travailler dans l'espace, où, ils sont susceptibles de faire un progrès spirituel plus lent mais néanmoins certain. Ainsi, ils ne perdent pas de temps, comme sur Terre, où ils seraient soumis aux plus basses passions mondaines et se laisseraient dominer par les faux plaisirs de la vie matérielle, où leurs luxures seraient accentuées puisqu’ils seraient privés de mémoire des vies antérieures, ce qui, autrement, auraient pu influencer négativement leur évolution.  

Ainsi, les esprits des mondes opaques ne perdent pas le précieux temps de leurs incarnations. En ayant des corps astraux constitués de matière fluidique plus ou moins dense, ils peuvent se déplacer facilement sur la surface de la Terre. Ce sont des esprits rigoureusement disciplinés par les Forces Supérieures et qui peuvent pénétrer dans les environnements les pires qui soient. Leurs activités sont précieuses pour le nettoyage astral de l'atmosphère de la planète. Ces esprits aident aussi, dans les sessions de dédoublement spirituel, pour le nettoyage psychique réalisé par le Rationalisme Chrétien.

 

23.      Espace et Temps

 

Pour le spiritualisme, espace et temps sont deux relativités terrestres méconnues dans l'Astral Supérieur, où la réalité est absolue et se déroule sous d'autres dimensions. Le champ de vision de l'être humain est limité aux trois dimensions. La science terrestre connaît la vitesse de la lumière (trois cent mille kilomètres par seconde), mais ignore encore tout de la pensée et de son infinie vitesse, car nous vivons dans un monde comprenant trois dimensions. Nous ne savons rien non plus, concernant la vitesse à laquelle se déplacent les esprits de l'Astral Supérieur, car cela n’intéresse pas les habitants de la planète Terre.

Si nous faisons abstraction des conditions de la relativité, Espace et Temps sont deux expressions qui se confondent en une seule. L'intellect humain n'est pas encore en condition d'exercer toute sa faculté déductive, imaginative et analytique, pour atteindre cette compréhension. Quand cela arrivera (1), « alors, l'aspect de l'Univers changera complètement et le problème des dimensions incommensurables aura une nouvelle signification. C'est justement pour une telle modalité de vie que se meuvent les esprits de l'Astral Supérieur qui ont pour champ d'action des extensions qui échappent aux limites de la compréhension existante au niveau du mental humain, et qui ont pour devoirs, en effet, des attributions différentes de celles de la vie terrestre. Les minuties de la vie de l'Astral Supérieur n’intéressent que les esprits demeurant à ce même niveau. L'esprit incarné ne pourra pour l'instant  offrir  aucune contribution».

 

 

 

Références de ce chapitre :

 

 

1) MATTOS, Luiz de. Racionalismo Cristão. 43. ed.  Rio de Janeiro: Centro Redentor, 2004. p. 71-82, 85-91, 95-106, 117-136.

 2) MATTOS, Luiz de. A Vida fora da matéria. 21.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor, s.d.

 3) STEVENSON, Ian. Twenty cases suggestive of reincarnation. 2nd. Edition. Charlottesville: University Press of Virginia, 1974.

 4) MOODY Jr., Raymond A. A vida depois da vida. São Paulo: Buterfly, 2004.

 5) DROUOT, Patrick. Somos todos imortais. Rio de Janeiro: Nova Era, 1996.

 6) DROUOT, Patrick. Reencarnação e imortalidade. 7.ed. Rio de Janeiro: Nova Era, 1998.

 7) WEISS, Brian L. Muitas vidas, muitos mestres. Rio de Janeiro: Salammandea Consultoria Editorial, 1991.

 8) WEISS, Brian L. Muitas vidas, uma só alma. Rio de Janeiro: Sextante, 2005.

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE X

 

 

L'IMPORTANCE DE LA PENSÉE

 

Nous ne devons pas nous laisser emprisonner par nos pensées

car nous sommes les créateurs de notre avenir.

Auteur inconnu.

 

1.     Concept

 

Nous allons initier ce chapitre en citant Luiz de Mattos (1) : « La pensée est vibration de l'esprit, manifestation de l'intelligence, pouvoir spirituel ». Et plus encore : « Penser c'est raisonner, créer des images, concevoir des idées, construire pour le présent et le futur. C'est par la pensée que l’être humain décide, résout, découvre et éclaircit les problèmes de la vie ».

Tout se construit d’abord à travers la pensée, avant une quelconque réalisation. Excepté la Terre elle-même et toute la nature qui y existe, lorsque nous regardons autour de nous, nous apercevons que tout a été construit par l'homme après avoir traversé sa pensée. Elle est l'appui, le fondement de toute l'évolution naturelle, culturelle et psychique de l'homme, depuis les prémices des ères primitives jusqu'à cette étape présente de développement.

Donc, il n'est pas exagéré d’affirmer que la pensée est tout dans la vie de l’homme. Celui qui ne se donne pas la peine de penser par indolence ou manque de volonté, n'évolue pas, piétine, reste à la traîne.

 

2.     Formation de la Pensée

 

Les pensées sont captées (1) :

 

Par des courants qui s’entrecroisent dans toutes les directions, ayant pour source d’alimentation les propres êtres incarnés et désincarnés qui les émettent. Et plus encore, les pensées restent liées à leur source d'origine tant que se perpétue le sentiment qui les a produites. Elles établissent de vrais climats ambiants occasionnant santé ou maladies, joie ou tristesse, réussites ou échecs, bien-être ou mal-être.

Outre ce qui a été dit (1), « beaucoup de ces courants, en plus d’être malsains, sont terriblement agressifs. Ils arrivent même à exercer une prédominance accentuée sur leurs bénéficiaires, par la grande infériorité spirituelle dont l'atmosphère de cette planète est saturée ».   

Il est clair alors que toutes nos pensées proviennent de l’extérieur sous forme de vibrations produites par d’autres êtres incarnés ou désincarnés (esprits). Parmi ceux-ci, il faut distinguer les pensées provenant d'esprits de l'astral inférieur et celles qui nous arrivent des esprits de l'Astral Supérieur. Il est aisé de comprendre que ceux qui vibrent sous la même fréquence entrent en syntonie de pensées, conformément à la loi d’affinité : les pensées positives attirent les pensées positives et les pensées négatives attirent les pensées négatives, ou, en généralisant : les pensées similaires s’attirent. Pour nous mettre en harmonie avec les vibrations des esprits de l'Astral Supérieur, nous devons fournir un plus gros effort, suscité par des intentions élevées, dignes et nobles.

 

3           Utilisation de la Pensée

 

Toujours sous la référence (1) : « L'esprit imprime à la pensée la force dont elle est elle-même dotée. Comme le son et la lumière, la pensée fait aussi tout son parcours en ondes vibratoires, celles-ci restant enregistrées dans l'océan infini de la matière dont est pourvu l'Univers, facilement identifiable par tous les esprits, dès lors que la pensée est émise. D’où l'impossibilité de modifier la vérité dans la vie spirituelle ». Luiz de Mattos fait allusion ici à la matière cosmique ou fluide cosmique universel.   

Cette affirmation est de la plus haute importance et nous révèle que l'esprit s'identifie selon le type de sa pensée, ceci avec l'intensité à laquelle correspondent l'amplitude des ondes vibratoires et la fréquence, alternance de cycles par seconde des mêmes ondes vibratoires.

 

4           Bien penser pour bien agir

 

Toujours selon Luiz de Mattos (1) : « Tout le processus de l'évolution est fidèlement imprimé dans le Livre de la Vie ». Les bonnes et les mauvaises actions, les pensées inférieures et les pensées élevées s’y trouvent enregistrées indélébilement. Les pensées précèdent les actions. Ainsi, tout ce qui est fait, tous les actes dignes ou indignes sont le résultat des pensées de même nature, dignes ou indignes. « Celui qui fait le mal, le fait pour soi» - selon les lois spirituelles - et comme elles ont raison !

Il est intuitif que les pensées prédisposées au mal produisent des chaînes vibratoires causant de sérieux dommages, aussi bien psychiques que physiques, ces derniers causés par l’accumulation de leurs vibrations délétères dans le corps humain. Il est aussi évident que l'être humain transmet et capte les vibrations de pensées en harmonie avec les leurs. Ceci est le principe naissant du phénomène télépathique qui existe dans les êtres.  

La bonne orientation de nos pensées passe par l'éducation à la vie terrienne et par la force de volonté, attribut fondamental de l'esprit. La fortification de la volonté signifie se fortifier soi-même avec des sentiments pleins de valeur, à travers lesquels l'être crée autour de lui un filet fluidique protecteur qui sert de barrière à l'approche et même à l'action maléfique des esprits obsédants.

La manière rationnelle et optimiste de penser doit prédominer toujours pour bloquer ou même ôter les empêchements les plus sérieux. L'être devra se policer tout le temps, prendre conscience de ses bonnes actions. Il ne faut pas se laisser saisir par l'indécision ni hésiter quand il faudra émettre ses choix pour agir. Il est certain que les craintes et les indécisions entraînent une personne à l’échec. Ainsi, penser avec assurance, avoir des pensées de courage et de valeur mènent la personne à la fermeté et à la détermination par l’attirance des pensées de même nature, harmonieuses entre elles, et créent un environnement qui conduit au succès.

 

5           Culture et Pensée

 

Il semble ne pas y avoir de doute sur le fait que la culture influence directement le pouvoir de nos pensées. Il faut donner libre cours à nos pensées approuvées par l'intelligence et par la conduite morale de chacun, puisque la conduite est un réflexe direct de la pensée, avec dans ce processus, un feedback dynamique pensée - conduite - pensée. Une pensée forte est force motrice de l'esprit, ce qui équivaut à dire qu'elle a une fabuleuse capacité pour outrepasser les obstacles que la vie nous érige. La force de la pensée est fonction directe de l'éducation de la volonté, puisque celle-ci soutient la pensée vigoureuse.

A l’inverse, les pensées faibles sont celles qui ne se fortifient pas, là où il y a indolence, faiblesse de volonté et indécision. Tout devient plus critique encore, quand l’être émet des pensées de jalousie, de rancœur, d'aversion, d'ingratitude et de perversité, ankylosant son esprit et celui de ses semblables à qui de tels sentiments s’adressent. Tout cela découle du fait que la pensée, bonne ou mauvaise, est vibrations ondulatoires.

 

6.           Savoir penser

 

La pensée est l’un des principaux attributs de l'esprit, c'est-à-dire qu’elle est inhérente à l'esprit, qu’elle fait partie indissociable de ce dernier. Et comme l'esprit est toujours en vibration, nous sommes toujours pensifs. Il est facile de percevoir que nous ne pouvons penser à deux choses en même temps, ce qui nous laisse la possibilité de contrôler la pensée bien que cela ne soit pas toujours facile. Comme l’indique notre référence (1), « la pensée se cultive, se perfectionne, s'améliore et se fortifie par le pouvoir conscient de la volonté. Les pensées fortes sont claires, réfléchies et bien définies ».

Avec ces connaissances, il est perceptible que, lorsqu’on sait penser avec fermeté, il devient facile de concrétiser tout idéal, en mettant la force de volonté en action avec toute l'énergie dont l'être dispose.

De manière générale, nos pensées sont fugaces. C’est pourquoi la pensée doit être bien exercée, pour pouvoir appréhender la façon d’agir et pouvoir bien la contrôler. Il y a une  très grande quantité d'aspects et de conditions qui interfèrent dans la pensée. Il n’est possible de parvenir à sa parfaite maîtrise qu’à travers les exercices individuels, qui impliquent attention et concentration.  

Le secret d’une bonne concentration est d’exercer un sévère contrôle de soi-même, ce qui implique de ne pas dévier l'attention, de ne pas se laisser distraire ou tomber dans des chimères. Il faut cogiter comme si la pensée agissait tel un appareil photographique qui a besoin de se focaliser sur l'objet à photographier pour obtenir les meilleurs résultats. En étant focalisé, il cherche à percevoir les détails de l'objet ou des scènes polarisés. Dans le cas des pensées abstraites, il faut chercher à utiliser la logique accompagnée d'un raisonnement lucide pour pouvoir pénétrer en profondeur et comprendre au-delà des apparences. En pensant, il faut se libérer des pensées égoïstes, envieuses et toutes-puissantes pour ne pas déformer les résultats désirés, et éviter ainsi les conclusions fausses et déformées qui mènent aux échecs.

Pour avoir des pensées aiguisées, progressives, réalisables et orientées vers le bien général, il faut chercher à émettre des pensées limpides, altruistes, libérées des déformations spirituelles. La méthode et la discipline dans l’existence terrestre fournissent aux êtres des conditions pour bien penser et pour agir de manière correcte, indépendante des avis inculqués par des tierces personnes.

Chaque fois qu’il faudra agir conjointement avec d’autres personnes, il faudra le faire à l’unisson avec celles qui auront des pensées semblables et des intérêts communs aux nôtres. Il faudra chercher à tirer de cette union toute la force qu’elle permet d'injecter dans son intention et dans ses actions, dans l'intérêt commun puisque l'union fait la force, aussi bien matériellement que spirituellement parlant. Nous rappelons néanmoins une autre citation bien connue qui dit ceci : « Un mouton malade mène tout le troupeau à sa perte », pour démontrer que, si seulement l’un de nos alliés émet des pensées (vibrations) pernicieuses, le succès de toute tâche pourra être compromis.

Un autre grand secret pour obtenir le succès escompté des pensées est d’apprendre à se préparer mentalement (1), « à chaque fois qu'il faudra pénétrer dans tout mauvais environnement. Cette préparation consiste à vibrer avec sagesse, élévation, conscience et confiance en soi, par la pensée. La vigueur de la pensée émise par la personne mentalement saine et éclairée grandit à la mesure des nécessités du moment, s’étend, s’amplifie et dépasse toute chaîne de pensées inférieures, par l'attraction qu’exerce la Force identique universelle dont le pouvoir est infini ».

 

7.          Force de la Pensée

 

La force de la pensée dépend directement de notre degré d'évolution. Selon la référence (1) : « La force de la pensée a comme mesure le degré d'évolution de l'être humain et comme limite la capacité que celui-ci possède à utiliser ses attributs spirituels ».

L’une des raisons pour lesquelles nous évoluons réside dans le développement de la pensée. C'est à travers la force de la pensée que l'être trouve l'instrument sûr pour faire grandir la conscience de soi qui, comme nous l’avons déjà vu, est un autre fantastique attribut spirituel. C'est dans cette force que nous identifions les autres facultés latentes, toutes nécessaires à la réalisation de nos objectifs spirituels, moraux et matériels qui, dans la pratique, protègent notre santé physique et mentale. Cela explique les innombrables cas de guérisons de maladies graves, énumérées par la Médecine, se produisant de manière inattendue, et qui résultent plus de l'action mentale des malades eux-mêmes que des traitements proprement dits.

L'utilisation appropriée de la pensée est empreinte de la force qui permet de la sublimer, menant la personne vers des intentions plus éminentes qui, par l’application de la loi de l'attraction et de la répulsion, lui permettent d’accéder à un bonheur relatif en lui fournissant un bien-être intérieur.

Tout se passe par la pensée. Celle-ci d’abord crée les idées et les images et seulement après les matérialise à travers ses projets avec un objectif précis. Ceci est la procédure connue, par exemple, pour des ingénieurs et des architectes, qui finalement convertissent leurs projets en œuvres, tout comme les auteurs et les artistes. Tout est d’abord conçu mentalement dans les moindres détails avant de se concrétiser. C'est dans le projet que peuvent être corrigées les erreurs, nous devons donc limiter les erreurs à petite échelle avant de réaliser les œuvres qui leur correspondent, car lorsque les erreurs sont plus importantes, il est plus difficile de les corriger.  

Nous pouvons donc conclure que tout ce qui existe sur Terre qui n’a pas été créé par la Nature, l'a été sans exception par l'esprit inventif et créatif de l'homme, nous certifiant l'immense pouvoir de notre pensée. Pour ce qui est de l'Espace Supérieur, cela n’est nullement différent, raison de plus encore, puisqu’en son sein réside la capacité créatrice.  

Nous avons souligné tout au long de plusieurs chapitres de cet ouvrage que c’est par l'évolution que l'esprit humain exerce son pouvoir créateur qui s’amplifie à chaque incarnation car celle-ci s’effectue dans la vie terrestre. Il est perceptible que, plus l'esprit est évolué, plus puissantes sont sa pensée et sa capacité créatrice. Ce pouvoir, qui grandit à chaque incarnation, se doit d’être utilisé toujours pour le Bien, car le contraire pourrait causer un très grand effet destructeur dans tous les domaines où l'homme exerce ses activités et dans leur ensemble.

Selon notre référence (1), « si ceci est possible dans un monde si circonscrit, si limité spirituellement, imaginons l'immense force créatrice, l'extraordinaire pouvoir de réalisation des esprits hautement évolués dont les activités s’exercent sur les plans les plus élevés ».

La fortification de l'esprit est donc la fortification de la pensée, d’où la conclusion selon laquelle il émane d’un esprit fort une pensée vigoureuse. C'est à travers cette pensée vigoureuse que l’être œuvre pour améliorer de plus en plus son progrès matériel et sa personnalité psychique. Il y a ici un feedback esprit - pensée - esprit dans l'intérêt de son évolution, voie menant à l'apex de la Force Créatrice ou Intelligence Universelle.

Encore, selon la référence (1) :  

 

L’objectif de ce progrès est d’augmenter le pouvoir de la pensée et celui de la capacité de concevoir, de créer, de réaliser des œuvres, les unes plus importantes que les autres. Le grand réservoir du savoir ne se situe pas sur Terre, mais dans l'espace Supérieur. Les progrès de la technologie moderne ne seraient pas encore connus, si une bonne partie de ce savoir n'avait pas été transmise aux êtres humains par l’intuition, c'est-à-dire par la vertu de la pensée, face à laquelle toutes distances s'effacent.    

 

Parmi les richesses spirituelles que l’être se doit nécessairement de conquérir sur cette planète et relevant d’un rôle fondamental, il y a la faculté de la pensée, celle-ci disposant du pouvoir canalisé et englobant dont dépend la solution rationnelle à tous les problèmes de la vie. 

 

8.          Processus de Formation de la Pensée

 

Il nous incombe maintenant d’examiner comment se forme la pensée. Pour cela il faut considérer la pensée dans ses divers aspects, c'est-à-dire : raisons pour penser, moyens pour penser, facteurs de confusion, méthodes pour penser et conséquences de la pensée. Nous examinerons chacun d’eux.

 

                               I.     Raisons pour penser

 

La pensée, comme tout autre attribut dérivé de l'esprit, ne fonctionne pas automatiquement. Elle a besoin d’être activée par le pouvoir de la volonté, qui est la dynamo de l'esprit. Après avoir été activée, la pensée cherche quelques raisons à penser, à une vitesse compatible avec le sujet-objet de la pensée, vitesse pouvant atteindre une rapidité incroyable. Sa raison principale est d’éclaircir les idées, pour se convaincre de la validité de celles-ci et partir pour l'action.

La pensée scrute les raisons de penser dans un ou plusieurs domaines ci-après énumérés : sentiments, émotions, idées, intuitions, nécessités, responsabilités, environnements, initiatives, ambitions, intérêts, conscience, etc.

Les deux premiers, sentiments et émotions, constituent ce qui est appelé actuellement intelligence émotionnelle. Ils servent de point d’appui à la reproduction de pensées applicables aux relations avec nos semblables et reflètent la conduite morale compatible avec la spiritualité déjà atteinte par l'être. Les pensées occupent la majeure partie du temps de notre vie quotidienne.  

Intimement liées à l'intelligence et au pouvoir créateur, nos activités intellectuelles proprement dites sont impulsées par les idées et les intuitions. Elles sont présentes de manière intensive dans la vie des scientifiques, philosophes, auteurs, entrepreneurs, artistes et intellectuels en général. La pensée abstraite se nourrit aussi d'idées et d'intuitions, si nécessaires à la compréhension du transcendantal et des problèmes inhérents à la Métaphysique en quête de Vérité.

Les nécessités et les responsabilités indispensables à notre vie relationnelle avec le monde extérieur, c'est-à-dire avec nos semblables et la société dans son ensemble, nous amènent à penser aux droits et aux devoirs qui nous incombent à tout moment, nous permettant d’affirmer des positions pour la défense de ce que nous jugeons moral, éthique et juste.

Les stimulations qui découlent des milieux ambiants, soit ceux qui sont créés par l'homme, soit ceux d’ordre naturel, nous amènent à exercer notre pensée dans le sens de la préservation de tout ce qui nous appartient (sentiment de possession et d'attachement) ou alors de la conservation environnementale, pour la défense de la nature et de ses merveilles.

 Les ambitions et les intérêts nourrissent intensément les pensées progressistes, quand ils n’amènent pas à franchir les limites extrêmes de l'exagération. Ils sont indispensables dans une existence réussie, dans les affaires en tout genre et de tout type, dans notre vie matérielle.

Finalement, la conscience sera toujours présente dans toutes les pensées, quelle que soit sa nature, puisqu’elle en est indissociable. Nous parlons d'une conscience saine, non détournée ou corrompue tout au long de la vie. Elle est le support de nos idées de justice, forgées à travers l'éthique et la morale.

 

                             II.     Moyens pour penser  

 

Parmi les moyens pour penser il y a l’intelligence, les sentiments, la volonté, l’observation, l’expérience, les connaissances, les études, les preuves, le surpassement.

Concernant l'intelligence, les sentiments et la volonté nous les avons déjà exposés dans ce chapitre, tous étant des méthodes utilisées pour produire ou participer à la création de nos pensées.

 L'expérience, sous tous ses aspects, est fondamentale à l'exercice de la pensée. Il y a un cycle nécessaire : études - expérience - pensée - consolidation de l'expérience, qui sert toujours à acquérir la connaissance des choses et des phénomènes et, permet ainsi de mieux comprendre le monde physique où nous vivons. Cette méthode constitue la base des expériences scientifiques - de la Physique, de la Chimie, de la Biologie, etc. et, de nouvelles connaissances réalimentent ledit cycle, à la recherche incessante des vérités relatives et de la Vérité éternelle des lois naturelles et immuables.    

Finalement, nous réunissons les moyens de preuve et de surpassement, en considérant les moyens de pensée exprimés pour ôter les doutes et les ignorances afférents aux résultats trouvés rationnels et mentaux de nombreuses questions que nous rencontrons dans notre quotidien. Les conclusions se doivent d’être toujours présentées de façon intelligente et persuasive.

 

                           III.     Facteurs de confusion

 

Durant toute activité pensante, nous devons être sûrs d’avoir soulevé tous les facteurs de confusion susceptibles de modifier la clarté de nos idées ou de nous faire dévier des idées pour lesquelles nous combattons et donnons la vie. Entre ces facteurs de confusion, nous plaçons le préjugé, l'intolérance, la superstition, le mysticisme, les croyances sans fondement, les craintes, l'excès d'égoïsme, la vanité, l'orgueil, l'envie, l'anxiété, la sensualité, la nervosité, les maladies et le matérialisme effréné.

Nous nous dispensons de tisser des considérations plus profondes sur l'influence néfaste de ces facteurs dans l'art de la formation de la pensée, il suffit de mentionner que certains d’entre eux nous enlèvent la liberté de bien penser (préjugés, intolérance, superstitions, mysticisme, croyances sans fondement, craintes) ; d’autres nous dévient et absorbent à l’excès notre attention (égoïsme, vanité, orgueil, envie) ; puis il y a ceux (anxiété, sensualité, nervosité et maladies) qui, à cause des malaises émotionnels et physiques qu’ils nous causent, bloquent nos idées, en les aveuglant entièrement.

Enfin, le matérialisme exagéré bloque l'utilisation de la pensée et du raisonnement abstrait et transcendantal, relatifs aux problèmes de l'être en tant qu’être, pour examiner les plus vieilles questions du monde : d’où venons-nous, qui sommes-nous et où allons-nous ?

 

                           IV.           Méthodes pour penser

 

Les méthodes pour bien penser et tirer le meilleur avantage des résultats obtenus ont été traitées au chapitre IV dédié à la méthodologie. Nous avons considéré les méthodes utilisées par la philosophie et principalement par la science, qui considère les différentes formes d’investigations parmi lesquelles prédominent la pensée et le raisonnement logique utilisés selon le cas, les techniques d'analyse et de synthèse, moyennant définition du problème, sélection des conditions, classement de facteurs intervenants, investigation, expérimentation, induction, déduction, etc. Nous avons évoqué aussi dans le même chapitre le principe d’irréfutabilité. En dernière instance, la finalité est toujours de pouvoir atteindre la vérité des faits et établir des théories et des lois valables pour une meilleure compréhension du monde dans lequel nous vivons.

 

                                  V.          Conséquences de la pensée

 

Pour analyser les conséquences de la pensée, nous disposons de deux sources : les résultats positifs ou sûrs et les résultats négatifs ou erronés. Les résultats positifs sont entre autres : progrès, solutions, bénéfices, fraternité, amitié, compréhension, sérénité, confiance, courage, amélioration, perfectionnement, sécurité, économie, générosité, joie. Parmi les résultats négatifs ou erronés, nous avons : stagnation, difficultés, préjugés, conflits, guerres, désorientation, nervosité, méfiance, échecs, routine, incertitude, gaspillage, convoitise, lâcheté et tristesse.

 Résoudre cette quantité énorme de situations constitue le défi présent et futur à exiger des meilleures intelligences et des efforts de chacun d’entre nous et de l'humanité en général. Avec certitude, quel que soit le chemin suivi, la pensée sera toujours présente en avant-garde avec pour objectif de contribuer aux solutions appropriées à l'évolution humaine.

 

9.          Cartographie de la pensée

 

Depuis la dernière décennie du siècle dernier, l'étude du cerveau a fait des progrès extraordinaires, moyennant l'utilisation de techniques de haute résolution spatiale, appliquées grâce à un équipement extrêmement sophistiqué comme les images et les techniques tomographiques. Les images par la résonance magnétique utilisée dans les cliniques radiologiques permettent de faire l'étude de la structure neurophysiologique du cerveau.  

De nos jours, avec l'utilisation de cette même technique, il est possible de cartographier les aspects fonctionnels du cerveau, ce qui veut dire, suivre la pensée à travers les neurones. Le développement de la résonance magnétique a rendu possible la comparaison des images obtenues avec le cerveau en activité et au repos, en établissant des corrélations entre lesdites images, lesquelles font l’objet d'interprétations méticuleuses. Les signes électriques provenant des circuits de neurones existant dans le néocortex sont interprétés comme des représentations neurales qui se traduisent comme (2) des « perceptions, sentiments, actes moteurs, comportements, horloges biologiques, productions de facteurs de libération d'hormones et de pensées. L'activité électrique de l'ensemble de neurones qui s'expriment dans la pensée, produit des variations des propriétés magnétiques du tissu, qui peuvent être représentées par la résonance magnétique fonctionnelle ».

Analysée sous le point de vue de la médecine officielle, la pensée est une activité mentale organisée, avec un haut degré de liberté, élargie aux aspects du monde métaphysique. L’important est qu'il s'agit d'un processus organisé de représentation neurale qui (2) « forme un modèle mental pour la planification, la définition de stratégies, les prévisions et les solutions de problèmes. Ce processus implique la corrélation et l'intégration d'événements critiques dans le temps et dans l'espace », activités communes à tout être humain.

C'est dans la phase de planification que la personne analyse les idées en vue d’éventuelles interprétations et dispositions, pour alors définir la meilleure, la stratégie la plus logique à suivre.

La phase de prévision a lieu quand l'être analyse toute une séquence avec l'objectif de vérifier la logique et la cohérence des faits, d’analyser et de vérifier les hypothèses et de les refléter sur les cours alternatifs d'action, en cherchant à projeter formellement ou abstraitement le résultat de ses actions dans l'avenir.

Une fois le processus auquel une certaine pensée cède la place, survient la phase où la personne définit une stratégie d'action et, au moyen d'un exercice mental, examine les alternatives et les options de chaque phase du processus. Ainsi, durant l'exécution d'une idée ou d'un projet, on sera préparé à résoudre les problèmes qui souvent apparaissent, en exerçant alternatives et solutions réelles conformément aux risques qu’on visualisera et aux résultats effectifs que l’on prétendra récolter.  

Dépendent aussi de la pensée les études et la rationalisation que la personne fait sur la réalité de la vie dans la famille, dans la société et dans l'ensemble des pays de cette planète. Il apparaît encore que la pensée est importante pour la communication et les liens entre les personnes, pour l'analyse de tout événement et de toute introspection métaphysique.

 

10.      Classement psychologique

 

D’un point de vue psychologie, selon sa nature, la pensée peut être analytique, verbale, symbolique ou abstraite. C'est à travers la pensée analytique que la personne utilise la logique et les modèles logiquement établis pour tirer ses conclusions ou obtenir des résultats pratiques. Déjà dans la pensée verbale, la personne semble entendre et vivre intensément ses propres idées et les transfère à un tiers à travers les mots propres à chaque idiome, dans le contexte d'une langue appropriée à ses auditeurs. La pensée symbolique ou abstraite s’exerce à travers des symboles ou des modèles formels, comme en mathématiques, dans les dessins, les projets, la musique, l’expression corporelle, etc. La pensée abstraite est toujours libre et exempte du monde physique. En elle, l'intuition prédomine sur la logique dans le processus d'évaluation des modèles mentaux.

 

 

Références de ce chapitre :

 

 1) ATTOS, Luiz de. Racionalismo Cristão. 43.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor.  cap 8, p. 139-145, 2004.

 2) GATASS, R. et al. O Pensamento – mapeamento de imagens por ressonância magnética nuclear funcional. Disponível em: http://www.cerebromente.org.br/n10/mente/pensamento1.htm. Accessible le 28/12/2005.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE XI

 

 

 

L’AURA, LE MIROIR DE L'ÂME

 

 

L’aura humaine par sa grande variation de couleurs, présente la plus grande complexité d'analyse. En plus de révéler l'état d'évolution de chaque personne, elle est le cliché de ses tendances, de sa nature, de son degré d'intelligence, de sa capacité de raisonnement, de sa sensibilité, de sa conscience et enfin, elle exprime la nature de ses pensées. Luiz de Mattos - Rationalisme Chrétien, 1910.

 

 

Comme nous le verrons dans ce chapitre, l’aura est formée de matière ténue, subtile, invisible et ionisée sous forme d'une émanation ou bio plasma et activée par la force de la pensée. Elle forme ainsi un champ énergétique vibrationnel qui enveloppe le corps tout entier des êtres. Elle est plus intense et plus perceptible autour de la tête. L’aura est le miroir de l'âme, à travers laquelle se révèle la nature des pensées, sentiments et émotions que nous émettons. Elle peut aussi capter ou repousser les vibrations d'autres pensées, sentiments et émotions conformément à la loi des affinités selon laquelle les pensées semblables (positives ou négatives) s'attirent et les pensées contraires se repoussent.

Il y a environ cent cinquante ans que  l’aura a été étudiée par des chercheurs et scientifiques d’Europe, des États-Unis et du Brésil, afin d'identifier sa vraie nature et sa fonction, dans le but de la rendre visible et photographiable. Beaucoup d'études aussi ont été réalisées démontrant son effet dans l’apparition de nombreuses maladies psychophysiques. Dans ce chapitre, nous traiterons de l’aura sous une approche scientifique et spiritualiste.

 

1.          Aspects Généraux

 

L’aura est une émanation qui provient de la vibration de la Force qui agit sur la Matière. Elle implique tous les corps vivants existant dans les règnes de la nature. Elle varie en extension, en couleur et en intensité en fonction du degré de développement de la Force Intelligente agissant dans ces corps.  

Chez les êtres humains, elle peut être observée sur tout le corps avec une intensité en périphérie, s’atténuant au fur et à mesure qu’elle s'éloigne vers l’extérieur du corps. L’aura peut être observée par toutes les personnes qui ont une faculté médiumnique de voyance bien développée et épurée, ainsi que naturellement, par tous les esprits désincarnés, qu’ils soient de l'astral inférieur ou supérieur.

 Le développement de la vision astrale des personnes qui ont ce type de médiumnité débute par la perception de la partie de l’aura la plus dense, celle qui est la plus proche du corps. Au fur et à mesure que cette remarquable capacité médiumnique se développe s’épure, toutes les diverses couches qui constituent l’aura sont perçues totalement, principalement autour de la tête des personnes.  

Les couleurs de l’aura se présentent sous différentes dimensions et différentes formes. Dans les minéraux, elle est une représentation de la vibration moléculaire, chaque minéral ayant sa propre aura conformément à la composition et à la complexité de sa structure amorphe ou cristalline, cette dernière étant plus constante et parfaite. Il ne s'agit pas ici du phénomène de la radioactivité, connue des scientifiques.

Dans les végétaux, la Force Intelligente excite les corps avec une force beaucoup plus importante que dans les minéraux et l’aura qui émane des plantes, indique alors leur degré d'évolution variable et progressif allant jusqu'à l'espèce la plus évoluée. Il faut remarquer la différence existant par exemple, entre l’aura d'une feuille encore attachée à la plante ou à l'arbre et l’aura de la feuille détachée de l’arbre, laquelle feuille initie son processus de mort physique, exposant alors tous les changements qu’elle traverse.   

Dans le règne animal, la variation des couleurs de l’aura augmente en fonction de l’évolution des animaux, mais aussi en fonction de leur état de santé, des conditions de leur alimentation et de leur plus ou moins fort état d'irritabilité.

Chez l'homme, dernier échelon de l'évolution animale, outre les conditions de santé et de nutrition, d'autres facteurs comme l'âge, les comportements face à la vie, les états émotionnels et les sentiments, influencent tous sa pensée et par conséquent la coloration et la dimension de son aura. Dans le livre « Rationalisme Chrétien » (1), il est écrit :

 

C’est l’Aura humaine qui, par sa grande variation de couleurs, présente la plus grande complexité d'analyse. En plus de révéler l'état d'évolution de chaque personne, elle photographie ses tendances, sa nature, son degré d'intelligence, sa capacité de raisonnement, sa sensibilité de conscience et enfin la nature de ses pensées.

 

Bien qu’elle semble unique, en réalité elles sont au nombre de trois : celle de l'esprit, celle du corps fluidique et celle du corps physique, chacune d’elle correspondant à la nature du corps dont elle émane.

 

L’aura du corps physique, qui est l'émanation de toutes les particules de matière organique, peut être observée pendant le sommeil sans l'interférence des deux autres, lorsque l'esprit et le corps fluidique s'en éloignent.

Son apparence est blanchâtre et transparente, comme si elle était constituée de cheveux drus, quand le corps est sain, et de cheveux affaiblis et retombés lorsque le corps est souffrant.

 

Ceux qui ont étudié ce sujet nous indiquent un merveilleux livre édité par le Rationalisme Chrétien dans la seconde décennie du siècle dernier, intitulé (2) « La vie hors de la matière » qui, comme son nom l’indique, au-delà de montrer l'action spirituelle inférieure et supérieure et leur influence dans la vie des personnes, présente à travers des gravures coloriées en trichromie l'existence de l’aura dans les règnes de la nature et chez l'homme à travers les observations des médiums voyants de  situations de notre vie quotidienne.   

 

2.          Recherches scientifiques

 

Les recherches sur l'émanation odique, d’après les connaissances traditionnelles dans l’Égypte ancienne (3000 av. J.C.) et en Grèce antique (700 Av J.C.), n’ont eu lieu qu’à partir du milieu du XIXe siècle, sous manifestations médiumniques en Europe et aux Etats-Unis. Ces recherches ont donné naissance au Spiritisme et dans la décennie 1910, au surgissement du Spiritisme Rationnel et Scientifique Chrétien aujourd'hui connu sous le nom de Rationalisme Chrétien. Tous deux sont détaillés dans d'autres chapitres de cet ouvrage.

 

   -  Avant Kirlian

 

En 1679, le médecin écossais W. Maxwell a été le premier à écrire à propos des « radiations humaines ». Environ cent ans plus tard, Anton Mesmer, médecin viennois (Autriche) a repris les études de Maxwell, désignant le phénomène caractérisé par un fluide magnétique lumineux sous le nom de « magnétisme animal ». Les usages par manipulation de ce fluide dans le but de traiter certaines maladies ont été connus à cette époque en Europe sous le nom de « mesmérisme ».  

En 1855, le baron Karl Von Reichenbach, docteur en Sciences Naturelles à Tubingen, a réalisé des travaux expérimentaux entamés d’après les émanations émises et reçues par des médiums sensibles au domaine de la minéralogie et de la géologie. Des travaux médiumniques ont aussi été initiés par quelques auteurs comme W.C. Leadbeater, Paul Joire et bien d’autres.  

Ce fut Reichenbach qui a nommé ces émanations « effluves odiques ».  Le mot odique dérive du mot sanscrit OD, qui signifie « qui pénètre tout ». Les effluves odiques étaient observés autour des êtres humains par quelques personnes « sensitives », principalement aux extrémités des membres d'animaux jusqu'aux objets inanimés, tel que l’aimant. Reichenbach a réalisé ces expériences durant vingt ans, avec pour collaborateurs plus de cinq cents sensitifs ou médiums provenant de divers pays d’Europe.

Ces médiums avaient réussi à discerner, lors des expériences réalisées dans une salle totalement sombre et sans fenêtre, après plus d’une heure, certains phénomènes lumineux inexplicables. Durant ces travaux apparaissait autour des mains une sorte de nuage gris terne suivi d'une luminosité bleu ciel du côté droit et orange du côté gauche. Des radiations émanaient de la bouche et du nez et de manière plus intense encore, des yeux. 

 En 1882 le Commandant Darget réalisa des clichés photographiques après avoir isolé deux plaques photographiques et disposé sur l’une d’entre elles une feuille de papier sur laquelle différentes figures étaient dessinées. Ces plaques ont été enveloppées séparément avec du papier noir pour être ensuite enveloppées ensemble par une autre feuille de papier noir, le tout fut posé sur le ventre d'une personne durant deux heures. En ôtant la plaque du dessus, apparaissaient les figures dessinées sur la plaque de dessous plaquée contre le ventre. Darget a affirmé que les figures ont été sensibilisées par le passage des émanations odiques de la personne. Mais cette expérience suffisamment simple, a eu ses détracteurs (Guillaume de Fontenay, Warcollier et Saint Albin), qui ont allégué que le résultat était obtenu grâce aux réactions chimiques de l'encre sous l’effet de la chaleur et les sécrétions de la peau.

En 1897, ce fut Jules Bernard Luys (1828-1897) médecin et neurologue français, Directeur de l'Asile psychiatrique d’Ivry-sur-Seine, qui inventa une nouvelle manière de réaliser les clichés photographiques de l’aura. Les doigts posés durant 10-20 minutes sur le côté gélatineux d'une plaque photographique qui avait été plongée au préalable dans une solution d’hydroquinone, permettait d’obtenir ainsi des photos avec une bonne luminosité. Les photos variaient en fonction de chaque personne et de leur état psychophysique. Cette méthode fut aussi très controversée par des sceptiques qui soutenaient que c’était l’effet de la présence de chaleur, des sécrétions de la peau, des erreurs délibérées allant même jusqu’à soupçonner l’occurrence d'un « éclairage persistant».

Mais, ces techniques se sont épurées et affinées suite aux travaux de nombreux chercheurs à la fin du XIXe siècle, parmi eux Henry Baraduc, O.C. Lichtemberg, le Polonais Lodco-Narcovitz et même le prêtre scientifique brésilien Roberto Landau de Moura, avec sa théorie «perianto » (aura ou corps bio-plasmique) dont les expériences avec des techniques plus sophistiquées et plus sûres ont précédé celles de Kirlian. Il ne serait pas juste de laisser hors de la lumière historique des chercheurs tels que Camille Chaigneau, Colomés, Durville, Dardenne, Girod, Adrian Majewski et Gabriel Delanne, qui ont réalisé des travaux démontrant à travers les effluviographies l'existence du phénomène.   

A travers ce voyage historique, nous trouvons en 1879, Walter Kilner (1847 - 1920) licencié en Médecine et responsable du Département d'électrothérapie de l'Hôpital St. Thomas de Londres, qui réalisa des expériences basées sur les travaux de Reichenbach, afin d’investiguer aussi sur le phénomène des émanations odiques, de la manière dont il était perçu à l'époque.

En 1908, Kilner arriva à la conclusion selon laquelle n’importe qui pouvait observer lesdites émanations à condition que celui-ci reçoive la participation d’un stimulant externe de vision. Il obtint de meilleurs résultats avec l'utilisation de la dicyanine, qui est un colorant dérivé de l'aniline très utilisé dans l'industrie photographique comme sensibilisateur pour les radiations infrarouges.   

Kilner utilisait une technique différente : il travaillait en observant une personne dévêtue plaquée sur un fond noir, bien éclairée par la lumière du jour, l'observateur tournant le dos à la source lumineuse, un cube transparent placé entre lui et le fond noir, contenant la solution de dicyanine. D’après les récits de l’époque, 95% des personnes pourvues d’une vision normale parvenaient à voir leur aura, représentée par un brouillard ténu et lumineux autour de leur corps. Curieusement ce processus ne permettait pas l’observation du phénomène dans l'obscurité. Il est intéressant aussi de noter qu'après l'expérience les images persistaient sur la rétine des personnes durant un certain temps, à cause de l'action photosensible du nerf optique. Les luminescences observées présentaient des formes différentes chez l’homme et chez la femme. 

 

- Kirlian

 

Le chercheur russe Semyon Davidovitch Kirlian (1900-1980), avec pour assistante son épouse Valentina Chrisanfovka Kirlian, a consacré toutes ses recherches à la photographie du halo énergétique émanant des corps de tout être vivant. Ils ont tous deux inventé un appareil photographique en 1939 permettant d’obtenir des images de ce halo énergétique, qui fut alors reconnu scientifiquement pour ce qui est de l'obtention et de la conservation d'images du phénomène. Cet équipement a été admis comme étant l’appareil Kirlian.

L’importance capitale de cette découverte réside dans le fait que les émanations énergétiques photographiées par l’appareil Kirlian sont dynamiques et varient de couleurs, de dimensions, d'aspects et de formes selon la disposition psychologique de la personne. Les photogrammes décèlent les états de tristesse, de joie, les sentiments d'amour, de haine, la santé, la maladie, l’angoisse, le stress et tant d’autres émotions et sentiments qui reflètent l'état d'âme de la personne. Ces constatations ont apporté un intérêt pour l’utilisation de la photographie Kirlian dans plusieurs domaines professionnels, prouvant que l'« effet Kirlian », nom donné à ce phénomène, est une chose très sérieuse.  

La caméra Kirlian a été officiellement reconnue par l'Union Soviétique à partir de la décennie de 1960. Cette invention commença à ce moment-là à intéresser les criminologistes, médecins, biophysiciens et autres spécialistes soviétiques. S.M. Pavlenko, président du Département de Pathologie et Physiologie du Premier Institut de Moscou reconnut, à l’époque, que « la photographie Kirlian peut être employée dans les diagnostics de maladies, particulièrement du cancer ».

Par la suite le processus de photographie Kirlian s'est propagé dans les pays d’Europe et aux États-Unis et vers 1970, les premières caméras ont été introduites au Brésil. Depuis, l’obstination du chercheur brésilien Prof Newton Milhomens a été colossale  (5, 6) et couronnée par le développement d’une machine aux normes spécifiques, d’après l’utilisation du principe de « l’effet Kirlian », pour une utilisation essentiellement en Parapsychologie et en Médecine. La normalisation de l’appareil Kirlian s’est révélée nécessaire pour permettre les comparaisons des photogrammes prises par exemple, dans différents états de santé de patients soumis à la photographie Kirlian.

L’appareil est constitué d’une petite boîte placée à l'intérieur d'un champ électromagnétique de haute tension. Il est donc un générateur de pouls électriques de haute tension avec une fréquence très élevée. Branché à une source d'énergie électrique, il est disposé avec le film qui sera sensibilisé par l'objet observé. Parmi les corps pouvant être photographiés, nous pouvons inclure des feuilles, des plantes, des petits êtres vivants en général et les doigts humains. Ce fut une énorme avancée dans le domaine du halo énergétique, réduisant la dimension de l’appareil et donc, le coût des images. Ainsi, la focalisation des objets a été déviée vers le doigt humain au lieu de tout le corps ou de la tête uniquement, comme c’était le cas avec les premiers appareils Kirlian.

 

-  Après Kirlian

 

Beaucoup d'investigateurs utilisant l'« effet Kirlian » ont continué ses travaux en Union Soviétique, comme ce fut le cas de V.M. Inyuschin, de l'équipe d'Almaty, dans le Kazakhstan, aujourd'hui République indépendante. Il avait expliqué dans un texte présenté au cours d’un séminaire organisé à Moscou, en 1969 (4) :

 

Alors le quatrième état de la matière dénommé plasma fut découvert, dans lequel les particules sont ionisées et chargées d’électrons libres combinés avec elles. Nous pourrons ainsi avoir du plasma chaud, comme dans les étoiles, et du plasma froid qui, d’après les théories du bio-plasma, peut être trouvé dans les organismes vivants. Du fait que les particules se trouvent chargées, elles peuvent affecter les champs électriques utilisés dans la photographie Kirlian et ainsi, être visibles sur la pellicule photographique.

 

Nous voyons alors que ce fut V.M. Inyushin qui donna le nom de bio-plasma à ce plasma froid, qui se trouve dans tous les organismes vivants, constitué par la matière ionisée et chargée en électrons libres. Une autre information intéressante est que l'équipe d'investigateurs d'Almaty, utilisant des émulsions photographiques spéciales, aurait enregistré des projections provenant des yeux humains, capables de traverser de fines lames métalliques !

            Suite aux expériences sur la contamination, cette même équipe a découvert aussi (4) :

 

« La possibilité de transporter une information d'une culture contaminée vers une autre saine, à travers la radiation porteuse émanée de la première, occasionnant des dommages à la seconde. » Le même Inyushin est arrivé à la conclusion que la « radiation bio-plasmique est la structure basique de l'organisme vivant, qui assure ses processus énergétiques ». Le concept basique consiste dans l’hypothèse qu’il existe dans l'organisme une substance - plasma - dont les propriétés se rapprochent de celles attribuées aux plasmas cristallins ou aux  semi-conducteurs solides. Les relations complexes entre électrons et protons créent une entité seule du  point de vue organisationnel.  

 

L'ingénieur Vladimir Maspoust (de l'ex-Tchécoslovaquie) affirma que le plasma biologique se trouve dans toutes les cellules animales et végétales comme une irradiation qui recouvre le noyau des cellules - ce qui a été confirmé avec un microscope électronique monté sur une caméra Kirlian. La perte de cette énergie représenterait une dépression et même la mort desdites cellules.

Au Brésil, beaucoup de médecins utilisent la photographie Kirlian pour diagnostiquer leurs patients. C'est le cas du brésilien Luís Vie­gás qui l'a appliquée aux cas de régression aux vies antérieures sous hypnose du patient. Cette technique a permis l’enregistrement des émotions, comme les paniques, joies, tristesses et inquiétudes qui se sont produites pendant la procédure. D'ailleurs, beaucoup de chercheurs qui étudient les phénomènes paranormaux trouvent des explications uniquement à travers le corps bio-plasmique.

 

3.     Nature de l’aura

 

Notre aura, qui est une représentation vibrationnelle physique (corps physique), mentale (pensées) et émotionnelle (émotions et sentiments) formée autour du corps et principalement auréolant la tête, se présente comme des formes de pensée. Dans ces formes et ces couleurs, l’état mental et émotionnel des personnes sont représentés ou « photographiés » (3) et la figure ou l'image engendrée par la pensée s’établit selon les facteurs suivants :  

 

-  la qualité des pensées, déterminée par la couleur,

-  la nature des pensées, déterminée par la forme,

-  la précision des pensées, déterminée par la précision des contours.

                                                                                                                      

L'énergie psychique utilisée par l'esprit est le principe actif qui constitue l’aura du corps fluidique ou périsprit, de ténuité inférieure à celle du corps physique. Néanmoins, (1) « aucune de ces auras ne se compare à celle de l'esprit, laquelle par son intensité et sa variété de couleurs, définit fidèlement la nature de ses vibrations ».

Les sentiments et les émotions ont une énorme influence dans la formation des couleurs, à tel point que dans les limites de la gamme des couleurs, la couleur noire (toutes les couleurs du spectre lumineux sont absorbées) est représentative des plus bas et plus grossiers sentiments et la couleur blanche (toutes les couleurs du spectre lumineux sont reflétées), limpide, cristalline et sans tache représente la pureté et la perfection. Elle est rencontrée uniquement dans les éminentes formes de développement spirituel. Entre ces deux extrêmes, il y a les auras avec toute une immense variété de couleurs et de nuances, qui définissent (1) « un état, une émotion, un sentiment imparfait. Il est alors simple de conclure que l'objectif à atteindre est la perfection, traduite par le blanc ».

En effet il est évident que les couleurs perçues et distinguées par la vision physique sont celles qui résultent du faisceau de spectre électromagnétique qui détient les vibrations de lumière visible, dont la longueur d’onde varie de 380 à 780 nanomètres (nm), tandis que les couleurs perçues par les sensitifs ou médiums qui distinguent l’aura des personnes s’insèrent dans un autre faisceau du spectre.

L’aura humaine est le miroir de la pensée, variant de couleur selon la vibration des pensées, des sentiments et des émotions de chaque personne. Quand la personne est calme et sereine, elle est révélatrice de l'évolution de l'esprit.  

L’épuration d'un ou plusieurs sentiments et émotions liée au perfectionnement d'un ou plusieurs attributs de l'esprit se produit lentement durant le processus d'évolution de ce dernier, d'incarnation en incarnation ou dans une même incarnation. La couleur représentative de l'état ou du degré d'évolution est caractérisée par l’association de nombreuses autres couleurs, chacune indiquant un sentiment déterminé, une émotion ou une passion.

La procédure d'élimination des défauts qui caractérisent la personnalité de chacun est fonction de beaucoup d'efforts et de force de volonté et varie naturellement d’une personne à l’autre. Chaque créature bienveillante cherche avec le temps à se dépouiller des défauts dont elle aura conscience, mais comme ils sont nombreux, ceux qui subsisteront devront être éliminés à la prochaine incarnation. Prenons la vanité, l'orgueil, l'envie et la haine, ou n’importe quel exemple de défaut ou sentiment négatif très fort. Si durant une incarnation nous éliminons l'orgueil, les trois autres persisteront encore et ainsi de suite. Dominer nos plus abjects sentiments et instincts doit être une préoccupation constante de tous, ainsi seulement nous perfectionnerons les sentiments positifs nécessaires à la composition de notre aura.      

António de Nascimento Cottas, un spiritualiste célèbre, qui a présidé le Rationalisme Chrétien durant 57 ans, a souvent mentionné l'existence d'environ 900 sentiments positifs et négatifs, mais il ne les a pas tous listés. L’auteur du présent ouvrage en a répertorié environ 400 et en a présenté dans son livre « Reflexões sobre os sentimentos » (Réflexions sur les sentiments), environ 75 parmi les plus importants. Tous influencent considérablement la formation du caractère qui permettra progressivement le changement de la coloration de l’aura habituelle (7).    

Les couleurs habituelles de l’aura, comme nous l'avons déjà dit, se font quand les êtres sont en condition de sérénité et de paix de l'esprit et elles définissent fondamentalement le caractère des personnes, la variation des couleurs est fonction de l'état mental. Elles changent en fonction des problèmes que chacun affronte au quotidien.

Le mécanisme provoquant l’effet sur la coloration de l’aura est le suivant : il suffit que la personne se laisse influencer par des pensées, des sentiments et des émotions impropres, liés aux changements de ses attitudes et conduites, pour que son aura prenne immédiatement la couleur produite par cette émotion. Conformément à (1) : « C'est que l'émotion produit une vibration qui lui correspond et celle-ci dominant le champ de l’aura, s'impose avec la couleur qui lui est appropriée, caractéristique et latente ».

Nous avons déjà mentionné que les médiums voyants éclairés ainsi que les esprits de l'astral inférieur réussissent à lire les auras des incarnés avec certaines précisions. Néanmoins, comme la perfection n'existe pas sur Terre (1) :

 

La lecture de l’aura ne pourra se faire avec exactitude que par les esprits évolués, connaisseurs de toute la subtilité de l'alternance et de la combinaison des couleurs, puisque dans une même couleur chaque tonalité possède une expression ou une signification particulière, et chaque combinaison de deux ou plusieurs couleurs ou tonalités exige de nouvelles interprétations. Les composantes de l'Astral Supérieur ont des auras invariablement blanches car après avoir atteint ce niveau, leur nature est inviolable.

 

Nous devons maîtriser nos actions, non par crainte que notre aura révèle notre intimité à ceux qui en ont l’accès, mais pour la clarification des choses sérieuses de la vie et par le devoir de notre conscience, pour le respect de soi, pour  le respect du libre arbitre  de nos semblables, pour la dignité et pour notre caractère. Celui-ci (1) « s'améliore, se perfectionne, se solidifie, sous les conditions structurelles indestructibles, de sorte qu’en toutes circonstances, les attitudes adoptées, révèlent toujours une haute qualité de ses attributs moraux ».

 

4.      Couleurs de l’aura humaine

 

Dans leur œuvre « Configurations de la pensée » (8), les médiums ésotéristes et auteurs Annie Besant et C.W. Leadbeater ont décrit une grande variété de couleurs et de configurations de la pensée, corroborées par les courants fluidiques du Rationalisme Chrétien comme décrit par Luiz de Mattos (3) dans le chapitre sur les « Formes et couleurs de la pensée » dans son œuvre  « Scientifiques sans science », (2e édition, 1939, p. 383-385). Dans l’intention de divulguer ces précieuses informations, nous transcrivons presque tout le contenu de ses conclusions. Pratiquement tout ce qui est écrit ici peut être observé dans les gravures contenues dans l'œuvre, « la Vie hors de la matière » (2) :    

 

Lorsqu’une affection pure mais peu définie est ressentie pour quelqu'un, la forme de cette pensée est un nuage irrégulier, car n’étant pas produite par une volonté forte, une impulsion ardente, énergique, de manière à lui attribuer une forme régulière, bien esquissée, harmonieuse et ferme dans tous ses contours et sa couleur est rosée. Lorsque cette affection est égoïste, peu définie, elle est représentée par un nuage plus irrégulier encore et nuancé d'un sentiment moins pur, et donc d'une brume d'égoïsme, qui se révèle clairement à travers la couleur carmin, qui est la couleur des pensées d'amour.

Cette forme et cette couleur sont prodiguées aux êtres faibles en spiritualités et en instruction, l'égoïsme est donc la preuve réelle de l'infériorité de l'être humain.  

 

En revanche, lorsque l'être ressent une affection bien définie, la forme de cette pensée est distincte, c’est quelque chose de puissant et capable de produire un résultat défini, sa couleur est rose, intense, et brillante, identique au sentiment affectif, bien défini et sincère.

Les formes créées par le sentiment, par la musique, et l'influence qu’elle exerce sur l'esprit humain, sont très variées, bien tracées, harmoniques et certaines ont de très belles couleurs et formes, se démarquant de toutes celles de Mendelssohn, de Gounod, Wagner, comme nous pouvons l’observer à travers le livre «La vie hors de la Matière ».

 

Ceci veut dire que chaque pensée a sa forme régulière, harmonique, ou irrégulière, et ses couleurs fermes ou mêlées de gris et sombre, selon le ressenti de chaque être. Pour cela, les couleurs sont classées ainsi: le noir, signifiant haine et méchanceté ; le violet, dans tout son nuancé, du violet pourpre jusqu’à l'écarlate brillant, indique la colère brutale se manifestant par des foudres, d'un violet foncé, traversant des nuages denses de couleur brune, tandis que l'indignation se manifeste par une couleur écarlate, très vive, qui bien que laid n'est toutefois pas désagréable par sa luminosité ; un violet  foncé et répugnant, presque semblable au violet sang du dragon est l’indice des passions animalières, de tous les désirs sensuels et désordonnés.

 

La couleur marron-clair (comme terre de Sienne brûlée) exprime l'avarice, le gris foncé indique l'égoïsme. Cette couleur se retrouve, malheureusement, avec beaucoup de fréquence. Le gris foncé et sombre est signe de dépression, tandis que le gris clair et éclatant indique la peur. Le vert gris dénote la fourberie, le mensonge, la fraude, tandis que le vert foncé, parsemé de points et de foudres, de couleurs écarlates, manifeste la jalousie.

 

Le vert démontre toujours la faculté d'adaptation. Dans le cas le plus inférieur, quand il s'applique à l'égoïsme, cette faculté se transforme en tromperie et fausseté.  Plus tard, par une évolution avancée, la couleur se fait plus nette, plus pure, indiquant chez l'être qui la possède, le désir d'être flegmatique, charitable, bien qu’il subsistera encore dans ses projets beaucoup de sentiments de profit, comme la popularité, ou la notoriété.

 

Sous sa nuance la plus forte, le vert délicat et brillant exprime le pouvoir de sympathie. L'affection se manifeste à travers toute la gamme délicate, depuis le cramoisi, jusqu’au rose. Une couleur carminée, claire et limpide, signifie l'affection morale forte et saine. Si cette couleur rose s’assombrit en un gris brun, opaque, elle indique un sentiment manifestant l’égoïsme, tandis qu'une couleur rose pâle et pure correspond à l'amour absolument désintéressé comme en sont dotées les âmes élevées.

 

Semblable aux premières lueurs de l’aube, de l’aurore, l'amour passe également du carmin foncé des sentiments originels aux tons délicats de la couleur rose, plus doux au fur et à mesure que l'affection se purifie de tout égoïsme, et grandit de plus en plus, embrassant dans sa grandeur tous les êtres nécessiteux. Cette couleur admirable, légèrement mêlée de bleu vif, peut exprimer le sentiment amplement accompli de la fraternité universelle de tous les hommes.

 

L’orange foncé signifie l'orgueil ou l'ambition, et toute la déclinaison fine du jaune appartient à l'intellectualité. Le jaune avec des traits gris foncé démontre l'intelligence au service de l'égoïsme, tandis que le jaune clair indiquera une personnalité intellectuellement élevée. Le jaune printemps, pâle et lumineux, est la marque de l'intelligence la plus élevée et désintéressée, c’est la raison pure, orientée à des fins spirituelles.

 

Les différentes tonalités de bleu indiquent tous les sentiments élevés, en déclinant la gamme du bleu foncé irradiant l’égoïsme au bleu gris du fétichisme nuancé par la peur, jusqu'à la couleur intense et brillante, qui représente l'acte d'irradiation pure d’une âme aimante, et le splendide bleu pâle, exaltation de la couleur précédente, qui démontre la résignation de soi et l'union avec le «Grand Foyer ». Une pensée pleine d'amour, produite par une âme miséricordieuse, donne naissance à une série de tonalités merveilleuses, semblables au bleu profond de l'atmosphère terrestre en été.

 

Quelquefois, à travers ces nuages d'un bleu resplendissant, brillent dans tout l'ensemble d’éblouissantes étoiles d'or semblables à une pluie d’étincelles.

 

Un sentiment composé d'affection et d’adoration à la fois, se manifeste à travers une teinte violette dont les très délicates nuances expriment avec précision les diverses capacités que détiennent les âmes à répondre à la conception d'un idéal élevé.

 

La luminosité et l'intensité des couleurs dénotent en général la mesure de force et l'activité du sentiment qui en sont la cause et l’origine.

 

4.          Conclusion

 

Ce qui a été exposé dans ce chapitre permet de conclure que l’aura humaine réunit les conditions énergétiques de nos pensées, sentiments et émotions, en reflétant en elle à travers ses couleurs et ses formes, l'état dynamique de notre environnement astral et donc de nos attitudes et conduites. A ceux qui peuvent lire notre aura, comme les esprits de l'Astral Supérieur, les esprits de l'astral inférieur et médiums voyants en général, rien n’est caché. Tout se sait, rien ne s'occulte.

Il faut remarquer aussi qu'une aura saine, cohérente et lumineuse nous garantit un supplément d'énergie vitale et nous protège du champ énergétique putréfié et négatif d'esprits obsédants.

 

 

 

Références  de ce chapitre :

 

 1) MATTOS, Luiz de. Racionalismo Cristão. 43.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor, 2004.

 2) MATTOS, Luiz de. A vida fora da matéria. 21.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor, 1996.

 3) MATTOS, Luiz de. Cientistas sem Ciência, Formas e cores do pensamento. Disponible sur : http://www.racionalismo-cristao.org.br/gazeta/diversos/corespens.html. Accessible le 20/02/06.

 4) CHAMBEL, Luis. À volta do corpo – A aura – religião e ciência. Revista “A Razão”.   Jul/Ago/Set 94, p. 1, 12-17.

 5) MILHOMENS, Newton. O modelo energético do homem – o efeito Kirlian.  3.ed. São Paulo: Ibrasa, 1994.

 6) MILHOMENS, Newton. Fotos Kirlian – como interpretar.  7.ed. São Paulo: Ibrasa, 1992.

 7) SAMEL, Caruso. Reflexões sobre os sentimentos. 4.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor, 2006.

 8) BESANT, Annie e LEADBEATER, C. W. Thoughts forms. Adyar. Disponible sur : http://www.anandgholap.net/Thought_Forms-AB_CWL.htm. Accessible le 20/02/06.

 

 

 

CHAPITRE  XII

 

 

LA MEDIUMNITE

 

 

Le jour où les organisations scientifiques affranchies des préjugés ou des influences sectaires se disposeront à étudier la médiumnité sous ses divers aspects et particularités, elles comprendront alors l’importance d’effectuer une campagne de clarification de l'humanité à travers une large divulgation des résultats de leurs études, afin de convaincre les gens de la nécessité  d’imprimer une orientation saine à leur vie, pour que le nombre d’aliénés se limite aux négligents, aux insouciants et aux imprudents. Luiz de Mattos - Fondateur du Rationalisme Chrétien - 1910

 

 

Le manque d'études sur la médiumnité de la part des organisations scientifiques, à quelques rarissimes exceptions près, constitue une lacune incompréhensible et regrettable. Avec le développement spirituel progressif des êtres et de l'humanité en général, nous sommes sûrs qu’au cours de ce XXIe siècle, nous aurons de grandes surprises scientifiques dans ce domaine.   

Ce chapitre a été introduit dans cette œuvre avec pour objectif d'informer sur ce qui existe de plus avancé concernant la connaissance de la médiumnité, sans mysticisme et sans escamotage. Il s'agit d'une remarquable faculté de l'esprit, ce qui ne signifie pas que celui qui la possède soit un être privilégié.

La médiumnité, qui se présente sous diverses modalités, est une faculté innée à l'esprit de toutes les personnes. Parmi ces modalités, la médiumnité d'intuition que presque tout le monde possède à un degré plus ou moins grand, bien que beaucoup n’en soient pas conscients, est la plus commune. Vu son importance, elle sera traitée en profondeur, dans le chapitre 13 « L'intuition ». Toutes les autres modalités sont latentes chez bon nombre de créatures. Les personnes qui se consacrent à l'exercice de la médiumnité, comme nous l’avons indiqué dans cette œuvre et plus spécifiquement dans ce chapitre, sont des médiums ou sensitifs, de véritables intermédiaires entre la vie matérielle et la vie de l’esprit.

 

Le développement naturel de la médiumnité n’est pas toujours fonction du degré de spiritualité acquis par les créatures tout au long de leurs multiples incarnations. Il est bon de remarquer que la manifestation de la médiumnité varie chez les personnes en fonction de leur tempérament (émotions), leurs sentiments, leur sensibilité et leur évolution. Nous avons déjà vu que (1) « les bonnes ou mauvaises pensées s'attirent, en raison directe de leur affinité et leur instrument de captation est la faculté de médiumnité ». Plus loin (1) : « La médiumnité est toujours utile, quand elle est bien appliquée, mais hautement néfaste si elle est placée au service du mal ».

Dans le chapitre 9 sur la Priorité de l'Esprit, nous montrons que l'espace représenté par l'atmosphère terrestre est chargé d’esprits désincarnés et de pensées qui se croisent dans toutes les directions, vibrations qui s’assemblent en deux courants : le courant du bien et le courant du mal.

Dans le chapitre 10 sur l'Importance de la Pensée, nous montrons que toutes les personnes (esprits incarnés), ainsi que les esprits désincarnés, émettent tout le temps des pensées pour deux seules éventualités : soit pour le bien soit pour le mal, jamais pour les deux à la fois, aucune autre option n’étant possible. Conformément à la loi des affinités de pensées, les pensées semblables ou identiques s'attirent et les pensées contraires se repoussent.

En sachant ces principes, il est facile de comprendre pourquoi une personne bien-pensante dont la pensée vibre pour les réalisations utiles, avec un désir toujours sincère de progresser matériellement et spirituellement dans le but d’atteindre ses objectifs, sera toujours en harmonie avec les courants du bien, étant alors ouverte au processus de la médiumnité intuitive orientée vers le bien.  

En revanche, il est clair qu’une personne mal-pensante qui se prédispose à la pratique du mal, qui se nourrit tout le temps de tendances spirituelles malveillantes, sera en affinité avec les courants du mal, s’édifiant en pôle d'attraction pour les obsédants de l'astral inférieur. Ceci explique les nombreuses folies intuitives qui se produisent à tout moment de par le monde.

                                                                                      

1.          Traits généraux

 

Rien de ce qui a été exposé n’est surnaturel. Au contraire, tous les phénomènes médiumniques, parmi lesquels ceux de l'intuition qui sont les plus représentatifs, obéissent aux lois naturelles de la spiritualité. A chaque fois que des intentions malveillantes sont exprimées, manifestées à travers les pensées des personnes, la juxtaposition se produit par l'identité des vibrations de ses pensées avec celles de même nature produites par les esprits de l'astral inférieur ou par d’autres personnes également tournées vers le mal. Voyons ce que nous dit la référence (1) :

 

Ceux qui, grands ou petits, riches ou pauvres, humbles ou puissants vivent en marge des bonnes règles morales ; ceux qui pratiquent, de manière occulte ou ostensible, des actions indignes ; ceux qui portent sur le visage le masque de bonté et cachent dans l'âme les plus laides vilenies ; les assassins, les voleurs, les escrocs, les pleutres, les traîtres, les déloyaux, les faux, les hypocrites, les menteurs, les hâbleurs, les agitateurs, les pusillanimes, les flâneurs et  tous les vauriens en général, ne sont que des êtres asservis aux phalanges des obsédants, devenant des instruments dociles à leurs services et à la pratique des plus abominables actions.

 

Nous ne devons ignorer que l'astral inférieur s'organise en hiérarchies sophistiquées nommées phalanges, afin d’accomplir leurs intentions malsaines et perverses. Il est alors aisé de comprendre pourquoi ces phalanges qui infiltrent l'environnement de notre vie d’incarnés causent de grands dégâts moraux et physiques à l'humanité en général, assistés par la médiumnité des personnes et des attitudes conscientes et inconscientes que les pensées humaines confèrent aux obsédants.    

Dans les conditions de vie terrestre, plus la médiumnité des personnes sera développée plus celles-ci seront exposées aux dangers d'une obsession. Il est par conséquent d’une extrême importance que chacun cherche à connaître le degré de développement de ses facultés médiumniques, dans l'objectif d’orienter avec exactitude et de contrôler avec justesse ses pensées. Rappelons-nous qu’il a déjà été dit dans cette œuvre, que dans la vie des gens tout se passe d’abord par la pensée. Ce genre de compréhension nous engage à affirmer que tous les aliénés sans exception ont une faculté médiumnique développée et sont parvenus à l'obsession à cause de leurs facultés. En résumé, c'est la raison pour laquelle le spiritualisme traite la folie comme étant le produit de l'ignorance de la vie hors de la matière.  

Le spiritualisme est une philosophie qui satisfait notre besoin d’en savoir de plus en plus sur nous-mêmes et la médiumnité est son instrument de bienfaisance ou de malfaisance, selon son emploi pour le bien ou pour le mal. Pour clore l’introduction à ce chapitre, nous transcrivons ce qui fut précédemment cité (1) :

 

Le jour où les organisations scientifiques, affranchies des préjugés ou des influences sectaires se disposeront à étudier la médiumnité sous ses divers aspects et particularités, elles comprendront alors l’importance d’effectuer une campagne de clarification de l'humanité à travers une large divulgation des résultats de leurs études, afin de convaincre les gens de la nécessité  d’imprimer une orientation saine à leur vie, pour que le nombre d’aliénés se limite aux négligents, aux insouciants et aux imprudents.

 

 

2.          Types de médiumnité

 

Il n'échappe pas à un bon observateur qui possède déjà certains éclaircissements et certaines connaissances de la vie spirituelle, qu’il existe plusieurs types ou modalités de médiumnité, que nous analyserons ci-après en profondeur. Entre autres, les médiumnités intuitive, auditive, olfactive, la voyance, la psychographie, la médiumnité d'incorporation et leurs phénomènes respectifs, avec pour objectif le dédoublement, la matérialisation, la lévitation et la transportation. Dans une autre partie de cette œuvre, au chapitre 8 sur la Force Intelligente, nous avons cherché à montrer que ces phénomènes peuvent être classés de manière subjective (les divers types de médiumnité) et objective (les divers phénomènes qui s’externalisent et agissent sur la matière).  

 

- La médiumnité intuitive

 

La médiumnité intuitive est un réflexe direct de la sensibilité psychique de la personne. Il semble être juste de dire que la médiumnité intuitive est intimement liée à l’organe télépathique naissant : la glande pinéale, qui se développe aussi avec la spiritualité. La télépathie à son tour, est une faculté encore non développée chez l'homme pour des raisons évidentes.  

Ces trois attributs spirituels - l'intuition, la télépathie et l'incorporation opèrent conjointement avec la glande pinéale dans les actions coordonnées et complémentaires afin d’obtenir les meilleurs résultats. Le développement de ces attributs, sous rigoureux contrôle et discipline, offre les résultats les plus parfaits de la captation des pensées d'esprits désincarnés ou non.

Une étude plus complète et profonde sur ce sujet est présentée dans le chapitre 13 sur l'Intuition, modalité privilégiée de transmission d'intuitions par les esprits supérieurs, à travers laquelle les médiums ne perdent pas leur autocontrôle. Nous terminons en disant que dans cette modalité, les médiums savent « filtrer » les inconvenances et mots obscènes insufflés par hasard par les esprits de l'astral inférieur.

 

- La médiumnité auditive

 

Dans la médiumnité auditive, ou sensitive le médium entend des sons étranges que la personne commune n'entend pas. Ce sont des sons produits à des fréquences plus hautes (ultrasons) que les fréquences audibles du spectre sonore (de 10 - 20000 hertz ou période par seconde) ou en-dessous de ces fréquences. Ces sons normalement sont entendus directement à l'intérieur du cerveau sans passer par l'appareil auditif. C'est ce type de médiumnité qui permet de transmettre les pensées des esprits opérants.

 

- La médiumnité olfactive

 

Dans ce type de médiumnité, le médium a une sensibilité très grande pour les odeurs et les arômes, donc ses glandes olfactives se sont développées au point de capter facilement de trois mille à cinq mille arômes différents, depuis les plus rustiques jusqu’aux plus subtils. Parmi les plus rustiques, il y a les odeurs de « miasmes » (corps organiques en décomposition ou putréfaction), plusieurs types de pollution (soufre, cigarette, cigare, odeurs alcoolisées) et des parfums élaborés par l'homme, des fleurs des champs et des odeurs subtiles, comme celles des fluides laissés par les esprits de l'Astral Supérieur.

 

- La médiumnité de voyance ou clairvoyance  

 

Ce type de médiumnité est le plus rare, le médium étant dénommé voyant. La vision de ces médiums-là, atteint des vibrations au-delà et en deçà du spectre de la lumière visible (les sept couleurs basiques et leurs combinaisons), elle est une source de valeur inestimable permettant de connaître la vie hors de la matière et de percevoir les divers types d’auras, etc. Voir le livre « La Vie hors de la matière » (2) qui montre à travers des gravures élaborées en trichromie les auras des mondes minéral, végétal et animal, ainsi que celles de l'homme dans différentes circonstances de pensées et de sentiments. Il s'agit d'une œuvre merveilleuse et nous pouvons affirmer qu’il n’en existe aucune autre aussi riche en informations sur la vie hors de la matière.

La clairvoyance est déjà la forme la plus extraordinaire de la médiumnité. Alors que la voyance concerne le présent, la clairvoyance va au-delà du temps. Bien que l'avenir découle de nos actions du présent, celui-ci dépend du choix fait parmi les nombreuses possibilités s’offrant aux êtres. La clairvoyance est insufflée sur la base des connaissances dont les esprits de l'Astral Supérieur disposent pour transmettre des perceptions de l'avenir aux médiums, puisqu’il n'existe ni présent ni passé ni futur pour les esprits supérieurs, tout est éternel. C’est une modalité médiumnique rarissime.

 

- La psychographie

 

C'est la modalité médiumnique où l'esprit agit directement sur la main et les doigts du médium, permettant l’écriture directe des messages et communications avec les esprits. C'est le type de médiumnité recherché par des personnes qui par curiosité, désirent recevoir des messages de parents et amis désincarnés, ce qui peut en effet se produire, mais la possibilité de mystification est très grande et, bien que vrais, les messages reçus n'apportent aucune leçon de valeur ou utilité aux personnes. La grande majorité de ces messages viennent d'esprits désincarnés stationnant dans l'astral inférieur. L'utilisation de la médiumnité pour espionner individuellement toute personne est condamnable, principalement si pour ce «travail» il est nécessaire de payer, malgré le titre spontané. La médiumnité est une chose très sérieuse et ne doit pas être mal utilisée.

 Tant qu’il n’existait pas de procédés modernes d'enregistrement électronique, la psychographie était la seule manière d'enregistrer les informations médiumniques. Nous vous informons que plusieurs œuvres de grande valeur ont été écrites par des médiums auditifs sous intuitions d'esprits supérieurs mais aussi, qu’un grand nombre de ces intuitions ont été reçus d'esprits de l'astral inférieur, celles-ci sans aucune valeur morale.   

 

i La médiumnité d'incorporation

 

La médiumnité d'incorporation est celle où l'esprit agit directement sur le corps du médium, elle est facilement détectable. C'est une forme de médiumnité qui, au moment du procédé, n'échappe à personne. Sous cette médiumnité donc, l'esprit opérant détient le contrôle de la situation. Selon (1) : « Le médium d'incorporation n’a pas besoin de se concentrer pour recevoir l'influence des esprits de l'astral inférieur, sa sensibilité et son système nerveux sont de telle manière prédisposés qu’il peut être brutalement ou subtilement ébranlé - selon les sentiments qui animent l'obsédant opérant – par action de la pensée ». La prédisposition se réalise, principalement, par la nature des mauvaises pensées - haine, peine, vengeance, jalousie, etc. (voir le chapitre sur l’Aura) ou même par la faiblesse spirituelle attribuée aux fluides malfaisants dont la personne est chargée.  

Il est plus ou moins courant d'observer l’agissement d'esprits inférieurs sur les gens dotés de ce type de médiumnité de par les rues de la ville. Certains tombent à terre se débattant nerveusement, totalement « hors d’eux » Ne pas les confondre avec ceux atteints de l’épilepsie dont les symptômes sont similaires, l’épilepsie étant une maladie d'origine nerveuse, caractérisée par des attaques convulsives, des pertes de conscience et autres symptômes spécifiques. Les personnes sous l’emprise de ces esprits le sont depuis longtemps et sont perçues comme « se parlant à elles-mêmes »: en vérité ils, parlent avec leurs obsédants. Ce sont des situations où le commun des mortels sans connaissance spirituelle ne peut rien faire dans l'intérêt de ces malheureux. En citant (1) : " Il peut leur être octroyé d’autres noms, attribué d’autres causes pour justifier le méconnu, mais la réalité est unique et, tôt ou tard, la reconnaissance de la médiumnité d'incorporation en tant que faculté spirituelle, devra s'imposer par son évidence comme toutes les choses palpables de la planète ».

Dans des conditions particulières et sous contrôle absolu, dans les courants organisés, afin de démontrer l'existence de la vie hors de la matière, le médium peut se concentrer dans le but de se laisser incorporer par la juxtaposition de l'esprit opérant dans son corps, sans que le médium perde conscience. Selon (1) : « Cet esprit se sert de la médiumnité de l'instrument d'incorporation pour extérioriser sa pensée. Pour ce faire, l'esprit du médium en concentration et en position normale se détache légèrement, afin de faciliter la captation des pensées reçues »  

Nous pensons que de telles conditions particulières peuvent survenir, après analyse par l’utilisation logique de l'intelligence rationnelle et l’entendement, quand le fluide du périsprit de l'esprit opérant est identique au fluide du périsprit du médium, c’est-à-dire quand il y a une similitude « presque parfaite » de fluides, condition possible lorsque les deux esprits, celui de l’opérant et celui du médium, appartiennent au même monde spirituel de stationnement ou d'origine. Nous disons similitude « presque parfaite » car chaque périsprit, bien que constitué par la même matière cosmique du monde commun d'origine, se différencie de l'autre par la partie qu’il a gardée (mémoire, sentiments, etc.) de l'individualité de chacun des esprits concernés.    

La médiumnité d'incorporation comportant de grands risques, il n’est pas conseillé de la développer hors des lieux rigoureusement contrôlés par les esprits supérieurs. Si elle existe, il est recommandé de la conserver en l’état, le médium devant uniquement utiliser sa sensibilité additionnelle. Celle-ci est très utile pour guider la perception du médium vers les phénomènes qui se produisent dans son entourage et par la révélation des intentions de la pensée d’autrui mais qui ne doivent pas être divulguées. (3)

 

3.          Qualités nécessaires et souhaitables

 

Il y a un ensemble de qualités et de caractéristiques (3) qui sont nécessaires et souhaitables chez tous ceux qui utilisent et développent leurs médiumnités. Parmi elles :

La précaution doit toujours être présente dans la vie du médium. Tous les médiums ne connaissent ou ne disposent pas d'environnements sûrs pour la pratique de la médiumnité. Dans ces cas, le médium ne doit pas se tracasser de prime abord avec cette faculté, mais peut utiliser discrètement sa « [...] magnifique modalité sensitive pour avec elle, prêter de précieux services dans le milieu où il vit, tantôt transmettant des conseils prévoyants, tantôt empêchant la pratique d'actes néfastes » (3).

La vie saine est une seconde qualité ou condition primordiale dans le quotidien du médium. C'est-à-dire qu’il doit régler ses actions selon des principes vraiment chrétiens afin qu'il ne soit  pas soumis à l’acceptation de mystifications en toutes circonstances de la part d'esprits obsédants. En résumé, le médium doit donner un exemple de rectitude de caractère et de vie digne.  

L'humilité doit toujours être présente dans toutes les situations, le médium ne doit jamais se prévaloir de sa faculté médiumnique pour s'imposer ou même pour effrayer les personnes. L'arrogance doit être bannie de ses postures. Pour cela, il est nécessaire de toujours réfléchir sur sa propre nature transitoire dans ce monde et d’apprendre à envisager toutes les situations et les choses avec beaucoup de réalisme. Personne mieux que le médium éclairé ne sait discerner le vrai du faux, donc il sait que (3) « [...] la durée d'une existence terrestre, qu’elle soit de soixante-dix ou cent ans, ne représente à l’échelle de la vie éternelle qu’une goutte d'eau dans l'océan ». Ainsi, le médium doit comprendre que l’humilité et le réalisme sont les outils indispensables à sa vie, et qu’il est capital de savoir les utiliser en toutes circonstances. Face à cette réalité, il apprendra qu’il ne faut pas y accorder une grande importance (3) « [...] comme en général aux situations et ostentations débordantes de la vie terrienne dans le domaine matériel».    

La discrétion est un autre attribut ou caractéristique souhaitable chez toutes les personnes et avec davantage de raisons encore pour les médiums. Pour les médiums voyants, la discrétion ne doit jamais être ignorée. Ne jamais révéler ou relater la perception de l’aura des personnes, bien que cela représente une assistance astrale élevée et positive, en revanche l’orgueil de ces personnes peut de ce fait être stimulé, ce qui est négatif. Nous nous référons ici à l'orgueil dans le sens bien connu de l’arrogance.  

Le dévouement à l'étude est un autre aspect souhaitable dans l'exercice de la médiumnité. Tout médium qui réellement désire évoluer doit toujours étudier, principalement les œuvres qui peuvent élargir la connaissance qu’il a déjà de la médiumnité et des principes de la morale chrétienne comme, par exemple, les œuvres mentionnées en référence à ce chapitre (1, 2, 3), ainsi que d’autres œuvres éducatives, qui servent à refouler de manière générale l'ignorance de la vraie réalité de la vie.

Finalement, le médium éclairé et valeureux doit envisager la nécessité d’éliminer un concept bien ancré dans l'esprit de la grande majorité des médiums – celui de croire que la médiumnité est un privilège. Avant tout, il doit savoir et admettre que la médiumnité est innée chez les personnes et qu'elle impose des devoirs et des responsabilités très sérieux à ceux qui la développeront et la placeront au service du bien. Les médiums qui choisiront cette option doivent très bien savoir qu’ils le font avec esprit de résignation, en renonçant aux attractions éphémères du monde, sachant qu'elles ne sont que des réminiscences proscrites du passé.  

 

4.      Discipline : le secret d’une médiumnité en sécurité

 

Personne n’ignore que la pensée est fugace, oscillant tout le temps d'un sujet à l’autre. D’où la nécessité d’apprendre et d’appliquer les techniques de contrôle et de discipline de la pensée, pratique indispensable pour tous, principalement pour les médiums. Quoique souvent bien intentionnés, de nombreux médiums finissent par être victimes des esprits de l'astral inférieur et commettent des troubles aux conséquences graves, par la non-pratique d’une discipline rigoureuse de leurs pensées et habitudes.  

Il est d’une importance fondamentale de connaître les personnes parmi ses relations, de savoir qui on fréquente et qui l’on reçoit chez soi. Il faut savoir choisir ses amis. Il est nécessaire de savoir éviter les conversations impropres et d’apprendre à limiter ses préoccupations au minimum. Avoir le temps pour tout – le travail, les repas, les loisirs et le sommeil. Éviter les fatigues dues au travail excessif. Une attention particulière doit être accordée à la santé du corps physique et mental. Exercer toujours sa capacité de réaction au découragement et à l’accablement. Telles sont les principales mesures valables pour toute personne et particulièrement recommandées à celles qui exercent la médiumnité.

Parmi les principales mesures pour toutes les personnes et pour les médiums en particulier, il est nécessaire d'avoir une occupation rémunérée ou d’être indépendant financièrement. Nous savons tous que le travail digne est le levier pour le progrès des personnes et des peuples. Il ne constitue pas seulement une stimulation pour le corps physique, mais, comme c’est le cas dans plusieurs professions dites intellectuelles, il sert au développement de l'intelligence et du raisonnement. Le travail honnête, exercé dans n’importe quelle condition, excepté les conditions d’insalubrité et d’esclavage, est toujours salutaire à l'esprit. Le travailleur doit toujours exercer ses fonctions avec satisfaction et avec une attention tournée vers les bons résultats, quelle que soit sa profession.  

Concernant le sommeil et le loisir, il n’y a pas le moindre doute que tous nous avons besoin de repos, de relâchement et de loisir à des heures appropriées. Mais tous nous devons nous efforcer de ne pas nous livrer à l'oisiveté à l’indolence et aux facteurs néfastes, principalement à ceux qui touchent à la médiumnité.

La référence (3) alloue un grand nombre de conseils et normes disciplinaires pour que les médiums aient et conservent une médiumnité disciplinée, sûre, sans interférences indues des esprits de l'astral inférieur. Outre les conditions déjà mentionnées, nous en citons quelques-unes : Se nourrir modérément, ne pas s'irriter face aux erreurs d'autrui, ne jamais épiloguer, être tolérant face aux opinions d’autrui, savoir écouter sans interrompre, ne jamais blasphémer ni médire, combattre les sentiments de révolte. Eviter certains environnements reconnus néfastes, conserver la sérénité et la paix de l'esprit, être vrai et loyal, penser avant de parler, savoir écouter et se taire, être compréhensif face aux douleurs d’autrui, ne pas se lamenter ni se plaindre, partager le travail du foyer avec le conjoint, ne pas s’irriter contre ses enfants, être parcimonieux dans les dépenses, supprimer la déperdition, combattre la vanité, l'orgueil, l’aversion et le ressentiment. Eviter les passions en tout genre, cultiver les bons sentiments, savoir renoncer, être humble, avoir une vie simple, etc.

Ces recommandations sont des règles chrétiennes valables pour toutes les situations. Elles visent à diminuer la vulnérabilité des médiums (3) « [...] face aux esprits de l'astral inférieur, qui préfèrent les médiums d'incorporation pour exercer sur eux des actions pernicieuses, obsédantes et destructrices. En outre, la pratique de cette discipline favorise la formation d'une personnalité calme, confiante et éclairée, indispensable à l'exercice de la médiumnité. Evidemment, cette discipline est préconisée à ceux qui ont une tout autre modalité médiumnique et à tous les êtres en général, car la médiumnité intuitive est commune à toutes les personnes ».  

Les médiums qui travaillent dans les institutions sérieuses comme le Rationalisme Chrétien doivent mener (1, 2, 3) très au sérieux la discipline que nous décrivons. Sa rupture ne peut être tolérée une fois qu’elle a été initiée, pour la sécurité même des médiums et pour celle de tous. Procédant ainsi, ils (3) « démontreront l'amour à la Cause, la connaissance des principes doctrinaux et l’intransigeance concernant l'accomplissement du devoir. Sa cassure peut causer des préjudices matériels et moraux, outre le discrédit de la Doctrine. Cette observation ne concerne pas uniquement les médiums, mais tous les militants ».

 

5.          Connaissances spécifiques

 

Les connaissances de la vie spirituelle ont été présentées aux chapitres 9, 10 et 11, respectivement sur l'Esprit, la Pensée et l’Aura. Nous récapitulons en complétant ici par quelques connaissances spirituelles spécifiques, en rapport avec la médiumnité.

Il est fondamental que l'être humain puisse se connaître en tant que Force et Matière pour tirer le meilleur profit possible de sa vie terrestre. Dans l'être humain, la Force est l'Esprit, invisible aux yeux matériels, agissant sur la Matière. La Matière est seulement le véhicule ou instrument dont l'esprit se sert pour promouvoir son évolution sur Terre. Outre ces deux éléments, il en existe un troisième, aussi matériel - le corps astral ou périsprit, que l'esprit apporte de son monde d'origine. Il est constitué d’une matière cosmique, ténue et subtile, invisible aussi aux yeux matériels. Cet élément, intermédiaire entre l'esprit et le corps, a une grande importance dans les processus de la médiumnité en général, principalement pour ce qui concerne la médiumnité d'incorporation.  

Il est intéressant de signaler que la Matière (corps physique et périsprit) a des propriétés, mais n'a pas d'attributs ou de facultés, tandis que l'esprit a d'innombrables attributs ou facultés et seules certaines d'entre elles sont révélées car elles sont nécessaires à la vie terrestre. Parmi ces facultés, il y a la médiumnique, innée et commune à toutes les personnes, du moins la médiumnité intuitive. L'influence que cette faculté exerce dans la vie de tous est très importante. Son étude s'impose à tous les êtres qui désireront réellement vivre consciemment et non seulement végétant, mais cherchant à en connaître un peu plus sur sa nature complexe et ses multiples procédés de manifestation.

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, la médiumnité n'est pas héréditaire, elle est une faculté ou un attribut propre à l'esprit. Elle n'est pas non plus une maladie. L'hérédité et les maladies, comme par exemple la syphilis et tant d’autres du même genre que la Médecine peut soigner, sont propres au corps physique. De manière plus directe, la médiumnité est un outil, un don naturel de la créature. Ou, encore, selon la référence (3) :  

« Tous s’incarnent sur Terre avec les outils indispensables pour les tâches qu’ils auront à exercer. Les outils sont les dons, les spécialités, les vocations. Les uns apportent l’aptitude commerciale ; d’autres, la vocation pour apprendre, l'art, la science ; d’autres encore s’incarnent pour être artisans, industriels, agriculteurs et, entre autres, beaucoup apportent en plus la faculté médiumnique d'incorporation ».

La médiumnité doit être exercée avec des règles strictes, jamais comme un moyen de vie et comme ressource matérielle, mais spontanément et gracieusement, avec pour objectif le bien général de l'humanité. Le médium qui s'éloignera de cette règle fondamentale compromettra sérieusement son incarnation.

La principale caractéristique d'un médium est sa grande sensibilité, laquelle a un lien intime avec le système nerveux. Et ce système, une fois altéré, peut mener la personne à l'irritabilité, en l'exposant aux assauts des obsédants. Etant très sensibles et réceptifs, les médiums sont facilement influencés par les dires et les actions des autres, selon la manière dont ces sentiments s'ajustent ou s’opposent à leurs propres émotions et tempéraments.

La conclusion qui peut être tirée de tout ce qui a été exposé et qui est le point fondamental pour toutes les personnes en général et « particulièrement pour ceux qui possèdent la faculté médiumnique la plus développée, est le contrôle de soi. Ne pas se laisser irriter par une chose quelconque car chez les irascibles, se révèle une forte tendance aux agissements impulsifs. La tâche en vérité n'est pas facile, mais la difficulté ne doit pas influer sur l’appréciation du sujet avec tout le sérieux exigé » (3).

D’où la nécessité de s’éclairer et d’apprendre à se défendre dans l'environnement où nous vivons « [...] des coups terribles des forces maléfiques qui impliquent le monde et qui ont pour point d’appui les millions de médiums ignorants, malheureux et imprudents dispersés sur la Planète » (1)  

Toutes les facultés spirituelles se développent progressivement tout au long des incarnations, et la médiumnité n’enfreint pas cette règle. Notre référence (1) décrit très bien cette situation :

 

« Depuis le premier niveau d'évolution dans les couches humaines les plus attardées, dans les rites sauvages, dans la pratique de la magie, certaines personnes ont commencé à développer la médiumnité sans préparation psychique, sans connaissance des risques auxquels elles s'exposaient par l'inobservance de la discipline qui devait suivre un tel développement. Ceci explique le fait que l’on rencontre dans le monde d’innombrables créatures anormales, dérangées, paranoïaques, obsédées ».

 

Pour que le médium ne devienne pas un instrument inconscient au service des forces perverses du mal et des mystifications fréquentes, il est nécessaire d’apprendre à se protéger de telles influences néfastes moyennant l’observance d’une discipline adéquate conformément à l’explication ci-dessus.  

Nous réitérons que les discussions enflammées, sous n’importe quel prétexte, sont toujours induites par les forces de l'astral inférieur et doivent être évitées à tout prix. Ce sont elles qui provoquent les quiproquos, les afflictions et les ressentiments si néfastes à l'harmonie des foyers. Nous répétons encore que tous ceux qui orientent leur vie hors de la discipline exposée ci-après, courent tous les risques d'assujettissement et même de folie.

 

6.          Circonstances menant à la perturbation

 

Dans les conditions actuelles de l'évolution humaine, nous observons une dérive très grande dans les activités élévatrices qui s’enlisent dans les illusions et fantaisies de la vie matérielle, conduisant à un véritable éloignement des devoirs moraux et spirituels. Ainsi nous voyons régner de toutes parts les bas sentiments et instincts animaliers, créant des circonstances de perturbation générale de la planète. Personne n'ignore donc que les circonstances conduisant à la perturbation ne manquent pas.

D'autre part, en juxtaposition à la vie terrestre de l'homme, il existe un sous-monde spirituel formé par les esprits de l'astral inférieur qui errent sur la croûte terrestre. Il y règne (3) « les êtres désincarnés qui ont eu un mauvais comportement. Des cancaniers, fanfarons, intrigants, ceux qui ont aimé les plaisanteries de mauvais goût, affectionnant les commérages, les vindicatifs, les jouisseurs, les pusillanimes, les ignorants, les perfides, les oisifs, les vagabonds grossiers et ignobles qui ont été durant leurs incarnations des menteurs délétères, des abjects, les sensualistes, les escrocs, les traîtres, les fourbes, les imposteurs, les pervers, les prévaricateurs homicides, les voleurs, les fraudeurs et les personnes immorales ».

Ces esprits, qui s'organisent en véritables phalanges pour mieux accomplir leurs objectifs malveillants, vivent en état permanent de perturbation, découlant des crimes consécutifs à la mauvaise utilisation qu’ils firent de leur libre arbitre  durant leurs incarnations. Affranchis dans l’exercice de leurs actions néfastes comme de vrais délinquants, ils passent tout leur temps à tourmenter les êtres humains. Ces derniers, non préparés spirituellement, les attirent inconsciemment, ne pouvant résister à leurs insistances et leurs insidieuses intuitions. Cette action se fait plus vigoureuse, avec plus d’intensité sur ceux qui furent leurs ennemis durant leurs incarnations, agissant ainsi plus efficacement car étant invisibles, exerçant par conséquent une vengeance tenace.  

Remarquons pourtant, que l'action est conjointe et s’entretient chez les personnes dont les instincts animaliers ont été décrits ci-dessus - les personnes inconvenantes méconnaissant la vie spirituelle et les esprits obsédants qui transgressent les lois naturelles, subsistant perturbés sur la croûte et dans l'atmosphère terrestre. Comment se protéger du risque de telles actions ? La réponse est unique : moyennant l'utilisation bien orientée de la pensée appuyée par une force de volonté très forte dirigée toujours vers le bien et en apprenant aux personnes à éviter les mauvaises habitudes et les vices et à vivre dans l’absolue certitude de l'existence du mal renforcée par leurs mauvaises pensées et par les intuitions des obsédants.  

Il est évident que possédant une sensibilité très à fleur de peau, les médiums courent des risques de perturbation plus fréquents et néfastes et, pour cette raison même, ils ont besoin d’être bien prévenus de la nature et de l’origine de ces risques. L’absolue connaissance de ces phénomènes et de la manière dont la médiumnité s’instruit est un devoir qui s'impose à tous les médiums, par l’éclaircissement des vraies causes de l'obsession. Puisque l’agissement néfaste des obsédants est subtil, lent et graduel et se produit initialement de manière imperceptible à travers les vibrations harmonieuses ajustées à celles des médiums, cherchant chez ces derniers certaines tendances et désirs alimentés par la mauvaise utilisation du libre-arbitre, seule la clarification sur les vérités fournira aux personnes les conditions pour comprendre ces agissements et repousser le mal.   

La focalisation intense des obsédants sur les médiums ne doit jamais être ignorée par ceux-ci, qui se doivent de percevoir ces machinations sur eux et autour d’eux. Par conséquent, ceux qui construisent le pôle d'attraction sont les médiums eux-mêmes. Tout dépend de leur volonté et de leurs pensées pour éviter négligences et hésitations, puisque les esprits obsédants sont toujours attentifs et vigilants et ne perdent pas une occasion d'aggraver le mal.   

Face au tableau ci-dessus dépeint sous l'optique spiritualiste des misères de la vie terrestre, nous extrayons le passage suivant de notre référence (3) : « Ceux qui méconnaissent qui nous sommes et ce qu’est la vie hors de la matière, n'ont pas le moyen de se défendre contre de telles situations, et ceux qui ont la médiumnité, principalement celle d'incorporation qui n’ont pas la connaissance adéquate, vivent en marge, terminant souvent victimes de l'obsession ou de la folie ».

Pour conclure la partie sur ce sujet, nous rappelons que la grande majorité des parents ignorent que leurs enfants, déjà dans leur tendre enfance, possédaient la faculté médiumnique. Celle-ci aurait pu être perçue de diverses manières, comme par exemple, à travers les pleurs inopinés et apparemment sans cause, les blagues, la désobéissance, le désintéressement pour les études, les mensonges et bien d’autres agissements qui, s’ils ne sont pas corrigés très tôt, affecteront toute la vie le comportement de ces personnes. D’où l’importance réservée aux devoirs qui incombent aux pères de famille dans le processus de forger le caractère et stimuler les bons sentiments de leurs enfants pour la construction d’une humanité meilleure.  

 

7.          Le mal de l'ignorance spirituelle

 

L’ignorance des faits spirituels par l'humanité en général est très grande, principalement celle de l'existence de la médiumnité de manière plus ou moins généralisée. Outre la médiumnité intuitive, si incroyable que cela paraisse, la médiumnité d'incorporation est beaucoup plus courante que les gens ne le pensent. Dans toutes les classes sociales il y a des personnes porteuses de cette modalité médiumnique. Et, (1) « Cette persistante ignorance finit par mener les uns au suicide, les autres à la disparition tragique, beaucoup encombrent les hôpitaux, les prisons et une grande partie de ces personnes pourvues de facultés moins développées, vivent dans la provocation de désordres, se perdent dans les jeux, s’enlisent dans l'alcool et se détruisent dans la jouissance dépravée».  

Comment cela se produit-il ? La cause principale à tout cela rejaillit sur les esprits désincarnés stationnant dans l'astral inférieur qui, par millions, déambulent dans l'atmosphère terrestre.

Ces esprits identifient rapidement les personnes qui possèdent la médiumnité d'incorporation et perçoivent la facilité avec laquelle certaines reçoivent leurs intuitions. Il s'agit d'esprits qui, lorsqu’ils étaient incarnés, aimaient les discussions, des menteurs, malveillants, cancaniers, malhonnêtes, déloyaux, intrigants, vauriens, proxénètes, factieux, corrupteurs et corrompus, joueurs, vicieux, trafiquants, hors-la-loi, etc. Ces esprits, trouvant une brèche, utilisent la médiumnité d'incorporation des personnes pour satisfaire leurs désirs exécrables et ainsi, pouvoir assouvir leurs passions effrénées auprès des imprévoyants et ignorants.

Par ce simple fait de la réalité spirituelle, découlant de la loi de l'attraction et de la répulsion ou des affinités, les esprits obsédants transforment fatalement les personnes dotées de médiumnité d’incorporation en victimes dès lors qu’elles ne possèdent pas la clarification nécessaire et ne sont pas préparées à repousser les intentions maléfiques de tels obsédants.

Pour ce qui est de la médiumnité intuitive, les effets sont souvent tardifs et peuvent apparaître sous forme de maux de tête sans cause évidente, manque de sommeil, divers types de peurs, d’angoisse, de stress, de mauvaises habitudes, jusqu'aux maladies physiques. La situation est encore plus grave lorsqu’il s'agit de la médiumnité d'incorporation, la personne étant sujette à des attaques et des charges fluidiques délétères lourdes qui la poussent contre ses opposants et même contre les ennemis des obsédants eux-mêmes.

Avec le temps, avec la clarification et l'évolution de l'humanité, peu à peu les personnes commenceront à percevoir et à comprendre cette réalité spirituelle. Tant que de telles connaissances ne seront pas divulguées et connues, les prisons continueront à se remplir de malheureux individus et les hôpitaux psychiatriques seront pleins de fous en tous genres (des obsédés). C'est ce que nous enseigne l’œuvre (3) :

 

Les pires maux causés à la collectivité sont encore ceux pratiqués par les obsédés qui errent librement sans que la majorité soit reconnue. Ce sont tous des médiums, plus développés les uns que les autres, mais souvent en première phase d’évolution médiumnique et par conséquent, ils sont les objets sans défense des esprits de l'astral inférieur en pratique du mal.

Il n’est pas exagéré d’affirmer que les catastrophes, les crimes ou les mésententes, les inquiétudes, les malheurs, les prévarications, les injustices et les dommages personnels ont leur origine, directe ou indirecte, dans les impulsions et les folies des millions de médiums qui agissent sur Terre, inconscients de leur véritable état, à cause de la méconnaissance de la faculté médiumnique qu’ils possèdent.

 

8.          Phases de la médiumnité

 

La médiumnité se développe par la pratique constante, disciplinée et sûre, non à travers les écoles et les études. Il est naturel que dans la première phase le médium soit plus favorable car étant moins préparé à recevoir les intuitions et les incorporations d’esprits de l'astral inférieur. Cette action médiumnique se produit toujours plus facilement puisque de tels esprits sont plus proches, occupant, avec les incarnés, la partie de la surface terrestre et l'atmosphère. Autrement dit, dans cette première phase de développement, le médium est plus facilement en syntonie avec le milieu ambiant, milieu imparfait commun à tous et s'harmonise plus facilement avec les esprits inférieurs qui cohabitent sur notre planète, à l’encontre des lois naturelles, puisque la Terre est une planète-école, destinée seulement aux esprits incarnés. Ce sont des esprits connus comme étant des esprits de l'astral inférieur et « dont les actions imposent abnégation et sacrifice au médium en état de perturbation, de méchanceté ou de souffrance, tandis que les esprits de l'Astral Supérieur agissent avec finesse et leur approche est douce et bénéfique au médium » (3).

Dans la seconde phase plus avancée et plus noble du développement de la médiumnité, les médiums sont capables de recevoir des intuitions des esprits supérieurs, le plus difficile étant pour ceux-ci d’effectuer des communications entre les deux mondes. La grande difficulté provient de la création de chaînes d'attraction et de concentration puissantes créées  par les pensées d'autres personnes amplement spiritualistes présentes dans l'enceinte et autour de la table durant les travaux qui vont générer les pôles d'attraction permettant le soutien des médiums.  La seconde grande difficulté réside dans le fait de maintenir constante la forte intensité de ces chaînes. La troisième grande difficulté consiste dans l’harmonisation des fluides de liaison astrale avec ceux du médium, effort qui est parachevé par l'esprit supérieur communicant lui-même. En satisfaisant ces trois conditions, la manifestation s’ensuit avec spontanéité, sans désagrément. La discipline et la concentration du médium sont ici mises à rude épreuve. Il suffit que l’un de ces facteurs vacille pour que l'esprit supérieur interrompe la communication.    

Ce n’est pas une tâche facile que de maintenir l’esprit de l'Astral Supérieur près du médium et d’entretenir la communication fluide avec naturel, en vertu de la grande pureté de cet esprit, incompatible avec les fluides rudimentaires dont il s’approche quand il descend sur Terre. Pour réussir cela, il est nécessaire de préparer le périsprit du médium par des décharges fluidiques appropriées jusqu’à ce que les deux fluides – celui du médium et celui de l'esprit de l'Astral Supérieur s’identifient. Cette opération s’apparente à une désinfection que l'Astral Supérieur fait sur le corps du médium pour pouvoir agir en toute sécurité. Néanmoins, c’est un travail conjoint d'union, où les bonnes pensées élevées des personnes présentes constituent un pôle d'attraction fondamental pour éviter la cassure de ce courant fluidique pouvant entraîner la difficulté voire interrompre la communication médiumnique.  

 

 

 

9.          Évolution de la médiumnité

 

Etant donné l'état d'infériorité et l’absence de spiritualité que traverse notre planète, la sensibilité de perception médiumnique fait souvent souffrir les médiums de profonde tristesse causée par l'absorption qu’ils font des ondes vibratoires des pensées reflétées dans l'atmosphère impliquant notre monde. Par conséquent, le médium devra rester vigilant, chercher à évoluer par l’observation et l'étude constante des œuvres spiritualistes, afin d’avoir conscience de ses responsabilités dans l’accomplissement de ses facultés médiumniques, qui doivent toujours être dirigées vers le bien général. Conscients que c’est par la discipline recommandée aux médiums que s’opère l'éloignement des sentiments de tristesse, nostalgie et autres sentiments également néfastes, ils devront pour cela, réagir avec toute l’énergie dont ils disposent.  

Comment le médium doit-il évoluer s'il ne fréquente ni cours ni écoles de médiums ? La réponse est simple et consiste à savoir que toute évolution dépend exclusivement de soi-même, moyennant l’acquisition de nouvelles connaissances, de plus en plus rationnelles et élevées, de manière à les intégrer automatiquement dans le recueil des mémoires, augmentant ainsi toujours la potentialité spirituelle. Voir cette transcription (3) :

 

L'évolution consiste en une succession de connaissances nouvelles de plus en plus élevées, qui continuellement se superposent. Là où il y a évolution effective, il n’y a aucune place pour la monotonie, puisque chaque jour une leçon méconnue est apprise, même à travers les événements apparemment banals.

 

Cette évolution, néanmoins, exige la lucidité du médium et son incessant engagement pour le perfectionnement de la faculté médiumnique ; l'instruction et la culture aident beaucoup dans cette tâche.  

 

L’un des points cruciaux à considérer est la décision que le médium devra prendre aussitôt qu’il découvrira sa faculté médiumnique. C’est une décision extrêmement sérieuse. S'agissant d'un don, comme nous l’avons déjà expliqué, il ne doit pas ignorer sa médiumnité et ne doit prendre aucune position. Dépendant de la fondation de son choix, il pourra soit accélérer son obsession, soit accélérer sa libération. Cette décision doit être spontanée, jamais prise sous la contrainte, mais dictée par sa propre intuition et appliquée dans son propre intérêt, dans un moment de totale lucidité, sérénité et paix de l'esprit. Le médium doit appréhender complètement la Cause qu’il va « embrasser» et se dédier sincèrement et spontanément à cette Cause, qui doit être basée sur les principes doctrinaux de l'institution. Son analyse doit être faite de manière détachée, tel un libre-penseur, en réfléchissant sans qu’intervienne un quelconque sentiment religieux ; sans quoi, cela peut s’avérer difficile.

Choisissant l'institution et, si celle-ci est soutenue par les esprits supérieurs, la personne pourra alors accélérer son évolution médiumnique en deux phases, de la manière indiquée précédemment dans ce chapitre, en adoptant la rigoureuse discipline qui lui est recommandée.

Outre de promouvoir l'évolution de ses qualités médiumniques, le médium doit parallèlement adopter la discipline recommandée, comme indiquée dans une autre partie de ce chapitre et apporter une grande attention à l’épuration de ses mauvais sentiments. L’un de ces sentiments qui doit mériter toute l'attention du médium est le ressentiment qui normalement, est accompagné de susceptibilité. Souvent, ces défauts de la personnalité et du tempérament proviennent de longues incarnations passées et sont révélés et mis en évidence volontairement par les intuitions des esprits supérieurs afin que le médium s'efforce de les éliminer. Voyons ce que nous dit la référence (3) sur le ressentiment : « Le ressentiment est un défaut de l'esprit qui doit être bravé courageusement et avec naturel, pour parvenir à son élimination ».

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     Un autre aspect qui peut sembler décourageant aux médiums est la routine des travaux médiumniques. D’après l’expérience de certains médiums, la routine peut paraître monotone. Mais, si monotonie il y a, le médium doit en chercher la cause, la raison et il trouvera certainement la solution à ce sentiment d’indolence et d’habitudes routinières qui l’entraîne à stagner dans son évolution. « Au fur et à mesure que le médium évoluera, il rencontrera de nouvelles sensations dans l'activité spirituelle, à travers laquelle les horizons s’ouvriront en lui offrant de nouvelles perspectives plus amples et plus intéressantes» (3).  

Il est nécessaire que le médium ne se laisse pas influencer par les manifestations qu’il reçoit, et même qu’il n’essaye pas de les juger, ni de les interpréter. Il faut toujours avoir en mémoire la loi de cause à effet, le hasard n'existe pas et toute chose a sa raison d'être, sa justification. Souvent, une manifestation apparemment sans aucun sens ou sans explication peut renfermer des leçons occultes susceptibles de concerner des personnes présentes qui ont émis des questions en pensée.

Les médiums se doivent de s’imprégner de la responsabilité de leurs travaux et d’agir avec dévouement et résignation, en ressentant l’éminence de leurs objectifs et l'utilité de leurs travaux, puis confortés dans cette réalité, en cherchant à fuir le plus possible les tentations matérielles trompeuses qui contrastent avec les charges spécifiques de la médiumnité bien intentionnées et appliquées exclusivement pour le bien.

 

10.      Travaux médiumniques

 

Nous avons vu dans ce chapitre, que les esprits de l'astral inférieur sont de différents niveaux d'évolution, mais tous sont dans un lieu apocryphe par pure perturbation, n'ayant pas retrouvé leur monde astral d'origine après désincarnation. Tous, sans exception, sont transgresseurs et obsédants, donc ils désobéissent aux lois naturelles qui régissent les mondes spirituels.

Ainsi, certains sont plus ou moins perturbés. Il y a les agressifs, les esprits fourbes, les perturbateurs, les obstinés, les mielleux (usant de mots doux) et les mystificateurs, mais le médium éclairé peut les détecter et donc, se doit de contrôler leurs manifestations ou les messages qu’ils formulent en maintenant l'éthique et la morale des travaux. Il doit ainsi éviter de prononcer des paroles inconvenantes, malgré l’incitation qu’il subit de ces esprits par intuition, son devoir consiste à maintenir le respect nécessaire au bon déroulement des travaux. Il suffit pour cela que le médium soit lucide et attentif à leurs manifestations possibles, car ces esprits ont pour habitude de se présenter avec le désir d’exhorter et de chercher à extérioriser un verbiage de faux sentiments, connaissant les rengaines courantes du mysticisme religieux.   

L’une des grandes craintes des médiums inexpérimentés est l’incertitude qui peut les assaillir pendant les travaux, doutant parfois de l’origine du message, s’il s’agit de la captation de la pensée d’un esprit ou de leur propre pensée Selon (3) : « Ce doute, néanmoins, ne doit pas prévaloir tenant compte du fait que le médium possède une extrême sensibilité et la transmission est faite de manière très subtile ». Si le médium suit la discipline en se maintenant calme, se livrant docilement à l’exécution de son travail, avec confiance en lui, « [...] il se doit de vaincre cet insidieux doute dans l'intérêt de son évolution » (3).  

Le développement de la capacité médiumnique, comme nous l'avons déjà dit, se fait par la pratique continue dans les institutions sérieuses, à travers des courants spécialement préparés à cette fin par les esprits supérieurs, comme c’est le cas par exemple, dans le Rationalisme Chrétien. Dans cette Doctrine, les médiums savent très bien qu’ils doivent suivre la discipline scrupuleusement, qu’il n’est permis à aucun médium de se concentrer et recevoir les esprits hors des courants fluidiques, pour leur propre sécurité et pour le maintien de la crédibilité de l'institution. Les enseignements spiritualistes de cette Doctrine montrent avec toute la rigueur nécessaire, (3) « [...] les dangers auxquels sont exposés ceux qui ne sauront pas se soustraire aux influences de l'astral inférieur ». C'est donc pour cette raison que le médium doit s'abstenir de l'utilisation de sa faculté hors du milieu ambiant de l'institution où il exerce ses activités psychiques.

Les médiums constituent les pièces-maîtresses durant la réalisation des travaux psychiques. Ce sont eux qui, à travers la manifestation des esprits, offrent les thèmes les plus opportuns pour les exposés de la présidence des travaux, permettant aux assistants d'entendre de manière propice ce dont ils ont le plus besoin pour leur orientation spirituelle et offrant ainsi, cette opportunité à ceux-là même qui méditent et cogitent sur la situation morale dans laquelle se trouvent les esprits manifestants. Les médiums les plus évolués, outre les messages courants d'esprits de l'astral inférieur, transmettent aussi les endoctrinements des esprits supérieurs.

Quant à leur propre état psychique, les médiums doivent se maintenir calmes et confiants dans les bons résultats de leurs travaux ; ils doivent éviter de penser durant les travaux aux sujets se rapportant à leur vie matérielle, ignorer les problèmes particuliers, chercher à focaliser leurs pensées exclusivement sur les exposés et sur le sens des mots des irradiations, ainsi que sur le résultat de leur propre travail et sur le contrôle des agissements des esprits.

Il est important de souligner que le médium est toujours aux commandes de son libre arbitre  et c’est lui qui, discipliné, permet ou non la manifestation de l'esprit. Pour cela, il se prépare en s’installant en position de relâchement des tissus musculaires, facilitant ainsi la manifestation de l'esprit opérant. À cette occasion les deux esprits – celui du médium et celui agissant - restent côte à côte. « Comme le cerveau fonctionne tel un récepteur de radio, l'esprit opérant pense à ce qu’il voudrait dire et les vibrations de ses pensées, captées par le cerveau du médium, se transforment en mots qui sont formulés et entendus de tous» (3).

 Il est important de mentionner que le médium peut collaborer à cette transmission. Pour cela il renforce les vibrations de l'esprit opérant avec les siennes et intervient pour améliorer la clarté du message perçu, en changeant les mots par d’autres plus appropriés. Selon la référence (3) : « Plus le médium est instruit, bénéficiant de connaissances élevées, plus limpides et expressives seront les transmissions, facilitées par son instruction ».

Une autre influence importante encore dans les transmissions médiumniques est la dévotion et le dévouement des médiums qui sans fanatisme, demeurent fidèles à la Cause et utilisent les principes spiritualistes dans leur vie quotidienne avec zèle et satisfaction. Ceux-ci font leur évolution plus rapidement car ils rendent les meilleurs services possibles sans crainte car se sachant dans un environnement dont les agissements sont sécurisés.

Pour qu'il n'y ait pas d’influence négative, il faut éviter l’hésitation ou la timidité, tout comme l’arrogance, sauf quand ce sentiment est nécessaire comme lors de la transmission d’une manifestation d’un esprit de l’astral inférieur.

Les médiums n’ont rien à craindre car ils sont toujours protégés des influences négatives dans les enceintes des sessions. En médiumnité, comme dans la vie en général, l'union fait la force. Il est nécessaire de maintenir les pensées positives tout le temps et de donner à chaque fois le meilleur de soi sans appréhension ni retenue. Enfin, les médiums doivent procéder toujours avec assurance et la tranquille satisfaction du devoir accompli.  

Les médiums ne doivent jamais parler, encore moins avec un collègue médium. Ils doivent garder le silence et la concentration nécessaire durant la préparation mentale et tout au long des travaux. Ils doivent apprendre à toujours compter sur l'estime de tous, entretenant les sentiments d'amour et d'amitié envers tous. Ne pas perdre de vue que les vibrations harmoniques d’entendement et compréhension agissent salutairement dans la formation d'un climat propice à l'attraction des esprits supérieurs.

 

11.      Mystifications

 

La faculté de la raison a pour obligation de permettre le discernement du vrai et du faux. C’est par la pensée que nous pouvons distinguer la vérité de la fausseté et faire le choix qui convient, en utilisant le libre-arbitre. Être rationnel c’est être raisonnable, c’est être attentif pour ne pas être abusé.

Il existe un dicton qui dit que l'argent est un mal nécessaire. Je dirais qu'il est indispensable pour que chaque personne puisse vivre sa vie matérielle avec dignité et décence. Mais nous savons qu'il peut aussi être falsifiable, ce qui ne constitue pas une raison pour sa perte d’importance et d’utilité. Ainsi, nous pourrions citer de nombreuses choses et situations qui peuvent être sujettes aux fraudes, aux falsifications et aux mystifications, sans néanmoins qu’elles perdent leur importance et leur utilité. Par exemple, si un avocat se met hors-la-loi en devenant un criminel, nous ne devons pas exécrer tous les avocats. Tout cela pour dire que la médiumnité est sujette aux mystifications de la part de certains médiums, mais cela n’invalide aucunement tous les médiums. Ce qui est condamnable ce n'est pas le don de médiumnité, mais son utilisation incorrecte.

Tous ceux qui étudient la médiumnité et ses effets savent très bien que beaucoup de médiums mal formés dérogent aux règles de conduite bien établies. D’où l'importance que nous devons accorder à de telles règles de conduite, comme nous l’avons exposé dans ce même chapitre. Les médiums transgresseurs des normes des institutions spiritistes et spiritualistes inquiètent beaucoup les dirigeants de ces organisations et sont souvent rappelés à l’ordre afin d’améliorer leurs actions dans leur propre intérêt et pour leur sécurité.

Souvent la mystification n'est pas perçue par le médium lui-même au moment de la transmission médiumnique et la duperie survient, mais elle peut être perçue par d’autres, dirigeants ou non de l'institution. Il revient aux dirigeants, à l'occasion opportune, d’attirer l’attention du médium sur sa faute sans que rejaillisse sur celui-ci toute susceptibilité ou réaction contraire. Quand il s'agit de mystification volontaire, cette action est plus grave encore et mérite les avertissements et, si récidive, la radiation du médium puisque celui-ci en s’engageant avait fait serment de loyauté et de sincérité. L’obstruction à la mystification doit être la préoccupation constante tant du médium que des dirigeants de l'organisation.

Il y a beaucoup d'indications caractéristiques et révélatrices de la mystification médiumnique, elles s’insèrent toutes dans le non-respect des normes et règles ou dans la faiblesse du médium qui s’éloigne de la discipline à laquelle il est soumis. Parmi ces indications, nous en relevons quelques-unes (3) :

 

  • L’utilisation d’autres intentions de la part du médium pour donner expansion à son « moi », sans être sous l’influence en effet effective d’un esprit (falsification intentionnelle) ;
  • L’altération du pouvoir de volonté et de la pensée, le médium se livrant à des pratiques médiumniques hors de son institution ;
  • L'extension inutile du message, faite de manière incohérente, confuse, peu claire à la compréhension ;
  • L'introduction de « quelque chose » en plus sans aucun rapport avec le contenu spirituel du message, causant une interprétation erronée de la part des auditeurs, voire le discrédit du médium et de l'institution dans son ensemble ;
  • Le travestissement grossier de toute communication, et le non « filtrage » des mots iconoclastes non conformes à la nature de l'environnement ;
  • La déformation du message ou l'endoctrinement de l’esprit supérieur par pur préjugé enraciné dans le mental du médium ;
  • la soumission irascible du médium aux doutes et à la jalousie qui lui sont insufflés par des esprits désincarnés ou par quelqu'un dans l'assistance.

 

Il est très important de maintenir les pensées élevées et la concentration durant les travaux spirituels, puisque le manque de concentration occasionne des oscillations dans le champ énergétique, éloignant la présence d'esprits supérieurs, la loi d’attraction étant alors transgressée. Les mystifications dans ce cas peuvent survenir entraînant le discrédit des messages et des endoctrinements reçus car étant sujets à la mystification.

Tout médium bien formé et spiritualiste sait très bien que son perfectionnement médiumnique est cause de persécution tenace de la part des esprits attardés et pervers de l'astral inférieur, avec pour objectif de lui causer toutes sortes de maux, raison de plus pour ne pas se leurrer et maintenir toujours les pensées élevées pour éviter assujettissement ou obsession. Ces esprits utilisent des subterfuges habiles pour mener les médiums à la mystification, guettant toute occasion et toute inattention de la part des médiums qui seraient liées à une discipline inadéquate de ses pensées, de ses postures et ses attitudes.  

Il est toujours important de souligner le grand intérêt qu’il y a à maintenir la concentration nécessaire des pensées, en redoublant de vigilance lors de la communication d'un esprit supérieur, pour éviter la cassure ou l’affaiblissement des chaînes fluidiques (du champ énergétique spirituel formé autour du médium et dans l'enceinte). Si cette cassure se produit, un esprit de l'astral inférieur éventuellement présent peut s'approcher du médium et chercher à s’immiscer et agir comme s’il s’agissait d’un esprit supérieur. Cette supercherie peut être inaperçue par le médium, en vertu de la permanence de fluides astraux supérieurs résiduels près du médium et dans l'enceinte. Ce sont ces effluves résiduels qui persistent, comme le parfum d'une personne très parfumée qui, en s’éloignant d'une salle laisse derrière elle encore une partie de l’arôme de son parfum.

Finalement, bien qu'une mystification de ce type ne soit pas facilement décelable par le médium au moment où il transmet un message ou une communication supérieure, si le médium a mystifié, à la fin de cette transmission, il pourra se sentir abattu et présenter une certaine irascibilité, le fluide astral de l'esprit inférieur ayant prédominé.

 

12.      Conclusion

 

D’après ce qui a été exposé, il faut insister sur la nécessité du médium de se connaître en tant qu’être composé de Force et de Matière, n’ayant aucun doute sur la vie hors de la matière. Rien ne peut se faire sans être passé auparavant par la pensée, celle-ci émettant des vibrations qui sont captées par les esprits désincarnés inférieurs et supérieurs, ainsi que par tout être incarné. Il a été aussi avéré dans ce chapitre l’évidence de la loi des affinités spirituelles. Dans ce contexte, la  réalité de la médiumnité s'insère autant dans le bien que dans le mal et l’importance de ses effets sur l'humanité en général démontre le rôle évident des médiums.  

Après avoir décrit les divers types de médiumnité, nous avons traité des questions telles que la connaissance que les médiums doivent avoir, leur discipline, leurs méthodes de travail, leurs responsabilités, les qualités requises et l’évolution médiumnique. Une attention spéciale a été portée aussi sur le mal de l'ignorance spirituelle et sur les grands bouleversements auxquels l'humanité est sujette, faute de sa méconnaissance en tant que Force et Matière.

 

 

Références de ce chapitre :

 

1) MATTOS, Luiz de. Racionalismo Cristão. 43.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor, 2004.

 2) MATTOS, Luiz de. A vida fora da matéria. 21.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor.  1996.

 3) MATTOS, Luiz de. Cientistas sem Ciência, Formas e cores do pensamento. 2.ed. Centro Redentor, 1939, p. 380/385. Disponible sur : http://www.racionalismo-cristao.org.br/gazeta/diversos/corespens.html. Accessible le 20/02/06.

 

 

 

 

 

CHAPITRE XIII

 

L’INTUITION : NOTRE BOUSSOLE

 

Chacun d’entre nous, à un moment donné de notre vie, avons déjà expérimenté l’intuition. Elle peut se manifester sous forme de voix interne, d’un acte instinctif, d’un élan de créativité ou de flashes d’images qui se présentent à l’esprit comme s’il s’agissait d’un écran de télévision. L’intuition indique ce qu’il faut faire, sans qu’on ait besoin d’utiliser la raison. C’est la partie illogique de l’existence. Dans le passé le plus lointain de l’histoire de l’humanité, l’homme se basait essentiellement sur son instinct pour survivre et communiquer avec le monde. L’instinct est une forme primaire de l’intuition. A partir d’un certain moment, nous avons privilégié l’utilisation de l’intellect.  Nous avons effectué ce changement de manière arbitraire. A mon avis, la prochaine étape de l’évolution humaine sera d’accorder plus d’importance à l’intuition.

Sharon Franquemont - psychologue américaine - Rev. Voir Nº. 21 - 35 - 17/02/02. (4) « A la frontière entre la pensée et la sensation surviennent des choses dont l’ego conscient n’a aucune idée ».

Thomas Goschke, de l’Université Technique de Dresde, Allemagne - Rev. Vivre Esprit & Cerveau p. 40, année XIV, nº 156, Jan. 2006.

 

 

        Comme nous l’avons vu dans le chapitre 12 sur la médiumnité, l’intuition est la plus commune de toutes les formes de médiumnité et toutes les personnes la possèdent, à un degré plus ou moins grand. Dans ce chapitre, nous allons l’aborder d’une manière plus ample et plus profonde, vu son importance dans les processus qui résultent de la créativité humaine. Le traitement formel de l’intuition, sous l’angle spirituel, nous l’avons abordé dans le chapitre sur la médiumnité.  

        Tout d’abord, nous allons examiner la signification étymologique du mot « intuition » donnée dans le(1) Nouvel « Aurélio - Dictionnaire de la langue portugaise, de 2001 » : « 1. Acte de voir,  percevoir, discerner, perception claire et immédiate, discernement instantané, vision. 2. Acte ou capacité de pressentir ; pressentiment. 3. Connaissance immédiate d’un objet ou plénitude de sa réalité qu’il soit d’ordre matériel ou spirituel. 4. Appréhension directe, immédiate et simultanée d’un objet, dans sa réalité individuelle. 5. La faculté intuitive ». Ainsi, l’intuition se produit quand il y a une compréhension soudaine de quelque chose, une connaissance obtenue directement, sans l’aide de la raison, souvent après avoir eu recours à cette dernière de manière persistante et continue pour la résolution d’un problème quelconque. Plus grande sera notre capacité à appréhender un problème par une approche différente de celle habituelle de percevoir les choses, plus réceptifs nous serons à l’intuition. En Psychologie le mot insight (étincelle ou flash) est souvent utilisé comme synonyme d’intuition, mais il y a une différence marquante : l’intuition est la capacité de prévoir des possibilités, tandis que l’insight est la manière selon laquelle l’intuition est révélée.  

        Habitué à proposer et résoudre les problèmes mentaux, le grand Einstein a toujours été très intuitif. Il recevait de fréquentes intuitions sous forme de vrais insights, liées à sa pensée logique. Il appliquait les flashs qu’il recevait conjointement aux connaissances de la physique, pour résoudre les problèmes qui, autrement auraient nécessité l’utilisation d’expériences en laboratoire. Ainsi, tel un libre-penseur, il avait la capacité de discerner les problèmes physiques de manière différente de celle habituelle. En vérité, une totale liberté se produisait qui lui permettait de lâcher certains principes et préceptes tenus pour irréfutables. Dit d’une autre manière, Einstein avait le don de restructurer les problèmes différemment afin de chercher et apporter la solution adéquate à chacun, ce qui lui procurait une satisfaction intime très grande, outre le renforcement de la confiance en soi.

1. Approche psychologique

 

        Le concept de restructuration des idées dans le but de résoudre des problèmes a débuté avec Max Wertheimer, à partir de la seconde décennie du XXe siècle, en compagnie de Wolfgang Köhler, Karl Duncker et Kurt Koffka. Ces psychologues ont appliqué le concept de la restructuration à l’étude des idées qui se produisaient fréquemment dans la production intellectuelle des grands génies pour la réalisation de leurs inventions et découvertes révolutionnaires. Leurs conclusions n’avaient rien d’exceptionnel, car ils savaient qu’il s’agissait en vérité d’un processus fondamental de la pensée et actuellement il est reconnu par la science cognitive que toute personne peut avoir et a des perceptions soudaines et originales. Ces perceptions ou insights sont les instigateurs finaux de la réorientation des pièces d’un certain casse-tête, menant à la structuration des pensées ou « configuration » correcte pour la solution du problème en question. En appliquant ces idées, ces philosophes ont créé la psychologie de la forme - une école de psychologie qui a tenu une place prééminente jusqu’à la décennie 1980. 

        Mais, déjà à partir de la décennie 1950, beaucoup de psychologues ont détourné leur attention vers d’autres phénomènes qui ne peuvent être négligés, connus comme étant les processus cognitifs. Ces processus ont cédé la place à la psychologie cognitive, déjà dans la décennie 1980. Comme on le sait, les processus cognitifs, comme dans un ordinateur, opèrent pas à pas et non par sauts et de manière imprévisible, comme c’est le cas lorsqu’une soudaine découverte est expérimentée. Ainsi, à partir des années 1980, la psychologie cognitive a connu un grand essor et a repris la recherche des insights. Les écrits sur les travaux produits depuis lors, concernant les insights, sont immenses, mais les avancées n’ont pas encore démontré comment opère l’intuition. Selon la référence (2) :

 

Tous nous savons, d’après notre propre expérience, que parfois, la solution à un problème nous vient à l’esprit de manière absolument instinctive. Subitement, le nœud se défait et l’étiquette tombe, apparaît une lumière et la solution semble tellement évidente que nous sommes étonnés de n’y être pas parvenu avant. Mais en étudiant ce phénomène, les chercheurs ont tout de suite rencontré une difficulté méthodologique : comment produire de telles étincelles de manière systématique, afin de les transformer en expériences psychologiques ?

 

        Les investigateurs de l’intuition ont compris dès les premiers instants que, préalablement au processus intuitif, interviennent dans le processus cognitif des phénomènes liés à la mémoire, à l’intelligence et à la conscience, qui, pris dans leur ensemble, participent au processus cognitif lui-même. Beaucoup de tests ont été créés et essayés pour prouver l’existence de l’intuition et son importance dans la résolution de nombreux problèmes après une soudaine étincelle. Ceci est le signe indicatif que nous avons obtenu la solution du problème non à travers une pensée logique mais à travers l’intuition, montrant qu’il y a eu une réorganisation des données de notre connaissance préexistante. Quand on s’y attend le moins, la perception des éléments composant le problème s’organise d’une autre manière et, « Euréka ! » la solution apparaît. Nous disons alors qu’il y a eu une réorganisation survenue à temps.      

        Quand surgit l’intuition sous forme d’une solution à un problème déterminé qui, durant longtemps, « martelait » nos pensées, nous éprouvons à cet instant un moment d’intense joie, dû à la surprise qui nous envahit – c’est la sensation d’avoir découvert quelque chose qui avant semblait tellement nébuleux. C’est une expérience émotionnelle et pourtant subjective et difficile à décrire.

        Il est vérifiable donc que la solution à beaucoup de problèmes à travers l’intuition n’a rien à voir avec la résolution pas à pas de la logique et des ordinateurs. Dans l’intuition, le savoir surgit de façon abrupte et involontaire, parce que les étincelles ou insights sont d’une autre nature.

2.  Approche psychologique de Carl G. Jung

 

            Carl G. Jung (1875-1961), célèbre psychanalyste qui a collaboré avec Freud jusqu’en 1912 et dont il se sépara par la suite, a toujours été intéressé par l’étude des différentes formes d’expression de la vie, ainsi que par l’intuition. Avec Jung, l’intuition prend de la hauteur et se détache, puisque c’est lui qui l’a considérée comme l’une des activités du psychisme qui fonde l’être humain. Il a toujours considéré communément la pensée, le sentiment, la sensation et l’intuition comme des qualités capables de caractériser les créatures par la prédominance et l’interaction de chacune de leurs fonctions. Il a affirmé que nous pourrons comprendre la psyché humaine uniquement à travers les facultés prépondérantes de l’intuition et du sentiment.   

        Il est nécessaire de considérer que ce fut Jung à travers son œuvre « Types psychologiques », qui a instauré l’intuition ainsi que la pensée, le sentiment et la sensation, au rang des composants indispensables à la formation de la personnalité de l’homme. Il a renforcé cela encore en disant que l’intuition est une composante née et élaborée au plan de l’inconscient. Malgré les changements et les progrès de la Psychologie, Jung est encore aujourd’hui respecté et vénéré.  

        Jung a mis en évidence aussi le rôle de l’intuition et de la sensation conjointement, comme des moyens d’appréhender des informations et non de prendre des décisions. La différence est que la sensation dérive des sens physiques, la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût qui nous fournissent l’expérience directe de la perception des détails, c’est-à-dire, des faits concrets, tandis que l’intuition consiste à traiter des informations en rapport avec notre expérience passée, nos objectifs futurs et processus inconscients.  

        Jung a élaboré aussi le concept selon lequel la combinaison des quatre fonctions résulte d’une approche équilibrée du monde, où  la sensation nous assure que quelque chose est là (monde objectif). La seconde fonction est que la pensée nous assure que nous pouvons contrôler cette chose par nos actions. La troisième est que le sentiment nous informe du fait que cette chose est ou non appropriée, si nous voulons l’accepter ou non. Finalement, la quatrième fonction est que l’intuition nous indique d’où vient cette chose et vers où elle se dirige.

        Il a introduit aussi le concept de fonction dominante et de fonction auxiliaire, puisque personne ne développe de la même manière les quatre fonctions et que chaque personne a une fonction dominante et une fonction plus auxiliaire, partiellement développée. Les deux autres fonctions sont en général inconscientes et l’efficacité de leurs actions est moindre. Selon (3) « Plus les fonctions dominantes et auxiliaires sont développées et lucides, plus profondément inconscients seront celles opposées. Jung a appelé la fonction moins développée de chaque personne fonction inférieure. Cette fonction est la moins consciente et la plus primitive et indistincte».    

        Un aspect souligné par Jung est que les personnes très intuitives considèrent les implications de l’expérience comme beaucoup plus importantes que l’expérience réelle proprement dite. Cela parce que les intuitifs reçoivent et décodent toutes les informations reçues beaucoup plus rapidement que la raison (pensée) et qu’ils relient de manière automatique l’expérience passée avec les informations relevant de l’expérience immédiate.  

        Ce n’est pas pour rien que les propagandistes du marketing accordent de l’importance à la fonction dominante, ignorant la fonction inférieure concernant le public qu’ils souhaitent influencer ou atteindre. Mais la langue et les différents idiomes propres à chacun ont leurs effets dans l’élaboration des messages destinés aux médias. Néanmoins, afin d’atteindre un public plus important, il est bien probable qu’une décision soit prise afin de considérer les quatre fonctions en rapport avec l’observation (sensation-intuition) et avec la prise de décision (pensée-sentiment).  

Les organisations socio-économiques qui opèrent dans notre société moderne ont beaucoup profité des enseignements de Jung, basés sur deux types d’intuition : celle dénommée intuition-pensée qui souligne les problèmes et les concepts généraux et l’intuition-sentiment plus flexible et globalisante. Dans la première, l’approche principale tend vers la découverte, l’invention et la production, pour de nouvelles technologies et donc doit avoir un haut degré de flexibilité. Dans la seconde sont soulignés les objectifs et les réalisations personnelles propres aux organisations qui existent avec pour but le service à la personne tel que les hôtels, les hôpitaux, les ONGS, etc.

3.  Approche psychologique moderne

           

Rappelons les paroles de la psychologue américaine Sharon Franquemont (4) :

 

Chacun d’entre nous, à un moment donné de notre vie, avons déjà expérimenté l’intuition. Elle peut se manifester sous forme de voix interne, d’un acte instinctif, d’un élan de créativité ou de flashes d’images qui se présentent à l’esprit comme s’il s’agissait d’un écran de télévision. L’intuition indique ce qu’il faut faire, sans qu’on ait besoin d’utiliser la raison. C’est la partie illogique de l’existence. Dans le passé le plus lointain de l’histoire de l’humanité, l’homme se basait essentiellement sur son instinct pour survivre et communiquer avec le monde. L’instinct est une forme primaire de l’intuition. A partir d’un certain moment, nous avons privilégié l’utilisation de l’intellect.  Nous avons effectué ce changement de manière arbitraire. A mon avis, la prochaine étape de l’évolution humaine sera d’accorder plus d’importance à l’intuition. 

 

        Que se passe-t-il dans le monde moderne ? Nous vivons une époque d’informations massives sans précédent dans l’histoire humaine et cela dans tous les secteurs d’activités, sans exception. Notre mental, par conséquent, est tout le temps surchargé et notre cerveau n’en est pas conscient. Après avoir traversé une période déjà suffisamment longue de l’évolution laissant derrière nous l’instinct humain, celui-ci s’est pratiquement dissipé tout au long de ce processus. En d’autres termes : notre intellect (mental et cerveau) s’est retrouvé surchargé.  

            D’où la prévision que l’intuition occupera une place de plus en plus grande dans la vie des gens, puisqu’il ne suffit pas seulement de l’intellect pour comprendre beaucoup de choses qui exigent notre attention. L’intuition est fondamentale car elle est directement liée à l’intelligence émotionnelle et à la créativité. Dans ce domaine, le Brésilien est avantagé, car c’est un peuple très intuitif et donc créatif.

            Scientifiques et artistes sont les catégories professionnelles qui savent le mieux utiliser l’intuition. Ces professionnels sont des créatifs par excellence et sont les transformateurs de nos tendances, avec des implications très importantes dans les mœurs de la société. Ils transforment le monde où nous vivons. Pour cela même, l’intuition créative ou créatrice est plus acceptée aujourd’hui qu’il y a quelques décennies. Plusieurs découvertes scientifiques ont surgi d’un rêve, d’une idée, d’un insight ou flash de créativité. Il est évident que le travail dur et lourd du quotidien est indispensable.   

Une autre tendance qui est observable réside dans le secteur médical où les professionnels portent un nouveau regard sur leurs patients dans une optique plus émotionnelle, plus humaine, comme par le passé très proche. Il vaut mieux comprendre ce qui se passe chez les patients ou les malades, de même en ce qui concerne les maladies psychiques et psychosomatiques. Il ne suffit pas de se fier uniquement aux diagnostics instrumentaux. Outre l’approche personnelle et émotionnelle, il y a la nécessité d’utiliser l’intuition afin d’avoir une relation plus directe et plus étroite avec les patients.

        La psychologue Sharon Franquemont (4) ne pense pas que l’intuition soit un don et affirme que nous sommes tous intuitifs, certains plus que d’autres. Mais elle reconnaît que certaines personnes sont nées avec une aptitude pour certains domaines et que cette tendance oriente la personne professionnellement. De ce fait, ces personnes savent explorer au mieux leurs talents qui n’ont rien à voir avec un don spécial. Les personnes qui apportent de l’enthousiasme à ce qu’elles font sont en général très intuitives. Albert Einstein, le physicien allemand créateur de la théorie de la relativité, a été le plus célèbre intuitif de l’histoire. Il disait souvent qu’avant même d’examiner et de poser les problèmes, il percevait déjà les solutions, c’est-à-dire que les idées germaient dans son esprit. Pourquoi cela arrivait-il ? Parce que, entre autres facteurs, Einstein aimait l’espace comme personne et avait pour habitude de s’imaginer dans l’espace voguant accroché à un rayon de lumière. Enfin, Einstein exerçait l’intuition de manière utile à l’humanité.  

        Il est reconnu que les femmes sont plus intuitives que les hommes, ceci parce que les femmes ont toujours eu plus d’aisance à l’exercer, grâce à l’utilisation plus importante de leur intelligence émotionnelle. En revanche, les hommes, se sentent plus à l’aise avec l’intuition créative qui est reliée à l’intelligence rationnelle. La sollicitude, l’amour avec lequel chacun se consacre à son activité influent beaucoup.  

        Malheureusement, même la logique n’est pas enseignée dans notre système scolaire. Que dire alors de l’intuition ! C’est la raison pour laquelle elle est un attribut peu connu et presque inaperçu ou non utilisé. Notre éducation ne nous octroie pas les éléments permettant de nous libérer des attaches qui nous empêchent d’être intuitifs. C’est à cause du désintéressement pour les choses surprenantes qui nous arrivent que l’intuition passe inaperçue. Dans certains cas, comme ce fut le cas d’un ami à moi qui, ayant aperçu l’une de ses amies qu’il n’avait pas vue depuis très longtemps, pour ne pas l’avoir abordée par intuition a perdu ainsi l’opportunité de la revoir. Lorsqu’il songea à la conséquence, il était trop tard, celle-ci avait disparu. Il s’agissait là d’une intuition perdue.

        De nombreuses personnes ressentent des intuitions significatives mais qu’elles considèrent comme étant un acte mystique et certaines la considèrent comme un acte divin comme ce fut le cas de Giácomo Puccini lorsqu’il créa son merveilleux opéra Madame Butterfly. Mais il n’y a rien de mystique ni de divin dans l’intuition, c’est une simple qualité psychique de l’être.

        Nous avons déjà abordé le rôle qu’occupent les hémisphères cérébraux, l’hémisphère gauche captant le rationnel et le droit l’émotionnel. Dès que le côté droit capte un message, le côté gauche le rationalise. Dès lors, le cerveau libère des neurotransmetteurs qui se dirigent vers les extrémités nerveuses des vaisseaux sanguins, cœur et poumons, processus bien décrit par Daniel Goleman, enseignant à Harvard et auteur du livre « Intelligence émotionnelle » (6)

        Un doute commun persiste parmi certaines personnes qui souhaitent connaître la différence entre intuition et pressentiment. C’est une tâche qui doit être entreprise par la personne elle-même. Il est nécessaire d’essayer de l’appréhender en situation hors de tout risque ou danger. Tant qu’il est impossible d’identifier et de différencier une bonne intuition d’une mauvaise, il faut être très prudent en faisant des choix. C’est en expérimentant et en se trompant que les gens apprennent à distinguer les intuitions et à les utiliser à bon escient.  

        Lorsque l’intuition devient plus perceptible et que les personnes apprennent à la valoriser, il ne faut pas perdre le bon sens et penser que tout est fruit d’intuitions. La pensée rationnelle et le raisonnement auront toujours la prérogative dans le mental des gens. Les personnes doivent savoir comment et quand établir les limites, pour ne pas être obnubilées. Le cas échéant, il serait temps de chercher de l’aide.

        Il n’existe pas d’études scientifiques capables d’identifier une personne possédant des caractéristiques intuitives, mais il est possible d’identifier quelques signes communs parmi les personnes les plus intuitives. Par exemple, l’intuitif est doté d’une vision panoramique plus pointue, trouvant ce qu’il cherche plus facilement là où d’autres auront plus de mal. Mais si on lui demande comment est-il arrivé à la solution trouvée il ne sait pas l’expliquer. Lors de tests de mémorisation il présente une facilité plus importante. Sa capacité d’observation est très élevée et il sait interpréter avec une plus grande exactitude les images intuitives qu’il reçoit.  

 

4.  Approche philosophique

 

        Nous avons vu que l’intuition fonctionne de concert avec la pensée et le sentiment et que ceux qui ont une intuition aiguisée sont des personnes très imaginatives et créatives. C’est pourquoi, une décision basée sur l’intuition peut sembler magique, mais ce n’est pas le cas. Nous avons vu aussi, que les personnes peuvent activer l’intuition en utilisant la connaissance préalable et en ayant des objectifs évidents, pour discerner les informations objectives et subjectives et avoir la capacité de faire des associations, connexions et analogies.

            Dans la Grèce antique, philosophiquement, prédominait le principe basique inscrit à l’entrée du temple de Delphes dédié à Apollon qui fut le dieu le plus vénéré après Zeus, le Père des cieux : « Connais-toi toi-même ». En réalité, après cette phrase, il y en a une autre : « Et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ». Donc, l’adage complet était : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ». Personne n’a plus pratiqué cet enseignement que le philosophe Socrate (469 - 399 Av. J.C.) envers son peuple et ses disciples. L’introspection est une manière d’amplifier la spiritualité et l’intuition. Certaines religions traditionnelles comme l’Islamisme ont adopté ce principe écrit sous une autre forme : « celui qui se connaît, connaît le Seigneur» ; et le Bouddhisme : « Regarde à l’intérieur de toi, tu es un Bouddha ». L’oracle de Delphes était une mise en garde aux visiteurs qui consultaient la Pythie (nom donné aux médiums, en général des femmes de l’époque) : celui qui désirait connaître les conceptions des Dieux devait commencer par se connaître lui-même. Que de sagesse dans une simple phrase !  

        La Grèce possédait plusieurs oracles, mais l’oracle de Delphes a maintenu sa visée et son importance depuis le VIIe siècle av. JC jusqu’aux temps hellénistiques. Dans les oracles, les Pythies (médiums d’aujourd’hui) entraient en transe et recevaient les messages des Dieux. Ces messages (intuitions médiumniques) étaient interprétés par les prêtres qui les transmettaient au peuple sous forme de vers.  

        Toujours en Grèce, nous trouvons ensuite, Platon (427 - 347 av. J.C.) qui fut disciple de Socrate. Platon était fils d’une riche famille d’hommes politiques, mais il n’était pas attiré par la politique mais par la philosophie. Il a dissocié quatre formes ou niveaux de connaissance, allant du niveau inférieur au supérieur : croyance, opinion, raisonnement et intuition intellectuelle. Il n’admettait pas que les deux premiers niveaux fassent partie de la Philosophie. Pour lui, ceux-ci étaient des connaissances illusoires, celles des apparences, comme celles des prisonniers de la caverne. Ainsi restaient les deux derniers, et seuls ceux-ci devaient être considérés comme acceptables dans le contexte Philosophique. Il conclut que (4) « le raisonnement entraîne et exerce notre pensée, la préparant à une purification intellectuelle qui lui permettra d’atteindre une intuition des idées, celle des principes qui forment la réalité qui constitue l’Être ».

        Platon rapporte, dans ses œuvres que le présocratique Anaxagore avait pressenti la nécessité d’introduire une Intelligence Universelle dans ses études pour arriver à expliquer la raison des choses. Malheureusement, il n’a pas pu mener à bien son intuition. Bien qu’attribuant une importance prépondérante aux causes physiques, il continua à affirmer que la vérité directe et évidente était celle que la personne recevait d’un plan transcendant, sans aucune entremise du monde matériel.

        S’ensuit l’ère médiévale des obscurantismes où la théologie croissait comme de la mauvaise herbe, s’imposant à une population illettrée et ignorante des choses sérieuses de la vie. Le dogme et le mysticisme religieux se sont imposés et ont régné. Mais néanmoins persistait l’idée selon laquelle le contact direct avec le sacré promouvait l’extase religieuse, la sensation d’illumination et de plénitude, une espèce d’expérience de nature purement intuitive.  

        Environ mille neuf cents ans après Platon, au XVIIe siècle, nous avons René Descartes (1596 - 1650) qui a traité l’intuition comme l’un des sujets basiques dans ses œuvres « Discours sur la méthode » et « Méditations métaphysiques ».

        Un siècle plus tard, Kant (1724 - 1804) a considéré l’intuition comme une pensée qui englobe des vérités et des connaissances indépendamment de l’expérience acquise, ce qui laisse entendre d’après le philosophe allemand, qu’une personne naît intuitive.

        En Angleterre, le courant intuitionniste en la personne du philosophe écossais William Hamilton (1788 - 1856), son principal défenseur, affirma que la première manifestation de la connaissance était une illumination soudaine qui élargissait la compréhension humaine. Il fut l’auteur de la théorie du conditionnel et de l’inconditionnel (l’Être Suprême).

        Isaac Newton (1643 - 1727) qui, bien que scientifique, était aussi philosophe à 24 ans, en observant des pommes tomber d’un arbre dans sa ville de Woolsthorpe, a eu l’intuition des Lois de la Gravité. Combien avant lui avait observé un scénario comme celui-là sans que rien ne se soit révélé. Il a passé alors le reste de sa vie à travailler pour vérifier quels concepts corroboreraient ces lois. Ces mots seraient de lui : « Si nous cherchons avec intuition, nous pourrons, en agissant avec amour pour la nature, faire un voyage fantastique et redécouvrir l’art de découvrir ».

        Bien que n’ayant pas été philosophe, le physicien Albert Einstein (1879 - 1955) plaçait l’intuition toujours au côté de la créativité. Observez ces mots extraits d’un texte dont il est l’auteur (4) :

Si vous voulez étudier n’importe quelle théorie physique en vous fondant sur les méthodes employées, je vous suggère de vous appuyer sur ce principe basique : ne donnez aucun crédit à ce qu’elles disent, mais jugez ce qu’elles ont produit. Parce que le créateur a cette caractéristique : les productions de son imagination s’imposent à lui, si naturellement qu’il ne peut les considérer comme des images de l’esprit, mais les connaît comme étant des réalités évidentes.

 

        Il y a  de nombreuses philosophies orientales qui appliquent le concept de l’intuition en connexion avec la sagesse transcendantale, le tenant pour quelque chose de propre et intime à chaque personne, bien que, paradoxalement elles affirment que l’intuition peut être acquise moyennant des enseignements et des techniques appropriés.

 

5.  Approche spiritualiste

 

        Afin de mieux saisir et comprendre l’exposé sur la nature de l’intuition, comment elle est conçue et comment elle se produit ainsi que la raison pour laquelle elle se produit dans certaines situations et non dans d’autres, il est indispensable d’assimiler les enseignements exposés dans cette œuvre dans les chapitres sur l’Esprit, la Pensée, la Médiumnité et l’Aura. En outre, le lecteur apprendra comment avoir des intuitions bénéfiques et maléfiques, ainsi que la manière de les différencier l’une de l’autre.

        Pour développer le thème sur l’intuition nous allons nous servir du résumé fait à partir de la lecture desdits chapitres, comme suit :

        L’être humain est un ensemble de trois éléments : corps mental ou esprit, corps astral ou périsprit et corps charnel ou corps physique. Le corps mental ou esprit domine les corps astral et physique, étant responsable de la génération et de l’émission des vibrations de la pensée, décodées et interprétées par le cerveau, en passant obligatoirement par le périsprit, qui est le moyen subtil intermédiaire qui enregistre les mémoires provenant de la pensée.  

        La pensée est vibration de l’esprit, manifestation de l’intelligence, pouvoir spirituel saturé de force. Les ondes de force et de pouvoir de la pensée sillonnent la surface de la terre dans toutes les directions atteignant même l’espace supérieur, comme c’est le cas des ondes hertziennes utilisées dans les transmissions radiophoniques et de TV. Ces ondes ont différents buts et sont produites et modulées en fonction de l’énorme charge de sentiments que chaque être humain ressent durant son activité quotidienne. À leur tour, elles s’assemblent et s’amoncellent en fonction de chaque type de sentiment et d’intention. Selon un procédé qui suit la loi connue de l’attraction et de la répulsion des pensées, les sentiments semblables s’attirent et les sentiments contraires se repoussent, se différenciant par des sentiments positifs et des sentiments négatifs. Il est facile de comprendre l’énorme quantité d’ondes de pensée différentes, émises à chaque instant, non seulement par tous les habitants (incarnés) sur Terre, mais par des esprits de l’astral inférieur (désincarnés, restés sur la surface de la Terre) ainsi que par des esprits de l’Astral Supérieur, dans l’espace et dans leur monde spirituel d’origine.  

        De la même manière que la pensée est produite par l’esprit de chaque personne, elle peut être aussi captée. Alors dans le processus de la pensée, elle peut être tout aussi bien produite et émise, que reçue de sources quelconques comme nous l’avons déjà mentionné, il suffit d’entrer en harmonie avec d’autres pensées similaires. Le secret demeure dans l’affinité des pensées que la loi d’attraction et de répulsion favorise, en syntonisant les affinités, de la même manière que se syntonise un poste de radio ou de TV. La syntonie parfaite se complète par l’attention et la concentration sur le sujet, objet de notre pensée. Nous recevons ou transmettons ce que nous voulons.  

Selon les enseignements de cette œuvre, fondés sur le spiritualisme le plus élevé, dérivés des principes diffusés par l’œuvre du Rationalisme Chrétien (7), « Tous les êtres humains sont dotés entre autres, de la faculté d’intuition - faculté plus réceptive et plus sensible pour certains que pour d’autres. A travers elle, les esprits désincarnés qui déambulent dans l’atmosphère de la Terre, en état de perturbation (dans cette œuvre génériquement mentionnés par la désignation d’astral inférieur) interfèrent dans la vie et dans les pensées des êtres incarnés, les menant - lorsque ceux-ci ne réagissent pas avec une pensée activée par une volonté consciente - à commettre les pires actions, en les entraînant fréquemment à l’obsession ».

        Nous avons ainsi deux grands courants de pensées qui vibrent autour de la planète Terre : un courant qui regroupe les pensées négatives (courant du Mal) et un autre qui réunit les pensées positives (courant du Bien). Selon les pensées émises à tout moment par une personne, celle-ci se laissera influencer par l’un ou l’autre à un certain moment, mais jamais par les deux à la fois. D’après ce principe et les explications que nous avons données lorsque nous traitions de l’Aura dans le chapitre du même nom, il se forme autour de la personne et, avec une plus grande intensité autour de sa tête, une image multicolores de différentes intensités et nuances, révélatrice de la pensée qui se forme et qui est émise.

        C’est cette Aura changeante dans la mesure où notre pensée se modifie, qui permet ainsi la lecture de la pensée par les esprits et par les médiums-voyants à travers l’attraction de pensées similaires. C’est pour cela que l’on dit qu’entre les esprits  il n’y a aucun secret, tout est là, révélé comme dans un livre ouvert, il n’est donc pas possible de cacher les pensées ou les sentiments. C’est aussi le principe qui fonde la télépathie comme forme de lecture, transmission et réception des pensées. Malheureusement, pour des raisons évidentes dues à l’actuel état de l’évolution de l’humanité, cette faculté est encore balbutiante chez les êtres, son utilisation ne pouvant se répandre, puisque son organe physique, qui semble être la glande pinéale, est encore insuffisamment développé.

        D’après cet exposé il est donc aisé de comprendre comment l’intuition procède et comment ce langage est accessible aux personnes. Par exemple, les intuitions dirigées vers les mauvaises habitudes et les vices, peuvent être reconnues selon le récit de Luiz de Mattos (17, p. 237 - Ebranlements Moraux) : « Il n’est nul besoin d’insister sur ce point : le langage des esprits désincarnés est la pensée. Par la pensée ils identifient les sentiments des personnes, leurs intentions et tendances et cela conduit les obsédants à stimuler par intuition les vices et les faiblesses humaines ».   

        Les intuitions orientées vers les actes bienveillants et les pensées positives, quelle que soit la profession exercée par une personne même sans aucune prérogative, peuvent être accessibles à partir du courant vibratoire de pensées déjà mentionné, ainsi que de l’espace supérieur, comme nous le révèle Luiz de Mattos dans son œuvre (17, p.145 – « La Force de la Pensée ») : « Le grand réservoir de la sagesse n’est pas sur Terre mais dans l’Espace Supérieur. Les progrès de la technologie moderne seraient encore inexistants, si une large parcelle de ce réservoir n’avait été transmise aux êtres humains par l’intuition, autrement dit par la force de la pensée, face à laquelle toute notion de distance est inexistante ».    

Dans le monde scientifique, tous ceux qui sont imprégnés de bonnes idées orientées vers le bien de l’humanité dans l’ensemble, disposent de conditions pour recevoir de bonnes intuitions de l’Espace Supérieur. Voyons ce que nous dit par exemple Dra. Glaci Ribeiro Da Silva (18, p.56) : « Néanmoins, seule une partie relativement petite de cette communauté - nommée visionnaires - est capable d’avoir réellement des idées novatrices. Ces personnes possèdent une sensibilité médiumnique très développée et sont donc capables de capter à travers l’intuition de telles idées venant de l’espace supérieur». Dans ce chapitre, nous citons quelques scientifiques visionnaires comme Newton, Mendeleev, Descartes, Kant et aussi dans le monde des affaires, Akio Morita et Bill Gates ainsi que dans l’approche spiritualiste de l’intuition, Luiz de Mattos.   

        Pour clore cette approche, nous rappelons la grande intuition qu’a eue Luiz de Mattos, le codificateur du Rationalisme Chrétien (9) :

 

Luiz de Mattos se considérait athée avant d’étudier le spiritualisme scientifique et c’est lui qui, plus tard, a codifié le Rationalisme Chrétien, en mentionnant l’existence de 33 niveaux d’évolution. Comment a-t-il su cela ? Tout d’abord il était lui-même comme tous le savent, un esprit très évolué et après avoir pris conscience de l’existence de la vie hors de la matière, les souvenirs de sa mission sur Terre ont pu surgir dans son esprit par intuition des Forces Supérieures. D’autre part, son étude impliquait les médiums, qui sont les instruments qui nous mettent en rapport avec la vie astrale. Ce sont certainement ces instruments (médiums) qui ont fait connaître à Luiz de Mattos l’existence des 33 niveaux spirituels de l’évolution.

 

            Dans le chapitre 9 sur l’Esprit, nous développons et approfondissons la question de l’existence de ces mondes spirituels qui constituent les mondes d’origine ou de stationnements des esprits désincarnés et ceux qui, postérieurement n’ont plus besoin de s’incarner pour continuer leur évolution en tant qu’esprits supérieurs.

 

6. Le dilemme des spécialistes : le savoir préalable 

 

            Quand la solution à un certain problème dépend de l’intuition et que nous ne la trouvons pas, nous sommes envahis d’une très grande frustration. Il est habituel dans ce cas de se sentir comme dans une voie sans issue, réagissant avec beaucoup de frustration et de découragement. Nos pensées vagabondent et sortent du domaine relatif au problème, le laissant en plan. Nous lui consacrons alors de moins en moins de temps, cherchant des expériences similaires pour le résoudre ou gaspillant beaucoup de temps à utiliser notre capacité de réflexion dans des approches qui se sont déjà révélées inadéquates. Plus rien ne provient de nous, tout devient récurrent.   

        En cherchant à contourner ces situations frustrantes, de nombreuses études et des travaux ont été réalisés dans plusieurs universités, avec pour objectif d’expliquer ce qu’est l’intuition. L’un de ces chercheurs est la Canadienne Janet Metcalf, de l’Université de Columbia, New York. En étudiant de manière fortuite en laboratoire, se servant des situations d’insights, elle a constaté que les personnes ne savent jamais à quel moment elles se rapprochent de la solution aux problèmes formulés. Souvent, les volontaires se sentaient perdus, même lorsqu’ils étaient sur le point de trouver la solution.  

        Des recherches faites par Daniel M. Wegner, psychologue de l’Université de Harvard, expliquent que « Au moment où nous avons l’étincelle, intention et action se dissocient complètement », « action » signifiant surgissement de l’idée. Nous n’avons jamais l’impression d’avoir produit une idée brillante, mais il est commun de la considérer comme étant une connaissance propre.

        Les insights seraient-ils alors involontaires ? Selon notre référence (2), « Si l’idée qui conduit à la solution du problème ne résulte pas de l’engagement volontaire de la pensée, qu’est-ce qui nous conduit alors à elle ? Pourquoi les problèmes de cette nature nous paraissent-ils, tout d’abord insolubles si en vérité, nous disposons du savoir nécessaire pour les résoudre ? »

Selon Stellan Ohlsson, chercheuse sur le phénomène d’insight à l’Université de l’Illinois, Chicago, la réponse est dans la restructuration due aux échecs répétés pour résoudre le problème. Le fait est que ces échecs initient les divers processus inconscients qui tendent à modifier notre représentation intérieure du problème, ceci ouvrant d’autres perspectives qui, de manière complètement inattendue nous apporte la solution tant attendue et qui sera à partir de cet instant considérée comme solution ordinaire. En se basant sur des observations de ce genre, Ohlsson a développé une théorie selon laquelle (2) : « En observant un problème, la première chose que nous faisons est de construire une représentation mentale - c’est-à-dire une espèce d’image intérieure - dans laquelle seuls sont intégrés certains aspects. C’est comme une carte du métro, qui nous informe sur la liste des stations et des éventuels points de correspondances, mais ne reproduit pas fidèlement à l’échelle les distances entre les arrêts : découlent alors uniquement ces importants aspects de la réalité pour l’utilisation du service. Pour nous orienter dans les rues de la ville, la carte est vraiment peu importante ».  

        Serait-ce que le savoir accumulé préalablement pendant de longues années a une certaine influence ? Pour certains chercheurs la réponse est affirmative, pour d’autres, comme le professeur Ohlsson, le savoir préalable bloque la perception et empêche de voir la question sous de nouveaux angles, rendant difficile la perception de l’insight. Mais il est indéniable aussi que le spécialiste, ayant plus de connaissances sur le sujet, détient d’incontestables capacités qu’un ignorant n’a pas. Contrairement au professeur Ohlsson, nous pensons que sa position est tellement poussée qu’elle en est contradictoire. Si Einstein avait suivi l’idée d’Ohlsson, il se serait trompé dans ses merveilleuses conceptions intuitives sur la relativité spéciale et générale. Ainsi, il nous semble très clair que le savoir est nécessaire et indispensable, principalement quand nous avons à affronter (2) « de manière efficace et routinière les problèmes courants. Les influences néfastes ne se manifestent que lorsque l’expérience passée se consolide de telle manière qu’elle finit par bloquer les nouvelles idées ».

        Mais, cela n’est pas si simple. Il semblerait que chez ceux qui disposent de la connaissance préalable, l’adoption de certaines étapes dans la résolution du problème conduit à l’exclusion de certaines stratégies, peut-être plus simples. C’est le cas du « problème de la prédisposition » ainsi que de la soumission à des méthodes déterminées, qui peuvent aveugler quant aux conduites efficaces à adopter, empêchant le surgissement d’insights. C’est ce qu’a constaté Abraham Luchins, disciple de Wertheimer.

        Jennifer Wiley, de l’Université de Pittsburgh de Pennsylvanie, a démontré à travers son étude en 1998 que la spécialisation (le savoir préalable) n’est pas toujours capable de détecter ses propres déficiences. Ses conclusions émanaient de tests d’intelligence et de créativité appliqués à des volontaires spécialisés ou non dans différents domaines.  

            D’autres chercheurs se sont attachés à déterminer si le savoir préalable a une influence dans l’identification du « point crucial » pour la résolution d’un problème. C’est-à-dire, de quelle manière et jusqu’à quel point nous empêche-t-il d’entrevoir où peut se trouver ce point crucial. D’où le fait que son identification serait importante et influencerait de manière capitale lorsque l’attention porterait sur les aspects les plus critiques du problème à résoudre.

 

 

     7. Conseils pour obtenir des résultats

 

        Nous pouvons même apprendre dans notre quotidien des techniques d’utilisation de l’intuition, mais nous ne pouvons forcer l’apparition des flashs, puisqu’ils sont involontaires.  Nous savons que pour la résolution de beaucoup de problèmes quotidiens nous utilisons inconsciemment l’intuition. Lorsque nous percevons que nous sommes dans une voie sans issue et que nous ne trouvons pas la solution à notre problème, nous l’oublions quelques instants. Souvent, cela indique que nous sommes près de l’obtention de la solution, c’est-à-dire, que nous pressentons à quel moment nous sommes près d’une soudaine découverte. L’expérience de la vie nous enseigne qu’il n’est pas toujours possible d’avancer et d’obtenir la solution désirée. Nous ressentons alors le moment indiqué de faire une pause, ou peut-être une petite sieste ou un sommeil réparateur pour reprendre enfin le sujet le jour suivant. Une quantité impressionnante d’histoires rapportées révèlent la présence d’insights pendant le sommeil et à travers les rêves. Nous allons rapporter deux d’entres elles très célèbres.   

        Nous allons nous servir tout d’abord d’un rêve relaté par le biochimiste allemand Friederich August Kekulé Von Stradonitz (1829-1896) qui a vécu au XIXe siècle. Ce rêve l’a mené à l’une des plus importantes découvertes de la Chimie Organique. Voici l’histoire : « J’ai tourné la tête et me suis endormi… une fois de plus, les atomes cabriolaient sous mes yeux. Cette fois-ci, les groupes inférieurs se maintenaient modestement à l’arrière. Mon œil mental, qui était devenu plus aiguisé en vertu des visions répétées de ce type, pouvait maintenant distinguer les structures majeures, avec de multiples conformations ; longues rangées, parfois emboîtées plus fermement les unes dans les autres ; toutes se pliant et se courbant, dans un mouvement semblable à celui d’un serpent. Tiens ! Qu’est-ce que c’est ? L’un des serpents avait dilacéré sa propre queue et l’ensemble tournoyait malicieusement devant mes yeux. Je me suis réveillé comme si j’avais été réveillé par un coup de tonnerre ». Ce rêve l’a aidé à comprendre comment les molécules de divers composants organiques s’organisent dans une structure en forme d’anneau hexagonal,  le noyau benzénique, base de la chimie organique aromatique qui l’a rendu célèbre. (10)

        Une autre expérience célèbre de ce type s’est produite avec Dimitri Mendeleev, chimiste russe, lauréat scientifique pour la brillante idée de regrouper les éléments chimiques dans un tableau ordonné logiquement selon les nombres atomiques des éléments, connu sous le nom de Tableau Périodique des Éléments. Ce fut une découverte représentative d’un exemple remarquable de synthèse produite par la science. Ce fut à travers ce tableau que beaucoup d’éléments chimiques ont été découverts postérieurement, car leur existence avait été prévue par Mendeleev, qui avait laissé des « places » ou « positions » vides sur son tableau pour des éléments non connus à l’époque où il l’avait découvert. Ce que peu de gens savent c’est que cette découverte remarquable est survenue lors d’un rêve que Mendeleev avait fait et non d’une réflexion logique. Comme il est regrettable de ne pas disposer du récit de ce rêve ! (12).

        Il y a de nombreux cas de ce genre vécus par des personnes célèbres dans tous les domaines. Imaginons alors, ce qu’il en serait si nous extrapolions pour des cas de la vie courante. Pour cette raison, les études sur l’influence du sommeil et des rêves dans la solution de problèmes de tous types et dans la créativité humaine ont mérité une attention évidente de la part des psychologues et des cartomanciennes, ces profiteuses et menteuses qui se servent de la crédulité humaine. Des volontaires ont été soumis aux problèmes de créativité impliquant des connaissances et des relations logiques, avant et après le sommeil. Les solutions apparues après le sommeil sont plus grandes, occasionnées par les stratégies où est imbriquée l’intuition, comparées à celles obtenues par ceux qui n’ont pas eu une pause par le sommeil. Selon notre référence (4) : « Les chercheurs expliquent cette différence étonnante en ayant recours à des processus de consolidation qui siègent dans l’hippocampe durant le sommeil : de cette manière, les nouvelles informations reçues sont associées au savoir stocké dans la mémoire à long terme et cela peut inciter à la découverte plus rapide de stratégies plus simples pour la résolution de problèmes ».

        Un autre aspect qui aide à l’obtention des insights est de laisser notre pensée divaguer un peu, en se consacrant à d’autres tâches ou loisirs agréables. Il s’agit de reposer l’esprit et d’adopter une attitude positive. Cela permettra au subconscient de travailler le problème sous d’autres points de vue ou approches, menant alors à la solution. Mais quel que soit le « problème », aucune solution n’émerge facilement si elle n’est pas basée dans la connaissance préalable du sujet.

 

8. Aspects pratiques

 

        Durant la dernière décennie du XXe siècle et plus récemment, l’intérêt que suscite l’intuition est très grand, à tel point que, outre les recherches cognitives en cours, beaucoup d’instituts sont amenés à réaliser des enquêtes d’opinions publiques sur le sujet. C’est le cas, par exemple, d’une enquête faite en 2003 par IMD  (Internacional Institute For Management Development), qui siège en Suisse, affirmant que (5) « 80% des 1.312 cadres interviewés dans neuf pays ont estimé que l’intuition était importante pour formuler la stratégie et la planification entreprise » Et toujours selon la référence (5) : « La majorité, soit 53% disent qu’ils ont recours à l’intuition et au raisonnement logique à égale proportion dans leur quotidien. L’intuition est la vieille compagne des artistes et des scientifiques. Dans une étude récente divulguée aux États-Unis, 82 Prix Nobels sur 93 ont souligné le rôle important de cette capacité dans la créativité et dans les découvertes humaines ».  

Au-delà des cas relatés dans le paragraphe précédent sur Kekulé et Mendeleev, tous deux scientifiques, nous allons citer au passage d’autres cas rapportés dans d’autres secteurs de l’activité humaine, où des personnes célèbres et des leaders tournés vers le commerce et l’administration ont unanimement affirmé le rôle important joué par l’intuition. Dans la musique classique, Beethovem et Mozart ont attribué leurs plus grandes compositions à l’utilisation de l’intuition. Dans les affaires, Akio Morita, président de Sony, a lancé en 1979 le célèbre produit baladeur basé sur les observations faites de personnes marchant dans les rues de Tokyo et de New York transportant de lourds équipements de son sur les épaules.  Evoquant ce problème avec son équipe, celle-ci estima que personne ne serait intéressé par un produit de cette nature sans dispositif d’enregistrement. Morita a insisté et a fait prévaloir son intention découlant de son intuition et nous savons tous le succès de ce produit qui dure encore aujourd’hui, bien que l’utilisation de la technologie plus moderne a évolué vers le lecteur CD. Aujourd’hui plus de 250 marques sur le marché utilisent le même principe, représenté par un produit léger, portable et à bas prix. Un autre cas célèbre est celui de Bill Gates qui, grâce à  sa brillante intuition a lancé un ordinateur personnel, sans avoir terminé sa formation académique et, lorsqu’il présenta son produit naissant aux techniciens d’IBM, il aurait subi un refus avec les mots suivants : qui va vouloir d’un ordinateur à la maison ? Aujourd’hui, à peine 30 ans après ce fait, rien qu’au Brésil il y a 18 millions d’ordinateurs personnels en fonction. Ce sont des idées qui valent des milliards de dollars, par leur acceptation et leur mise en pratique !  

        Beaucoup d’entrepreneurs actuellement accordent plus d’attention à l’intuition, ouvrant même des voies avec pour personnel d’encadrement des femmes qui avant étaient reléguées à des fonctions secondaires. Aujourd’hui il ne suffit plus de compter, mesurer, peser et analyser des chiffres, ce qui souvent prend beaucoup de temps et retarde dans les décisions de marché qui se doivent d’être stratégiques. Tout est très accéléré dans la vie. Par exemple, la préférence pour un nouveau modèle de tennis dure à peine six mois et une génération d’ordinateurs est obsolète en 18 mois. Ainsi, les consommateurs sont de plus en plus exigeants et imprévisibles et les pressions pour la prise de décisions exigent à chaque fois moins de temps de la part des entrepreneurs, accordant à l’intuition un rôle de plus en plus important dans la définition de stratégies. Nous observons que, dans ces cas, intuition et créativité avancent main dans la main.      

 

9. Le Rôle du cerveau

 

        Vu que toutes les études et tous les travaux scientifiques réalisés et en cours de réalisation par les psychologues, ont confirmé le concept de restructuration et de perception soudaine (insights ou étincelles), ce qui reste à découvrir à travers des processus indirects ce sont les régions cérébrales concernées par ledit concept. La première question est de savoir si les hémisphères cérébraux agissent pareillement ou de manière différenciée. C’est ce que la neuroscience cognitive cherche à faire, en utilisant une instrumentation sophistiquée qui consiste à se servir de l’électroencéphalographie (EEG) et de la tomographie par résonance magnétique fonctionnelle (FMRT), appareils qui mesurent des processus neuronaux, dont la durée va de la milliseconde à quelques secondes. Il faut néanmoins signaler que résoudre des problèmes en général est une chose qui souvent, prend plusieurs minutes voire plusieurs heures. En outre toute une multiplicité de processus cognitifs prend part à cette opération.

        Dans cette ligne de recherche il y a les travaux de Marc Jung-Beeman et d’Edward Bowden, de l’Université Northwestern, à Chicago. Ils sont partis de l’hypothèse selon laquelle l’hémisphère gauche serait responsable du raisonnement logique, organisé et analytique, avec l’utilisation consciente du langage, alors que le droit répondrait par l’émotion, l’imagination et la créativité, ce qui implique l’attention inconsciente et spatiale, bien que  des (2) « découvertes plus récentes dans le domaine cérébral montrent que la rigide séparation entre « hémisphère gauche conscient » et « hémisphère droit inconscient » est difficile à étayer. Ceci étant, il semble y avoir une certaine séparation des tâches ».

        Néanmoins, ces chercheurs sont partis du principe que dans l’hémisphère gauche se forgerait la solution pas à pas de problèmes connus par l’application consciente des règles logiques. A l’hémisphère droit, est attribué un rôle important dans la solution des problèmes qui exigent l’insight. De l’avis de ces chercheurs, les insights surprennent ceux qui les ont parce que la restructuration se fait dans l’hémisphère cérébral droit. Mais, uniquement lorsque le résultat est transmis du côté gauche du cerveau, une lumière s’allume subjectivement dans notre mental. En résumé, l’insight se produirait dans l’hémisphère droit, mais sa perception se transmettrait via l’hémisphère gauche. Et, comment sont-ils arrivés à cette conclusion apparemment contradictoire ?  

        Eh bien, comme on sait, dans le processus de la vision il y a une inversion : les perceptions de l’œil gauche sont envoyées à l’hémisphère droit du cerveau et celles de l’œil droit sont envoyées à l’hémisphère gauche. Alors, pendant les expériences ce fait a été pris en considération, de manière que les images en question étaient perçues parfois seulement par l’œil gauche, parfois seulement par l’œil droit. En procédant de cette manière, de nombreux volontaires qui avaient échoué en visualisant avec tous leurs deux yeux, ont eu des insights quand leurs perceptions ont été dirigées comme exposées. De plus,  selon (2) : « Le résultat a été clair : les solutions identifiées avec le plus de fréquence sont celles provenant de l’œil gauche vers l’hémisphère droit. Tout indique que les processus inconscients qui conduisent à la perception soudaine se produisent principalement dans l’hémisphère cérébral droit ».

 

10. Psychologie du jugement intuitif

 

        Un important travail est présenté par le scientifique cognitif Thomas Goschke (11) de l’Université Technique de Dresde, en Allemagne, sous le titre de Psychologie du jugement intuitif. Selon lui, l’intuition est une sorte d’inspiration spontanée, qu’elle soit applicable dans la solution d’une tâche intellectuelle, ou qu’elle soit en rapport avec n’importe quel pressentiment inexplicable que nous ressentons. Carl G. Jung s’opposait à l’intuition - comme compréhension immédiate et intégrante de relations diverses, à la décomposition logico-analytique. Pour le prix Nobel américain Daniel Kahneman, les intuitions seraient « rapides, sans effort, semblables à la perception ». Mais il est clair que les impressions intuitives s’établissent dans des processus plus ou moins complexes - les processus dits implicites.

        Il est vrai que les sentiments jouent un rôle important dans ces processus, car souvent les jugements s’expriment en sentiments et les émotions, influencent aussi les décisions. Il y a des preuves qui indiquent qu’une attitude positive conduit plus facilement à de bonnes intuitions, tandis qu’une attitude négative, par exemple, représentée par une mauvaise humeur et une tristesse ne favorisent pas l’intuition.

        Des expériences menées à bien par d’excellents chercheurs semblent confirmer la thèse du neurologue António Dalmásio, selon laquelle des signes corporels inconscients nous informent qu’un comportement déterminé est souhaitable ou non. Fréquemment, les signes corporels, comme par exemple la conductivité électrique de la peau qui varie selon certaines situations, indiquent que des conséquences émotionnelles s’attachent à une action déterminée. De nouvelles recherches sont faites pour confirmer ou infirmer cette hypothèse.

        Il y a sans aucun doute des situations où nous nous laissons guider par les intuitions et ceci est confirmé par des tests en laboratoire dans les jugements dits cohérents à travers des connexions sémantiques éloignées. Ce sont trois mots qui sont présentés mais un quatrième mot serait nécessaire tel que « dénominateur commun ». Ceux qui sont de bonne humeur en règle générale réussissent plus que ceux d’humeur passive et les tristes qui n’y parviennent pas.

        Comment se comporte quelqu’un de bonne ou de mauvaise humeur en laboratoire ? C’est simple : il suffit de demander aux volontaires de se souvenir d’un événement heureux ou triste de leur vie. Tout porte à croire que (11) « dans un état d’esprit positif, plusieurs réseaux d’indications s’activent, impliquant même des associations fragiles ou distantes. Cela se manifeste clairement dans un sens de cohérence intuitif, même si le mot correct n’est pas exprimé de manière consciente ». Ou soit, (11) : les « idées créatives sont liées à la capacité d’établir des associations rares et ainsi, d’échapper à la voie habituelle de la pensée et de l’action. Selon les résultats que nous obtenons, il est clair que plus nous sommes joyeux ou détendus plus fréquemment nous y parvenons».   

        Concernant ces différences révélées entre l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche, Goschke pense qu’il y a beaucoup plus de spéculations des pseudo-scientifiques sur ce sujet que de constatations empiriques sûres. Mais il reconnaît aussi qu’il existe en effet certaines divisions et des connexions d’action entre les deux. Des études faites en utilisant la résonance magnétique fonctionnelle ont confirmé pour ce qui est de l’intuition, l’existence d’une certaine cohérence sémantique dans les régions du lobe frontal supérieur droit. Ces régions sont aussi associées à d’autres capacités intuitives, entre autres deviner les intentions des personnes, ainsi que par exemple, évaluer le degré de loyauté d’un être méconnu. Mais Goschke est d’avis que la présence d’intuition avec certitude ne dépend pas seulement d’une région spécifique du cerveau mais de tout un réseau amplement distribué. Des études d’autres chercheurs ont démontré aussi que des sentiments et des réactions émotionnelles peuvent faire partie du problème en indiquant que le jugement implicite a un rapport avec l’activité d’une zone plus profonde de l’émotion, comme l’amygdale.  

        Pour Goschke, il semble ne pas y avoir de doute que la connaissance spécifique dans un domaine d’activité où l’intuition est souhaitée fait une grande différence pour que cette dernière se manifeste sous la forme d’un apparent sentiment spontané. Cela parce qu’il faut unir l’intuition à l’analyse logique des faits connus. C’est-à-dire que sans le savoir spécifique correspondant, l’intuition échoue aussi.    

        Il y a des cas où les réactions intuitives contredisent l’évaluation rationnelle, mais l’impression intuitive finit par être corrigée par la posture consciente de la personne. Dans l’entrevue accordée à l’éditeur Steve Ayan de la revue Gehim & Geist, évoquée dans la référence (2), celui-ci relate le cas suivant (11) : « Si par exemple, vous montrez très rapidement des visages noirs aux américains blancs, aussi rapidement qu’ils ne puissent être identifiés, cela activera leur amygdale, ce qui permettra d’inférer une réaction émotionnelle spontanée négative - même si ces personnes n’ont aucun préjugé conscient contre les noirs. Mais, aussitôt que les visages sont perçus par la conscience, l’activité de l’amygdale présente une réduction évidente ».  

 

11.  L’intuition contribue-t-elle à notre bonheur ?

 

        Nous avons vu que l’état d’esprit (attitude) des personnes agréables  a un rapport avec la qualité des intuitions qu’elles reçoivent, ces personnes sont plus ouvertes aux associations rares de bonnes idées que celles qui sont tourmentées.

        Il est donc pour le moins raisonnable de donner une réponse positive à la question posée dans l’intitulé de ce paragraphe. Nous savons que quelques psychologues admettent que notre bien-être psychique dépend du niveau de coïncidence entre nos objectifs conscients (accomplissement de nos devoirs) et les implicites, issus de notre planification spirituelle. Nous savons aussi par exemple que tous nous devons avoir le contrôle de nous-mêmes ou être meilleurs que d’autres, ces valeurs acquises dès l’enfance sont partiellement accessibles par notre conscience. Si nous adoptons une position déviée de cette réalité, évidemment nous ressentirons moins de joie dans nos réussites.

 

12.    L’intuition a-t-elle une connotation morale ?

 

        Si nous considérons comme il se doit que l’intuition est un excellent outil pour nous guider dans la prise de décision lorsque s’offrent deux ou plusieurs choix et que la simple utilisation logique de la raison nous laisse encore en doute nous incitant à vaciller, alors la réponse est positive. D’ailleurs, d’après notre compréhension, tout dans la vie a un sens moral élevé. Mais, nous ne devons pas dire qu’il existe une éthique ou une morale intuitive, ce serait exagérer.  

        Quand nous aurons à affronter certaines situations ou dilemmes de notre quotidien qui impliqueront une prise de décision contenant des risques alternatifs en rapport avec d’autres personnes, notre raison ne sera pas toujours bonne conseillère. Quand cela arrivera, souvent en une fraction de seconde, une intuition insufflée nous amènera à changer en nous indiquant quoi faire. Par exemple, entre éviter la mort de trois personnes ou plus et celle d’une seule personne lors d’un accident imminent, s’il est de notre ressort de l’éviter, notre raison nous amène à prendre une décision dans le but de sauver les trois personnes ou plus et non une seule. Mais si celle-ci est de notre famille, notre fils ou notre fille par exemple, notre intuition peut pencher de l’autre côté et d’une certaine manière notre conscience sera malmenée. Bien là, au plus profond de nous, chacun a ses scrupules et pour cela, nos centres émotionnels sont toujours vigilants.  

 

13.  Conclusion

 

        Nous terminons ainsi ce sujet passionnant par son contenu élevé et de grande signification dans la vie des personnes. Nous avons vu que l’intuition est une forme indirecte de connaissance et qu’elle se manifeste à travers des insights, éclairs ou étincelles. La captation des images ainsi appréhendées arrive très rapidement et le raisonnement qui en découle est de type intuitif, amenant la personne à un discernement instantané par la perception intégrale du problème.   

        Les personnes qui sont toujours ouvertes aux nouveautés et qui aiment expérimenter ne sont pas très courantes. Pour ces personnes, sans développer aucune pensée analytique, l’intuition est une ressource soudaine et même instantanée qui apporte toujours la solution aux problèmes dès lors que la personne se convainc et met l’intuition en pratique, sans hésiter. L’intuition étant une perception ample, il est nécessaire de ne pas se perdre dans la minutie et dans les détails.

 

 

Références  de ce chapitre :

 

 

1) FERREIRA, Aurélio Buarque de Holanda. Novo Aurélio – dicionário da língua portuguesa, 2001. São Paulo: Nova Fronteira, 2001.

2) KNOBILICH, Günther e ÖLINGER, Michael. Percepção súbita. Revista Viver Mente & Cérebro, p. 32-39, v. XIV, n. 156 – Jan. 2006.

3) THEOFILO, Roque. Intuição. Accessible le 09/02/2006. Disponible sur :    http://www.dominiofeminino.com.br/eles/intuicao/intuicao.htm.

4) ROQUE, Teophilo Entrevista de Sharon Franquemont. Revista Veja v. 35, n. 21, 29/05/2002.

5) THEISS, Felix. Intuição, que bicho é esse? Disponible sur : http://www2.brasil-rotario.com.br/revista/materias/rev943/e943_p6.html. Accessible  le 27/01/06.

6) GOLEMAN, Daniel. Inteligência emocional. 68.ed. Rio de Janeiro: Objetiva, 1995.

7) MATTOS, Luiz de. Racionalismo cristão. 43.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor, 2004, p. 112, 145 e 237.

8) SILVA, Glaci Ribeiro da. Racionalismo cristão e ciência experimental. São Paulo: Íbis, 2004, p. 120.

9) SITE, Redator do. Perguntas e respostas – 2001. p. 13. Disponible sur : http://www.racionalismo-cristao.org.br. Accessible le 10/02/06.

10) AGUILAR, Marcelo. Desperte sua intuição. Disponible sur : http://vocesa.abril.com.br/aberto/voceemacao/pgart_03_14052003_5010.shl. Acesso em 27/01/06.

11) AYAN, Steve. Pensar com intuição. Revista Viver Mente & Cérebro p. 40-42, v. XIV, n. 156, Jan. 2006. (Entrevista concedida a Steve Ayan, editor de Gehim & Geist,      tradução de Sérgio Tellaroli. s.d..

12) PIGLIUCCI, Massimo, Intuition. Disponible sur :     http://www.scifidimensions.com/oct02/onintuition.htm.  Accessible le  27/01/06.

 

 

 

 

CHAPITRE  XIV

 

 

LE LIBRE ARBITRE CONSTRUIT LE DESTIN

 

Vision spiritualiste de cet attribut

 

 Il ne peut être exigé d’une personne plus qu’elle ne peut donner. La bonne utilisation du libre arbitre est à la portée de chacun. Pourquoi alors commettre des erreurs qui font de la vie un tourment ?

 

Luiz de Mattos, Rationalisme Chrétien (6).

 

 

            Tout ce que nous mettons en évidence dans la deuxième partie de cette œuvre est intentionnellement imprégné de concepts philosophico-spiritualistes de la vie et le libre arbitre ne pouvait déroger à cette orientation. Le contexte de cette présentation est basé sur le thème du même nom déjà exposé par l'auteur dans son œuvre « Réflexions sur les sentiments » (Reflexões sobre os sentimentos ) (1) qui au fil du temps a amplifié sa ligne de raisonnement.   

            Nous présageons le jour, bien qu'encore lointain, où une grande partie de l'humanité, peut-être l’humanité toute entière, accèderait à ces connaissances philosophiques et spiritualistes, où la bonne utilisation de cet attribut spirituel constituerait une boussole conductrice capable d'impulser les personnes vers le bien, libérées des instincts animaux qui rendent la plupart d’entre elles bornées à cause d’un mental malsain. La bonne utilisation du libre arbitre dans la vie matérielle conditionne le succès des incarnations, les rendant moins répétitives et minorant la souffrance provenant de sa mauvaise utilisation. Avec l'aide d'un raisonnement lucide, l'exercice du libre arbitre pourra atteindre sa plénitude et la personne pourra atteindre le bonheur relatif de sa vie terrestre.

 

1.      Prémisses basiques   

 

            Nous commençons notre incursion sur ce sujet en consultant le dictionnaire le Nouvel Aurélio - Dictionnaire de la langue portugaise (2001). La définition du libre arbitre dans cette œuvre, est présentée comme un pouvoir abstrait, « un grand pouvoir sans aucune autre raison que l'existence de ce pouvoir lui-même». Le dictionnaire dit encore ceci sur le libre arbitre : « l'homme est doté de la capacité d’agir dans des circonstances déterminées, sans raison ou finalité inhérente à l'action elle-même ». Ainsi, rien n’est expliqué, rien n’est défini et la description du libre arbitre est vague et sans aucun sens. Ceci démontre que cette merveilleuse et si importante faculté spirituelle est peu connue, en raison des fausses conceptions sur ce qu’est la vie.  

            Pour comprendre ce qu’est le libre arbitre et son rôle important dans tout ce qui survient dans la vie de l’être humain et même dans le processus lui-même de l'évolution spirituelle de l'homme, il est nécessaire d’évoquer les connaissances diffusées par le spiritualisme émérite et par les éminentes écoles du psychisme qui enseignent que la vie n’est pas annihilée en un seul passage sur terre. Selon leur fondement, la vie est composée de Force et de Matière, la première (la Force) ayant évolué comme Force Intelligente jusqu'à atteindre la modalité d'Esprit. Sous cette forme alors, elle s’incarne dans le corps humain pour continuer son processus évolutif. A ce stade la Force n’évolue plus en tant qu’espèce comme l’a si bien enseigné Darwin à travers son célèbre travail présenté dans le livre « l'Évolution des Espèces », mais elle évolue en tant qu’esprit dans l’espèce humaine, dernier maillon matériel de cette chaîne évolutive millénaire. Cette évolution se fait chez l'homme en qualité d’être incarné, à travers de multiples vies terrestres jusqu'à ce que l’Esprit atteigne les niveaux de hautes dimensions spirituelles et morales essentiellement pures, lucides et omniscientes quant aux vérités fondamentales et aux lois universelles. Il n'aura alors plus besoin de s’incarner pour continuer son évolution.  

 

2.      Un peu d'histoire

 

            Le premier à présenter une étude sur le libre arbitre fut Eduardo Agostinho (354-430), au IIIe siècle. Ce savant qui, plus tard a été canonisé par l'Église Catholique sous le nom de Saint Augustin, prétendait dans son œuvre intitulée « libre arbitre » (2), concilier les idées et les postulats philosophiques de Platon (427 - 347 J.C.) et d'Aristote (384 - 322 J.C.) sur les vertus et les conceptions du Bien et du Mal, avec celles de l'Église, ce qu’il a réussi. Le nœud gordien de la discorde portait sur l'existence ou non du destin, qui impliquait une préscience des faits et donc des postulats du prédéterminisme. De cette manière, la question prédéterminisme (destin) versus libre arbitre a perduré plus de 1600 ans, jusqu'au début du XXIe siècle, mais aujourd'hui encore c’est une question belliqueuse !  

            Ce sujet a été 850 ans environ après Saint Augustin, repris par Thomas d'Aquin (1225-1274), un autre docteur de l'Église, canonisé sous le nom de Saint Thomas. Il avait développé et complété les idées de Saint Augustin dans son œuvre « Somme Théologique » (3).       

            Avec la plus grande libéralisation des idées qui s'est établie avec l'instauration de la Renaissance, nous arrivons à René Descartes (1596-1650), qui avait achevé son œuvre, « Discours sur la méthode » en 1619 à l’âge de 23 ans. Il aborda la question du libre arbitre vers 1649 alors mûr et presque à la fin de sa vie. Dans ses Principes ou plus précisément dans sa « 4ème Méditation » traitant de la volonté, il s’est exprimé comme mentionné dans (4, 5).  « [...] car elle consiste seulement en ce que nous pouvons faire une chose ou ne pas la faire (affirmer ou nier, poursuivre ou fuir) ou plutôt seulement en ce que, pour affirmer ou nier, poursuivre ou fuir les choses que l’entendement nous propose, nous agissons de telle sorte que nous ne sentons point qu’aucune force extérieure nous y contraigne ». Il y a dans ce discernement une allusion indirecte au libre arbitre ou à la liberté de pouvoir choisir. Plus loin, il y a encore la phrase suivante de Descartes, où il affirme que le libre arbitre est « le pouvoir de récuser la Vérité et le Bien, même face à l'évidence qui se manifeste » (4, 5) ce qui comme nous le voyons, est suffisamment explicite. Et finalement (4, 5) « [...] car si j’avais clairement la connaissance de ce qui est vrai et ce qui est bon, je ne serais jamais en peine de délibérer quel jugement et quel choix je devrais faire  et, ainsi je serais entièrement libre, sans jamais être désappointé ».          

            Ces concepts, souvent controversés ou mal interprétés, nous ont conduits au début du XXe siècle, lorsque Luiz de Mattos, (6) sans la passion des vanités philosophiques, les a complétés de manière claire et incontestable dans son œuvre « Spiritisme Rationnel et Scientifique Chrétien », rééditée dans la décennie 1910 sous le nom de « Rationalisme Chrétien ». Cette œuvre est le fondement de la doctrine du même nom basée sur la réincarnation, les devoirs de l'esprit incarné et les principes moraux Chrétiens. L'auteur nous a indiqué la nécessité de la bonne utilisation du libre arbitre et de la rationalité dans le traitement des choses importantes de la vie. Selon lui, il s'agit d'un attribut de l'esprit ou faculté arbitraire que la personne peut utiliser pour le bien ou le mal donc, en harmonie avec la Métaphysique, fondé sur le principe que tout dans la vie n’est que possibilités. Nous allons approfondir les concepts sur le libre arbitre.

 

3.      Concept philosophico-spiritualiste

 

            Les débats des philosophes sur le thème du libre arbitre sont devenus un sujet d'intérêt inépuisable. Pratiquement chaque philosophe finit par aborder ce sujet en présentant sa propre opinion. Les discussions métaphysiques amènent toujours à la confirmation qu’il s'agit d'un sujet lié aux responsabilités morales de l'être, ce qui implique d'inclure le sens de la conscience et au-dessus de lui, le sens des responsabilités des personnes. Dans un sens pratique nous sommes devant un pouvoir de choix qui a un lien important avec les réalisations, le succès ou l'échec des êtres. Les personnes doivent faire continuellement un effort soutenu sur elles-mêmes afin de maintenir leur autonomie, leur dignité et les valeurs qu’elles souhaitent conserver, telles que  l’amitié, l'amour-propre, l'amour du prochain, etc.  

            Beaucoup de philosophes distinguent liberté de volonté et liberté d'action vu que, dans la pratique, beaucoup de nos actes ne sont pas totalement libres, dépendant de certaines restrictions qui sont hors de notre contrôle. Ces restrictions peuvent être d'ordres physico- causal, environnemental, psychologique, biologique et théologique. À la fin de ce chapitre, nous traiterons de ces restrictions. Suite à cela, de nombreux philosophes ont dit que le libre arbitre restreint nos « choix » et nos « volontés ». Ceci parce que depuis René Descartes, la faculté de volonté est assimilée à la liberté de choix. L'approche que nous donnerons au sujet du libre arbitre est avant tout d'ordre spirituel, mais sans nous éloigner du sens pratique de ses implications et de ses conséquences.

            Le libre arbitre est un attribut spirituel dirigé vers l'utilisation appropriée du raisonnement et contrôlé par la volonté. Il sert à gouverner nos choix et nos actions. Plus notre pouvoir de raisonnement est grand, plus efficient il sera. Pour compléter, libre arbitre signifie donc totale liberté de pensée et d’action tant pour le bien que pour le mal.

            Quand la personne agit pour le bien, en corrigeant ses habitudes et ses coutumes, sa conduite se perfectionne, ce qui à son tour permet une plus rapide évolution de l'esprit. Au contraire, quand la personne, soit en pensées, soit en actions, tombe dans la pratique du mal, son évolution spirituelle est gâchée et retardée. Ce concept ne représente pas une menace ni une coercition pré-condamnable, mais l’entendement pour le strict accomplissement du devoir moral.

            C'est cet attribut qui caractérise la transition de la Force Intelligente, agissant dans les trois règnes de la Nature, l’Esprit agissant chez l'homme, la particule intelligente se met en condition de s'incarner dans le corps humain qui est un organisme plus complexe et plus évolué. Cette transition signifie que la Force Intelligente s'individualise et acquiert la conscience du Bien et du Mal, en différenciant l’un de l'autre.

 

4.      Le processus mental du libre arbitre

 

            Dans ce contexte, le libre arbitre est une faculté de l'esprit, un attribut de l'esprit. C'est le pouvoir d'agir avec une liberté complète, impulsé par la volonté et contrôlé par le raisonnement. Le processus qui précède chaque action d’une personne se fait en résumé d’après la séquence décrite comme suit. Les idées et stimulations qui nous parviennent du milieu environnant, de l’extérieur (par rapport à la personne) sont suscitées et élaborées sous forme de pensées. Celles-ci, à leur tour, sont façonnées par le raisonnement qui les épure pour ne garder que ce qui est conforme, ce qu’on souhaite transmettre ou faire. Dans cette phase encore, la personne utilise l'expérience préalablement acquise qui est disponible dans sa mémoire. Ensuite, entre en action la volonté qui est aussi un attribut de l'esprit. Celle-ci, avec sa plus ou moins grande force selon le degré d'évolution spirituelle dont est dotée la personne, a pour fonction de mettre les pensées en action, en utilisant la faculté du libre arbitre comme filtre secondaire, comme sentinelle du jugement, guidant l'action désirée pour le bien ou le mal. Dans ce processus, le raisonnement agit comme un filtre primaire, puisque lorsque la personne ne raisonne pas, les pensées sont portées à l'action sans une épuration appropriée autant pour les effets qu’elles peuvent produire incitant la personne à employer son libre arbitre de manière irrationnelle, insensée jusqu'à être sous la domination des instincts animaux. Dans la majorité des cas, cela cause des dommages irréparables à un tiers et à soi-même.

 

5.      Rapport entre le libre arbitre, le Bien et le Mal  

 

            Les enfants, même dans leur jeune âge, possèdent déjà la conscience du Bien et du Mal. Très tôt ils commencent à apprendre les premiers enseignements des parents et des instituteurs, dans un processus d'acquisition de connaissances morales. Les familles bien structurées cherchent, avec amour, affection, dévouement, abnégation et esprit de résignation, à transmettre à leurs descendants le meilleur qu’elles peuvent. Ici, les valeurs morales sont plus fortes et il est du devoir des parents de les transmettre aux enfants, avec pour objectif de forger leur caractère.

            En connaissant donc le Bien et le Mal et la manière de distinguer l’un et l'autre, le libre arbitre offre aux gens deux options et seulement deux : l’employer pour le Bien ou l’orienter vers le Mal. Quand le libre arbitre est dirigé vers le Bien, les bénéfices retombent sur celui qui l’a pratiqué et sur celui ou ceux vers qui l'action a été dirigée. Dans le cas contraire, lorsqu’il est orienté vers le Mal, le mauvais résultat de son action retombe sur celui qui l’a pratiquée, outre le fait qu’il nuit à son semblable. Le cours normal de l'évolution spirituelle se traite uniquement dans le premier cas et c’est de lui dont nous devons prendre soin toujours dans nos actions. Ceci est évident et intuitif et vient confirmer la règle chrétienne qui dit : « celui qui pratique le bien le fait pour lui».  

            Penser avec clarté et perspicacité, de manière concise, déductive, logique en incluant la nature du sujet du problème ou de la question dans l’analyse, en réfléchissant sur l’exactitude de la réflexion et en l'appliquant avec la force de volonté bienfaisante, c’est cela pratiquer le libre arbitre de façon correcte. Avec de tels actes rationnellement pensés, produits et appliqués, nous avancerons de manière certaine et efficace sur la voie de notre trajectoire évolutive terrestre avec succès et progrès spirituel.  

            Si au contraire, nous hésitons et fermons les yeux face aux problèmes, ne cherchant pas à les résoudre de manière rationnelle, nous serons enclins à la mauvaise utilisation de notre force de volonté lorsque nous aurons à transformer nos pensées en actions et il en résultera une mauvaise utilisation de notre libre-arbitre, avec toutes ses conséquences néfastes. La petite capacité de raisonnement rencontrée chez beaucoup de personnes, souvent de bonne nature et docile dans leurs comportements et dans leurs relations, peut occasionner des misères, des catastrophes et beaucoup de souffrances, tout cela provenant de la mauvaise utilisation qu’elles auraient faite du libre arbitre.  

            Il suffit d'avoir un peu de discernement pour comprendre que l’ensemble de toutes les forces de toutes les actions de pensées ainsi que celles du libre arbitre produites à un moment déterminé dans   le monde, a une intensité d’effets contraires d'une amplitude et magnitude incalculables. D'une part, les effets produits par la mauvaise utilisation du libre arbitre dirigée vers le Mal génèrent d’énormes confusions d'opinions, des malentendus entre les personnes, au sein des familles, entre les peuples et les nations, menant à l'incompréhension, à la haine raciale, à l'intolérance religieuse, à la colère, à la violence, à l'insécurité, à la perversité… bref, à des centaines de sentiments négatifs, généralement révélés avec amplification par les médias modernes. D'autre part, les effets de la bonne utilisation du libre arbitre pour le Bien sont de nature constructive et altruiste. Ceux-ci conduisent au bien-être des personnes, à la fraternisation entre les peuples et les nations, aux sentiments d'amitié, d'amour, de paix, d'accord et d'harmonie, outre des centaines d'autres sentiments nobles qui mènent au progrès matériel et spirituel de l'humanité. À partir de là, nous pouvons définir avec certitude ce qu’est la chaîne du Bien et du Mal.

            De l'équilibre de ces forces ou de leur déséquilibre résulte le progrès ou la régression spirituelle, l’avancement de l'évolution spirituelle des êtres ou le retard dans le processus d'ascension de l'esprit. Pour cela, il est d’une importance capitale d’agir afin de peser chaque fois plus pour qu'il y ait un déséquilibre entre ces forces en faveur du Bien et non du Mal. Pour réussir cet effet, il est nécessaire de faire prévaloir les pensées et les actions optimistes et progressistes dirigées vers le bien-être général de l'humanité. En cela le libre arbitre joue un rôle prépondérant.

 

6.      Conséquences de la mauvaise utilisation du libre arbitre

 

            Qu’est-ce qui mène à la mauvaise utilisation du libre arbitre ? Parmi plusieurs facteurs, nous pouvons retenir la faible capacité de raisonnement, les inclinaisons aux mauvaises habitudes, aux vices et aux sentiments inférieurs, principalement à la perversité. Ces tendances, lorsqu’elles ne sont pas éliminées durant l'enfance, période où les enfants sont encore sous la surveillance et l'orientation de leurs parents, sont toujours saturées de vibrations inférieures et primitives, néfastes à la bonne santé mentale et à l'évolution spirituelle. Lorsque c’est le cas, la personne perd le respect d’elle-même et, avec une conscience affaiblie, elle commet des folies désapprouvées par toutes les personnes qui l’estiment. Selon notre référence (6) : « Tout mal s’accroît en intensité quand il est pratiqué sciemment, et ceux qui procèdent ainsi auront, sans aucun doute, un triste et pénible réveil. Utiliser le libre arbitre comme arme contre son semblable, l’utiliser pour injurier, intriguer, railler, calomnier et dissuader son prochain, constitue un crime des plus condamnables ».

            Tout crime se doit d’être réparé, mais nous savons très bien que la justice terrestre est imparfaite et donc, se trompe dans l'appréciation des erreurs que nous commettons. Dans le monde spirituel, la justice ne se trompe jamais et elle est appliquée par l'esprit lui-même dans la rétrospective qu’il devra toujours faire de tous ses actes. C’est sa propre conscience qui le jugera. Rien n’échappe à l'appréciation de l'esprit et à son jugement, mais il convient d’observer qu'il n'y a pas un tribunal astral pour juger les actes de l'esprit, comme le martèlent beaucoup de religions.

            Il y a un sentiment qui est la faute, celui-ci entraîne un autre sentiment qui est le remords. Quand la conscience accuse un sentiment de faute, celui-ci est ruminé par la conscience et « martelé » plusieurs fois jusqu'à ce qu'il se transforme en remords. La personne sent alors une profonde nécessité de réparer l'erreur commise. Si l'erreur en rapport avec cette faute n’est pas réparée durant l’incarnation, l'esprit, dans son monde astral avec sa totale clairvoyance, contraint par le repentir et par le remords, postule pour une nouvelle incarnation. C'est cette situation qui amène l’esprit à la réincarnation, souvent dans des circonstances bien difficiles.

 

7.      Les extrémités : bonté et perversité

 

            Tout comme la bonté est l’un des plus nobles sentiments de l’être, qui mène au bien-être général et démontre une spiritualité élevée, la perversité est un sentiment néfaste qui mène à l'infériorité spirituelle. Elle démontre que l'esprit doit franchir encore de nombreuses étapes, traverser d’innombrables incarnations afin de compléter son évolution sur Terre. Et comme cette évolution n’est pas faisable sans souffrance, la personne doit développer des mécanismes propres de défense contre le mal, afin que l'effort qu’elle devra entreprendre pour le progrès trouve le moins d'obstacles possibles.  

            Quand les tendances pernicieuses ne sont pas réprimées et que la personne les accroît jusqu’à la méchanceté extrême, nous nous trouvons alors face à la perversité, situation où la conscience atteint son plus bas niveau. Dans ces conditions (6) :

 

« La perversité est une démonstration évidente d'infériorité spirituelle. Elle signifie que l'esprit n’est pas encore convenablement préparé, et il est évident que ses vibrations sont identiques à celles de l'espèce humaine qui dispose d’un développement spirituel de niveaux inférieurs.

 

Le libre arbitre sous de telles conditions, reflète une orientation erronée, la condition d’ignorance de l'esprit lui-même. »

 

8.      Le libre arbitre et l'évolution

 

            Nous avons déjà vu que l'esprit est lumière, que son intensité propre est compatible avec son degré de progrès et d'évolution. Il est logique de déduire que plus l'intensité de cette lumière est grande, plus grande sera la vibration de l'esprit, ce qui veut dire, par conséquent, que plus grande sera sa connaissance de la vie. Cela implique un plus grand contrôle du raisonnement et des actes qui en découlent, résultant de l'usage réussi du libre arbitre. Il est aussi logique que, plus intense sera la vibration de l'esprit, moins il se laissera saisir par des actions que sa conscience désapprouve. À partir de là nous pouvons exalter le fait que (6) :

 

« L'évolution (il n’est jamais excessif de le répéter) est régie par des lois naturelles qui ne changeront jamais ni dans le Temps ni dans l'Espace. Personne ne peut abroger leurs normes impératives.   

 

Ces lois nous mettent tous sur le même rigoureux pied d'égalité selon les moyens dont chacun dispose pour utiliser en toute liberté le patrimoine spirituel qu’il aura acquis de manière plus ou moins rapide selon l’orientation qu’il aura donnée à son libre arbitre. »

 

            En se mettant en harmonie avec les lois naturelles et immuables, la personne peut se défaire de ses faiblesses, de ses mauvaises habitudes et vices, toujours franchir un pas de plus en direction de la Lumière, de l'Intelligence Universelle et ainsi atteindre son évolution dans un temps plus court. En ne retardant pas son évolution, elle peut dans sa vie quotidienne, dans toutes les situations qu’elle devra traverser, ne plus contracter de débits moraux et sauver de manière plus salutaire ceux qu’elle aurait rapportés du passé, en lapidant et en nettoyant sa conscience et en enrichissant les attributs moraux qui lui sont propres.  

 

9.      Déterminisme contre Destin

 

             À ce stade, le lecteur a déjà perçu par la lecture des chapitres qui ont précédé que l'Évolution est la plus grande loi de la spiritualité. Il a perçu aussi que l'esprit s’autodétermine en traçant sa trajectoire évolutive à chaque incarnation. L'évolution de l'esprit peut être retardée et même être stoppée par indolence, affliction ou imprudence de l'être humain. L’idée erronée que les êtres ont d’être subordonnés (6) « à une supposée prédestination ou au joug d'un destin inexorable et cruel, contre lequel beaucoup pensent qu’il serait inutile de combattre » contribue beaucoup à de telles situations d’abattement et d’éloignement des devoirs.

            Le déterminisme et par conséquent le concept de destin, est une manière fausse d'envisager les choses importantes de la vie, en les transformant en situations désastreuses. Avec le libre arbitre, l’être a le pouvoir de modifier quand il le veut bien l'itinéraire de sa vie, en envisageant de manière correcte ses actions et en accomplissant ses devoirs. Donc, nous sommes nous-mêmes, les propres responsables de notre futur, que nous préparons avec nos bonnes ou mauvaises actions présentes.  

            Nous vivons dans un monde matériel et devons être toujours vigilants et en alerte pour ne pas nous exposer à des erreurs et des fautes, car celles-ci, lorsqu’elles sont commises sciemment, causent de grands préjudices à notre présente incarnation, puisqu’elles produisent des vibrations et des fluides délétères.

            Nous savons tous que nous ne devons pas nous laisser dominer par les souffrances en leur opposant une réaction immédiate. La même chose doit être dite concernant les pensées de faiblesse qui sont responsables de symptômes de dépression qui peuvent conduire à l'assujettissement spirituel. Cela peut survenir facilement et pour éviter l'obsession, nous devons apprendre à utiliser notre pensée et notre libre arbitre toujours pour le bien.

            La vie s’effectue toujours selon les véritables nécessités, il n’est sollicité d’aucune personne plus qu’elle ne peut donner. La conclusion de cette affirmation est que la bonne utilisation du libre arbitre est toujours dans les capacités de chacun, il n’est exigé ni plus ni moins. Donc, si les personnes prennent réellement la vie au sérieux, elles ont toutes les moyens de moins se tromper et d’éviter les souffrances et les tourments inutiles. Rien de cela n'arriverait si on ne se laissait piéger par les positions trompeuses des faux et mauvais amis.    

            Le libre arbitre ne peut être bien pratiqué sans le sens des responsabilités. C'est cela qui garantit les bons résultats de nos actions. Selon notre référence (6) :

 

« Cette responsabilité fait partie intégrante de la vie, étant alors irrécusable et intransférable. Il est inutile de la nier, comme est inutile la tentative d'échapper à ses conséquences. Le mysticisme du pardon pour les crimes, les fourberies et les prévarications n’ont aucun sens dans la vie spirituelle ».

 

            Dans l’intention de vouloir éviter cette responsabilité, beaucoup de personnes qui pratiquent les actes les plus condamnables, multiplient les escroqueries et causent des désordres publics, nient le libre arbitre et cherchent à se réfugier dans l'idée du pardon, lequel n'existe pas, sinon, comment attribuer un mérite à ceux qui agissent avec responsabilité ? Aussi, rien n’est plus correct que d’affronter avec courage, détermination et valeur, tous les problèmes de la vie.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

 

10.    Restrictions du libre arbitre

 

            En partant du principe qu'il n'y a pas d’excuses au mal, l'homme peut toujours résister aux injonctions et obstacles qui lui sont posés, bien qu’il rencontre des difficultés dans l'utilisation du libre arbitre. Ceci implique d'être conscient du Mal. Au contraire, sans le libre arbitre, l'homme ne serait plus qu'un robot ou une machine sans aucune responsabilité de ce qu’il est venu faire.

            Les principales restrictions au libre arbitre sont d'ordres physico-causal, environnemental, psychologique, biologique et théologique. Une bonne analyse sur cette matière a été faite par Thimoty O´Connor (7) dans son travail hautement apprécié et par Ted Honderich (8) qui nous présente divers liens sur Internet sur le sujet. Nous présentons, ci-dessous, certains d'entre eux :

 

- Consécutif à l'âge  

 

            La principale fonction des parents est de former le caractère de leurs enfants et de leur donner l'éducation qui sera à la hauteur de leurs réelles dispositions. Les enfants doivent apprendre à faire confiance à leurs parents depuis la plus tendre enfance, pour qu’il y ait un environnement qui puisse leur offrir le meilleur possible en termes d'éducation morale et éthique. Pour cela, les enfants doivent se mettre en condition de bons apprentis, mais non de soumission car celle-ci est toujours aliénante. Il faut comprendre que face à cette représentation dans la phase de l'enfance, l'utilisation du libre arbitre est toujours limitée et donc varie d’un pays à l’autre, en fonction des lois en vigueur. La responsabilité des géniteurs sur les enfants peut s’exercer jusqu'à 21 ans, néanmoins une libéralisation croissante existe déjà dans beaucoup de pays, les jeunes disposant dès 14 ans d'une liberté relative, ce qui leur permet graduellement de prendre conscience des responsabilités qu’ils assumeront avec l'usage de leur libre arbitre à l'intérieur et à l'extérieur de leur foyer.

 

- Lavage de cerveau  

 

            Il y a des situations qui se produisent dans la vie des personnes qui les rendent totalement soumises aux idées d’autrui, aux pensées et aux doctrines religieuses qui aliènent leur volonté et donc leur capacité à utiliser leur libre arbitre. C'est ce qui arrive avec le « lavage de cerveau ». Celui-ci est pratiqué à travers des techniques aliénantes suffisamment efficaces et les entraîne à une soumission irrésistible, à tel point que beaucoup de personnes relèguent à un second plan l'accomplissement de leurs devoirs, même envers la famille, et deviennent de vraies marionnettes, comme hypnotisées par leurs « gourous ». C'est une forme ignoble d’«esclavage de l’esprit ».

            Comment retourner ce processus aliénant ? A cette question il n'y a pas de solutions faciles. Abdiquer de sa propre volonté est une chose très sérieuse. Une fois retirés, la liberté et le libre arbitre et par conséquent la responsabilité morale de ses actes, tous les attributs étant corrélés entre eux, le triangle de forces reste alors fragilisé, bardé de vulnérabilités dont les profiteurs et les explorateurs des faiblesses humaines savent tirer bon profit dans l'intérêt de leurs mesquins avantages matériels.

            Je dirais qu’il s’agit d'une forte indolence mentale, d’un manque de raisonnement lors du filtrage primaire des intentions de tels profiteurs, parce que sans un raisonnement fort, comment la personne pourrait-elle « être elle même », réacquérir sa personnalité et sa force de volonté ? Dans ces cas-là, il n'y a pas moyen d’échapper à un traitement psychologique et à des conseils spirituels très sérieux. Il y a des cas où l'intervention policière est nécessaire pour soustraire la personne à ses profiteurs aliénants.

            Le lavage de cerveau se pratique aussi dans de nombreux autres domaines qui ne sont pas  religieux comme dans les techniques modernes (effet subliminal) que le média télévisuel utilise en politique (séducteurs politiques), en subversion des habitudes (séducteurs sexuels), dans l'espionnage, dans les actions terroristes et dans la guerre, où les combattants emprisonnés finissent par collaborer avec l'ennemi comme ce fut le cas durant la guerre de Corée en 1950, d’où provient l’expression « lavage de cerveau ». N’ayant pas pour objectif d’analyser le lavage de cerveau nous nous gardons de nous étendre davantage sur ce sujet.

 

Subordination autoritaire

 

            Beaucoup de personnes qui ont abusé de leur libre arbitre ont eu à affronter les juridictions criminelles en vigueur dans leur pays et à payer pour les crimes qu’elles ont commis, elles ont été pénalement condamnées. Ainsi dans les prisons, soumises à la dure sévérité des lois et des règles pénitentiaires, elles ont disposé d'un libre arbitre quasiment réprimé. Tout cela est fait dans le but de préserver le Bien de la société et récupérer si possible ceux qui présentent un bon comportement dans l'accomplissement de leur peine. Mais cela n’est pas toujours possible, puisque beaucoup de malfaiteurs récalcitrants récidivent et retournent en prison pour réparer leurs nouvelles fautes. C'est le travail de la justice terrestre.

 

- Oppressions politique, policière et religieuse

 

            Dans les pays qui n’adoptent pas la démocratie comme manière de gouverner, les personnes vivent un scénario de restriction de la liberté individuelle. Sous oppression et violence policières, les personnes ne vivent pas le meilleur des mondes, étant surveillées dans leurs libertés de penser et d’agir. D’où l'existence d'un libre arbitre restreint.

            La même chose se produit dans les pays où la religion et le pouvoir politique agissent communément en restreignant la liberté de penser, comme c’est le cas dans certaines dictatures politico-religieuses de beaucoup de pays de l'Est. Mais pire que tout cela, nous observons, terrifiés, le traitement différent qui est administré aux femmes, soumises aux hommes, traitées comme des objets, comme si elles étaient leur propriété.

  

- Conditions biologiques  

 

            Beaucoup de personnes naissent avec des défauts physiques ou mentaux, comme celles porteuses du syndrome de Down, ou qui acquièrent des maladies mentales aliénantes.            

            Nous ne voyons pas la nécessité de nous étendre sur ces cas, puisqu’il n'est pas difficile d'imaginer les différents types de restrictions que nous trouvons chez les aveugles, les sourds, les muets, les personnes handicapées physiques et les déficients mentaux privés d’un ou plusieurs de leurs sens physiques, privés aussi de beaucoup de possibilités, ce qui limite l'utilisation de leur libre arbitre.

            Très tristes et dégradants sont les cas de personnes démentes (obsédées), impitoyablement abandonnées par leur famille dans les rues des villes ou abandonnées dans de précaires et mauvaises structures, où pour beaucoup d’entre elles la guérison est impossible, la cause de la folie étant méconnue.

 

- Cas extrêmes

 

            Il y a aussi la présence de cas extrêmes, où la liberté de choix est limitée à deux alternatives ou possibilités, entraînant la personne dans une situation où selon l’expression : « s’il court l'animal est rattrapé, s’il reste l'animal est mangé », comme dans les cas de violence à main armée, de viols, de kidnappings, etc. Pour sauver sa propre vie, la personne est obligée de se soumettre, temporairement, à des situations humiliantes, dégradantes et traumatisantes. Il est évident que, dans ces conditions, il ne peut y avoir aucun libre arbitre de la part de la victime désarmée.

 

11.    Conclusion

 

            Il y a encore peu de gens qui ont l'exacte notion de la valeur du libre arbitre et qui savent l'utiliser à bon escient avec le sens des responsabilités. Nombreux sont ceux qui sont prisonniers (1) des « [...] fausses conceptions, pensées et habitudes vicieuses, qui n’appliquent pas la plénitude du pouvoir de raisonnement à cause de ces limitations, ce qui limite ou conditionne leur choix, endommageant l'exercice et la portée de cette faculté ».   

            Nombreux sont les maux causés par l'ignorance de ce qu’est le libre arbitre pour l’existence humaine. Pour cette raison donc, beaucoup d’incarnations sont successivement perdues. Beaucoup de gens avanceraient s’ils cherchaient à comprendre que le pardon n'existe pas réellement, ils changeraient cette idée absurde par la compréhension de ce qu’est le libre arbitre et chercheraient à l’utiliser avec cohérence et responsabilité. Ainsi de multiples réincarnations, pour lesquelles l'humanité paye un prix suffisamment élevé, seraient évitées.

            Pour résumer, le libre arbitre, associé à la pensée, est l’un des meilleurs instruments dont dispose la personne pour apprendre et enseigner les leçons de la vie avec grandeur d'esprit, avec humilité et beaucoup d'amour, réduisant ainsi le temps nécessaire à sa pleine et totale évolution spirituelle.

 

 

Références de ce chapitre :

 

 

 1) SAMEL, Caruso. Reflexões sobre os sentimentos. 2.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor, 2001, p. 205-209.

 2) AGOSTINHO, Santo. O livre-arbítrio (trad. do original latino por Antônio Soares Pinheiro) 3.ed., Faculdade de Filosofia de Braga, 1998.

 3) DOMENECH I, Manuel Maria. Suma Teológica contrastada com la ciencia. Disponible sur :  http://personal3.iddeo.es/mmdomenechi/STCC.HTM. Accessible le : 30 jan. 2006

 4) DESCARTES, René. O Mundo dos filósofos. Disponible sur : http://www.mundodosfilosofos.com.br/# Accessible le : 30 jan. 2006

 5) NASCIMENTO, J. C. O Livre arbítrio. Gazeta do Racionalismo. Rio de Janeiro, jan. 2006. Disponível em: http://www.racionalismo-cristao.org.br/gazeta/artigos/o-livre-arbitrio.html. Accessible le : 30/01/2006.

 6) MATTOS, Luiz de. Racionalismo Cristão. 42.ed. Rio de Janeiro: Centro Redentor, 2004. p 147 - 153.

 7) O´CONNOR, Thimoty. Free Will. Disponible sur : http://plato.stanford.edu/entries/freewill/. Accessible le : 17 Jan. 2006

 8) HONDERICH, Ted. The determinism and freedom philosophy website. Disponible sur : http://www.ucl.ac.uk/~uctytho/dfwIntroIndex.htm Accessible le : 30 jan. 2006

 

 

 

 

 

 

TROISIÈME PARTIE :

 

INDICES ET ÉVIDENCES

 

 

 

 

CHAPITRE  XV

 

 

CAS SUGGESTIFS DE RÉINCARNATION

 

 

Brisant les barrières du paradigme scientifique

 

 

La science parvient à la conclusion que tout ce qui existe dans l'Univers est éternel, vivant et en constante évolution.

Découvrir l'existence de l'âme pourrait être l’une des plus grandes gratifications pour l'humanité. Gary Et. Schwartz, dans son livre « The afterlife experiments » - 2002.

 

Je pense qu'une personne rationnelle peut croire en la réincarnation fondée sur l'évidence. Ian Stevenson, chercheur des phénomènes de réincarnation, cité dans « Les Âmes anciennes » (Old souls), de Tom Shroder.

           

 

            La réincarnation est le processus d'un même esprit traversant de nombreuses incarnations successives, changeant de corps et de conditions de vie à d’autres époques et dans différents lieux. Tout ce qui a été dit dans le chapitre 9 sur l'esprit et son incarnation s'applique également à la réincarnation qui survient suite à la naissance d'un être humain. Nous saisissons alors que l'incarnation de l'esprit se produit uniquement la première fois et la réincarnation plusieurs fois. Dès lors que la particule de Force Intelligente acquiert la modalité d'esprit, certains nouveaux attributs sont activés entre autres la conscience, l'intelligence et le libre arbitre. Elle s’individualise, s’autodétermine et s’incarne des centaines et même des milliers de fois pour promouvoir son évolution. Après sa complète trajectoire évolutive dans le monde Terre, l'esprit n’aura plus besoin de s'incarner. Il suivra alors son évolution exclusivement en tant qu’Esprit dans les mondes spirituels supérieurs.  

            Nous avons montré au chapitre 6 comment sont apparus les pionniers du Spiritisme dans la seconde moitié du XIXe siècle, et au chapitre 7, comment s'est produit l'avènement du Spiritualisme moderne (1910) codifié en doctrine sous le nom de Spiritisme Rationnel et Scientifique Chrétien par Luiz de Mattos et Luiz Alves Thomaz, actuellement connu sous le nom de Rationalisme Chrétien.  

            Nous présentons aussi le chapitre 16 consacré aux Expériences de Mort Imminente (EMI ou NDE - near-death experience, en anglais) portées à la connaissance de tous par Raymond A. Moody, Jr. chercheur depuis 1966 qui a révélé des milliers de cas confirmés de mort imminente, renforçant les évidences de l'existence de l'esprit et du processus de réincarnation, exposant au monde l'existence de la vie de l'esprit après la mort.

            Au chapitre 17 sont présentés les phénomènes de régression aux vies antérieures, relatés par le psychiatre Brian Weiss et plusieurs psychologues tels qu’Helen Wambach, Edith Fiori, Patrick Drouot (physicien), Maria Peres (psychologue et médecin) et d’autres, dont les expériences mentionnées à travers leurs articles et livres, ont apporté beaucoup d'indications et de nouvelles évidences sur l'existence de l'âme (esprit) et son immortalité. Ils ont exposé au public à travers la thérapie par régression aux vies antérieures (TRVA) un grand nombre de phénomènes, jusqu'alors exclusivement du domaine du Spiritisme et du Spiritualisme.

            Outre les chercheurs cités, de nombreuses autres expériences ont été relatées par des dizaines d'auteurs et de chercheurs à travers des centaines de livres à grande diffusion d’actualité dans le monde entier, ainsi que sur travers Internet. Ces phénomènes, incluant de nombreux cas de manifestations médiumniques confirmés, ont été étudiés tout d’abord par le scientifique William Crookes durant la seconde moitié du XIXe siècle comme cela a été longuement présenté au chapitre 6. Cent ans après, pendant la seconde moitié du XXe siècle,  plus précisément à partir de la décennie 1960, de nombreux cas de réincarnation confirmés ont été étudiés par Ian Stevenson (1, 2) et ses collaborateurs. Presque simultanément ont eu lieu les études et les recherches sur les phénomènes d'expériences hors du corps (EHC ou OBE - out-of-body experience, en Anglais) et d'Expérience de Mort Imminente (EMI). Ce chapitre montre aussi les plus impressionnantes études sur la médiumnité pour lesquelles les recherches scientifiques sont en cours depuis la fin de la dernière décennie du siècle passé, sous la coordination de Gary E. Shwartz à travers le « Projet de Recherches Veritas » (3).

            Ce que nous allons présenter dans ce chapitre est destiné à la sensibilisation de quelques étudiants, chercheurs, psychologues, psychiatres et scientifiques totalement indifférents à toute doctrine prônant la réincarnation mais intéressés par l'étude de cette question toujours présente à l'esprit de nombreuses personnes : existe-t-il une vie après la mort ?

 

1.      Les recherches d'Ian Stevenson

 

            Ian Stevenson, psychiatre de l'Université de Virginie, est l’un des pionniers de la recherche moderne sur les cas courants et suggestifs de réincarnation vérifiés principalement à travers les témoignages en majorité d’enfants. Ses études, initiées dans la décennie 1960, ont déjà permis le recensement dans sa base de données de plus de 2500 cas ou souvenirs de prétendus récits de réincarnation.   

            Si dans le cas d’expériences de mort imminente (EMI) il fut plus ou moins facile de réaliser un cas typique absolu ou presque absolu avec des caractéristiques courantes d’attestations de réincarnation, ce procédé n'est pas aussi facile vu la caractéristique sui generis de chaque cas. Notre intention n'est pas de décrire des cas, car nous n'avons pas fait de recherches dans ce domaine. Néanmoins, génériquement nous observons que dans de nombreux cas Stevenson a cherché à suivre les indices des récits relatés, en conduisant les enfants jusqu'aux lieux où ils auraient vécu auparavant. Stevenson a préféré les cas où les lieux n’avaient jamais été visités avant par les enfants, afin de constater la véracité de leurs indications, des scénarios et des situations qu’ils racontaient pour la première fois. Il a constaté que du  fait d’être dans les lieux indiqués, ces enfants se montraient familiers avec lesdits lieux et scénarios, en identifiant les maisons où ils avaient vécu, leurs parents et autres caractéristiques vérifiées par le chercheur. Vu l’importance pionnière de Stevenson et la persistance avec laquelle il mena les recherches dans ce domaine du plus haut intérêt scientifique il y a plus de 40, ans nous accorderons plus de discernement à ses travaux conformément à ce qui a été relaté dans ses œuvres, que nous allons commenter.

 

- Vingt cas suggestifs de réincarnation

 

            Tous les livres du Dr Ian Stevenson sont importants pour l'étude des phénomènes de réincarnation. Dans son livre de 596 pages, intitulé (1, 2) « Twenty cases suggestive of reincarnation » (Vingt cas suggestifs de réincarnation), il présente sept cas survenus en Inde, trois cas à Ceylan, deux au Brésil, sept en Alaska et un cas au Liban. Ce livre sera commenté ci-dessous sous le titre «Entretien accordé par Ian Stevenson » dont le contenu se réfère principalement aux cas décrits dans sa première œuvre de révélation sur la réincarnation. En procédant ainsi, nous ne risquerons pas d'introduire de nombreuses répétitions dans notre texte.

 

- Enfants qui se souviennent de leurs vies antérieures : une question de réincarnation

 

            Dans son œuvre (4), « Children who remember previous livesa question of reincarnation » (Enfants qui se souviennent de leurs vies antérieures - une question de réincarnation), Stevenson présente trente-huit pages résumant quatorze cas dont treize qui n'avaient pas été publiés dans son œuvre précédente. Les cas concernent plusieurs peuples de religions et de pays différents, à savoir : deux en Inde, un en Alaska, un en Birmanie, un au Sri Lanka, un au Liban, un en Turquie, un en Thaïlande, un en Angleterre, un en Finlande et quatre aux États-Unis. Dans cette même œuvre, Stevenson consacre aussi environ quatorze pages d’explications sur les cas qu’il a étudiés, à savoir : lectures de vies antérieures, retour hypnotique dans le passé, expériences de déjà vu, rêves et cauchemars, conséquences des maladies et drogues, méditations, émotions fortes, faits (flashes) d'adultes en totale conscience et expériences spontanées avec des enfants. Stevenson nous révèle ici la réserve avec laquelle il considère ces explications, hormis la dernière qui constitue la base de ses travaux :

 

-       Expériences de « lecture » de vies antérieures

 

            Stevenson affirme que celles-ci sont les plus faibles explications sur les attestations de réincarnation. Elles proviennent de personnes qui déclarent pouvoir décrire ou « lire » les vies antérieures d’autres personnes (faux médiums, à la recherche de profits financiers et de notoriété médiatique, etc.) Aux crédules qui admettent avoir foi dans les récits de ces personnes, Stevenson recommande qu’ils fassent l'expérience sans état d’âme, en utilisant deux ou trois de ces médiums chacun à leur tour et sans que les autres ne le sachent, afin de confronter les résultats dévoilés pour constater qu’ils se sont trompés. Presque toutes les prédictions de ces faux médiums se rapportent à des vies passées éloignées qui ne peuvent être vérifiées et donc, dénuées de valeur scientifique.

 

-       Expériences avec retour à des vies antérieures

 

            Pour les cas de retour hypnotique ou argüée aux vies antérieures, Stevenson est aussi très dénonciateur, bien qu'il considère que ces cas soient un peu plus évidents que ceux précédemment décrits. Lui-même raconte trois expériences qu’il a réalisées avec ses patients et fait une autocritique. La grande majorité des cas mentionnés dans cette rubrique sont ceux de personnes et de lieux difficiles à vérifier et à confirmer puisque antérieurement au XIXe siècle, les registres de décès et les sépultures des personnes étaient très précaires. L’un de ses principaux griefs est que sous hypnose, le patient est préalablement incité à revenir au passé dans un lieu qu’il admet pouvoir être à l’origine de ses traumatismes présents et qu’ensuite, après avoir été hypnotisé, le patient a tendance à obéir aux injonctions du thérapeute, ce qui ôte toute spontanéité de ses observations. Ainsi, souvent le patient pense que plusieurs de ses « observations» sont en réalité des imaginations. Stevenson conseille que, même sous le contrôle des recommandations des spécialistes en retour vers le passé, l'utilisation d'enfants entre 5 et 8 ans serait plus spontanée et réduirait les imaginations, puisqu’ils auraient été beaucoup moins exposés aux informations courantes de notre culture actuelle. Nous devons observer que les techniques de retours ont comme principal objectif de guérir certains traumatismes et de rétablir la santé psychique de personnes affectées et non de servir d’attestations de réincarnation.

 

 

 

 

-       Expériences connues comme déjà vu

 

            Beaucoup de personnes croient avoir vu ou visité un endroit auparavant, un endroit qu’elles connaissaient déjà. Une recherche faite révèle que 76% des personnes ont déjà vécu ce type d'expérience. Beaucoup d'enfants ayant vécu ces cas révélés par Stevenson reconnurent les lieux de leurs vies antérieures avec beaucoup de détails. Il y a d’autres explications au le phénomène comme la précognition, les effets neurologiques, etc. Ces cas sont très subjectifs et isolément ils ne constituent pas une preuve hormis pour la personne elle-même.

 

-       Expériences provenant de rêves et de cauchemars

 

            Parmi divers types de rêves, ceux qui intéressent cette analyse sont ceux de type récurrent, les rêves qui se répètent et qui sont plus communément connus sous le nom de cauchemars. Les rêves récurrents sont plus souvent remarqués chez les enfants et leur régularité diminue au fur et à mesure que les enfants grandissent. Ces rêves semblent laisser une fixation dans la mémoire bien différente des rêves ordinaires et, en règle générale ils sont sans détails permettant une évaluation significative objectivant un fondement dans la réincarnation.  

 

-       Expériences sous l'effet de maladies et de l’utilisation de drogues

 

            Beaucoup de maladies qui mènent à un état fébrile très intense produisent des images mentales très fortes, semblables à des délires, difficiles à interpréter. Il en est de même pour l'utilisation de certaines drogues, comme par exemple la diéthanolamide de l'acide LSD (LSD) qui permet, d’après ses utilisateurs et adeptes, de revivre des souvenirs de cette vie et d'autres, souvent très emmêlés et confus, avec pour circonstance aggravante la cause d’effets collatéraux très sérieux et dangereux. Il n’est pas recommandé d’utiliser le LSD pour l'étude des vies antérieures ni pour démontrer le processus de la réincarnation. Malgré cela, beaucoup de chercheurs et psychiatres, comme par exemple Stanislav Grof, cité par Amit Goswami dans son nouveau livre « La physique de l'âme » (5), page 97, ont provoqué des souvenirs de vies passées par l'utilisation du LSD chez de nombreux patients. Ces considérations sont de lui :

 

« Ils [les souvenirs d'autres vies] sont extrêmement réalistes et authentiques, et mènent habituellement à l’accès à des informations précises sur les périodes historiques, les cultures, et même sur des événements historiques que l’individu ne peut acquérir par d’autres moyens. Dans certains cas, la précision de ces souvenirs a été constatée objectivement, parfois avec des détails impressionnants… Les critères de vérification sont les mêmes que ceux utilisés pour déterminer ce qui a pu se passer l'année dernière : identifier les souvenirs spécifiques et dégager, pour certains d’entre eux au moins, les évidences indépendantes. J'ai observé et publié personnellement divers cas remarquables, parmi lesquels les aspects les plus rares ont pu être confirmés par une recherche historique indépendante » (Grof, 1992).

 

-       Expériences sous méditation

 

            La méditation est très utilisée par les adeptes de certaines religions orientales, comme le Bouddhisme et l’Indouisme. Les siddhis ont une grande habilité à se rappeler les vies antérieures par la pratique spontanée de la méditation. Ces souvenirs ne contribuent pas à l’évidence de la réincarnation, mais ont une valeur personnelle. Comme pour l'hypnose, dans les deux cas, les gens ont du « pain sur la planche » dans la recherche d’évènements car si ceux-ci ne sont pas trouvés, ils finiront victimes de divagation.

                                                                                                           

-       Expériences sous forte émotion

 

            Les personnes qui reçoivent des nouvelles d’accident ou qui assistent à la mort inattendue d'un proche parent aimé (mari, femme, enfant, etc.), sans raison apparente, entrent dans un processus de dépression très aiguë qui peut durer longtemps. Durant la période de dépression elles pensent voir des scènes de vies antérieures et les considèrent comme réelles.

 

-       Expériences en état de conscience normale

 

            Beaucoup de personnes perçoivent spontanément, avec une relative fréquence, des séquences d’étincelles ou flashes qui semblent évoquer des mémoires de vies antérieures. Elles ne sont pas d’une totale exactitude, à moins d’être vérifiées soigneusement, mais elles ont une valeur subjective très intrigante pour les personnes non spiritualistes.

 

-       Expériences spontanées avec des enfants  

 

            Celles-ci sont plus fiables et les faits recherchés et relatés peuvent être vérifiés et confrontés aux récits d'autres personnes de la famille et amis de celle-ci que l'enfant considère comme faisant partie de sa vie passée et qui, en général, résident non loin. C’est sur cette voie qu’Ian Stevenson et ses collaborateurs ont choisi de travailler depuis plus de quarante ans.  

            En corrélation avec les caractéristiques d'un cas typique, les questions suivantes sont abordées : cultures qui croient ou ne croient pas à la réincarnation, influence des parents, origine des informations relatives aux faits, conditions socio-économiques des parents, apparition de récurrences, prédictions de la personne désincarnée avant la désincarnation, rêves prémonitoires, marques de naissance, caractéristiques communes entre deux personnalités, etc. L'analyse de ces facteurs est très étendue et compréhensible, rien n’est exceptionnel, ce qui nous amène à la conclusion que Stevenson est un chercheur sérieux et en quête de vérité sur la réincarnation. Il est alors indéniable que beaucoup de parents essaient de dissuader leurs enfants de leurs idées sur la réincarnation, surtout si la vie antérieure se réfère à une personne de mauvaise réputation ou ayant commis un crime et cette attitude des parents ne peut être condamnable. La pression que les enfants reçoivent est telle qu’ils finissent par simuler l’oubli de leurs souvenirs et lorsqu’ils acquièrent un peu plus de maturité, ayant moins de crainte des réprimandes et plus de confiance, ils interpellent leur mémoire. Les stigmates de naissance ont un rôle prépondérants dans les recherches de Stevenson au point d’avoir, plus tard, édité une œuvre sous le titre de « Where reincarnation and biology intersect » (Là où la réincarnation et la biologie se rejoignent) (6, 7), avec une insistance spéciale sur ce sujet.

 

            Néanmoins, le plus important dans l’œuvre mentionnée ci-dessus de onze chapitres est l'exposition que Stevenson fait de la méthodologie scientifique appliquée aux recherches qu’il a entreprises. Le reste du livre, environ 280 pages, est voué à l'analyse historique de croyances en la réincarnation à travers les temps, aux particularités d'un cas typique, à l’analyse et à l’interprétation des cas, aux variations des cas en fonction de différentes cultures, à la valeur explicative de l'idée sur la réincarnation et à certaines spéculations sur sa propre étude. La validité de ces études élaborées dans le vaste laboratoire de la vie ne peut être niée à travers les cultures les plus diverses. Quant aux conclusions, chacun peut tirer les siennes.   

 

            -  Là où réincarnation et Biologie se rejoignent - Convergence entre réincarnation et Biologie

 

            Stevenson, dans son livre cité sous la référence (6, 7) - Where reincarnation and biology intersect (Là où réincarnation et Biologie se rejoignent - Convergence entre réincarnation et Biologie), traite de l'existence de certains stigmates de naissance ou acquis tout au long de la vie, de certains cas qu’il a étudiés principalement lorsqu’il s’agit de morts violentes produites durant la réincarnation antérieure. C'est une œuvre sui generis, qui cherche à corréler les marques et les signes avec les blessures par accidents ou les marques existant dans la vie passée de ses interviewés. L'œuvre contient 203 pages et trente-cinq illustrations analysant de tels faits. Dans les 26 chapitres de l'œuvre, il analyse les localisations des marques de naissance, cicatrices et blessures, ainsi que les défauts de naissance et autres anomalies, tels que positions, gestes, mouvements involontaires (mimiques). Il examine aussi les cas des jumeaux, qui manifestent les mémoires de vies antérieures.

            Ecrivain spécialiste en psychiatrie reconnu mondialement comme investigateur scientifique en histoires relevant d’événements paranormaux, Stevenson a lancé un appel afin que soient mis de côté nos scepticismes et nos vieilles tendances à discréditer la réincarnation, pour pouvoir prendre en considération la réalité de l’abondance de cas actuellement disponibles et bien documentés. Son livre contient 112 cas sur 225 étudiés dans sa monographie originale.

            Beaucoup de stigmates indiqués sont de domaines insolites bien différents du reste, des cicatrices presque toujours apparentes ou sous forme d’une dépression des tissus adjacents. Les morts dont ces enfants se souviennent, ont été en majorité des cas, violentes. L’attestation-clé résulte de l'étroite relation qui existe entre (6) « la nature des blessures provocatrices du décès dans la personnalité antérieure et la présence des marques de naissance localisées aux mêmes endroits du corps des enfants qui se rappellent de leur vie antérieure et comment elle s’est terminée ».

            Pour clore ces commentaires sur l'œuvre en référence, nous listons les principaux résultats de ces recherches (6, 7) :

 

  • Une série de cas est décrite dont la forte attestation de réincarnation excède les cas préalablement relatés par Stevenson.

 

  •  Lorsque la corrélation entre la dernière vie et celle actuelle de l'enfant est établie, la preuve est généralement trouvée dans la causa mortis de la vie précédente, soit à travers les informateurs que la personne a connus, soit à travers les registres médicaux faits lors du décès.  

 

  • Six cas sont décrits dans lesquels les marques de naissance à deux endroits du corps de l'enfant correspondent exactement à l'entrée et à la sortie de blessures qui se sont produites dans le corps de la personne antérieure.

 

  • L'incorporation de facteurs physico-biologiques (marques de naissance et défauts de naissance) dans cette série de cas d’attestations de réincarnations élimine pratiquement la possibilité de duperie, la communication entre les familles ou la perception extra-sensorielle comme explications pour de tels cas.

 

  • Une blessure fatale qui se serait produite peu avant le décès de la personne antérieure, facilite son apparition postérieure comme marque de naissance.  

 

  • Quelques personnes démontrent la capacité à créer des changements dans leur propre corps, comme pour le cas de stigmates ou à travers certains phénomènes induits hypnotiquement.

 

  • Environ 35% des cas démontrent l'existence de phobies qui sont souvent en rapport avec la causa mortis de la vie antérieure.

 

  • Stevenson riposte et indique l'existence d'une croyance plus forte en la réincarnation que celle qui a été indiquée dans ses précédents travaux « La réincarnation est la meilleure explication pour beaucoup de cas ».

 

- Entretien accordé par Ian Stevenson

 

            Dans l’entrevue (8) donnée par Ian Stevenson au Dr. K.S. Rawat, Directeur du Reincarnation Research Foundation (Fondation de Recherche sur la Réincarnation), à Faridabad en Inde, en 1986, en collaboration avec le Reincarnation Forum (Forum sur la Réincarnation), se référant aux collègues scientifiques qui défendent le point de vue généticiste des cas qu’il avait étudiés, Stevenson défend le point de vue de la réincarnation.  Il dit que la réincarnation assure une meilleure explication des cas qu’il avait étudiés et relatés dans son livre « Twenty cases of suggestive reincarnation ». Il a confirmé que ces cas relatés étaient véridiques, qu’ils se produisent très tôt au sein des familles et persistent fréquemment à travers et pendant toute la vie. Une telle conduite est rare dans la vie des familles. L'enfant ne pourrait l’inventer, ni même l'hériter d'autres membres de la famille.

            Les références (1, 8) racontent l'histoire de 20 cas d'enfants qui ont témoigné, très tôt dans leur vie la connaissance de faits relatifs aux vies d'autres personnes déjà mortes. Ce sont des cas vérifiés en Inde, à Ceylan, au Brésil, en Alaska et au Liban. Voici une description d’exemple général de ces cas. Le cas s'initie quand un enfant de 2 à 5 ans commence à parler à ses parents d'une vie qu’il a eue à un autre temps et dans un autre lieu. L'enfant ressent normalement une considérable impulsion vers sa vie antérieure et importune ses parents réticents à qui il demande de le conduire jusqu'au lieu ou la communauté où il affirme avoir vécu précédemment. Face à une telle insistance, ses parents commencent même, par curiosité, à explorer la véracité de l'histoire de leur fils ou fille ; néanmoins, ces vérifications, en général, finissent par concorder seulement après quelques années, lorsque les parents prennent une première connaissance de l'histoire. Si certaines de ces vérifications sont positives, les membres des familles entrent en contact l’une et l’autre et demandent à l'enfant d’identifier les lieux, objets et personnes qu’il avait connus dans sa précédente existence. Parfois, le cas est transcrit dans les journaux. Quand Stevenson en prend connaissance, il cherche à enquêter avec toute la rigueur scientifique possible moyennant une investigation sélective semblable à celle d’un détective pour creuser les faits, en organisant des entretiens avec des interprètes dignes de confiance choisis par lui, remplissant des questionnaires et en établissant des tableaux d'évaluation contenant les commentaires qui reflètent ou non la véracité des mémoires révélées par l'enfant. Finalement, un récit de chaque cas est préparé et une publication des cas les plus marquants se fait.   

            L'auteur du livre mentionné (1) dans cette entrevue (8) conclut en présentant une discussion sur diverses hypothèses suggérées par des psychologues et des psychiatres, en général sceptiques, pour expliquer le phénomène, mais leurs principales conclusions dont les références ont déjà été citées, les ont amenés à adopter l’hypothèse de la réincarnation au détriment de plusieurs autres qui ont été présentées plus haut, en se basant :  

 

·       Sur le grand nombre de témoignages et sans le désir de leurrer, ce qui assure que la possibilité de fraude est pratiquement inexistante.

 

·       Sur la quantité d'informations ne correspondant pas à l'hypothèse de l'enfant qui aurait obtenu de telles informations par le contact préalable avec les familles.

 

·       Sur l'existence démontrant des caractéristiques similaires de personnalités et des habilités non apprises dans la vie courante, rendant improbable l'hypothèse de perception extra-sensorielle, faute de motivation pour une identification en général laborieuse et coûteuse des mémoires et des comportements relatifs à la vie antérieure.

 

·       Sur l'impossibilité d'hypothèses d’occurrences, dans le cas de malformations congénitales et de marques de naissance détenues par l'enfant et par la personne dans sa vie précédente.

 

            D’où sa conclusion : ce sont des cas suggestifs de réincarnation, autant conformément au point de vue de chaque cas étudié que de tous les cas dans leur ensemble, d’où la masse considérable d’informations récoltée durant 40 ans d’études et d’analyses autour de ce type de travail scientifique.

            L'importance de son travail peut être inférée d’une citation insérée sous la référence (9), réalisée par les Dr. Harold Lief dans le « Journal of Nervous and Mental Disease » : « le Dr. Stevenson est en train de commettre une erreur monumentale, se voyant reconnu comme le Galilée du XXe siècle».  

            Le contenu de leurs conclusions est très intéressant par rapport aux divers cas étudiés sur les enfants de sexe opposé à celui de leur incarnation précédente. Ceux-ci s’habillent fréquemment avec des vêtements de sexe opposé et se comportent comme si leur corps était réellement du sexe opposé et certains même émettent le désir de se soumettre à des transformations chirurgicales transsexuelles. En d'autres mots, ils n’acceptent pas leur corps physique actuel. Au Liban, en Turquie et en Alaska, on croit en la réincarnation, mais pas au  changement de sexe. Dans d'autres pays, le Dr. Stevenson a rencontré un grand nombre de cas de changement de sexe, comme en Thaïlande (16%) et en Birmanie (25%). Dans plusieurs cas étudiés, ce changement oscille autour de 5%. Ce sont les différences culturelles présentes à l’esprit des personnes.

            Dans plus de 2500 cas que Stevenson détient dans sa base de données se produisent d’autres variations dues à l'aspect culturel, comme par exemple, les détails en rapport avec les noms des personnes. Certains enfants ont pu mentionner 20 à 30 détails qui souvent incluent les noms propres de personnes de leur famille et d'autres avec qui ils ont cohabité antérieurement et ces détails ont été confirmés lors des visites entre les familles. Les cas qu’il a étudiés chez les enfants du Sri Lanka et des États-Unis ne révèlent pas les noms propres des désincarnés et révèlent bien moins de détails. Pour cela, aux États-Unis, beaucoup de cas sont classés comme « non résolus », tandis qu'en Inde, seulement 20% des cas sont classés comme « non résolus » De sa grande archive de cas, Stevenson en a exploré et étudié environ un tiers ; deux tiers sont à la charge de ses collègues et collaborateurs.

La conclusion de Stevenson est la suivante (8) :

 

 « [...] la réincarnation n'est pas seulement l’explication de ces cas, mais elle est la meilleure explication que nous ayons pour les cas les plus positifs, principalement pour ceux où un enfant atteint un nombre considérable de points (disons 20 ou 30) quant aux indications correctes sur une autre personne ayant vécu antérieurement dans une famille, qui vit à une distance bien éloignée de sa famille, et, avec qui celle-ci n'a eu aucun contact préalable. Quand nous faisons allusion à une distance éloignée, nous n’évoquons pas nécessairement une distance physique. Nous savons que deux familles peuvent vivre à dix kilomètres l’une de l'autre et néanmoins être éloignées l’une de l'autre par l’appartenance à différentes classes économiques et sociales. »  

 

            Stevenson est toujours à l’affût d'un cas idéal ou parfait, qu’il pense ne pas être facile à rencontrer. Les cas les plus parfaits sont ceux où les deux familles ne s’étaient pas rencontrées avant d’être analysées, puisque la première rencontre doit faire partie des recherches. Un cas idéal serait celui où pourrait être investigué un sujet déterminé, qui aurait prédit son incarnation dans une famille proche et qui indiquerait les principales caractéristiques du nouveau sujet, ainsi que les éventuelles marques de naissance.

            Sur cette analogie Stevenson donne pour exemple le cas d'un homme, Corliss Chotkin – en Alaska, décrit sous la référence (4), p. 259-269 - qui a prédit à sa nièce qu’après sa mort, il s’incarnerait dans l’un de ses fils à elle et a indiqué sur son corps, deux cicatrices, dues à des opérations chirurgicales. L’une sur le nez, proche de l'œil droit et l’autre sur le dos. Il dit à sa nièce : « Tu seras capable de me reconnaître parce que j’aurai ces cicatrices sur mon corps comme des marques ». Dix-huit mois après son décès, sa nièce a eu un bébé qui est né avec les deux marques de naissance. Le garçon avait entre 8 et 10 ans quand Stevenson l'a interviewé et a vérifié les marques de naissance, celle sur son dos était bien plus claire, toutes les deux ressemblaient à des cicatrices chirurgicales. Il s'agissait d'un cas impressionnant, qui malheureusement s’est produit au sein d'une même famille, ce qui amoindrit scientifiquement l’attestation de la réincarnation. Mais il est à remarquer qu'il s'agit de deux marques d’apparence de cicatrices en deux endroits indiqués par l'oncle désincarné à sa nièce.

            Stevenson a accordé beaucoup d'importance à l’observation de marques de naissance, au point d’écrire le livre « Where reincarnation and biology intersect » (6), comme nous l’avons déjà vu. L’une des questions qui surgit se rapporte à l'effet mental de la mère sur le fœtus alors qu’il se développait dans son utérus. Dans le cas indiqué, qui s'est produit avec Corliss Chotkin, décrit dans le paragraphe précédent, la nièce (mère de l'enfant) a évidemment vu les cicatrices de son oncle et, dans d'autres cas que Stevenson a explorés, la mère a vu le lieu où la mort est survenue. Les deux situations peuvent amener la future mère à mentaliser de telles blessures ou cicatrices et à influencer leur présence durant la gestation.    Questionné par l’enquêteur sur l'importance de ses études et recherches, sur l’importance de la recherche de la réincarnation dans le monde actuel, Stevenson a répondu ainsi (8) :

 

« Je pense qu'elle a diverses importances. Je pense qu'elle promet d’éclairer, comme je l’ai dit précédemment, certains phénomènes psychologiques. Je pense qu'elle présente aussi quelques implications pour la Biologie et la médecine à travers l'étude des défauts et des marques de naissance. Certains enfants, comme nous le savons, ont quelques marques de naissance, des doigts manquants sur une main, des oreilles déformées ou d’autres défauts. Et la science sait encore très peu de choses sur les défauts de naissance. Je pense que la réincarnation apportera la clarté sur cette question. Alors, naturellement, elle a une grande implication sur la question de la vie après la mort et le sens de la vie. [Enfin,] pourquoi suis-je ici ? »

 

            Il a mentionné, dans l'entrevue qu’il a accordée, certains cas se rapprochant de la norme idéale à laquelle il s'est référé précédemment dans cette entrevue, comme, par exemple  Swarnlata Mishra - Inde, décrite sous la référence (1), cas nº 4, p. 67-91.

  • Corliss Chotkin - Alaska, décrit sous la référence (4), p.259-269.
  • Imad Elawar - Liban, décrit sous la référence (1), p. 274-380.
  • Jagdish Candra - Inde, décrits dans Cases of reincarnation type (CORT), vols. 1-4 - 1975, 1977, 1980 et 1983 - CORT 1.
  • Bishen Chand - Inde, faits référencés sous CORT 1.
  • Kumkum Verma - Inde, faits référencés dans CORT 1. (8)

 

            Nous avons lu les trois premiers cas mentionnés dans l'édition anglaise des œuvres citées ci-dessus. Le cas de Corliss Chotkin (en Alaska) a déjà été évoqué dans l'entrevue (avec des marques de naissance) et le cas d'Imad Elawar (au Liban) est long et complexe, mais bien élucidé. Le cas de Swarnlata Mishra (en Inde) a été aussi exploré par Sri N. Banerjee, chercheur indien sur la réincarnation. Nous allons décrire ce cas, comme suit.   

            Swarnlata Mishra était une fille née à Shahpur, au nord de l'Inde, en mars 1948. Son père, Sri. M.L. Mishra était inspecteur de collèges et voyageait beaucoup, visitant les villes et les villages aux alentours de la ville où il habitait. Au cours de l’un de ses voyages il emmena sa fille Swarnlata, celle-ci âgée alors de 3 ans environ. Près de la localité de Katni, elle demanda au conducteur de dévier sur une route qu’elle lui indiquait et qui menait « chez elle ». Elle n'a pas été entendue. Quand ils sont arrivés à Katni pour prendre un thé, elle affirma que s’ils s’étaient rendus chez elle, ils auraient bu « un meilleur thé». Son père ignora aussi cette seconde insinuation. Plus tard, aménageant à Panna, à160 Kilomètres environ de Katni, son père comprit qu'elle disait que dans sa vie précédente elle résidait à Katni et que sa famille se nommait Pathak. Ils ont vécu par la suite durant cinq ans à Newgong, district de Chattarpur, à cette époque elle commençait à danser une danse étrange et chantait des chansons méconnues de ses parents. Son père faisait des annotations au fur et à mesure qu’il remarquait des choses sur sa fille Swarnlata et vérifiait ce qu’il pouvait. Ils déménagèrent ensuite pour Chattarpur, quand en mars 1959, il a été interviewé par le chercheur indien Sri. N. Banerjee, qui avait séjourné deux jours dans leur ville et qui ensuite s’était rendu chez la famille Pathak à Katni. Là, il a vérifié que les récits de Swarnlata se référaient à sa vie antérieure dans laquelle elle se prénommait Biya, fille de la famille Pathak. Biya était morte en 1939, à Maihar et renaquit sous le nom de Sylhet, dans la ville de Assam (aujourd'hui, Bangladesh - Pakistan), avant de renaître sous le nom de Swarnlata, à Katni. En été 1959, les membres de la famille Pathak et la famille du mari de Biya ont visité la famille de Swarnlata à Chattatarpur. Swarnlata a reconnu plusieurs personnes et leur a témoigné une grande affection. Les recherches ont montré que les chansons et les danses étranges se rapportaient à la période où Swarnlata a eu une vie intermédiaire en tant que Sylhet, mais les recherches sur cette personne n'ont pas été finalisées. Les deux familles ont affirmé n’avoir eu aucun contact préalable, ni même à l'époque de l’exploration de Banerjee.

            Sur quarante-neuf indications et reconnaissances faites par Swarnlata, seulement trois ont été incorrectes (environ 94% d'exactitude). Ian Stevenson, comme toujours dans ses recherches, présente une tabulation complète sur ces informations, qui ne laissent aucun doute sur la véracité des faits, comme indiqué dans les commentaires présentés ici. Ce qui est intéressant dans ce cas c’est qu’il inclut deux réincarnations, l’une d’entre elles étant « transitoire » (Silhet serait morte prématurément, à environ 7 ans, au Bangladesh, Pakistan).

            Finalement dans cette entrevue (8), Stevenson réfléchit sur les implications que ses études et ses recherches auraient sur la philosophie, sur la nature de l'esprit et son effet sur le corps, ainsi que sur la controverse matérialisme versus Spiritualisme, dans le comportement éthique des personnes.

 

2.      Travaux relatés par Amit Goswami

 

            Beaucoup d’autres chercheurs ont rassemblé des cas bien documentés d'autres enfants, comme, d’après les récits de Amit Goswami à travers son œuvre « La physique de l'âme » (5) un cas avéré à la fin du XIXe siècle d’un garçon japonais du nom de Katsugoro, âgé de 8 ans, où son père dans une vie précédente était mort quand il avait 5 ans et lui-même était mort une année après, de la variole. Cet enfant a fourni beaucoup de détails de sa naissance précédente, comme par exemple la description de ses parents et de la maison où ils ont vécu. Amené dans le village de sa vie précédente, il a réussi, sans l'aide de personne, à retrouver la maison où il avait vécu. Au total, seize éléments de son souvenir de vie passée ont été confirmés, cas raconté par Hearn (1897) et par Stevenson lui-même (1961).

            Un autre cas confirmé de réincarnation, rapporté aussi par Amit Goswami dans l'œuvre déjà citée, est celui de Nicola Wheater, étudié par deux chercheurs, Peter et Mary Harrison (1983). Nous transcrivons leurs mots (5) :  

 

« Nicole se rappelait sa vie antérieure où elle avait été un garçon nommé John Henry Benson, qui vécut dans une petite ville du Yorkshire en Angleterre, durant la seconde moitié du XIXe siècle (cent ans avant Nicole). A 2 ans, Nicole disait à ses parents des choses comme : « Pourquoi maintenant je suis une fille ? » et « Pourquoi je ne suis pas un garçon comme avant ?». Très jeune, la petite fille se rappelait beaucoup d’autres choses sur sa vie antérieure et les exprimait de manière si cohérente et consistante, que sa mère se sentit obligée de la conduire dans la ville de sa vie antérieure. Là, Nicole conduisit sa mère jusqu'à la maison où elle avait vécu au siècle précédent. Et à son grand étonnement, sa mère trouva l’enregistrement de la naissance d'un garçon appelé John Henry Benson dans le registre de l'église.  

 

3.      Dr Gary E. Schwartz : Expériences au-delà de la vie

 

            Le Dr Gary Et. Schwartz, William L. Simon et le Dr. Joli G. Russek, dans leur livre (10) « The afterlife experiments » (Expériences au-delà de la vie), nous fournissent des attestations scientifiques de nombreux cas étudiés de médiumnité sous expériences en laboratoire rigoureusement contrôlées. Le livre contient 374 pages, divisées en quatre parties et en 19 chapitres, exposant les révélations de médiums agissant sous les contrôles les plus rigoureux en laboratoire. C'est une remarquable étude scientifique sur la médiumnité réalisée à la fin du XXe siècle / début du XXIe siècle, environ cent quarante ans après les études de Sir William Crookes, au XIXe siècle.  

            Ce projet ouvre un vaste domaine de connaissances, qui restent toujours limitées, aux nombreux partisans actuels des doctrines spiritistes et spiritualistes. Mais plus encore, il est réalisé sous application rigoureuse de méthode scientifique, en laboratoire, en jugeant l'existence de médiums et de médiumnité, en défiant le système de croyances établi par les religions et par la science matérialiste. Il part, a priori, de l'hypothèse de l'existence de l'âme (esprit) et applique des procédés d'expérimentation logique et rationnelle, strictement régis par la méthode scientifique, ne laissant aucune marge une quelconque contre-argumentation de la part des sceptiques. Ce projet tend à prouver, malgré quelques doutes, de manière convaincante, que le concept de la vie telle que nous la connaissons est restreint et limité aux apparences de la matière.

            La poursuite de ce projet, actuellement nommé « Projet de Recherche Veritas », est centrée dans un premier temps sur un Projet de Recherche de Communication Médiumnique, qui a plusieurs objectifs (3.10) :

 

  • Le premier objectif est de développer la capacité des médiums à obtenir des informations spécifiques sur un être désincarné, et des informations sur la vie après la mort en investiguant sur les méthodologies d'évaluation de résultats et l'étalonnage des médiums potentiels.

 

  • Le second objectif est de faire des investigations sur les conditions qui affectent la qualité du médium. Ceci inclut la comparaison de résultats obtenus les yeux ouverts, un œil bandé ou les deux yeux bandés, entre les mêmes consultants (sitters) et les mêmes médiums, en examinant les conditions qui gênent ou favorisent la performance du médium (par exemple, transe médiumnique, facteurs concernant le consultant, facteurs concernant le désincarné et facteurs concernant le médium). Il tend également à investiguer toute source qui mène aux erreurs dans une opération médiumnique (par exemple, l'utilisation d’électroencéphalographie). L'objectif est de fournir aussi une explication claire à ce qui est derrière les résultats.

 

  • Le troisième objectif implique l’entraînement à la médiumnité. Nous enquêterons sur le développement de la médiumnité, les facteurs prédisposant, facteurs en rapport avec l'âge et l’instruction du médium, en répondant à la question : La médiumnité peut-elle être enseignée ?

 

  • Le quatrième objectif du projet est d’examiner la source d'informations du médium (par exemple, en distinguant entre la télépathie, la lecture en direct (living), lecture d'informations « mortes » (dead) stockées dans l'univers, ou obtention d'informations d'un désincarné).

 

  • Le cinquième objectif est de comparer la lecture médiumnique authentique et la fausse (fraude), la lecture à froid (« cold »), ou celle produite par ordinateur.

 

            Le Dr Schwartz est conscient que des milliers de faux médiums existent aux États-Unis, dont les tours n'échappent pas à la plus simple analyse. Ce sont des médiums trompeurs et charlatans, qui font une lecture à froid (cold reading) de leurs consultants. Ceux-ci ne s’inscrivent certainement pas dans leurs projets de recherche, par crainte de découragement.

            Une expérience typique conduite par Schwartz et ses collaborateurs (10) prend en considération beaucoup d'aspects, tant concernant le médium que le consultant (sitter). Avec lui, un même consultant est soumis à l’examen de plusieurs médiums (jusqu'à cinq) et les résultats sont comparés avec ceux obtenus par d’autres personnes communes assumant le rôle de médium, et qui n'agissent pas comme des médiums mais comme « contrôleurs ». Il s'agit d'un « contrôle » type placebo, très utilisé pour tester les médicaments. Les médiums sont invités à « capter » les deux yeux grands ouverts, avec un œil bandé ou avec les deux yeux bandés. Les autres conditions sont :

 

  • Le médium s'assied dos tourné au consultant, dans une salle isolée.

 

  • Le médium est choisi par l'équipe de chercheurs, parmi plusieurs candidats à l'expérimentation.

 

  • Le médium n'a aucune connaissance du consultant, ni aucune possibilité de l'avoir connu avant.

 

  • Il est demandé au médium d’inclure dans ses révélations le nom, l’initiale du nom, le sexe, l’âge approximatif, le degré de parenté, la profession ou background, la ville où il né, la description, les faits historiques, le tempérament, les opinions et beaucoup d’autres détails de la vie du désincarné, le tout planifié, les révélations du médium pouvant atteindre 100 items.

 

  •  Le consultant reste silencieux ou bien il lui est permis de répondre à une ou plusieurs questions (nombre fixé par l'équipe) du médium par oui ou par non.

 

  • Les expériences sont contrôlées, enregistrées et même filmées.

 

            Schwartz présente sous forme de tableaux et expose par graphiques les résultats obtenus. Dans un graphique typique sont exposés les pourcentages d'exactitudes de chaque médium et d'une personne commune (« qui contrôle »), qui a été testé comme s’il s’agissait d’un médium, tous se référant à un même consultant. Dans certains cas, les médiums très sensibles ont été vérifiés, atteignant 100% d'exactitudes, (la probabilité serait de 1/1.000 000 un sur un million). La moyenne d'exactitudes de 80% est atteinte dans la majorité des cas. Les « contrôleurs », qui ne sont pas médiums, atteignent des résultats en moyenne d’environ 36%. Un autre graphique typique est présenté, avec les réponses obtenues par les médiums dans les rubriques suivantes : noms, initiales, descriptions, faits historiques, tempérament et opinions sous une échelle de pourcentages. Dans certaines catégories (initiale du nom et descriptions), les meilleurs médiums arrivent à atteindre 100% d'exactitudes ! Aussi bien dans un cas que dans l'autre, les résultats sont troublants même pour Schwartz, qui souvent commente en disant : « Ceci ne peut pas être la vérité ! » ou « Il doit y avoir une erreur !  ». Son conseil envers les consultants est : « Soyez préparés à des surprises ».

            Nous plaçons, exprès, au début de ce chapitre, deux affirmations récoltées dans la préface de l'œuvre mentionnée de Schwartz : « La science parvient à la conclusion que tout ce qui existe dans l'Univers est éternel, vivant et en constante évolution ». « Découvrir l'existence de l’esprit vivant pourrait être l’un des plus grands présents pour humanité ».

 

4. La transformation d'un sceptique

 

            Une autre œuvre qui a obtenu une grande renommée a été celle écrite par le lauréat journaliste américain Tom Shroder et dont le titre en portugais est (11, 12), « Almas antigas » (âmes antiques) (dont le titre original est Old souls). Ce journaliste a accompagné Ian Stevenson lors de trois voyages d'études et vérifications, tout d’abord au Liban ensuite, en Inde, et, finalement au sud des Etats-Unis. Il a écrit leurs souvenirs de ces voyages. Son livre de 250 pages, divisé en quatre parties et 18 chapitres, commence avec un prologue où Tom Shroder nous raconte comment il est arrivé jusqu’au Dr. Ian Stevenson. Les trois autres parties, en quinze chapitres, sont consacrées aux cas observés dans les pays : huit au Liban, quatre en Inde et trois aux États-Unis. Stevenson, qui était sceptique et croyait qu’on ne vivait qu’une seule fois, après les cas qu’il a eu l'occasion de constater et vérifier à travers ses voyages, a changé complètement sa vision et l’entendement qu’il a avait de la vie. Ces extraordinaires expériences ont transformé son scepticisme en déférence et en admiration. Son œuvre a été vendue à plus de treize millions d’exemplaires, devenant un best seller dans plusieurs pays du monde !

            Stevenson a étudié des cas de réincarnation dans divers pays, couvrant les cinq continents. Dans certains, l'idée de réincarnation est culturellement acceptée comme en Inde, au Sri Lanka, en Birmanie, au Liban et dans des groupes tribaux du nord du Canada. Néanmoins, beaucoup de ces cas se sont produits dans des familles musulmanes, qui ne croyaient pas en la réincarnation et réprimaient même les enfants en leur interdisant de continuer à se remémorer leurs souvenirs. Quatre cas ont été aussi étudiés aux États-Unis et deux au Brésil.   

            Stevenson a obtenu un le Doctorat de l'Université McGill, à Montréal, en 1943. En 1939, à l'âge de 39 ans, il est devenu Chef du Département de Psychiatrie de l'École de Médecine de l'Université de Virginie. Par la suite, il s'est spécialisé dans la recherche des mémoires d'enfants ayant vécu d’autres vies, en délaissant ses activités administratives, soutenu par des fonds donnés par Chester Carlson, l'homme qui a inventé le processus Xerox, qui après sa mort, lui a légué des fonds afin qu’il continue ses recherches.

            Excepté dans la présentation de leurs recherches initiales positives sur la réincarnation dans le Journal of American Medical Association, les scientifiques d'avant-garde l'ont pratiquement ignoré. Ce n’est que bien plus tard, qu’ils l’ont réhabilité en donnant crédit à ses travaux dans le Journal of the American Society for Psychical Research et, plus récemment, dans le Journal for Scientific Exploration. Actuellement, un scientifique a été jusqu’à le présenter comme étant le Galilée de notre temps.  

            Il est évident que Stevenson a reçu beaucoup de critiques. Paul Edwards (1996) a été l’un de ses critiques les plus féroces, à travers son livre « Reincarnation : a critical examination, an energic attack », bien que n’ayant jamais rencontré Steveson. Dans son livre, Edwards a écrit : « Il [Stevenson] a écrit plus pleinement et plus intelligemment en défense de la réincarnation que bien d’autres et ceci constitue la raison pour laquelle il figure de manière importante dans mes discussions ». Edwards allègue, dans ses critiques, principalement la « faillibilité humaine » et ajoute que beaucoup d'informateurs ont des raisons de douter des cas attestés par Stevenson dans ses travaux. Il souligne encore que Stevenson n'a fait aucun effort pour expliquer ce qu’est l'âme et ce qui survient de l'« entité » tant qu'elle ne s'incarne pas et, plus encore, quel est le mécanisme de conservation de la partie de souvenir obtenue de la vie antérieure. Et en cela il a raison, puisqu’aucun scientifique ne l'a encore fait de façon exacte, bien que les spiritualistes expliquent ces questions de manière satisfaisante.  

            A ses moments les plus mélancoliques, Stevenson se sentait comme un banni, un hérétique condamné pour ses affronts à l'orthodoxie scientifique. Mais il a toujours été un homme déterminé, réservé, scrupuleusement honnête et disposé à révéler les vérités qu’il allait récolter à travers des recherches sur le terrain. Enfin, c'est un scientifique dont les intentions sont toutes de bonne foi.

            Sur la parapsychologie, Stevenson admet que beaucoup de parapsychologues sont très isolés. Ses paroles sont celles qu’il a livrées à Tom Shroder (11, 12), en 1995, lors de son interview avec lui :

 

« Ils ont été isolés, sans beaucoup discuter avec les autres scientifiques, et plus encore, en négligeant le fait que le reste du monde les ignorait. Ils étaient excessivement enfermés dans leurs étroits programmes de laboratoire et aspiraient à être négligents et même insolents sur ce qui se passait dans le domaine des expériences spontanées ».  

 

« Celles-ci [recherches spontanées] m'intéressaient plus. Les psychologues modernes ont imité les physiciens, s’intéressant uniquement à ce qui se produisait dans un laboratoire, non à des choses comme l'amour et la mort, et les parapsychologues ont imité les psychologues. Vous avez un rigoureux contrôle des conditions. Mais, il me semble qu’il vaut mieux être à 90% sûr d’une chose importante que d’être à 100% sûr d’une chose qui est triviale »

 

5.      Statistiques de cas présentés par le Dr. Helen Wambach

 

            Le Dr. Helen Wambach, qui n'a aucune attache avec la doctrine spiritiste, est un célèbre chercheur et une psychologue américaine. Elle a publié plusieurs livres de divulgation de récits évoquant des « retours » de ses patients vers des vies antérieures, parmi lesquels, (Vidas depois da vida e Recordando as vidas passadas) « Vies après la vie et souvenirs de vies antérieures ». Ses conclusions ont été fondées sur une base de données de plus de 1088 cas de « retours » vers des vies antérieures. A travers les statistiques obtenues par rapport à ses observations, elle présente des données impressionnantes et concluantes figurant, ci-dessous : (13)        

·       25% des personnes se réincarnent pour apprendre sur eux-mêmes et sur la vie.

·       18% pour s'harmoniser avec leur famille.  

·       18% pour apprendre l'amour-don de soi aux semblables.

·       27% pour croître spirituellement, en se soumettant à l'orientation des personnes.

·       12% avec divers objectifs.

 

            Ces données constituent une bonne référence pour affirmer que la Terre est un monde-école, comme nous l'avons évoqué au chapitre 9 sur l'Esprit.

            Le tableau suivant montre les sentiments que les patients ont manifestés quant à la réincarnation (12) :

  • 81% ont dit que la réincarnation est une décision personnelle, tandis que 19% ne se souviennent pas.
  • 68% se sont montrés réticents, tendus ou résignés quant à la réincarnation, 32% ne sachant pas.
  • 26% ont endossé la réincarnation avec optimisme, avec espoir d'évolution, mais 74% n’ont pas montré de tels sentiments.

 

            Ces données nous révèlent, en premier lieu, la prépondérance du libre arbitre de chacun, et le fait que, dans le monde spirituel la décision de s’incarner est propre à chaque esprit. Les réponses à la deuxième question sont très hésitantes, mais finissent par indiquer que seul l'esprit dans son monde spirituel détient la vraie raison de s’incarner, et que les souvenirs par rapport au plan de réincarnation sont surprenants.

 

 

 

 

Références  de ce chapitre :

 

 

 1) STEVENSON, M.D, Ian. Twenty cases suggestive of reincarnation. 2nd. Edition. Charlottesville: University Press of  Virginia , 1974.

 2) STEVENSON, Ian.Twent cases of suggestive reincarnation (summary). Disponible sur :http://www.afterlife101.com/Reincarnation.html. Accessible le 20/03/06.

 3) SCHWARTZ, Gary E. “Projeto de Pesquisas Veritas”. Disponible sur : http://veritas.arizona.edu/research.htm  e http://www.openmindsciences.com/. Accessible le 14/03/06.

 4) STEVENSON, M.D., Ian. Children who remember previous lives – a question of reincarnation Jefferson:.Mc Farland & Company, Publishers,  2002.

 5) GOSWAMI, Amit. A física da alma. São Paulo: Aleph, 2005.

 6) STEVENSON, M.D, Ian. Where reincarnation and biology intersect. Westport: Praeger Publishers, 1997.

 7) STEVENSON, Ian. Where reincarnation and biology intersects (summary). Disponible sur : http://www.afterlife101.com/BiologyIntersect.html. Accessible le 21/03/06.

 8) STEVENSON, Ian. Entrevista concedida ao Dr. K. S. Rawat, Diretor of Reincarnation Research Foundation em Faridabad, Índia, em 1986. Venture Inward Magazine, setembro/outubro – 1995. Disponible sur  http://www.childpastlives.org/stevenson_intv.htm. Accessible le 10/03/06.

 9) BOWMAN, Carol. Dr. Stevenson Website of Carol Bowman. Disponible sur : http://childpastlives.org/stevenson.htm. Acesso em 20/03/06.

10) SCHWARTZ, Gary E.; SIMON, William L. e RUSSEK, Linda G. The after life experiments. New York: Pocket Books, 2002.

11) SHRODER, Tom. Almas Antigas. Rio de Janeiro: Sextante, 2001.

12) SHRODER, Tom. Old Souls (summary). Disponible sur : http://www.childpastlives.org/oldsouls.htm. Accessible le 20/03/06.

13) WAMBACH, Helen. A necessidade da reencarnação. Apud MIRANDA, H. Nossos Filhos são Espíritos, p.46. Accessible le 10/03/06. Disponible sur : http://www.annex.com.br/pessoais/confrariahpe/encarnacao.htm

 

 

 

 

CHAPITRE XVI

 

 

EXPÉRIENCES DE MORT IMMINENTE

 

Vision selon le spiritualisme

 

 

« Il existe un tas de preuves circonstancielles selon lesquelles la conscience survit à la mort du corps. Il s'agit de preuves si fortes qu'elles seraient prises en compte lors d’un jugement légal. Certaines personnes pensent que la science a besoin de meilleurs instruments pour quantifier ce qu’est la conscience. Peut-être, quand nous découvrirons ce qu’est la conscience, serons-nous à même de fournir une preuve scientifique absolue qu’il y a une vie après la mort. » Kevin Williams - expert en phénomènes de mort imminente (2006)   

 

            À partir de 1969, avec la publication de la première édition du livre « Life after Life » (La vie après la vie) de Raymond A. Moody, de Jr. - M.D. (1), qui fut édité pour la première fois au Brésil en 1975 et réédité en 2004, des milliers d'entrevues relatant les cas d'expériences de mort imminente ont été enregistrées et décrites dans plus d'une centaine de livres publiés depuis lors. Actuellement, il existe des milliers de références sur Internet et même des associations de personnes qui ont vécu ces expériences.   

            L’EMI - expérience de mort imminente - est une expérience lucide liée à la perception de la conscience comme élément dissocié du corps, qui se produit au cours d'une menace patente, imminente, de mort laquelle, pour une raison quelconque, ne se produit pas. Il s'agit d'un phénomène réel bien différent des rêves et des effets d'hallucination liés aux expériences avec des drogues (LSD, marijuana, etc.).  

            Le livre déjà cité, qui a été le pionnier dans la divulgation d'expériences de mort imminente désormais désignées ici simplement par le sigle EMI, est un classique dans ce domaine. Comme notre objectif n'est pas de relater des histoires d’EMI, puisque cette tâche ne constitue pas le propos de notre livre, nous allons aborder, entre autres, les éléments subsidiaires issus de l'expérience du Dr. Moody. Il a étudié 150 cas, dont 105 cas environ ont été sélectionnés pour son œuvre mentionnée. Parmi ceux-ci, nous recueillons quelques informations qui ont servi de fondement à l'élaboration de ce chapitre. Les expériences de mort imminente y concordent d’après les critères suivants (1) :   

 

1. Les personnes qui ont été ressuscitées après avoir été considérées, jugées ou déclarées cliniquement mortes par leurs médecins.

2. Les personnes qui, lors de maladies, d’accidents ou de blessures sévères, se sont approchées de très près de la mort physique.

3. Et les personnes qui, en mourant, ont raconté leur récit à d’autres personnes présentes. Plus tard, celles-ci m’ont livré le contenu de l’expérience de la mort.

 

            Les cas d’EMI du premier critère, où la mort clinique s’est réellement produite, sont plus dramatiques que ceux du second critère, où il y a eu simplement une proximité avec la mort. Dans les deux cas, les expériences sont comparables. Les cas du troisième critère n'ont pas été inclus dans son œuvre. De toutes les façons, ces expériences sont fantastiques et présentent une grande similitude dans les récits, ce qui leur confère la qualité de véracité, confirmant le fait de la survie de l'âme sur le corps physique.   

            L'incertitude qui existe, depuis les plus anciennes civilisations et cultures sur la vie après la mort, est imputable à la peur de penser et réfléchir sur la signification réelle de la mort pour chacun d’entre nous. La peur de la mort est présente chez presque toutes les personnes de cultures et religions les plus diverses, indépendamment de l'âge où la mort survient et de la manière dont elle se produit.

            Il est facile de trouver des personnes qui ont vécu l'expérience de mort imminente, mais elles craignent d’être considérées comme des déséquilibrées quand elles relatent leurs récits à leurs amis et parents, recueillant de leur part des regards biaisés de méfiance et accordant peu de cas à leurs histoires. D'autres personnes ne souhaitent pas perdre de temps avec des « fantaisies absurdes » ou ne sont pas habituées à faire un effort mental réflexif et différent sur les choses sérieuses de la vie.  

            Pour beaucoup de personnes, il est très difficile de parler de la mort pour diverses raisons, mais les deux principales sont de natures psychologique et culturelle. Quelle que soit la raison alléguée, il existe un vrai tabou quand le sujet sur la mort est abordé. Quelques personnes fuient toute discussion la concernant, pour une raison très simple, elle est toujours associée à la peur de mourir, la peur d'accepter la mort, alors que cela arrivera un jour à chacun d’entre nous. D'autres pensent que parler de la mort peut paraître quelque chose de sinistre, capable d'attirer des pensées négatives.  

            Insérés dans l'argument culturel, il y a les éléments de notre propre vie terrestre et qui nous entourent, tels que les objets, les choses, les personnes et les événements. Dans notre subconscient est enracinée l'idée que la mort signifie l'éloignement de tout cela, inexorablement, quand tout s'annihile et devient poussière. Nous sommes habitués seulement ou principalement au monde objectif et la mort n'a pas d’explication objective. De toute façon, en dernière instance, la mort est tenue pour quelque chose de désagréable et non souhaitable, sauf pour les suicidaires.

            Il existe une approche qui affirme que la mort est la destruction de tout, qu’après la mort tout devient poussière et la conscience se démantèle : ce sont des pensées imprégnées dans le monde matérialiste. Mais il y a une autre approche qui est aussi vieille que le monde, qui conçoit l'existence de l'âme - psychique, mental, conscience ou esprit, peu importe le nom – et qui sait qu’il existe quelque chose - la Force Intelligente - qui est immortelle, qui anime le corps humain et continue à vivre après la mort. Les personnes qui ont cette idée vivent une réalité plus compréhensive,  réalité spirituelle outre la réalité matérielle.

            Il est clair que la science officielle, matérialiste, dans toutes ses conceptions en ce qui concerne l'être humain, n’a pas présenté une explication acceptable au phénomène de la mort. Comme nous le verrons – à la lumière du spiritualisme, la mort est un phénomène aussi naturel que la naissance, à son opposé. Pour l’admettre dans toute sa simplicité, il est nécessaire de comprendre ce qu’est la Force Intelligente chez l'homme, l'Esprit, ce qu’est l'incarnation, comment se produit l'incarnation (naissance) et la désincarnation (mort) et quelle est la raison d'être du processus d’incarnation qui, à son tour, est intimement lié à l'évolution spirituelle et au progrès matériel. Tout cela relève des connaissances évidentes depuis 1910, enseignées dans les œuvres du Rationalisme Chrétien (2, 3, 4). Ces connaissances seront utilisées par l'auteur pour expliquer aussi ce qui se produit dans l'EMI.

            Même les religions orientales millénaires basées sur le spiritualisme, comme le Bouddhisme et le Taoïsme, pratiquées principalement en Inde et au Tibet et qui sont encore enchaînées au vieux mysticisme ritualiste, n’apportent pas avec une absolue certitude la clarté sur ce qu’est l'esprit, son incarnation et sa désincarnation, ni sur le but de ce processus qui implique des aspects psychiques et physiques de l’être humain, comme nous l’avons abordé dans le chapitre sur l'Esprit. Ces religions basent leurs explications de l’incarnation et de la désincarnation sur les enseignements présentés dans le « Livre tibétain des morts » (5) qui laisse beaucoup de questions en suspens et traite certaines de manière totalement mystique. Ce livre semble, à l’évidence, avoir inspiré toutes les connaissances théosophiques codifiées par Madame Helena Blavatsky depuis 1868, dont les principes incluent le concept de réincarnation et de carma. Plus tard, ces principes ont été assimilés et développés par le Spiritisme d'Allan Kardec.

            Ce n’est qu’à partir du VIIIe siècle après J.C. qu’est apparu le premier Livre tibétain des morts sous forme manuscrite, ayant été jusqu'alors transmis verbalement entre les yogis tibétains. C’est C.G. Jung, le psychologue des archétypes, qui l'a divulgué à l'occident, dès 1927, en y ayant introduit son « Commentaire Psychologique ». « Le Livre tibétain des morts » (5) établit qu'il y a un continuum entre la vie telle que nous la connaissons et la mort : les expériences que nous traversons, autant de ce côté-ci que de l’autre côté, sont appelées passages ou « bardos ». Les passages ou « bardos » se produisent durant la vie et ils sont au nombre de trois : le premier « bardo » est la naissance, le second, va de l'enfance à la mort et le troisième est la mort physique du corps. À partir du quatrième « bardo » commence la période après la mort, durant le cinquième « bardo » se produisent la libération et la rencontre avec le carma (idée d’expier les mauvais actes) et à travers le sixième « bardo » s’opère la préparation à la réincarnation. Tous ces « bardos » sont décrits avec une richesse de détails, mais avec beaucoup de mysticisme, d’où l'interprétation littérale ou exotérique qui est populaire, et l'interprétation symbolique ou ésotérique qui est celle de la connaissance des yogis tibétains. C’est aussi l'interprétation sur laquelle se base le Bouddhisme dans sa doctrine sur la renaissance. Mais il relève que, pour les bouddhistes, l'âme est éphémère, irréelle. Si nous devions résumer, nous dirions que le Livre tibétain des morts a son estampille essentielle dans l'idée de la vie et la mort comme étant un voyage continu afin que tous les carmas soient expiés.

            La grande majorité des scientifiques, incluant les chercheurs de renoms internationaux qui étudient la conscience, affirment que la mort est la fin de la conscience. Pour eux, la mort c’est comme débrancher un téléviseur, en arrêtant le programme en cours de diffusion. En considérant cet exemple, nous affirmons qu'il est faux. Débrancher l'appareil de télévision n’affecte pas le signal qui est dans les ondes (vibrations) aériennes qui proviennent de la station émettrice - l'origine des programmes. D’innombrables télévisions sont débranchées en même temps sans affecter la transmission qui continue encore dans l'air, alimentant d’autres appareils de télévision, à travers diverses chaînes avec lesquelles ces appareils sont en syntonie. Simplement les images ne peuvent être vues et le son ne peut être entendu à partir de l'appareil débranché, comme un corps inerte qui tombe, après que la conscience (nous disons, l'esprit) l’a quitté. Tant que la station de transmission poursuivra le programme en cours par transmission à travers les airs, les appareils de télévision qui seront reliés à elle ou en syntonie avec elle, capteront le signal en le convertissant en sons et images. Si l'appareil qui a été débranché est rallumé et reconnecté à la même station, les images et les sons reprendront leurs transmissions, ce qui n'est pas possible avec l'exemple de la conscience (esprit), excepté dans les cas d’expériences de mort imminente, puisqu’il s’agit alors d'une mort apparente ou, spirituellement parlant, d'un dédoublement spirituel, qui se produit sous diverses modalités et avec diverses intentions.

            Dans l'analogie que nous faisons, la conscience (l'esprit) est le signal de transmission individualisé pour le corps concerné et, quand il cesse de vibrer et d’alimenter le corps avec son énergie (vie), le corps inerte tombe. D’après la conception populaire, la mort survient et, selon la conception spiritualiste, la désincarnation de l'esprit se produit. Celui-ci, libéré de la matière, retourne à son monde d'origine, à son propre monde d’où il est venu en  s’incarnant. Ce qui en résulte n’est que la mort du corps due à la désincarnation de l'esprit, ce dernier étant l'agent actif qui incite le corps humain et lui transmet la vie. Alors, pour les matérialistes et les sceptiques, seule existe la mort du corps et rien de plus. Pour les spiritualistes, il existe la mort du corps et la désincarnation de l'esprit, le premier phénomène étant la conséquence (effet) de l'éloignement de l'esprit (cause). Dans ce processus, l'esprit cessant d’alimenter le corps dont il a repris la vie (énergie), ce dernier entre immédiatement en décomposition physique, chimique et biologique, qui est la mort certifiée par la médecine officielle.   

            Donc, fondées sur cette analogie, les théories scientifiques habituelles (matérialistes) clament que l'expérience de la mort imminente est un produit de télévision, c'est-à-dire, du cerveau. En utilisant cette même analogie, nous disons que cette information est fausse, parce que c'est le signal du téléviseur provenant de la station émettrice de TV qui, en alimentant l'appareil de télévision, est la véritable source (cause). La seule et unique fonction de l'appareil de télévision est de convertir le signal reçu (ondes hertziennes) en images et sons, le téléviseur est seulement l’interprète des signaux, tout comme le cerveau interprète les vibrations (énergie) reçues de l'esprit.

 

1.      Description typique d'un cas complet

 

           Face aux milliers d'histoires amassées dans plus d'une centaine de livres publiés sur l’EMI et aussi dans plusieurs milliers d'articles existant sur Internet et dans les organisations créées pour étudier le phénomène, il est possible de se focaliser et de créer un cas typique complet d’EMI. Parmi ces associations, il y a par exemple IANDS - International Association for Near-Death Studies (Association Internationale d'Études de Mort imminente) et le NDERF - Near-Death Experience Research Foundation (Fondation pour la Recherche d'Expériences de Mort imminente). Il y a, c’est vrai, beaucoup de variations dans les récits et dans les circonstances qui ont favorisé ces expériences, mais environ quinze à dix-huit éléments sont partiellement ou totalement récurrents, toujours présents dans les descriptions enregistrées. Raymond A. Moody, Jr. M.D., auteur du best seller intitulé « la vie après la vie », précédemment cité, a mythifié un cas typique. C’est pourquoi, afin de suivre l’initiateur de ce chapitre, le choix d’un cas ou d’un autre en référence étant indifférent, comme le « récit typique » que nous transcrivons ci-dessous est issu de l'œuvre de Moody (1), pages 37-38 que nous reproduisons ainsi avec tout le respect :

 

« Un homme mourant suite à une profonde détérioration physique entend sa déclaration de décès prononcée par le médecin. Il commence alors à entendre un bruit irritant de lamentations aiguës et parallèlement il sent qu'il est en train de se déplacer rapidement à l’intérieur d’un long tunnel sombre. Soudainement, il se voit hors de son propre corps physique, mais toujours dans l'environnement ambiant physique immédiat et voit son propre corps tel un spectateur, à une certaine distance. Il observe la tentative de le ressusciter. Cette condition inhabituelle le met dans un état de révolte émotionnelle.

 

Après un certain temps, il s’est calmé et s’est résigné à cette situation stupide. Il perçoit alors qu’il a toujours un « corps » mais d'une nature très différente détenant des pouvoirs très différents du corps physique qu’il a quitté. Bientôt d’autres choses commencent à survenir. D'autres personnes viennent à sa rencontre pour l'aider. Il aperçoit les esprits de parents et amis déjà disparus et un esprit doux et chaleureux comme jamais il n’avait vu auparavant - un être de lumière - apparaît devant lui. Cet être lui pose une question pour évaluer sa connaissance sur ce qu’est la vie et l’aide dans le processus, lui montrant une rétrospective panoramique et instantanée des principaux événements de sa vie. A un moment précis, il se voit approcher d’une sorte de barrière ou frontière, représentant apparemment la limite entre la vie terrestre et la prochaine vie. Alors, il sent qu'il doit revenir sur Terre, que le moment de sa mort n’est pas encore arrivé. Il résiste sur ce point et se sent submergé par ses expériences de la vie après la mort et ne veut plus revenir. Il est envahi de sentiments intenses de joie, d'amour et de paix. Néanmoins, malgré son attitude, il s’incorpore d’une certaine manière à son corps physique et revient à la vie.  

Plus tard, il essaye de raconter cela aux autres, mais il a des  difficultés. Tout d’abord, car il n'est pas possible de trouver les mots humains justes pour décrire ces épisodes surnaturels. Il perçoit aussi que les autres plaisantent sur l'histoire, alors il cesse de la raconter. Néanmoins, cette expérience affecte profondément sa vie, spécialement sa vision de la mort et ses rapports à la vie ».

                    

            Comme il ne s'agit pas d'une histoire réelle mais bien d'un « archétype», nous constatons que, dans l'œuvre mentionnée, il existe environ 105 cas réels racontés et amplement commentés cas par cas, par le professionnel auteur du livre, dont l'expérience professionnelle est indiscutablement respectée par ses pairs et par l’avis du public mondial.

            Pour fonder ses explications sur des cas réels qu’il relate, l'auteur place dans les pages 39-41 de son livre (1) une série de faits qui, a priori, les paramètrent, en guise d'explications nécessaires au bon entendement du contenu des expériences de mort imminente. Les voici :

 

1. Malgré les similitudes marquantes entre plusieurs histoires, il n'y en a aucune qui soit totalement identique (bien que certaines soient manifestement proches).

 

2. Je n'ai rencontré aucune personne qui relatait tous les composants de l'expérience mentionnée précédemment. Beaucoup relatent un grand nombre d’entre eux, environ huit ou plus, parmi les quinze.

 

3. Il n'existe aucun élément mentionné précédemment, que toutes les personnes aient relaté dans tous les récits. Néanmoins, certains de ces éléments sont bien proches de l’unanimité.

 

4. Il n'existe pas un seul composant de mon modèle abstrait qui apparaisse dans un seul récit. Chaque élément apparaît dans plusieurs histoires distinctes.

 

5. L'ordre dans lequel la personne mourante traverse les différentes étapes brièvement esquissées antérieurement peut diverger de l’ordre exposé dans « mon modèle théorique ». Pour citer un exemple, plusieurs personnes ont raconté avoir vu l'« être de lumière » avant ou pendant qu’elles quittaient leur corps physique, et non comme d’après l’ « archétype», quelques temps après. Néanmoins, l'ordre selon lequel les étapes se produisent dans le modèle est suffisamment typique, et de grandes variations ne sont pas communes.

 

6. L’intensité avec laquelle la personne a vécu cette hypothétique expérience complète semble dépendre du fait que la personne soit réellement passée par une mort clinique apparente, et si c’était le cas, de la durée de cet état. En général, les personnes qui ont été déclarées « mortes » semblent relater des expériences plus complètes et détaillées que celles qui se sont uniquement approchées de la mort, et celles qui sont « mortes » durant une période plus longue vont plus loin dans l’expérience que celles qui ont été « mortes » durant une période plus courte.  

 

7. J'ai discuté avec certaines personnes qui ont été déclarées mortes, ressuscitées et qui sont revenues sans relater aucun de ces éléments connus. En vérité, elles disent ne pas se souvenir de leur « mort ». J’ai parlé de manière très intéressante avec diverses personnes qui réellement ont été déclarées cliniquement mortes à différentes occasions et à des années d’intervalle, et elles racontent n’avoir rien vécu en ces occasions, mais avoir été très impliquées par les expériences des autres.  

 

8. Il faut souligner que je relate des histoires, expériences ou récits du premier degré que d’autres personnes m'ont transmis verbalement pendant les entrevues. Ainsi, quand j’évoque qu’un certain élément de l’« archétype complet » ne s’est pas produit dans une histoire déterminée, cela n'implique pas nécessairement qu'il n'est pas survenu chez la personne en question. Je veux dire simplement que cette personne ne m’a pas raconté que cet élément s’était produit, ou ne l’a pas clairement cité dans son récit comme l’ayant vécu intensément. À partir de ce paramètre,  nous allons alors observer certaines étapes et certains événements communs aux expériences de la mort.

 

2.      Cas dans la Littérature

 

            Afin de fournir encore une suite à cette base dont nous avons besoin pour fonder nos explications sur de tels phénomènes, nous présentons ci-après le cas 105, qui figure (1) dans les pages 108 - 114, un cas complet et réel qui corrobore ce qui a été exposé dans les principes de la citation antérieure. Il s'agit d'une histoire longue et exceptionnelle qui comprend presque tous les éléments constants du cas typique et des observations faites ci-dessus. Voici l'histoire de cet homme (1) :  

 

« Quand cela est arrivé, je souffrais, comme je souffre encore, d'un épisode sérieux d'asthme bronchique et d’emphysème. Un jour, j'ai eu un accès de toux et j'ai apparemment rompu un disque sur la partie inférieure de ma colonne vertébrale. J’ai consulté en deux mois une série de médecins à cause de la douleur lancinante et finalement l’un d'eux m'a indiqué un neurochirurgien, le docteur Wyatt. Il m'a examiné et m’a dit que je devais être hospitalisé immédiatement et ce faisant, il m'a placé en traction. Le docteur Wyatt savait que j'avais une maladie respiratoire sérieuse, alors il a fait appel à un pneumologue qui m’a informé que l'anesthésiste, le docteur Coleman, devrait être consulté pour voir si je pouvais être anesthésié. Ainsi, le pneumologue m’a suivi durant près de  trois semaines jusqu'à ce que le docteur Coleman finalement  envisage mon anesthésie. Un jour, il finit par accepter, bien qu’étant très inquiet et ils ont décidé l’opération. Une nuit, à l'hôpital, je dormais et j’ai eu un sommeil agité jusqu'à un certain moment vers l'aube lorsque je me suis réveillé avec une douleur aiguë. J’ai tourné dans le lit, essayant de trouver une position plus confortable, mais à ce moment une lumière est apparue dans un coin de la chambre, un peu en-dessous du plafond comme une boule de lumière, semblable à un globe pas très grand, je dirais qu’elle faisait environ trente ou quarante centimètres de diamètre et quand la lumière est apparue, une sensation m’a envahi. Je ne peux dire qu’elle était étrange, parce que ce n'était pas le cas. C'était un sentiment de paix totale et de profonde relaxation. J'ai pu voir la main de lumière qui s’étendait jusqu'à moi et m’a dit : « Venez avec moi. Je veux vous montrer quelque chose ». Alors, immédiatement, sans la moindre hésitation, j'ai tendu ma main. En faisant cela, j'ai eu la sensation d'être élevé et d'avoir laissé mon corps. Quand j'ai regardé derrière j’ai vu  que j’étais encore couché dans mon lit et que je montais jusqu'au plafond de la chambre. A ce moment, quand j’ai quitté mon corps, j’ai endossé la même forme de lumière. J'ai eu la sensation - et j’utilise mes propres mots pour décrire, car je n’avais jamais entendu personne parler de rien de semblable - que cette forme était définitivement un esprit. Ce n'était pas un corps, mais un nuage de fumée ou une vapeur. Néanmoins, la forme qu’il assumait comportait des couleurs : orange, jaune et une couleur que je n’arrivais pas à discerner, certainement un bleu indigo, un ton bleu. Cette forme spirituelle n'avait pas la forme d'un corps. Elle était plus ou moins circulaire mais elle possédait ce que je peux appeler une main. Je sais cela parce que lorsque la lumière est venue à moi, j'ai tendu la main. Néanmoins, le bras et la main de mon corps étaient raides, je pouvais alors les voir dans le lit, au côté de mon corps, alors que je m'élevais jusqu'à la lumière. Mais quand je n'utilisais pas cette main spirituelle, l'esprit reprenait sa forme circulaire. Ainsi, j'ai été attiré à la même hauteur que la lumière et nous commencions à nous déplacer jusqu'au couloir, traversant les étages, à ce qu’il me semble, jusqu'au rez-de-chaussée. Nous n'avions aucune difficulté pour traverser les portes ou les murs. Ils se défaisaient simplement quand nous nous approchions d’eux. Pendant cette période, c'était comme si nous voyagions. Je savais que nous nous déplacions, mais je n'avais pas la sensation de vitesse. À un certain moment, presque instantanément pour dire vrai, j’ai perçu que nous étions arrivés à l’UTI (Unité de traitements Intensifs) de l'hôpital. Et je ne savais pas où se situait cette salle, mais nous y sommes arrivés et là encore nous étions dans le coin, près du plafond, au-dessus de tout. J'ai vu les médecins et les infirmières se déplaçant vêtus de leur blouse verte et les lits placés là. Alors cet être me dit,  en m’indiquant : « Vous resterez ici. Quand ils vous ramèneront de la salle d'opération, ils vous placeront dans ce lit, mais vous ne vous réveillerez pas. Vous ne vous souviendrez de rien après être passé par la salle de chirurgie jusqu'à ce que je revienne vous chercher quelques temps après». Maintenant, je ne peux pas dire que ce fut par des mots. Ce n'était pas comme une voix audible, car si c'était le cas, j’aurais espéré que les autres dans la salle aient entendu cette voix, mais ils n'ont rien entendu. Ce fut plus comme une impression qui s’adressait à moi. Mais je l’ai vu de manière tellement vraie que je ne peux dire ne pas l’avoir vu ou senti, c’était définitivement pour moi et dans ce que j’ai vu, il était beaucoup plus facile de reconnaître les choses alors que j’étais sous cette forme spirituelle. Je me suis demandé : « Qu’est-ce qu’elle essaye de me montrer ? ». Je savais immédiatement ce que c’était, ce qu’il avait à l'esprit. Il n'y avait aucun doute. C'était que ce lit - le lit à droite aussitôt en entrant du couloir - serait là où je resterais et il m'a amené ici avec une intention. Alors, il m’en dit la raison. J’ai pressenti que la raison à cela était qu’il ne voulait pas que je ressente la peur au moment où mon esprit quitterait mon corps, mais il voulait que je sache quelle était la sensation dans ce moment de transition. Il voulait me conforter pour que je n'aie pas peur, alors il me disait qu'il ne serait pas là immédiatement, que je traverserais d’autres choses avant, mais que tout serait sans importance car il serait avec moi à la fin. Quand je me suis joint à lui dans cette balade jusqu'à l’UTI  j’étais moi-même devenu un esprit, d’une certaine façon nous avons été fondus en un. Bien sûr que nous étions encore deux séparés. Néanmoins, il avait le total contrôle sur tout ce qui se passait en ce qui me concernait. Et bien que nous ayons voyagé à travers les murs et les plafonds et ainsi de suite,  il me semblait que nous étions dans une communion tellement proche que rien ne pouvait nous incommoder. C'était à nouveau une paix, un calme et une sérénité que je n’avais jamais rencontrés nulle part ailleurs. Alors, après m’avoir dit cela, il m'a ramené dans la chambre de l'hôpital et quand j’y suis arrivé, j’ai vu mon corps encore couché dans la même position tel que nous l'avions laissé, et instantanément j'étais de retour dans mon corps. Je dirais que je suis resté hors de mon corps entre cinq et dix minutes, mais le temps passé n'avait rien à voir avec cette expérience. En effet, je ne me souviens pas si j'ai déjà pensé à cela comme un moment spécifique. Tout cela m'a surpris et m’a pris totalement au dépourvu. Ce fut tellement vif et réel - plus qu’une expérience ordinaire. Et le lendemain, je n'avais aucune peur. Quand je me rasais la barbe, j'ai perçu que ma main ne tremblait pas comme durant les six ou huit semaines précédentes. Je savais que j’allais mourir et n'avais ni remords ni peur. Je n’avais aucune pensée du genre : « Quoi faire pour éviter cela ? ». J'étais prêt. Un jour avant la chirurgie, qui devait se produire le matin, j'étais dans la chambre de l'hôpital, inquiet. Ma femme et moi avions un garçon, un neveu adopté et avions quelques difficultés avec lui. J’ai décidé alors d'écrire une lettre à ma femme et une autre à mon neveu, manifestant certaines de mes préoccupations par des mots et j’ai décidé de cacher les lettres là où ils les trouveraient seulement après la chirurgie. Après avoir écrit environ deux pages à ma femme, ce fut comme si les portes d'une écluse s’étaient ouvertes. Soudain, je me suis effondré en larmes, sanglotant. J’ai senti une présence et au début j'ai cru que j’avais peut-être pleuré si fort que j’avais dérangé l’une des infirmières qui était venue voir quel était le problème chez moi. Mais je n’avais pas entendu la porte s’ouvrir. J’ai encore ressenti cette présence, mais je n’ai vu aucune lumière cette fois, les pensées ou les mots sont parvenus jusqu'à moi comme ce fut le cas avant et il a dit : « Jack, pourquoi pleurez-vous ? J'ai cru que vous seriez heureux de venir avec moi ». Et j'ai pensé : « Oui, je suis heureux. Je veux vraiment partir ». Et la voix a insisté : « Alors, pourquoi pleurez-vous ? ». J'ai répondu : « Nous avons des problèmes avec notre neveu, vous savez,  et je crains que ma femme ne puisse l’élever. J'essaye de traduire par des mots ce que je ressens et ce que je veux qu'elle essaye de faire pour lui. Aussi, je suis inquiet parce que je sens que peut-être ma présence l’aurait aidé à garder les pieds sur terre ». C’est alors que les pensées suivantes de cette présence sont parvenues jusqu'à moi : « Puisque vous demandez pour une autre personne et pensez aux autres et non à vous, je vous accorderai ce que vous me demandez. Vous vivrez jusqu'à voir votre neveu devenir un homme ». Et soudain, il s’en est allé. J’ai cessé de pleurer et j’ai déchiré la lettre pour que ma femme ne la trouve pas accidentellement. Cette nuit, le docteur Coleman est venu me dire qu’il s’attendait à avoir beaucoup de difficulté à m’anesthésier et que je ne devrais pas être surpris si au réveil je voyais plusieurs fils, tuyaux et machines autour de moi. Je n'ai pas raconté ce que j'avais vécu intensément, j’ai seulement acquiescé  et j’ai dit que j’allais coopérer. Le matin suivant, l’opération a pris beaucoup de retard, mais tout s'est bien passé, j’ai repris conscience et quand j'ai vu le docteur Coleman qui était avec moi je lui ai dit : « Je sais exactement où je suis ». Il m’a demandé : « Dans quel lit êtes-vous ? ». J'ai répondu : « Je suis dans le premier lit à la droite en entrant du couloir». Il a éclaté de rire et certainement pensé que je disais ces choses étranges à cause de l'anesthésie. Je voulais relater ce qui m’était arrivé, mais à ce moment même le docteur Wyatt est entré et a dit : « Il est réveillé maintenant. Que voulez-vous faire ? ». Et le docteur Coleman a répondu : « Il n'y a rien que je puisse faire. Je n'ai jamais été aussi perplexe de ma vie. Je suis ici avec tout cet équipement installé et il n'a besoin de rien ». Le docteur Wyatt a dit : « Des surprises arrivent encore, vous savez ? ». Ainsi, quand j'ai pu me lever du lit et regarder autour de la chambre, j'ai vu que j’étais dans le même lit que celui que la lumière m’avait montré plusieurs jours avant. Tout cela est arrivé il y a trois ans, mais les images sont encore aussi vives qu’à cette époque. Ce fut la chose la plus fantastique qui me soit déjà arrivée et elle a fait une grande différence. Mais je ne parle pas de ce sujet. Je l’ai seulement raconté à mon épouse, mon frère, le prêtre et maintenant à vous. Je ne sais pas comment dire, mais cela est très difficile à expliquer. Je n'essaye pas de causer un grand bouleversement dans votre vie et ne cherche pas à me vanter. Mais après cela, je n'ai plus de doutes. Je sais qu'il existe une vie après la mort. »

 

3.      Explications existantes

 

            Les explications existantes dans la littérature scientifique relatives aux phénomènes de mort imminente sont nombreuses. Il existe déjà une littérature considérable avec des récits présentés par des psychologues, des psychiatres, des médecins, des neurologistes, des psychologues et des philosophes. Ci-dessous, nous présentons les principales chaînes (6) :

 

·       Théorie de mort cérébrale

 

            Cette théorie a été popularisée par le Dr. Susan Blackmore dans son livre « Dying to live » (7). Selon elle, toutes les EMI présentent le même profil et cette analogie est le point crucial permettant de les considérer comme réelles. D’après cette théorie, ce n'est pas parce que le patient voyage vers une belle vie après la mort, mais parce que les neurotransmetteurs entrent en collapsus créant les mêmes illusions pour tous ceux qui sont en voie de mourir. Mais, la question fondamentale est : sommes-nous des personnes avec des âmes, des personnalités, des pensées et des esprits qui nous sont propres, ou sommes-nous simplement des corps contrôlés par nos cerveaux, tout comme les ordinateurs, bien qu'il existe des différences entre un IBM, un Apple ou un PC ?

            Les neurologues et les chercheurs sont partagés sur la question. Les uns acceptent la réalité et la validité des expériences de mort imminente et admettent les explorations rigoureuses sur ces expériences. D’autres ne veulent même pas entendre et continuent à chercher la conscience dans le cerveau, mais ils respectent les opinions de ceux qui sont passés par cette expérience. Mais, même ainsi, reste la question : quelle en est la cause et que signifie avoir une EMI ?  

            Ainsi, nous avons deux courants de chercheurs sur l’EMI : un qui adopte la voie psychologique et cherche les raisons de ce comportement étrange et surprenant et un autre qui prend la voie physiologique et cherche quelque part dans le cerveau un dysfonctionnement en ces occasions. Le problème est que la grande majorité de ceux qui passent par l’EMI n’acceptent pas la voie physiologique. Pour ceux-là, réduire une expérience profonde et transformatrice à rien de plus que le « clignotement» de neurotransmetteurs en épuisement serait tout comme interpréter une statue de Michel-Ange comme si ce n’était purement et simplement qu’un morceau de marbre.

            Si l'au-delà n'existait pas après la mort, et que tout n’était que l’effet d'un cerveau agonisant, pourquoi autant d’intérêt pour les EMI ? Si l’âme et la personnalité, le cerveau et le corps se transformaient en poussière et cendre, pourquoi alors le cerveau s'exprimerait-il de cette manière éclatante à ceux qui sont passés par l’EMI, eux qui, détendus et en paix décrivent des visions merveilleuses ?

            S'il s'agit uniquement d'hallucinations, pourquoi un grand nombre de personnes relatent-elles des expériences où elles entendent des expressions comme « Sa mission n'est pas encore complète », ou « L’heure de sa mort n’est pas encore arrivée » lors de leurs EMIs ? Pourquoi toujours ces mêmes messages transmis par « un être de lumière » ? Toutes les hallucinations pourraient-elles toujours avoir une même réponse à la question de l'« être de lumière » ? C’est pourquoi plusieurs personnes traversant une ou plusieurs EMIs, continuent à croire en une vie après la mort et non en une hallucination de masse. Voyons d’autres arguments et contre-arguments en (8).

 

·       Théorie d’après Charles Darwin

 

            Le fondement de cette théorie est le désir qui émane de la race humaine de vouloir aider ceux qui sont en difficulté au moment de l'inévitable fin de leur vie. La théorie de Darwin sur la survie des plus aptes nous dit que chaque espèce lutte pour se maintenir en vie et garantir la survie de ses descendants sur cette planète. Les animaux s'aident les uns les autres au moment de leur mort, comme est notoire le cas des éléphants. Pourquoi l'espèce humaine, à l’heure de la mort de l’un de ses membres, ne pourrait pas, elle aussi, être rassurée sur la survie de quelque chose (l'âme) que l’homme encore méconnaît ? Cette théorie s'applique aux plus âgés (9).

 

·       Théorie hallucinatoire

 

            Certains scientifiques, qui croient fermement qu'un jour l’EMI sera expliquée au moyen des fonctions du cerveau, suggèrent que la production d'endorphine par le cerveau pendant le processus de la mort conduit le mourant à ces hallucinations de l'esprit. Mais les endorphines provoquent seulement un état d'euphorie suivi de relaxation, comme cela arrive chez les athlètes dans les académies de gymnastique. Néanmoins, on sait aussi, que les endorphines ne sont pas hallucinogènes et ne peuvent pas recréer un état mental comme dans l’EMI, bien qu’elles puissent être engagées dans le processus de soulagement de la douleur, mais elles ne sont pas les seules.  

            On sait aussi que certaines substances anesthésiques du groupe des kétamines (cyclohexanes) provoquent un état de légèreté semblable à celui produit par EMI et une théorie est que de telles substances seraient libérées par le cerveau au moment de la mort et pourraient se lier à certains récepteurs à neurotransmetteurs et être responsables de tout le processus EMI, moyennant le blocus desdits récepteurs (10).

            Le professeur en psychologie Dr. Ronald Siegel de UCLA (University of Californie, Los Angeles) rejette l'importance mystique et spirituelle qui se produit lors de l’EMI et déclare avoir provoqué presque tous les effets de l’EMI dans des tests en laboratoire avec le LSD. D'autres chercheurs, bien qu’acceptant que la liste de symptômes induits par cette drogue soit semblable, pensent que les phénomènes ne sont pas les mêmes puisque la drogue détruit la réalité alors que les phénomènes d’EMI sont décrits comme s’il s’agissait d’une hyper-réalité.

 

·       Théorie du lobe temporal

 

            Certaines visions semblables à celles produites en EMI apparaissent aussi lors des crises d’épilepsie associées à des dommages du lobe temporal du cerveau. Les chercheurs ont découvert qu’en stimulant ce lobe temporal avec des décharges électriques ils pouvaient reproduire certains symptômes de l’EMI tels que quitter son corps, le retour dans le passé, etc. Ils pensent que le stress d'être proche de la mort stimule ce lobe. Mais cela n’est valable que pour des personnes qui ont des tumeurs ou ont été blessées au niveau du cerveau.

            Néanmoins, quelques scientifiques pensent que la présence de réactions chimiques dans le cerveau ne signifie pas que l'EMI résulte strictement d'une réaction chimique. La science peut seulement décrire quelques aspects de la mort physique qui se rapportent au cerveau (11).

 

·       Théorie du manque d'oxygène

 

            D'autres explications plausibles lient l’EMI au manque d'oxygène dans le cerveau ou à la présence de dioxyde de carbone. Mais ceci n'explique pas les descriptions que quelques patients font de ce qui se passe au bloc opératoire au moment où se produit l’EMI. Le Dr. Michael Sabom relate un cas où l'analyse de sang du patient, pris au moment de l’EMI, a révélé une haute teneur en oxygène et une basse teneur en gaz carbonique, le patient lui ayant révélé les détails de cette analyse faite durant son expérience hors du corps. D'autres expériences avec manque d'oxygène dans le sang laissent la personne perturbée comme dans les cas d'hallucination psychotique (confusion, désorientation et peur) et non pas calme, tranquille avec un sentiment d'ordre, comme cela se produit dans les cas d’EMI. D'ailleurs, les personnes qui sont passées par les deux expériences disent qu'il y a autant de différence qu’entre l'eau et le vin.

            Une autre question est que les hallucinations induites par des drogues ou par manque d’oxygène ont lieu chez les patients en éveil, tandis que dans les cas de l’EMI, les patients sont inconscients ou même sans aucun enregistrement d’encéphalographie (électro-encéphalogramme plat). Il y a aussi les cas d'accidents où les patients vivent une EMI qui se produit sur le lieu même du désastre et non à l'hôpital, sans que le patient n’ait ingéré aucune drogue ni aucun anesthésique et, probablement, sans manque d'oxygène dans le cerveau (12, 13, 14). Cette théorie n’explique pas ces cas.

 

·       Théorie de la dépersonnalisation

 

            La première tentative moderne d'expliquer l’EMI en des termes psychologiques est apparue en 1930 par un psychologue qui a défendu l'idée selon laquelle, lorsqu’une personne affronte la désagréable réalité de la maladie et de la mort, sa première réaction est de la substituer par des fantaisies agréables pour se protéger. Selon lui, le patient « se dépersonnalise », repoussant son  « moi » hors de lui. Cela expliquerait la fluctuation du corps, comme relaté dans l'EMI. Bien que l'argument puisse avoir sa raison d'être, il peut faire l’objet d’un contre-argument puisque plusieurs faits qui se produisent en EMI ne concordent pas avec le critère de la « dépersonnalisation », tels que les sentiments mystiques et spirituels très forts, la promptitude renfoncée et la conscience de la conséquence des phénomènes de la part des patients (15).

 

·       Théorie de la mémoire de la naissance

 

            Cette théorie prétend comparer l’EMI à ce qui arrive au moment de la naissance. Quand un enfant naît, il quitte l'utérus et voyage à travers un tunnel (le canal utérin) en direction de la lumière et ce qui l'attend à la lumière, normalement c’est beaucoup de chaleur humaine et d'amour. Ainsi, ce qui arriverait au moment de la mort est pure mémoire du moment où la vie a commencé. Les contre-arguments sont : un bébé quand il naît ne flotte pas à grande vitesse dans le tunnel, mais il est tiré ou poussé par les fortes et douloureuses contractions de sa mère. Et comment ce modèle prétend-il expliquer la rencontre avec les amis et les parents du « défunt » ? Ici, la sage-femme ou le médecin est considéré comme l'« être de lumière » qui apparaît dans les EMIs, ce qui nous semble ridicule. Un autre argument contraire est que le système nerveux du bébé n'est pas suffisamment développé, pour qu'il puisse assimiler des mémoires de la naissance et les révéler dans les cas d’EMI.  

            Les défenseurs de la théorie des mémoires de la naissance allèguent que les souvenirs de ces enfants se réfèrent à la paix et au confort qu’ils ont eu tant qu’ils étaient dans l'utérus de leur mère, non aux éventuels traumatismes du processus de la naissance proprement dite. Néanmoins, naître n'est pas un processus agréable, donc normalement les enfants le font en pleurant, comme s’ils étaient dans un processus d'agonie. En contraste, l’EMI est décrite comme l’une des plus agréables expériences qu’une personne puisse faire (16).

 

·       Théorie après la mort

 

            Pour illustrer ce que pensent certains scientifiques qui n’acceptent pas les explications matérialistes, nous allons insérer quelques commentaires de célèbres médecins et chercheurs sur les EMIs :

 

Le Dr. Melvin Morse (17), qui a fait toutes les recherches basiques avec des nouveau-nés, affirme catégoriquement qu’« il n'y a pas d’explication pour la lumière ».

Le Dr. Kenneth Ring (18), peut-être le chercheur le plus respecté de tous les chercheurs d'expériences après la mort et l’un de ceux qui a le plus combattu pour placer ce sujet dans le programme académique, a publié conjointement avec Sharon Cooper, le livre « Near-Death and out-of-body experiences in the Blinds » (Expériences hors-du-corps et mort imminente chez les aveugles). Il dit :

«Toute explication neurologique doit être capable de démontrer comment le processus entier de phénomènes associés au noyau de l'expérience (l’état-hors-du-corps, la connaissance paranormale, le tunnel, la lumière brillante, la voix ou la présence, la vision des parents morts, les jolies visions, et ainsi de suite) se présenterait d'une manière subjective et authentique comme conséquence d'événements neurologiques spécifiques déclencheurs à l’approche de la mort. Je suis convaincu que la responsabilité de la preuve est maintenant du ressort de ceux qui désirent expliquer les EMIs de cette manière ».

 

            Le Dr. Kevin Williams (6, 18) affirme :

 

« Il existe un tas de preuves circonstancielles que la conscience survit à la mort du corps. Il s'agit de preuves aussi fortes qu'elles seraient prises en compte dans un jugement légal. Certaines personnes pensent que la science a besoin de meilleurs instruments pour quantifier ce qu’est la conscience. Peut-être, quand nous découvrirons ce qu’est la conscience, nous serons en mesure de fournir la preuve scientifique absolue qu’il y a une vie après la mort ».

 

            Notre conclusion aux affirmations du Dr. Ring est qu'il y a tellement de caractéristiques cohérentes dans les EMIs qu’il serait très difficile de trouver une bonne explication pour chacune d’entre elles comme résultant de l'action physique du cerveau. C'est-à-dire qu’il pense que les preuves d’EMIs sont si fortes pour les chercheurs qui croient en la survie de la conscience, que ceux-ci ne doivent pas se sentir responsables de prouver comment elles surviennent, mais laisser la responsabilité de la preuve aux sceptiques.

 

4.      Explications commentées par Moody

 

            Dans les pages 147-165 de son livre déjà mentionné, Raymond Moody Jr. présente cinq explications aux phénomènes d’EMI, en les classant en trois catégories : surnaturels, naturels (scientifiques) et psychologiques.

 

 

 4.1) Surnaturels

 

            Moody déclare ne jamais avoir entendu de récits où les patients se référaient aux apparitions d'êtres invisibles de type diaboliques. S’ils les entendaient, les phénomènes seraient dirigés vers des sentiments de haine et de destruction. Au contraire, ce que les patients observent sont des forces dites divines, ou « êtres de lumière », qui dirigent le cours des phénomènes vers le bien, l'amour et la compassion.

 

4.2) Naturels (scientifiques)

 

            Moody insère dans cette catégorie les explications pharmacologiques (hallucinatoires), physiologiques (manque d'oxygène dans le cerveau) et neurologiques (lobe temporal). Voyons, en résumé, chacune d'elles.

 

·       Pharmacologique

 

            La théorie hallucinatoire que nous décrivons avec les détails donnés ci-dessus est basée sur les drogues utilisées pendant l'intervention chirurgicale lors de l'anesthésie. Certaines drogues médicales causent un état de confusion mentale, une illusion et des hallucinations : ces effets peuvent ressembler aux états d’EMI. Il cite le cas des kétamines (anesthésiques du groupe des cyclohexanes), dont les dérivés sont utilisés comme anesthésiques en intraveineuses. Il cite un cas d'utilisation de l'oxyde nitreux par un chirurgien dentiste, où le patient a eu un état semblable à l’EMI. Moody affirme qu'il existe des différences marquantes entre les états hallucinatoires par des drogues et ceux causés par l’EMI et rejette cette explication. La variété des drogues administrées est énorme : aspirine, antibiotiques, adrénaline hormonale, anesthésiques locaux et inhalés. Beaucoup de drogues n'atteignent pas le système nerveux central et, donc ne produiraient pas les effets allégués par les défenseurs de cette théorie. En outre, beaucoup de cas d’EMI ne sont pas passés par les blocs opératoires (accidents, noyades, etc.). L'utilisation de drogues comme le LSD et la mescaline (cactus mexicain ou péotte) sert à atteindre d’autres dimensions supérieures selon leurs utilisateurs, mais ne cessent d'être hallucinatoires.

 

·       l'explication physiologique

 

            C'est la même théorie du manque d'oxygène que nous décrivons ci-dessus. La physiologie traite les fonctions des organes et des systèmes et les relations entre eux. Cette théorie cherche à attribuer au cerveau, agonisant faute d'oxygène, l'explication pour les EMIs. Il ne s'agit pas de stress cérébral ou de quelque chose de physiologique, car beaucoup de cas d'EMIs sont produits sans blessures.

 

·       l'explication neurologique

 

Celle-ci est la théorie du lobe temporal que nous avons déjà décrite ci-dessus. La neurologie comprend la recherche de la cause, le diagnostic et le traitement de maladies du système nerveux, du cerveau, de la moelle et des nerfs. Selon les défenseurs de cette théorie, deux des événements les plus importants seraient expliqués par la neurologie : le défilement instantané des événements de la vie (rétrospective panoramique) et les phénomènes extracorporels. Ils prétendent assimiler l’EMI aux cas d'épilepsie. Moody décrit un cas dans les pages 154/155 de son livre. Les images présentées sont aléatoires, hors normes et ont peu de signification, ce qui nous incite à penser à une confusion mentale, avec déformations du temps. Enfin, il s'agit d'images banales désordonnées, bien différentes d’une EMI.

            Moody décrit aussi ce qu’est une « hallucination héautoscopie» aux  pages 157-158 de son livre, une vision de « soi-même » projetée hors du corps du patient. La personne peut s’entendre parler en se voyant héautoscopie. Il n’y a aucune similitude avec le corps physique qui est vu en dehors dans les EMIs. Les hallucinations héautoscopie n'ont pas encore été expliquées par la science. « Ainsi, essayer d'expliquer toutes les expériences extracorporelles comme les hallucinations autoscopiques  serait simplement substituer une frustration à une énigme », conclut Moody.

 

4.3) Explications psychologiques

 

            Ces explications dépendent du courant auquel s'affilient les psychologues, puisqu’il n’y a pas d’unanimité entre eux.

 

·       Recherches d'isolement

 

            Semblables à la théorie de la dépersonnalisation que nous avons déjà présentée ci-dessus, il s'agit d'expériences psychologiques conduites avec des personnes en état d'isolement ou soumises à des tâches répétitives et monotones à long terme. Moody se réfère à des exemples de personnes perdues, naufragées, etc. qui ont eu des visions semblables aux EMIs. Les phénomènes sont du type déformation de la notion du temps, sensation d'être partiellement dissocié du corps, sensations « de ne faire qu’un » avec l'univers, de ne pas vouloir retourner à la civilisation, etc. Ressentant un changement de valeur sensible, il existe des cas de patients présentant des signes d'isolement, de solitude et de privation de contact avec d’autres personnes, ce qui se produit aussi dans l'UTI et a des similitudes avec quelques cas d’EMIs. Il raconte un cas de visions de personnes, d'amis et connaissances, déjà morts.  

 

·       Rêves, hallucinations et illusions

 

            Les défenseurs de cette hypothèse présentent l'EMI comme s’il s’agissait d’illusions. Moody rejette cette possibilité, car les personnes relatant leurs cas étant des êtres normaux non porteuses de tout type de psychoses, ce sont des personnes normales de la société, qui garantissent solennellement que les EMI qu’elles ont vécues n’étaient pas des rêves.

            Finalement, Moody dit ne pas proposer une quelconque explication ou préférence pour les explications indiquées, mais il allègue qu'elles sont au moins discutables et ajoute : « En vérité, tout ce que je veux réellement suggérer c’est ceci : nous allons au moins ouvrir la possibilité selon laquelle les expériences de mort imminente représentent un nouveau phénomène pour lequel il serait nécessaire de développer de nouvelles manières d'explications et interprétations ».

 

5.      Explication à la lumière du spiritualisme

 

            Grâce à la véritable connaissance des phénomènes, tout peut être expliqué, même pour les esprits les plus exigeants. L'intention ici étant de donner une explication plus ou moins succincte aux deux cas présentés ci-dessus d’après le livre du Dr. Moody, à la lumière du spiritualisme, fondé sur mon expérience de vie en tant que libre-penseur et sur les principes Rationalistes Chrétiens, décrits en détail dans d'autres chapitres de cette œuvre, principalement ceux afférents à l'esprit, à la pensée, au périsprit, à l’Aura, etc.   

            Tout d’abord, nous devons mentionner que ce sont deux cas qui présentent certaines caractéristiques communes et d’autres différentes, vu que, dans le cas typique, il a cherché à être le plus englobant possible quant au phénomène de mort imminente, tandis que dans le second cas - un cas réel et long - interviewé, il a tardé à relater ce qu’il avait vécu avant l'intervention chirurgicale et non pendant l'intervention.

 

5.1) Premier cas

 

            Bien que le cas typique nous amène à inférer qu'il s'agit déjà d'un homme âgé, les statistiques sur les cas présentés dans l'œuvre du Dr. Moody indiquent que 105 histoires sont passées par des EMI, dont 26 hommes (25%), 37 femmes (35%), 8 enfants (8%) et 34 inconnus (32%). Cela démontre un échantillon bien représentatif. Il n'a pas été possible d'analyser les religions et les croyances que les patients professaient, bien qu’étant de natures variées. Concernant les causes d’hospitalisations et d'interventions chirurgicales, quand celles-ci se sont avérées nécessaires et c’était le cas la plupart du temps nous avons noté : arrêt cardiaque : 13 personnes (12%), accidents de voiture (sur les routes et dans les transports urbains) : 13 personnes (12%), arrêts respiratoires : 2 personnes (2%), causes diverses : 14 personnes (13%) et causes non connues : 63 personnes (64%).  

            Devant ce tableau de large représentation, nous pensons que l'exemple typique reflète très bien la majorité des événements qui se produisent dans une EMI, il est donc représentatif et nous pouvons nous baser sur lui dans l'objectif de l'analyse que nous faisons.          

            Selon la vision spirite et spiritualiste rationaliste chrétienne, et selon la manière dont nous avons traité à l’occasion la description de l'incarnation et la désincarnation de l'esprit, l'être humain, la personne ou l’individu, comme nous voulons le dénommer, est constitué de trois éléments - le corps mental ou l'esprit qui est la Force Intelligente porteuse de vie, le corps astral ou périsprit et le corps physique proprement dit. De plus, le périsprit est aussi une matière ténue, diaphane qui accompagne toujours l'esprit depuis le monde d’où il vient pour s’incarner ici sur Terre et dont il se sert toujours. Notre corps physique est notre corps matériel provenant de la Terre elle-même.

            À la lumière de ce qui a été dit ici, nous allons analyser les principaux aspects des phénomènes de l’EMI, que nous résumons autour des points suivants :

 

·       Entendre des bruits et des lamentations irritants

 

            Nous savons tous qu’un bloc opératoire n'est pas un lieu absolument exempt de sons et de bruits. Dans les cas d'accidents, il est habituel que de nombreuses personnes s’agglutinent au côté du corps, en faisant des commentaires avec cris intenses, nervosité, klaxons d'autres voitures, etc. Il  y a aussi des personnes plus ou moins sensibles aux sons et aux bruits, comme c’est souvent le cas, par exemple, pour le sommeil. Certains ont un sommeil tellement lourd que peu leur importent les bruits et les sons autour d’eux, alors que d’autres se réveillent au moindre bruit.

 

 

·       Passer dans un long tunnel, étroit et sombre

 

            Le tunnel long, étroit et sombre peut représenter un « archétype », comme cela se produit aussi lors de la naissance, quand le bébé et sa mère traversent les difficultés de l'accouchement. Cette mémoire, comme toutes les mémoires, est gardée dans le périsprit.

 

·       Se trouver hors du corps

 

            L'esprit se lie au corps grâce aux éléments matériels ténus et diaphanes de son périsprit. En s’éloignant et restant hors du corps, l'esprit emporte avec lui le périsprit qui continue à maintenir avec le corps un lien conducteur